‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 102 sur 163 · MALAVISÉ · texte numérisé non relu

MALAVISÉ

sujet, et on indique par là qu'il tient à quelque chose de grand et de sublime auquel on peut appliquer le mot de majesté. La dignité du style signifie sa conformité avec le sujet; la majesté du style consiste dans son caractère noble et élevé. (L.)

MALADE^ MALADIF. Le malade est celui qui est actuellement en proie à la maladie : le maladif est celui qui a des dispositions à être souvent malade (42, page 12). Le maladif, dit Roubaud^ est sujet à être malade; il e un principe particulier et actif de maladie et en éprouve souvent le» effets.

MALADIF, VALÉTUDINAIRE. V. Valétudinaire,

MALADRESSE, MALHABILETÉ. L'un et l'autre expriment un défaut d'aptitude pour réussir. Mais il y a entre ces deux termes une différence : c'est que la maladresse se dit, dans le sens propre, du peu d'aptitude aux exercices du corps; et queldi malhabileté ne se dit que du manque d'aptitude aux fonctions de ]'esprit. Un joueur de billard est maladroit; un négociateur est malhabile, — Gomme nous aimons assez à rendre sensibles les idées intellectuelles, par des métaphores tirées des choses corporelles, on nomme quelquefois, au figuré, maladresse le manque d'intelligence et de capacité pour les opérations qui dépendent des vues de l'esprit; mais il n'y a pas réciprocité, et l'on ne nommera jamais malhabileté le défaut d'aptitude aux exercices coiv pdrels. On peut donc dire qu'un négociateur est maladroit; mais on ne dira pas qu'un joueur de billard soit malhabile. (B.)

MALAISE, MÉSAISE. Mésaise se dit d'un sentiment pénible que l'âme éprouve, d'un état où l'on est privé de Taise intérieure, sans autre sentiment que le désir vague d'être mieux. Ce mot ne s'emploie guère que relativement à la santé : « L'estomac a un dissolvant qui cause la faim et qui avertit l'homme du besoin de manger; ce dissolvant qui picote Testomac, lui prépare par ce mésaise, un plaisir très-vif lorsqu'il est apaisé par les aliments ». (Fénelon.)

Malaise est relatif aux choses du dehors : une personne mal assise, mal couchée, éprouve du malaise. On dit, figurément, être dans le malaise; c'est-à-dire être mal dans ses affaires.

MALAVISÉ, IMPRUDENT. Celui qui ne s'avise pas des choses dont il doit s'aviser, est malavisé: celui qui ne voit pas aussi avant dans la chose qu'il aurait dû y voir est imprudent. Le malavisé ne regarde pas assez à la chose qu'il fait; il la fait mal : Vimprudent ne sait pas bien la valeur de ce qu'il fait; il fait mal. Le premier n'a pas pris conseil des circonstances et des convenances; il les choque : le second n'a pas approfondi les conséquences et les suites de la chose ; elle tourne contre lui. Celui-là manque d'attention, de circonspection, de précaution: celui-ci manque de sagesse, d'application, de prévoyance. — Le mal* dvisé qui ne se soucie point de voir les difficultés, est un sot. Vimprw dent qui ne s'embarrasse point de courir des risques, est un fou. — A dire tout ce qu'on pense, sans savoir devant qui on parle, on est fort

8BÎ STRORTMXS FRANÇAIS.

wuUamsé, A dire des ehoees qui penrent offenser, k qnelqa'un qal peut •e Tenger, <m est fort impmdeMt. (R.)

MALGONTENT, MÉCONTENT. L'Académie définit ainsi ces deux mots : « Malcontent, qui n*est pas aussi satisfait qu*il espérait ou qn'il avait droit de l'être ; mécontent, qui n'est pas satisfait de quelqu'un, qui croit amr sujet de s'en plaindre ».

Ainsi mécontent dit plus que malcontent (17, page 6); celui-ci signifie peu content, médiocrement satisfait : on est mécontent, quand,, loin d'être satisfiut, on est fàcbé et même très-fàché. Un maître est malcontent d'un domestique qui le sert maladroitement ; il est mécon^ tent d'un domestique qui le trompe, qui lui manque de respect, qui fait mal son service par négligence ou par paresse. An reste, TAcadémie fait ol)serTer que malcontent a vieilli; en effet, on dit plutôt : Je suie peu content que Je suis maleontent de vos services, de l'état de mes affaires, etc.

MALÉDICTION. V. Imprécation.

