Partie usitée. — Le fruit
CANEFICIER OFFICINAL
Récolte. — La casse venait autrefois du Levant ; aujourd'hui, toute celle du commerce provient de rAmérique. Dès que les fruits sont mûrs, on les cueille et on les expédie en les plaçant dans des
Fig. 49. — Canéficier officinal. Fig. 50. — Casse ; a, casse plus petite
que nature; b, extrémité ouverte pour montrer les cloisons et la pulpe ; c, graine.
conditions favorables pour qu'ils ne se dessèchent ni ne se moisissent. On doit les choisir récents, pleins, non moisis, non sonnants, car dans ce dernier cas la pulpe est sèche, et les conserver dans des lieux frais et non humides.
Composition chimique. — La pulpe extraite du fruit contient, outre le parenchyme : sucre, pectine, gomme, glutine, matière extractive arrière.
Formes pharmaceutiques, doses. — Si, après avoir ouvert le fruit, on enlève la pulpe en raclant l'intérieur, on obtient la ca$$e en noyaux ou casse avec les grains ; en pulpant cette casse sur
i tamis, on a la casse mondée, dose 10 à 60 gram. ; enfin, en faint cuire la pulpe au bain-marie avec sucre, sirop de violette, eau i fleur d'oranger, on a la casse cuite, dose 50 à 120 gram. On répare encore : un extrait de casse, 10 à 30 gram., et une eau de isse, par infusion, pp. 60 à 125 : 1 000. On doit éviter d'employer pulpe fermentée et aigre, car, ainsi altérée, elle occasionne des liques et des flatuosités. On utilise encore la petite casse, fournie r Je Cassia moschata H. B. K., et la casse du Brésil (Cassia brasiala Lam.). Beaucoup mtres espèces sont usis, en médecine, dans pays qui les produit.
Usages. — C'est un rgatif doux, qui est 3cieux dans la médee des enfants et que i administre quelque- $ chez les personnes i tables qui ont le venparesseux. On l'assosouvent à la manne, n usage est d'ailleurs moins en moins fréent; on a pourtant indié la pulpe dans les fiées rémittentes et les vres gastriques des ys chauds.
;anne a sucre.
xharum officmarum L.
mamelle, Canne mielse ou mellifère. Gra-
frescription (flg. 51).
Racine en partie géulée et en partie fluse , formant une ffe épaisse de laquelle tent plusieurs tiges pies, cylindriques, dibespar des nœuds plus
Fig. 51. — Canne à sacre.
moins distants les uns des autres, pouvant acquérir jusqu'à 4-5 très de long et 6 centimètres de diamètre, pleines, succulentes,
à écorce ligneuse, lisse, comme vernissée, verte, jaune ou violette suivant les variétés. Feuilles alternes, distiques, engainantes de 12-15 décimètres de long, planes, striées longitudinalement, présentant au milieu une côte blanchâtre. Fleurs disposées en panicule pyramidale sur un axe sans nœud {flèche) de 10-15 décimètres, s'élevant du milieu des feuilles supérieures ; épillets formés de deux fleurs hermaphrodites, Tune sessile, l'autre pédonculée, glumelle à 2 valves mutiques. Étamines 3; anthères jaunes, allongées, bifurquées; ovaire comprimé, surmonté de 2 styles ; stigmates plumeux, pourpres. Graine petite, ovale, pointue à ses deux extrémités. ¥> .
Habitat. — La canne à sucre est originaire de l'Inde, d'où elle se répandit en Arabie, en Egypte, en Ethiopie, dans le midi de l'Europe. De là elle passa à Madère, aux Canaries, à Saint-Domingue (1506) et plus tard dans les autres colonies et sur le continent américain.
Culture. — Dans l'Inde, la canne vient de graine; mais, dans les pays où on la cultive en grand, on la reproduit avec le sommet des tiges encore feuillées. La mise en terre détermine l'évolution du bourgeon qui existe à l'aisselle des feuilles. Elle exige une terre meuble, riche ou des engrais exempts d'un excès de sels minéraux qui rendraient l'extraction du sucre difficile. On la récolte avant la formation des graines, quand, ayant pris une teinte jaunâtre dans presque toute son étendue, elle présente encore une coloration verte à l'extrémité supérieure ; on la coupe au pied, les souches qui restent en terre repoussent de nouvelles tiges pendant plusieurs années.
