MAISON
la tenir à une place. On maintient ce qui est déjà tenu, et qu'il faut tenir encore pour qu'il subsiste dans le même état : on soutient ce qui a besoin d'être teuu par une force particulière, et qui courrait risque sans cela de tomber. Vous maintenez ce que vous voulez qui dure; vous soutenez ce qvLQ y ovLS voulez qui soit assuré. — C'est surtout la vigilance qui maintient : c'est surtout la force qui soutient, La puissance soU' tient les lois : les oiagistrats en maintiennent l'exécution. — On soutient ce qui est faible et chancelant : on maintient ce qui est variable^ changeant. Vous soutenez une famille par vos secours; vous y maintenez la paix par vos soins. — On maintient son dire en insistant par sa constance. On soutient son opinion en combattant pour elle avec des preuves. — La santé se maintient par le régime ; la vie se soutient par la subsistance : par la subsistance, vous existez; par le régime, vous subsistez daus le même état. — Vous maintenez donc la chose dans l'état où elle était; vous soutenez la chose pour qu'elle soit en bon état. Des juges vous maintiennent dans la possession de vos biens : des amia Yons soutiennent dans vos entreprises. (R.)
MAINTIEN, CONTENANCE. Ces deux termes sont également destinés à exprimer l'habitude extérieure de tout le corps, relativement à quelques vues; et c'est la différence de ces vues qui distingue ces deux synonymes. ^ Le maintien est le même pour tous les états, et ne varie qu'à raison des circonstances. La contenance varie aussi selon les circoastances, mais chaque état a la sienne. — Le maintien est pour marquer des égards aux autres hommes; il est bon quand il est honnête. La contenance est pour imposer aux autres hommes : elle est bonne quand elle annonce ce qu'elle doit annoncer dans Toccasion : celle du prêtre doit être grave, modeste, recueillie; celle du magistrat, grave et sérieuse; celle du militaire, fière et délibérée, etc. D'où il suit qn'il ne faut avoir de la contenance que quand on est en exercice, mais qu'il faut toujours avoir un maintien honnête et décent. Le maintien est pour la société, il est de tous les temps : la contenance est pour la représentation , hors de là c'est pédantisme. — 11 y a une intinité de bonnes contenances^ parce qu'il y a des états différents et que les positions varient : mais il n'y a qu'un bon maintien^ parce que l'honnêtetô civile est une et invariable. (B. )
MAISON, HABITATION, SÉJOUR, DEMEURE, RÉSIDENCE, DOMICILE. Le mot de maison désigne le bâtiment destiné à garantir des injures de l'air. Une maison est grande ou petite, vieille ou neuve, faite de pierres ou de briques, etc. — Le mot d'habitation caractérise l'usage que l'on fait d'une maison relativement à toutes ses dépendances tant intérieures qu'extérieures : une Mbitation est commode ou incommode, saine ou malsaine, riante ou triste, etc. — Les mots de séjour et de demeure sont relatifs au plus ou moins de temps que l'on habite dans un lieu; le séjour est une Aa6i/û^/on passagère; la demeure, une habitation plus durable : l'un et l'autre ne peut être que
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pi as ou moins long : si l'on emploie ces mots avec d'autres épiihrtcs c*est qu'ils sont mis pour maison ou iK)ur habitation, n'y ayant alors aucun besoin d'insister sur les idées accessoires qui différencient ces synonymes. (B.)
La résidence est la demeure habituelle et fixe; le domicile, la demeure légale ou reconnue par la loi ; la demeure, le lieu où vous êtes établi dans le dessein d'y rester, ou même le lieu où vous logez. — Les gens en place, attachés par une charge, un office, un emploi à an tel lieu, ont une résidence nécessaire : on ne prétend pas dire qu'ils soient toujours à leur résidence. Les mineurs et les pupilles n'ont d'autre domicile que celui de leur père ou de leur tuteur. Il y a des malheureux qui n'ont point de demeure, — Il semblerait qu'on peut être en trois endroits à la fois ; car il arrive que des gens qui ont leur résidence naturelle dans la province, auront un domicile dans la capitale, et feront leur demeure habituelle à la cour. — Résidence se dit à l'égard des personnes qui exercent un office ou un ministère public. Domicile est un terme de pratique; le domicile s'acquiert par tant de temps de demeure, et il donne la qualité d'habitant et de citoyen. (R.)
MAISON , LOGIS. Ce sont deux termes également destinés à marquer l'habitation. Mais le mot de maison marque plus particulièrement l'édifice ; celui de logis est plus relatif à l'usage. — On loge dans une maison; et une maison peut avoir plusieurs corps de logis, qui peuvent être occupés par différentes personnes : on peut même établir dans une maison autant de logis qu'il y a de chambres, pourvu que chaque chambre soit suffisante aux besoins de ceux qu'on j loge» (B.)
MAISON , RACE. V. Race.
MAISON DES CHAMPS, MAISON DE CAMPAGNE. Y. Champs.
MAJESTÉ, DIGNITÉ. Majesté, caractère imposant des êtres qui sont au-dessus des autres, soit par leur nature, soit par le pouvoir suprême qu'ils exercent ou qu'ils peuvent exercer, et qui inspire l'admiration, le respect et la crainte. On dit, la majesté de Dieu^ la majesté divine» parce que Dieu est au-dessus de tout ce qui existe; la majesté de r Univers, parce que l'Univers offre un spectacle imposant auquel rien ne peut être comparé; la majesté àQS lois, parce qu'elles sont la source ou plutôt l'expression de l'autorité suprême. — Dignité, élévation d'idées et de sentiments qui se manifeste à l'extérieur par les actions, les paroles, etc., et qui fait qu'une personne inspire généralement du respect, de la vénération. La dignité est proprement la conformité des actions et des discours avec l'élévation des idées et des sentiments. — Dignité et majesté se disent des choses, mais toujours avec des rela> lions aux différences que nous venons d'expliquer. On dit : « Cela répond & la dignité de son caractère », et cette dignité vient des qualités de l'individu. Mais quand on dit : « La majesté du trône », majesté a rapport à l'autorité suprême. En littérature on dit la majesté d'un