CAMOMILLE PYRÈTHRE
femelles, nombreux, fertiles, plus longs que Pinvolucre, linéaires, blanchâtres en dessus, d'un beau pourpre violet en dessous ; un style, deux stigmates. Fruits (ackaines) glabres, comprimés et légèrement ailés , couronnés par une petite membrane entière et dentée. 3c.
Fig 46. — Camomille pyrèthre. Fig. 47. — Racine de pyrèthre
Habitat. — Cette plante croît en Turquie, en Asie et surtout en Afrique.
Culture. — On la cultive dans le midi, soit par semis, soit par éclats de pieds ; elle demande un terrain sec et une exposition un peu chaude. Dans le nord de la France, on ne peut la cultiver qu'en vases, car il faut la rentrer pendant l'hiver.
Partie usitée. — La racine (fig. £7). Elle arrive sèche en Europe par la voie de Tunis. Elle est longue de 10 à 12 centimètres, de la grosseur du doigt, grise et ridée extérieurement, d'un blanc grisâtre intérieurement. Son odeur est aromatique, mais irritante et désagréable. Sa saveur acre et piquante ; mâchée, elle détermine une abondante salivation. Il faut rejeter celle qui est piquée des vers.
Composition chimique. — La racine de pyrèthre contient : principe acre, inuline, gomme, tannin, matière colorante, ligneux, sels minéraux. Le principe acre (pyréthrine) est formé de résine acre et de deux huiles, Tune brune, l'autre jaune.
Formes pharmaceutiques, doses. — On l'emploie : 1° en nature, comme masticatoire, dose 2 à 4 gram. ; 2° en poudre, comme sternutatoire et pour tuer les poux ; 3° en teinture, 2 gram. dans 50 gram. d'eau, comme collutoire; la teinture additionnée d'alcoolat de romarin est usitée comme cosmétique; 4* sous forme de teinture éthérée ; cette préparation très acre est utilisée pour calmer l'odontalgie ; on introduit un tampon imbibé de teinture dans la dent cariée. On prépare encore : un vinaigre de pyrèthre recommandé comme odontalgique ; une huile de pyrèthre qui est un rubéfiant ; des pastilles que Ton a préconisées comme sialagogues.
Action physiologique. — Appliquée sur les téguments, elle agit comme rubéfiant et peut même déterminer l'ulcération de la peau ; introduite dans la bouche, elle produit une sensation de chaleur cuisante, faisant place à une impression de froid vif quand on aspire l'air, puis à une abondante salivation. Son action sur la pituitairé est aussi très vive et s'accompagne de violents éternuements. Ingérée, elle donne naissance à un sentiment de chaleur locale, et probablement aux phénomènes d'excitation propres aux substances balsamiques.
Usages. — La pyrèthre est rarement employée à l'intérieur; elle sert surtout, comme sialagogue, dans l'engorgement des glandes salivaires ; pour calmer, par substitution, les névralgies gingivales et dentaires, et par révulsion celles de la face ; on l'a également conseillée pour remédier à la paralysie de la langue ; la décoction concentrée a été indiquée pour frictionner les membres paralysés, pour rappeler la transpiration cutanée. C'est surtout comme dentifrice que la pyrèthre trouve sa principale application ; on s'en sert pour donner du montant au vinaigre.
La poudre de la pyrèthre du Caucase (Pyrethrum caucasicum L.) est grise, d'une odeur forte, et constitue un violent poison pour les insectes en général et les punaises en particulier. On lui substitue souvent la poudre de deux autres espèces du genre pyrèthre, le P. roseum Bieb et le P. carneum.
CAMOMILLE ROMAINE. Anthémis nobilis L., Ormenis nobilis Gay, Chamomilla nobilis God. Camomille noble, C. odorante. Synan-
THÉRÉES-SÉNÉCION I DÉES .
Description (fig. 48). — Plante de 1 à 3 décimètres, très touffue et rampante, d'odeur forte et agréable. Racine traçante, fibreuse, chevelue. Tige couchée, simple et rameuse, cylindrique, striée, pu*
bescente, d'un vert blanchâtre, munie sur la partie rampante de nombreuses racines adventives et se relevant par l'extrémité des rameaux. Feuilles petites, alternes, irrégulièrement bipinnatiséquées, à segments très petits, linéaires ou subulés, pubescentes, velues. Fleurs (juin-août) en capitules solitaires à l'extrémité des rameaux. Involucre presque plan, composé de plusieurs rangs de folioles imbriquées, pubescentes, scarieuses sur les bords. Réceptacle très convexe, proéminent, chargé d'autant d'écaillés qu'il y a de fleurs, dont elles égalent à peu près la hauteur. Fleurons jaunes, hermaphrodites, fertiles, à corolle infundibuliforme, dont le tube est cylindrique et le limbe campanule à cinq divisions réfléchies ; ovaire ovoïde, nu, sans aigrette. Demi-fleurons de la circon-
Fig. 48. — Camomille romaine.
férence blancs, femelles, fertiles, limbe terminé par trois dents obtuses. Fruit (achaine) petit, verdâtre, allongé, surmonté d'un petit bourrelet membraneux, à côtes filiformes blanches, lisses [sur le dos. ^ .
Habitat. — Croît en France, en Italie, en Espagne, dans les pâturages secs, les allées sablonneuses, les pelouses des bois*
Culture. — On préfère, pour l'usage médical, celle qui est cultivée dans les jardins. Par la culture, on parvient à faire développer en demi-fleurons un grand nombre de fleurons, et le capitule re présente alors un petit pompon entièrement blanc. On la multiplie d'éclats de racine, ou mieux par un bouturage naturel, en laissant s'enraciner les racines étalées sur la terre ; elle vient assez bien partout, mais de préférence dans les terres douces, substantielles, fraîches ou souvent arrosées, à l'exposition du midi.