MARITIME
eoTTime terme générique ^ à désigner en gros tous les objets de corn* fiicrce; mais souvent aussi on le met en opposition avec denrée, et alors Ù doit indiquer une classe particulière d'objets de commerce. — Les denrées sont les productions de la terre, qui, brutes ou préparéeSj se vendent ou se débitent^ jusque dans le plus petit détail» pour les besoins de la vie^ et se consomment au premier usage : les marchandises opposées aux denrées sont les matières premières tra* Taillées, façonnées, manufacturées, simples ou combinées, appropriées par rindustrie à divers usages, ou faites pour l'être, et qui ne se consomment que par un usage plus ou moins long. «^ Divers vocabnlistes définissent la denrée, ce qui se vend pour la nourriture et pour la subsistance des hommes et des bètes : ces objets se détruisent au premier usage qu'on en fût. Mais les métaux, les lins, les chanvres, les draperies, les merceries, les toiles, les bonneteries, etc., sont purement des marchandises et non des dmrées; parce qu'ils forment des matières durables, ou des ouvrages d'industrie destinés à d'autres besoins que ceux de notre subsistance journalière, et qui ne s'usent que par une consommation lente. (R.)
MARCHE, DÉMARCHE. Action, mouvement de celui qui marche. Marche exprime simplement l'action de faire des pas : « Marche lente, rapide, précipitée ». (Acad.) La démarche, c'est l'allure, c'est-à-dire la manière, la façon de marcher; c*est la tenue, le port et les gestes de celui qui marche : « 11 venait à nous d'une démarche fière, d'une démarche contrainte, embarrassée». (Id.) MARCHE, DEGRÉ. Y. Escalier, MARCHÉ. V. Traité.
MARI, ÉPOUX. « On désigne par ces deux mots une personne «ngagée dans les liens du mariage; mais mari ne se dit que de l'homme , et époux s'applique également à l'homme et à la femme. On appelle épcux l'homme et la femme qui contractent ou qui ont contracté les nœuds du mariage : « Les deux époux furent mariés par l^officier de l'état civil ». On appelle en particulier l'homme époux et la femme épouse, si on les considère simplement comme unis par ime cérémonie civile ou religieuse; et on les appelle mari et femme, si on les regarde comme formant une société dont le premier est le chef. (L.) Les mots époux et épouse ne sont guère usités aujourd'hui qu'en style de pratique et d'administration, ou dans la poésie. Le bon usage est de dire mari et femme, La femme mariée dit mon mari, et non mjon époux : l'homme marié dit ma femme, et non mon épouse, *
MARITIME, MARIN. Maritime signifie qui est proche de la mer, ou qui navigue sur mer, qui est relatif à la mer (54, page 17): « Les provinces, les villes, les peuples maritimes; le commerce mari» time, législation maritime ». (Acad.) Marin, qui est de mer : « Monstre marin, plante marine, sel marin ». 11 signifie aussi qui est spécialement destiné à la marine : « Carte marine, aiguille marine, montre
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manne; ô et il se dit substantivement d'un homme dont la profession est de servir à bord des navires : « Habile marin ».
