MANIFESTE
Craitement aille Jusqu'à être outrageant ou injurieux : « Un mattre qui eraite mal ses domestiques». (Âcad.) On voit que la place de Tad- ^erbe fait que le verbe maltraiter dit plus que la locution traiter mai (78, page 27).
MAL VENDRE, MËVENDRE. Mal vendre signifie vendre difficilemerit, lentement, par petites parties, en faisant crédit à des débiteurs peu solvables. Mévendre, c'est vendre à perte, au-dessous de la valeur lie la cbose (17, page 6 ).
MANÈGE, y. Manigance.
MANIAQUE, LUNATIQUE, m Maniaque, 'po&séàé de manie , comme éiémoniaque, possédé du démon. Maniaque et lunatique ont originaireinent le même sens; car de man, lune, les Grecs firent mania, fureur maladie causée, à ce qu'ils croyaient , par la lune : de là maniaque, innatique chez les Latins, qui par ce mot exprimaient également une fureur produite par les mêmes influences. Mais ils appelaient lunatique celui qui n'avait que des accès périodiques de folie; tandis que la folie du maniaque n*a rien de régulier. » (R.)
Aujourd'hui qu'on ne croit plus aux influences de la lune sur le cerveau, lunatique a cessé de désigner une sorte de folie causée par la lune; et nous entendons par personne lunatique, une personne d'humeur changeante et fantasque. Quant à maniaque» il se dit encore de quelqu'un qui est atteint de l'espèce de folie appelée manie, folie moins complète que la démence et qui se manifeste par des accès intermittents, ou dans laquelle l'imagination est constamment frappée d'une idée particulière : « Sa manie est de se croire de verre ». (Acad.)
Mais manie signifie aussi , par extension, habitude bizarre, contraire à la raison, ou encore goût singulier porté jusqu'à l'excès : « 11 a la manie de se faire toujours peindre en habit romain. Sa manie pour les tulipes l'a miné» (Acad.); et maniaque se dit aussi de celui qui est possédé de cette sorte de manie,
MANIE. V. Tic,
MANIER. V. Toucher.
MANIÈRE. V. Façon.
MANIÈRES, FAÇONS, AIR. V. Air.
MANIFESTE, NOTOIRE, PUBLIC. Manifeste, qui est mis en lumière, à portée d'être connu de tout le monde : manifester^ c'est mettre au jour ce qui était, en quelque sorte^ dans les ténèbres. — Notoire^ uni est fort connu, ce qui l'est d'une manière certaine. Ce qui est notoire est si bien connu, qu'il est certain et indubitable : la notoriété fait preuve. — Pu6/tc pris adjectivement, s'applique à toute sorte d'objets assez généralement connus. Ce que tout le monde voit, ce que tout le monde dit, ce que tout le monde croit, etc., est également publie. Cest ici ce que tout le monde sait ou connaît; mais ce mot qe marque que l'étendue de la connaissance, sans établir par lui-même la certitude de la chose; ce qui est propre au mot notoire. — 11 e?t donc facile
de connaître ce qui est manifeste ; ce qui est notoire est bien et certainement connu : on connaît assez généralement ce qui est public. — Li chose manifeste n'est plus cachée : la chose notoire n'est plus incertaine : la chose publique n'est pas secrète. — Notoire et public n'ont rapport qu^à la connaissance qu'on a des choses; mais manifeste désigne de plus la qualité des choses considérées en eUe»mémes^ dans le sens de ses deux autres synonymes clair, évident. (R.) Y. l'article suivant.
