Partie usitée. — Les capitules
Récolte, dessiccation, conservation- — On récolte les capitules en juin ou juillet, et Ton fait choix de fleurs petites, grisâtres, non entièrement développées. On les étend en couches minces, et on les fait sécher à l'étuve ou au soleil. Il faut les dessécher promptement, afla de leur conserver leur couleur, et les placer ensuite dans des caisses ou dans des tonneaux garnis intérieurement de papier collé que l'on place dans un lieu sec, frais et obscur. Ces capitules ont une odeur aromatique, forte, mais agréable, se rapprochant de celle du coing ; leur saveur est amère, aromatique et même brûlante.
Composition chimique. — Les capitules de camomille contiennent : camphre, principe gommo-résineux, tannin, un acide particulier (A. anthémique), huile volatile. Ce dernier corps est d'une belle couleur verte un peu foncée, devenant brune au contact de l'air ; sa consistance est visqueuse.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. 4 à 20 : 1000. 2° Extrait, 3 décigr. à 2 gr. 3° Poudre, 5 à 6 gr. 4« Teinture, 5 à 10 gr. 5° Eau distillée, 30 à 100 gr. 6° Vin, 30 à 60 gr. 7° Sirop, 30 à 40 gr. 8° Huile essentielle, 1 à 2 gouttes. L'huile obtenue par macération des capitules dans l'huile d'olive possède l'odeur aromatique de la fleur, mais, en réalité, elle ne jouit que des propriétés de l'huile d'olive. On emploie encore la camomille en lavements, lotions, linihents, embrocations ; on lui substitue quelquefois les capitules de la chrysanthème matricaire (Chrysanthemum parthenium Pers.) et ceux de la matricaire inodore (Matracaria parthenoides Desf.). La vraie camomille se reconnaît à son odeur caractéristique, à la forme et à la grosseur des capitules, à ses fleurons petits, peu nombreux, tandis qu'ils sont grands, très nombreux et très longs dans les autres espèces. Les matricaires ont un réceptacle nu, tandis que la camomille a son réceptacle garni de fleurons. La camomille puante ou maroute (Anthémis cotula L.), quoique moins usitée', a des propriétés analogues à celles de la C. romaine ; on a également indiqué, comme succédané, la camomille des teinturiers (Anthémis tinctoria L.). La gélatine, les sels métalliques, ne doivent point être associés à cette plante, à cause du tannin qu'elle contient.
Action physiologique. — Mâchée, la camomille provoque la salivation ; introduite dans l'estomac, elle excite la muqueuse, favorise le travail digestif et excite l'appétit. Ingérée en trop grande quantité, elle peut déterminer des vomissements. Cette action locale une fois produite, elle devient tonique, stimulante, antispasmodique.
Usages. — Les propriétés toniques de cette plante sont mises à contribution dans les digestions difficiles, les crampes d'estomac,
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l'inappétence, les coliques venteuses et spasmodiques, la constipation atonique. On a recours à son action stimulante et antispasmodique dans les fièvres typhoïdes, les états adynamiques, dans la dysménorrhée par suite de spasmes utérins, l'hystérie. Ses propriétés anthelminthiques sont peu prononcées, mais son action fébrifuge est certaine. C'était le quinquina de l'antiquité (Trousseau), et, sans pouvoir rivaliser avec l'écorce du Pérou, la camomille a donné des résultats incontestables dans certaines fièvres intermittentes mal définies, irrégulières, ayant résisté au sulfate de quinine. On se sert quelquefois de l'infusion pour faciliter l'action d'un vomitif. Les fomentations, les cataplasmes et l'huile de camomille ont été , conseillés contre la goutte et le rhumatisme ; on a également vanté cette plante comme un puissant cicatrisant, en applications sur les plaies récentes et pour combattre l'infection purulente.
CAMPHRE DU JAPON. — Voy. Laurier-camphrier.
CANÉFICXER OFFICINAL. Cassia fistula L., C. nigra Dod., Cathartùcarpus fistula Pers. Casse officinale, C. en bâtons, C. des boutiques ou en silique. Légumineuses-Gesalpiniées.
Description (flg. 49). — C'est un arbre élégant ayant le port d'un noyer, dont le tronc, très ramifié, peut atteindre 5 à 6 décim. de diamètre et 5 à 10 mètres de hauteur ; dont l'écorce, d'un gris cendré, est verte chez les jeunes rameaux. Feuilles alternes, courtement pétiolées, longues de 3 à 5 décim., composées, pennées, à 4-8 paires de folioles opposées, ovales, pointues, marquées de nervures fines, entières, lisses. Fleurs hermaphrodites, irrégulières, disposées en longues grappes simples, pendantes, de 3-6 décimètres ; pédoncules portant une courte bractée à la base ; pédicelles longs, glabres, flexibles. Calice à 5 sépales inégaux, ovales, arrondis, glabres, d'un vert clair, caducs. Corolle à 5 pétales jaunes, inégaux, obtus, alternes avec les sépales et trois fois plus longs qu'eux. Étamines 10, hypogynes, dont 3 inférieures plus grandes. Ovaire stipité, surmonté d'un disque arqué, à sommet stigmatifère. Fruit (flg. 50) (gousse) pendant, indéhiscent, long de 15 à 50 centimètres, large de 2 ou 3, atténué ou arrondi aux deux bouts, glabre, d'un brun noirâtre présentant deux sutures latérales, l'une saillante, l'autre en gouttière, et dont la cavité est partagée en plusieurs logettes par des diaphragmes horizontaux ; chacune des faces de ces diaphragmes est recouverte par une pulpe noirâtre, douce, sucrée, au milieu de laquelle nage une graine aplatie, lenticulaire, d'un jaune noirâtre, lisse, à téguments durs.
Habitat. — Le canéficier est originaire de l'Ethiopie, mais il s'est répandu dans tous les pays intertropicaux.