CANNE DE PROVENCE
stipe, détermine de la soif, oblitère l'appétit et cause de rembarras gastrique. Son abus peut entraîner de graves inconvénients pour la santé : tels sont le ramollissement des gencives, l'ulcération de la bouche, un sursécrétion d'acide urique. Il est rarement éliminé en nature, car, après son ingestion, il se transforme en glycose sous l'influence des acides de l'estomac et se trouve brûlé quand il est absorbé. Seul il ne peut suffire à la nourriture de l'homme ; il tue presque instantanément les animaux à sang froid, tels que les grenouilles et les lézards; il exerce également une action délétère sur les oxyures vermiculaires.
Usages. — Sa saveur douce et agréable le fait rechercher comme adjuvant dans une foule de préparations pharmaceutiques; il adoucit les picotements de la bouche et de la gorge, diminue leur sécheresse et facilite l'expectoration et la parole. A ce titre, il est fréquemment employé dans les rhumes, les angines légères ; sous forme d'eau sucrée, il est quelquefois digestif et peut pallier la gastralgie et le pyrosis. Non seulement il rend les médicaments plus agréables, mais encore il facilite leur conservation : tel est le cas de certains sucs et de quelques substances minérales, les préparations de fer entre autres. A l'extérieur, il est employé en insufflations, sur les taies et les ulcères de la cornée, dans les fosses nasales des enfants atteints de coryza, sur les gerçures non enflammées du mamelon, les aphthes, les ulcères blafards etatoniques; pour dissoudre les éclaboussures du lait de chaux ayant pénétré dans l'œil. Brûlé sur une pelle rougie au feu, il masque les mauvaises odeurs. A l'état de cassonade et de mélasse, il est laxatif et employé en lavements. C'est un contre-poison du cuivre, de l'arsenic, du plomb ; il adoucit l'action des résines et des gommes-résines. On l'a proposé pour conserver la viande et le poisson.
CANNE DE PROVENCE. Arundo donax L., A. sativa Lam., Donax arundinaceus Pal. Roseau à quenouille, Roseau cultivé, Grand roseau. Graminées.
Description. — Rhizome allongé, tuberculeux, poreux, d'un blanc jaunâtre. Tige (chaume) presque ligneuse, dressée, de 3 à 4 mètres, -cylindrique, creuse, dont la cavité est séparée de distance en distance par des entre-nœuds pleins. Feuilles sessiles, de 6 décimètres de long environ, de 5 centimètres de large, lancéolées, à nervures longitudinales saillantes, planes, lisses sur les bords, d'un vert glauque; ligule très courte, tronquée, courtement ciliée. Fleurs (septembre-octobre) en épis dont l'ensemble forme une grande panicule terminale, pouvant atteindre 5 décimètres de longueur, droite, épaisse, à rameaux anguleux, rudes, velus à leur point d'insertion. Les épillets sont verdâtres ou légèrement purpurins, bi