MARQUER, INDIQUER, DÉSIGNER. MARQUE, INDICE, SIGNE. Marquer vient de marque, qui signifie empreinte, caractère, note, signe distinctif qui fait reconnaître la chose. Ainsi marquer veut proprement dire mettre une marque ; mais dans l'acception dont il s'agit, c'ost faire : reconnaître un objet à certaine marque, à certain trait distinctif. — Indiquer signifie donner un indice, montrer comme avec le doigt, donner des lumières sur une chose. Vindice met sur la voie. — Désigner vient de signe, latin signum. Le signe annonce, décèlo, avertit par des rapports particuliers avec la chose. Désigner signifie faire connaître par des signes, des traits, des circonstances propres ou relatives à la chose. — Le propre du verbe marquer est de distinguer et de faire discerner un objet par des caractères particuliers , de manière qu'on ne puisse pas le méconnaître ou le confondre avec un autre. Le propre ^'indiquer est de donner des lumières, des renseignements sur un objet qu'on ignore ou qu'on cherche, de manière à diriger nos regards, nos pas, nos soins, nos pensées pour le voir, le remarquer, le trouver. Le propre de désigner est d'enseigner ou d^annoncer la chose cachée, par le rapport de certains signes avec elle, de manière que^ sans la mettre sous nos yeux, nous la sachions et nous en soyons certains. — Le cadran marque les heures; le baromètre marque les degrés de pesanteur de Tair; votre lingère marque votre linge; les rides marquent la vieillesse : toutes ces marques ou empreintes, ou tracées, ou appliquées, vous font distinguer l'objet de tout autre, ou ses qualités exclusives. — L'index d'un livre indique la division et la place des matières ; une carte vous indique votre route ; des écriteaux indiquent des objets à vendre : tous ces indices, souvent étrangers à l'objet ou éloignés de l'objet, ne font que vous aider à y parvenir. — La fumée désigne le feu : le signalement désigne la personne; les symboles désignent des choses cachées : tous ces signes sensibles, liés à l'objet par des rapports connus, vous donnent avis et connaissance de la chose. (R.)
MARTIAL. V. Belliqueux.
MASQUER. V. Déguiser,
MASSACRE. V. Boucherie,
MATÉRIALISME , MATÉRIALITÉ. V. Spiritualisme.
MATIÈRE, SUJET. « La matière, dit l'abbé Girard, est ce qu'on emploie dans le travail : le sujet est ce sur quoi Ton travaille. La matière d'un discours consiste dans les mots, dans les phrases et dans les pensées. Le sujet est ce qu'on explique par ces mots, par ces phrases et par ces pensées ». L'auteur prend évidemment ici la. matière pour les matériaux; or, matière n'est point, dans cette acception, synonyme de Sujet. On ne dira jamais que les mots, les pensées, les raisonnements, sont le sujet d'un discours; c'est la matière dont ils sont com*
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posés. Mais, oatre cette matière ou ces matériaux qu'on met en œuvre, il y a une matière sur laquelle on travaille, dont on traite, qu'on explique; et c'est celle-là qui est synonyme de sujet : le sujet est la matière particulière dont nous traitons. — La matière est le genre d'objets dont on traite; le svjet est l'objet particulier qu'on traite. Un ouvrage roule sur une matière, et on y traite divers sujets. Les vérités de l'Évangile sont la matière des sermons; un sermon a pour sujet quelqu'une de ces vérités. Les matières philosophiques, théologiques, politiques, présentent une multitude innombrable de sujets particuliers à éclaircir. (R.)
MATIN, MATINÉE; SOIR, SOIRÉE. 11 y a entre ces mots la môme difiérence qu'entre an et année (voir ces deux derniers mots). Quand on dit le matin , le soir, on considère ces parties du jour en ellesmêmes comme des éléments indivisibles du temps; mais la matinée, la soirée ont de la durée, sont des espaces divisibles et comprennent des événements qui se succèdent (28, page 9).
MATINIER, MATINEUX, MATINAL. Jlfa^mz^ n'est usité que dans cette expression : Vétoile matinière, Matineux ne se dit que des personnes, et, en veilu de sa terminaison (44, page 13), il signifie qui a l'habitude de se lever matin. Matinal exprime simplement le fait de s'être levé matin. Appliqué aux choses, il signifie qui est du matin, qui appartient au matin (45, page 14) : « Rosée matinale; fraîcheur matinale ».
MATURITÉ, MATURATION. La maturité est la qualité de ce qui est mûr (29, page 9) : la maturation est l'action de mûrir (20, page 7). Les définitions de l'Académie marquent bien cette distinction. « Matu^ rite, dit- elle, état où sont les fruits, les grains, les légumes, quand ils sont mûrs. Maturation, progrès successif des fruits vers la maturité». Maturité se dit seul au figuré.