Composition chimique. — La canne à sucre exprimée donne 9p 0/0 de jus qui contient 72 p. d'eau et 18 p. de sucre. C'est la plante qui fournit le plus de sucre et qui le donne le plus pur. Il existe, en outre, dans ce suc, divers principes immédiats azotés ou non azotés, des sels, de la silice et une petite quantité d'une huile essentielle très agréable, circonstance qui permet de consommer une grande partie du sucre à l'état de sucre brut.
Sucre de canné. — L'extraction du sucre de canne se fait de la manière suivante : Après avoir coupé la canne en morceaux de longueur convenable, on les écrase dans des moulins spéciaux ; le suc qui s'écoule porte le nom de vesou, la canne sèche constitue la bagasse. Le vesou est soumis à l'évaporation dans de grandes chaudières, jusqu'à consistance de sirop, après avoir préalablement subi l'action de la chaux, qui sépare les impuretés. Quand le sirop est convenablement concentré, il laisse déposer par le refroidissement du sucre cristallisé en grains plus ou moins fins : c'est le sucre brut (moscouade ou cassonade); le liquide non cristallisé constitue la mélasse. Les cassonades sont soumises à un raffinage qui a pour
but d'éliminer les matières étrangères. Cette opération se pratique en préparant, à la vapeur, un sirop que Ton clarifie par le sang de bœuf, que Ton décolore par le charbon, et qu'après concentration dans le vide on fait cristalliser dans des formes ou moules. Là, le sucre subit une nouvelle manipulation, le ferrage, qui a pour but de le blanchir complètement. Cette décoloration peut également s'effectuer à f aide d'une opération qui porte le nom de clairçage.
La canne à sucre n'est point d'ailleurs la seule plante qui puisse fournir du sucre ; la betterave, le sorgho, l'érable, la sève de plusieurs palmiers, certaines racines telles que la carotte, le navet, les fruits non acides donnent un produit identique.
Le sucre, ClfH110111 est blanc, en cristaux confus quand il est sous forme de pains ; en prismes obliques à quatre pans terminés par deux facettes (sucre candi) quand on a laissé refroidir lentement une dissolution concentrée ; inodore, d'une saveur typique, d'une pesanteur spécifique = 1,66; phosphorescent par le choc dans l'obscurité ; déviant à droite le plan de polarisation de la lumière. Il fond à 160° et devient visqueux ; coulé en cet état sur un marbre huilé, il constitue le sucre d'orge. A 210» ou $20°, il perd 2 équivalents d'eau et se convertit en un corps noir, le caramel. Il est inaltérable à l'air, même en dissolution ; mais les dissolutions de sucre impur se moisissent si elles ne sont pas très concentrées. L'eau froide en dissout le tiers de son poids, l'eau bouillante une quantité plus considérable encore ; dissous dans la moitié de son poids d'eau, il donne un liquide visqueux, le sirop de sucre ou sirop simple. Insoluble dans l'éther, il est à peu près insoluble dans l'alcool absolu froid, mais il se dissout d'autant plus aisément, dans les liquides alcooliques, que ceux-ci sont plus faibles. Sous l'influence des acides minéraux étendus, il se transforme en un corps incristallisable (sucre interverti), qui est un mélange de deux sucres isomériques ayant des pouvoirs rotatoires inverses , la glycose et la lévulose. Il peut se combiner avec la chaux, en formant un sel soluble, le saccharate de chaux ; il ne fermente pas directement ; mais, sous l'influence des ferments, il se transforme en glycose et lévulose directement fermentescibles ; il peut, suivant la nature du ferment, subir les fermentations alcoolique, visqueuse, lactique, butyrique.
Action physiologique. — Le sucre impressionne vivement l'organe du goût et excite par suite la sécrétion salivaire et l'activité de l'estomac. C'est un aliment respiratoire pouvant augmenter la réserve graisseuse de l'économie. En trop grande quantité, et par suite de sa transformation en acide lactique, il rend la bouche épaisse, pâteuse, acide; il agace et corrode les dents, échauffe, con-