MANIFESTE, CLÀIB, ÉVIDENT. Des principes, des vérités , des raisonnements sont manifestes, clairs, évidents en eux-mêmes. — Clair, du latin clarus, clair, qui a une lumière vive, une clarté pure. Évident, du latin videre, voir; c'est ce qu'on voit très-distiDCtement; ce qu'il est impossible de contester, ce qui ravit notre consentement même malgré nous. J'ai dit que manifester signifie littéralement et rigoureusement mis en lumière, au jour, à découvert (V. l'article précédent). — Rien de caché dans ce qui est manifeste, il n*y a qu'à le considérer. Rien d'obscur dans ce qui est c/air, il n'y a (ju'à le regarder. Rien d'incertain dans ce qui est évident, il n'y a qu'à voir, à ouvrir les yeux. — Il y a devant nous des choses irè&^nanifestes que nous ne voyons pas ; nos yeux sont en quelque sorte distraits. Il y a des choses très-claires que nous voyons mal; nous avons quelquefois les yeux troubles. Il y a des choses ivès-^identes que nous ne voulons pas voir; nous fermons les yeux. — Il est bien facile de connaître ce qui est manifeste, de concevoir ce qui est clair, de se convaincre de ce qui est évident. Un coup d'oeil jeté sur des vérités manifestes ne nous en donnera peut-être que des perceptions imparfaites et confuses; mais il faut en acquérir, par l'attention ^ des idées clairesy distinctes et complètes; et c'est par Tenchalnement et la combinaison de ces idées que le raisonnement méthodique parvient à rendre, dans un foyer de lumière, ces vérités évidentes; évidence qui seule exclut la crainte de se tromper, et ravit ainsi notre consentement ou notre assentiment. (R. )
Voici une phrase où ces trois mots se trouvent parfaitement employés : « Fille de faits grands et évidents, la gloire est elle-même un fait manifeste aussi clair que le jour». (M. Ck)usin.)
MANIFESTER. V. Découvrir, déceler.
MANIGANCE, MACHINATION, MANÈGE. Manigance est un mot bas: faudrait-il le rejeter ? ne faut-il pas des mots bas pour représenter des choses basses? Ne sont-ils pas plutôt les noms propres de ces choses? Machination est au contraire un mot noble : ne cesserait-il pas de l'être, s'il s'appliquait à des choses qui ne peuvent être ennoblies? Manège est enfin de mise partout : et ne faut-il pas de ces termes communs pour exprimer des idées communes à divers genres de choses? Sans cette distinction^ sans cette variété ou plulét sans cette diversité, une langne n'aurait qu'une couleur et un style. — Le manège est une manièn
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adroite d'agir ou de faire, de manier. La manigance est un mauvais manège, une manière rusée de faire des choses basses, de vilaines choses, furtivement et sous main. Quant à la machination , tout le monde sent que ce mot doit exprimer l'action d'assembler et de combiner des ressorts ou des moyens cachés pour venir à bout d'un dessein qu'on n'oserait mettre au jour. — La manigance est donc un emploi de petites manœuvres cachées et artificieuses pour parvenir à quelque fin . La machination est l'action de concerter et de conduire sourdement des artifices odieux qui tendent à une mauvaise fin. Le manège est une conduite habile ou plutôt adroite, avec laquelle on manie ou ménage si bien les esprits et les choses, qu'on les amène insensiblement à ses fins. (R.)
MANOEUVRE, MANOUVRIER. Ces mots signifient littéralement qui fait œuvre, qui travaille de ses mains.— Le manœuvre fait œuvre de ses mains, mais il n'est pas ouvrier, il n'exerce pas un métier; c'est un travailleur, ordinairement un enfant, qui sert les maçons ou les couvreurs. Manouvrier est une appellation générale qui s'applique à toutes sortes d'ouvriers travaillant à la journée. Le manouvrier travaille pour ceux qui font faire l'ouvrage : le manœuvre travaille au service et sous les ordres de certains manouvriers.
Comme le manœuvre n'est pas ouvrier, comme il ne sait pas un métier, ce mot se dit, figurément et par mépris, d'un homme qui exécute grossièrement et par routine un ouvrage d'art.