MAUVAIS. V. Chétif et Malice.
MAXIME. V. Axiome,
MÉCANICIEN, MACHINISTE. Le mécanicien trouve, invente, calcule, combine : c'est alors un savant ou un inventeur; ou bien il exécute et dispose les pièces de la machine, il la gouverne et la dirige : c'est alors un ouvrier mécanicien. Le machiniste est un ouvrier qui travaille aux machines d'après les indications et sous les ordres d'un autre; mais ce mot ne se dit plus aujourd'hui que de ceux qui, sur les théâtres, sont chargés des machines.
MÉCHANCETÉ, MÉCHANT. V. Malice,
MÉCONTENT. V. Malcontent.
MÉDIATION. V. Entremise.
MÉDIOCRE, MODIQUE. Médiocre, qui est entre le grand et le petit, entre le bon et le mauvais. Modique, renfermé dans les bornes de la modicité. — Médiocre se dit des qualités, et exprime un milieu entre les deux extrêmes : modique est relatif à la quantité, et se dit de ce
I6à SYNONYMES FRANÇAIS.
qui suffit à peine à remplir la destination. — Médiocre se rapproche du mauvais : «i Un tableau médiocre ». Modique se rapproche du besoin : « Un bien modique ». Un revenu est modique lorsqu'il suffit à peine aux besoins essentiels de la vie. (L.)
MÉDITER, PRÉMÉDITER. Projeter quelque ehose. G*est dans ce sens seulement que méditer est synonyme de préméditer; ainsi Ton dit : « Méditer un projet, une entreprise^ une bonne , une mauvaise action, la ruine de quelqn*un; préméditer une action, etc. » (Acad.) La seule différence qa'il y -ait dans le sens de ces deux mots, c'est que préméditer enchérit sur méditer; le préfixe pré fait entendre que la dwse projetée l'est ou l'a été longuement, bien avant rexécution (18, page 5); aussi lorsqu'il s'agit d'une mauvaise action, la prén^'tohon est-elle une circonstance aggravante, parce qu'elle démontre une plus grande participation de la volonté.
MÉDITER, RÉFLÉCHIR, RUMINER. Méditer, c*ë8t considérer altenlivement dans son esprit; réfléchir, c*est porter sa réflexion sur une diose ; ruminer, c'est revenir sur une idée, en examiner tous les détails. ^Méditer un projet, méditer sur un projet U y a cette différence entre ces deux expressions, que celui qui médite un projet, une bonne, une mauvaise action, cherche les moyens de Texécution; au lieu que la chose est comme faite pour celui qui médite sur un projet : il s'eflbrce seulement de le connaître, afin d'en porter un jugement sain. ( L. )
MÉFIANCE, DÉFUNCE. L'Académie définit ainsi ces mots : « Défonce, soupçon, crainte d'être trompé ; méfiance, disposition à soupçonner le mal, crainte habituelle d'être trompé ». La méfiance est donc plus que la défiance et en diffère essentiellement. La méfiance est une disposition naturelle à tout craindre, à prendre tout en mauvaise part, à se tenir continuellement sur ses gardes. « La défiance est un doute que les qualités qui nous seraient utiles ou agréables soient dans les hommes, dans les choses ou en noas-mémes» ; {Enc.) et ce doute peut ibrt bien être fondé.
« La méfiance est l'instinct du caractère timide et pervers : la défiance est l'effet de Texpérience et de la réflexion. On naît méfiant; pour être défiant, il suffit de penser, d'observer et d'avoir vécu. » [Enc») Voir rarticle suivant Méfier {se), se Défier,
MÉFIANT. V. Ombrageux.