MALENTENDU, QUIPROQUO. Le malentendu est une erreur qui résulte de ce qu'une personne a dit à une autre personne de faire une chose dans un certain temps, à une certaine époque, de telle ou telle manière,, et que celle-ci a mal entendu, mal compris ce qn*a dit la première ; de manière qu'elle a fait une autre chose, ou qu'elle fait la chose dan» un autre temps, on d'une autre manière. Vous m'aviez prcmiis de venir me prendre chez moi à midi, j'ai cru que vous aviez dit à une heure : c'est un malentendu. Le malentettdu est une erreur qui a lieu entre les hommes dans le commerce de la vie : il n'est point applicable à d'au» très espèces d'erreurs. — Le quiproquo est aussi une erreur qui a lieu dans le commerce de la vie. C'est la méprise d'une personne qui a donné, pris, ou fait, ou dit une chose pour une autre. On appelle précisément quiproquo d'apothicaire, la méprise d'un apothicaire qui délivre à une personne un remède préparé pour une autre ; ou qui, dans la composition d*un médicament, emploie une drogue pour une autre. (L.)

MALFAISANT, NUISIBLE, PERNICIEUX. Malfaisant, qui fait du mal par sa nature, qui aime à faire du mal. Nuisible, qui altère le bien, en empêche le maintien ou le progrès, qui trouble l'ordre* Pernicieux, qui est nuisible jusqu'à causer à la fin la ruine, la perte, la corruption, la destraction. — Un homme malfaisant se plaît à faire du mal aux autres ; un homme nuisible se plaît à les traverser dans leurs desseins, à les contrarier dans leurs entreprises; un homme pernicieux les corrompt par ses conseils ou pir ses exemples. — On dit aussi des animaux mal faisants , yynr désigner ceux qui font immédiatement du mal aux hommes : les lions, les tigres, les serpents, sont des animaux malfaisants. On dit les animaux nuisibles, pour désigner ceux qui détruisent les choses utiles aux hommes : les rats, les souris, les mulots, les taupes, sont des animaux nuisibles. ^Vuq chose mal-

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faisante fait du mal; une chose nuisible met obstacle au tien; une chose pernicieuse corrompt ou détruit sans retour. ( L. )

MAL FAIT. V. Contrefait.

MALFAMÉ, DIFFAMÉ. Un homme malfamé' est un homme qui a ane mauvaise réputation : un homme diffamé est un homme pcrdn d'honneur^ à tort ou à raison. Celui qui est malfamé est tel, qu'on en parle mal ; pour que quelqu'un soit diffamé, il faut le diffamer, c'est-àdire l'accuser ou le convaincre de quelque action infamante. Un homme diffamé ^ni avoir été calomnié injustement, atteint dans sa réputation : la réputation d'un homme malfamé est toujours effectivement et essentiellement mauvaise.

MALGRACIEUX, DISGRACIEUX. Malgracieux signifie littéralement, qui est gracieux mal ou peu; disgracieux, qui n^est point du tout gracieux (8, page 4). Une personne ou une chose est malgracieuse par la forme; elle est disgracieuse par le fond, par son caractère propre. L'Académie définit ainsi ces mots : « Malgracieux, rude, incivil * : Cet homme est malgracieux. Réponse malgracieuse. — Disgracieux, qui est désagréable, f&cheux* : Un homme disgracieux; une aventure disgracieuse. »

MALGRÉ. V. Contre.

MALHABILE. V. Inhabile.

MALHABILETÉ. V. Maladresse.

MALHEUR, ACCIDENT. Malheur, événement fâcheux, coup du sort: accident, ce qui arrive par hasard, guod accidit. En efiet, accident désigne simplement un événement fortuit, événement qui d'ailleurs peut ne pas étie fâcheux : il y a des accidents favorables, et même des accidents heureux; il y a aussi des accidents singuliers, bizarres, ridicules; des accidents qui, bien loin d'être funestes, sont très-plaisants.

Il est vrai que ce mot se prend ordinairement dans un sens défavorable, lorsquMl n*est accompagné d'aucune épithète ; mais alors il désigne un événement tout à fait imprévu, fâcheux par lui-même et en quelque sorte indépendamment de ses conséquences. Ainsi , vous tombez en marchant dans la rue : c'est un accident, quel que soit d'ailleurs le résultat de cette chute. Si elle n'a amené aucun mal , ce n'en est pas moins un accident : si vous vous êtes démis un bras, Vaccident est grave , et Ton peut dire alors que ce résultat est un malheur. On voit que le mot malheur a plus de force que le mot accident, et qu'il désigne le fait considéré dans ses. fâcheuses conséquences, plutôt que Tévénement fortuit lui-même.

MALHEUR, CALAMITÉ , INFORTUNE. Malheur indique un événement fâcheux et dommageable. — Si le malheur est grand, et qu'il

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