I. Il faut entendre dans la (orme
t. Et par contiennent iioo gracieux, nullement agréable.
âbU SYNONYMES FRANÇAIS.
tfflige un grand nombre de personnes, noe grande étendue de pays, m rappelle calamité. On lui donne aussi ce nom lorsqu'il tombe sur un particulier et qu'il cause sa ruine totale , sans aucune ressource.
- Vinfortune est une suite de malheurs auxquels l'homme n*a pas donné occasion , et au milieu desquels il n'a pas de reproche à se faire.
— Infortune se dit aussi pour malheur ou événement malheureux ^ mais alors il signifie un éyénement qui fait partie de la suite des événements malheureux qui causent Vinfortune, Un nouveau malheur suppose quelques malheurs arrivés précédemment, mais qui ne causent point Vinfortune; une nouvelle infortune suppose un nouveau mal' heur qui contribue à achever la ruine. (L.)
MALHEUREUSE AFFAIRE, AFFAIRE MALHEUREUSE. V. Savant homme.
MALHEUREUX, MISÉRABLE. Ces deux mots expriment l'idée d'une situation fâcheuse et affligeante. Mais malheureux présente directement cette idée fondamentale; et misérable n*exprime directement que la commisération qui la suppose, comme l'effet suppose la cause. ~ On peut être malheureux par quelques accidents imprévus et fâcheux, sans être réduit pour cela à un état digne de compassion : mais celui qui est misérable est réellement réduit à cet état ; il est excessivement malheureux. — Malheureux est donc moins énergique que misérable; et il peut y avoir des cas où, pour parler avec justesse, il ne serait pas indifférent de dire, une vie malheureuse ou une vie misérable. — Ulysse errant sur toutes les mers , exposé à toutes sortes de périls, essuyant toutes sortes d'aventures fâcheuses, cherchant sans cesse sa chère Ithaque, qui semblait le fuir, menait alors une vie malheureuse. Philoctète abandonné par les Grecs dans l'île de Lemnos, en proie à la douleur la plus aiguë et aux horreurs de Tindigence et de la solitude, y mena pendant plusieurs années une \ie misérable. — On est malheureux au jeu; on n'y est pas misérable; mais on peut devenir misérable à force d'y être malheureux. — Quelquefois ces mots sont employés, non pas pour caractériser simplement une situation fâcheuse et affligeante , qui est leur signiflcation commune et primitive; mais pour indiquer que l'être auquel on les applique est digne de cette situation : et c'est dans ce second sens que l'on dit d'un méchant, d'un fourbe, d'un homme sans mœurs ^ sans pudeur, sans aucune élévation d'âme, que c'est un malheureux ou un misérable; parce qu'en effet il mérite de l'être. Cette seconde acception, qui n'est qu'une extension de la première, ne change rien aux différences qui naissent des idées accessoires que l'on y a déjà distinguées, et dont le choix dépend des besoins de l'énergie. (B.)
MALHONNÊTE, DËSHONNËTE. Ce qui est malhonnête est con traire à Yhonneur, â la probité, ou à la civilité, aux usages do monde : « 11 a eu avec moi un procédé malhonnête; il a un ton mal' fionnéte ». ( Acad) Ce qci e^t déshonnéte est contraire à la pudeur, â la
MALMËN£R. 355
pureté des mœars : « Paroles déshonnnétea, gestes déshonnétes», (Acad.)
Déshonnéte ne se dit que des choses; malhonnête se dit aussi des personnes. Un malhonnête homme est un homme sans probité : un homme malhonnête est un homme impoli.
MALICE, MALIGNITÉ, MÉCHANCETÉ. MALICIEUX, MALIN, MÉCHANT, MAUVAIS, o U y a dans la malice, de la facilité et de la rase, peu d'audace, point d'atrocité. Le malicieux veut faire de petites peines, et non causer de grands malheurs; quelquefois il veut seulement se donner une sorte de supériorité sur ceux qu'il tourmente : il s'estime de pouvoir le mal, plus qu'il n'a de plaisir à en faire. ^ U y a dans la ma//^t7^plns de suite, plus de profondeur, plus de dissimula^ lion, plus d'activité que dans la malice. — La malignité n'est pas aussi dure et aussi atroce que la méchanceté; elle fait verser des larmes, mais elle s'attendrirait peut-être si elle les voyait couler». (Enc,)
Le propre de la malice est de cacher ses desseins et sa marche, dit Roubaud; puis comparant les qualificatifs malicieux ^ malin, méchant et mauvais, il fait remarquer d'abord que malicieux est le plus faible <lc tous, et il continue ainsi.