MÉFIER (SE), SE DEFIER. « Ce sont deux expressions dont la première a rapport à la méfiance , et la seconde à la défiance (Voir cidessus rarticle Méfiance, Défiance). ^ Oa se méfie de quelqu'un par suite d'un caractère méfiant, et quoiqu'on n'ait aucune raison particulière qui puisse justifier la méfiance. On se défie de quelqu'un parce qu'on a des raisons particulières de douter de la probité, de la sincérité, de la capacité, etc., de ce quelqu'un.— Se méfier àe quelqu'un n*attaque pas aussi directement la personne que se défier de quelqu'un. Le premier ne suppose oue le caractère méfiant de celui qui se méfie; le se-
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eond indiqne quelque soupçon, quelque opinion désavantageuse à celui dont on se défie, » (L.)
Nous nous défions de nous-mêmes^ de nos propres forces, de nos ressources, de nos talents, etc. : nous ne nous en méfions pas; car on n'a pas de la méfiance contre soi-même.
MÉLANCOLIQUE, ATRABILAIRE. Le mélancolique et Yatrahilairt sont tourmentés d'une bile noire et tenace, qui, adhérente aux Tiscères, trouble les digestions, envoie des vapeurs épaisses au cerveau, arrête et vicie les humeurs, et cause «nfin le plus grand désordre dans toute récouomie animale. — Les deux mots mélancolique et atrabilaire, Tua latin, l'autre grec, désignent le même état des personnes, car méloM et ater signifient noir, bilis, et ckolé, bile. Mais la mélancolie, susceptible de gradations, ne va que par excès jusqu'à Vatrabile (qu'on me permette ce mot). Il y a une mélancolie douce, agréable même: l'a* trabile est toujours cruelle et terrible. Une simple tristesse vous donne Tair mélancolique qui intéresse ; mais lliabitude de l'àme et la férocité des traits donnent cet air atrabilaire qui effraye. — Le mélameoti" que est dans un état de langueur et d'anxiété; sa tristesse est morne et inquiète. Vatrabilaire est dans un état de fermentation [et d'angoisse; sa tristesse est sombre et farouche. Le mélancolique évite le monde, il veut être seul : Vatrabilaire repousse les hommes, et il le peut vivre avec lui-même. •— On est d'un tempérament mélancoliqtie; on a l'humeur atrabilaire, ( R. )
MÉLANGER. V. Mêler.
MÊLER A ou AVEC. Mêler à ne se dit qu'au figuré, dans le eens de joindre, unir : <x Mêler les affaires aux plaisirs ». ( Acad. ) Dans ce cas, on peut joindre par la conjonction et les parties du complément multiple : « Cet auteur a m^/^ l'agréable et l'utile dans ses ouvrages ». (Acad.)
Mêler avec ne se dit qu'au propre, et signifie mettre ensemble deux ou plusieurs choses et les brouiller : «Mêler l'eau avec le vin ». ( Id.)
MÊLER, MÉLANGER, MIXTIONNER. Mêler est le verbe simple et le genre : mélanger et mixtionner sont des dérivés; ils modifient et restreignent Tidée simple. — Mêler, c'est mettre ensemble, avec, dans, entre, etc., à dessein ou sans dessein, avec art ou sans art, avec une sorte de confusion quelconque, toute sorte de choses, de quelque manière que ce soit, en brouillant, en joignant, en incorporant, en dépbçant, en alliant, etc. Mélanger, c'est assembler, assortir ou composer, combiner, à dessein et avec art, des choses qui doivent naturellement se convenir, pour obtenir par leur agrégation et leur variété, un résultat avantageux et un nouveau tout. Mixtionfter, c'est mélanger, fondre des drogues dans des liqueurs, de manière qu'elles restent incorporées, et que la composition produise des effets particuliers. — On mêle, on incorpore ensemble des liqueurs; on mêle, on bat les cartes; on mélct on brouille maladroitement des écbeveaux. Le peintre mé-
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Immge babilement ses coulems : le méUmge industrieux des couleais fait la peinture. L'on mixtioume artificiellement des sobstances étrangères les nues aux antres; et c*est proprement la drogue qni distingue la mixtion : nn breuTage ndxtioimé est dénaturé. — Vons mêlez le fin arec de l'ean ponr boire : tous méUmgez différentes sortes de vins ponr les corriger on les améliorer l'nn par Tantre, et en faire un antre Tin : Tons mûdûMmeries le rin que tous frelateriez avec des drognes. (R.)