MANQUE, DÉFAUT, FAUTE, MANQUEMENT. On a coutume de distinguer manque et défaut de faute et manquement : des idées particulières m'obligent à traiter de tous ces mots dans le même article, et j'espère qu'il n'en résultera aucune confusion. — Le manque est Tabsence de la quantité qu'il devrait y avoir , ce qu'il s'en manque pour qu'une chose soit complète ou eutière, ce qu'on trouve de manque ou de moins qu'il ne faut, par opposition à ce qu'il y aurait de trop. Le défaut est l'absence de la chose qu'on n'a pas, de ce qu'on désirerait, de ce qu'on n*a pas en sa possession , par opposition à ce qu'on y a. — - Dans un sac qui doit être de mille francs, vous trouvez trente francs à dire, il y a trente francs de manque; le manque, le déficit est de trente francs. C'est ainsi qu'on parle , et vous ne diriez pas là défaut pour manque. Le manque est donc en effet ce qui s'en manque ou ce qui manque d'une quantité déterminée, fixée, ordonnée. Mais ces rapports ne sont nullement indiqués par le défaut : le défaut existe toutes les fois que vous n'avez pas une chose, ou que la chose cesse, comme quand on dit, le défaut de la cuirasse ou au défaut de l* épaule. Le manque est toujours relatif; le défaut est plutôt absolu. Par le manque vous n'avez pas assez; il n'y a pas ce qui devrait y être : par le dé- •jity la chose n'est pas ou n'est plus; mais il n'est pas dit qu'elle dût être. — Le manque d'esprit dit seulement qu'on n'a pas la dose d'esprit ordinaire ou convenable : le défaut d'esprit exprime une pri-
, SCO SYNONYMES FRANÇAIS.
Yation quelconque et même la nullité. L'argent vous manque en route, it ce manque vous oblige à vous arrêter; vous n'en aviez pas assez : le lé faut d'argent annonce simplement que vous n'en avez pas; et en conséquence vous ne pouvez rien entreprendre. Le manque suppose donc une règle ou une mesure donnée; ce qui le distingue de défaut qui en fait ahstraction. — La faute est synonyme de manquement. Le manquement est, dit-on, une faute d^omission, tandis que la faute esi tantôt de commettre ce qui n'est pas permis, et tantôt d'omettre ce qui était prescrit. Ne nous y trompons pas : le manquement n'exclut point Taction positive : une insulte est un manquement de respect; or l'insulte est une action, une faute très-positive. Il faut donc dire que la faute s'appelle manquement , lorsqu'on la considère comme une action par laquelle on manque à une règle, à une loi. Par la faute, on fait mal : par le manquement, on n'observe pas la règle. Dans la faute, il y a toujours une omission, et c'est cette omission qui forme le manquement proprement dit. Le manquement est fait à la règle; ainsi nous disons manquement de foi, de respect, de parole : nous ne disons pas une faute de parole, de respect, de foi; ce terme marque l'opposition au bien, le mal. — Comme on dit manquement, on dit manque de foi. Manque exprime la nature, l'espèce de la chose, d'une manière générale : manquement exprime l'action (19, page 6) oa l'omission particulière par laquelle on est coupable de ce manque. On dit le manque de foi et un manquement de foi : le manque de foi n'existe que par et dans le manquement, (R.)
MANQUER A ou DE. Manquer à, c'est ne pas faire ce qu'on doit à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose : « Manquer à son devoir, à ses amis » (Acad.) ; la préposition à nous montre le devoir, les amis, coname les objets que nous devons avoir en vue, comme le but des égards que nous leur devons et que nous leur refusons (75, page 27).
Manquer de signifie omettre, oublier de faire quelque chose : « Je ne manquerai pas de faire ce que vous voulez ». (Id.) Il signifie aussi courir quelque risque, être sur le point d'éprouver quelque accident: « 11 a manqué cf être tué ». (Id.) La préposition de et l'infinitif qui la suit forment ici un simple complément déterminatif du premier verbe.
MANQUER, FAILLIR. Tous deux se disent d'un événement qui a été sur le point d'avoir lieu; mais manquer ne se dit que d'un événement factieux, d'un malheureux accident; tandis que faillir se dit aussi de quelque chose d'heureux ou de favorable. Ainsi Ton dira : « Nous RYons manqué de verser, ou nous avons failli de verser » et,
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MARCHANDISE, DENRÉE. U mot marchandise sert souvent,