ce On appelle fort mal à propos malin un enfant qui fait des malices assez ingénieuses. Ses tours malins ne sont que des malices: il n'est donc que malicieux, — Nous disons Tesprit malin, de malignes influences, nue fièvre maligne, etc.; et la qualité que nous attribuons alors aux objets est la malignité proprement dite. Nuire est leur propriété, leur but , leur efifet naturel; mais ils nuisent par des motifs subtils et cachés. — Il y a dans Thomme malin de la malice et de la méchanceté; mais sa ,nalice est plus malfaisante et plus profonde que celle de l'homme purement malicieux; mais sa méchanceté esi couverte, dissimulée, artilicieuse, sans la brutalité, sans la violence, sans Tabandon de l'homme Itroprement méchant, — Le mauvais ne vaut rien. Un homme est mauvais, quand au lieu de Tiadulgence, de la douceur, de l'humanité, de l'équité, des qualités qui font Thomme bon, il a les vices contraires qui font que dans l'occasion qu'il y a d'exercer ces vertus caractéristiques de rhomme ou de l'espèce, il fait du mal. — Le méchant est animé de la haine du bien, de ses semblables, de ce qu'il doit aimer, de ce qu'il doit faire. Le méchant est mauvais, quand il a occasion de faire du mal; mais de plus, il cherche les occasions d'en faire. » ( R.)
MAL INTERPRÉTER, INTERPRÉTER MAL. Ne pas bien comprendre le sens d*un mot ou d'une phrase. — Mal interpréter, c'est prendre les paroles en mauvaise part : interpréter mal, c'est ne pas bien traduire, ne pas bien expliquer un texte. Il arrive cependant que CCS deux locutions s'emploient dans l'un et l'autre sens : mais alors tftal interpréter dit plus qa' interpréter mal; il fait entendre que Tinicrprétation est complètement fausse ( 73, page 27).
MALMENER, MENER MAL. Mener autrement qu'il ne convient. — Malmener, c*est réprimander, maltraiter de paroles ou d'actions, il
Z6Ù STIIOfCTIIES fh^jvçais.
signifie aussi faire essuyer à quelqu'un un grand échec, ime grande perte : « Oo Ta bien malmené dans ce procès ». ( Acad. ) Mener mai, c'est conduire mal^ diriger mal : « Ce cocher mène mal ». (73^ page %l).
MAL PARLER, PARLER MAL. l» Médire; 2o mal dire, s'exprimer d'une manière inélégante et incorrecte. — Bemarquons d'abord que l'adverbe ne peut précéder le verbe qu'au présent de l'infinitif et aux temps composés de Tauxiliaire et du participe : mal parler, il a mal parlé; mais on ne dit pas, il mal parle , tu mal parlais. Cette observation s'étend à tous les verbes auxquels l'adverbe ne s'incorpore pas, comme mal interpréter, mal faire, bien faire, etc.
A Tinfînitif , parler mal se dit dans les deux sens. « Parler bien, dil l'Académie, c'est parler avec élégance et pureté; dans le sens contraire, on dii parler mal». Plus bas elle ajoute : u Parler bien, parler mal d'une personne, c'est en dire du bien, en dire du mal»; puis elle donne comme exemple dans ce sens cette phrase : « Il ne faut point mal parler de son prochain». Mais à l'infinitif, mal parler ne se dit que dans le sens de médire : aux temps composés, les deux formes s'emploient dans le deuxième sens : « Cet orateur a mai parlé, a fort mal parlé, ou a parlé mal, fort mal, pendant une heure ».
Toutefois dans l'acception de médire, on dit plutôt : « Il a mal parlé du prochain », que « il a parlé mal du prochain». La raison en est que mal parler exprime un acte plus coupable que parler mal; et cette distinction a encore lieu lorsque les deux locutions se prennent dans le sens de médire,
MALPLAISANT. V. Déplaisant.
MAL PROPORTIONNÉ, DISPROPORTIONNÉ. Mal proportionné se dit d'un objet dont les parties n'ont pas des proportions justes, convenables : « Un corps mal proportionné», (Acad.) Disproportionné se dit de deux objets qui ne sont point proportionnés entre eux, qui sont séparés par un défaut complet de proportion (8, page 4) : « Leurs k^^ sont fort disproportionnés ». (Acad. )
MALSÉANT, MESSÉANT. On dit malséant quand il s'agit d'une inconvenance de formes dans les choses du dehors; et messéant, pour une inconvenance de fonds, dans le moral (17, page 6). Des moustaches, un habillement de jeune dandy seraient des choses malséantes pour un ecclésiastique; il est messéant que les enfants commandent à leur père. Une posture malséante est contraire aux bonnes manièreSt aux formes imposées par le bon usage ;'tme posture messéante est indécente.
MALTRAITER, TRAITER MAL. Afa//raîfer quelqu'un, c'est le traiter durement en actions ou en paroles, par des coups, des violences ou des injures. Il signifie aussi faire préjudice à quelqu'un : « Cet > homme a bien maltraité son fils dans son testament». (Acad.)
Traiter mal quelqu'un c'est agir, en user avec lui d'une manière eontraire à la politesse, aux égaras, aux attentions qu'on lui doit. 11 •'emploie aussi dans le sens de rudcycr, mais néanmoins sans que le