MÉMOIRE, SOUVENIR, RESSOUVENIR, RÉMINISCENCE. La mémoire embrasse, coomie le jouoeiur, tout ce dont on se souvient, tout ce dont on a conservé la mémoire. On perd le «ouventr comme la mémoire des faits indifférents : on conserve la mémoire comme le souvenir d'un bienfait. Mais le mot de mémoire ne sert proprement qu'à désigner la faculté intellectuelle qui nous rappelle les objets ou l'aotion de cette faculté; il est pris dans nn sens métaphysique :.on a ou on n'a pas la mémoire; le mot souvenir n*exprime que l'action, sans idée méta])hysique de faculté : on lui applique ordinairement les accessoires ou les modifications particulières de Taction : on a des souvenirs agréables ou f&cheux. La mémoire nous représente simplement l'objet: cet objet est douloureux ou doux à notre souvenir; ainsi de tout autre rapport. — Réminiscence, latin reminiscentia, vient de mens, esprit, intelligence, mémoire. La mémoire, latin memoria^ est mot à mot, Tesprit, Vintelligence qui retient, qui garde : de mens, esprit, et de mor, radical de mora, d'où morari, arrêter, retenir. Mémoire est un mot générique : toute idée rappelée à l'esprit est la mémoire de la cbose; comme toute idée retenue dans l'esprit est un dépôt de la mémoire» U réminiscence est des cboses qui n'ont fait qu^une impression si faiblCt ou dont l'impression a été si fort effacée, qu'à peine est-il possible d'en retrouver ou d'en reconnaître les traces. — Le souvenir est littéralement ce qui revient dans Tesprit Le ressouvenir est manifestement un souvenir nouveau ou renouvelé (5, page 3). Le souvenir pur est plutôt d'une chose plus ou moins présente à l'esprit, plus ou moiDS facile à rappeler, plus ou moins fidèlement représentée : le ressouvenir est plutôt d'une chose plus ou moins oubliée, plus ou moins difficile à retrouver, plus ou moins imparfaitement retracée. Le souvenir esX <iod' quefois involontaire : le ressouvenir est quelquefois l'ouvrage de notre volonté : nous cbercbons avec soin à nous ressouvenir d'une chose cachée dans notre mémoireK — Ainsi donc, la réminiscence est le pi"? léger et le plus faible des souvenirs; ou plutôt c'est un ressouvenir si -faible et si léger, qu'en nous rappelant une chose, nous ne nous rapl^' Ions pas ou nous ne nous rappelons qu'à peine d'en avoir eu peut-éu quelque idée. Le ressouvenir est le souvenir renouvelé d'une chose \^^
»• R«ttott««ntr, suppose dans ce cas, qne l'on fait des eflbrts ponr se rappel* ttne chose qiù a eu lien dans un temps éloigné ou qui n'a laissé dans notw Mp"* <»«'"»• trac* fiible ou oLscure (6, 3o, page 5),
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OU moins éloignée du moins de notre esprit^ oubliée autant de fois que rappelée^ et difficile soit à retrouver soit à reconnattrov Le souvenir est ridée d'une chose qui, plutôt détournée de notre attention qu'absente de notre esprit, nous redevient présente par la mémoire et rappelle notre attention. La mémoire est un acte quelconque de cette faculté •qui nous rappelle nos idées*. (R.)
MÉMOIRES. V. Histoire.
MÉNAGE, ÉCONOMIE. V. Économie,
MÉNAGEMENTS. V. Égards.
MENDIANT. V. Pauvre.
MENER. V. Guider,
MENER MAL. V. Malmener,
MENSONGE , MENTERIE. Menterie est formé directement du verbe -mentir, et exprime simplement le fait de ne point dire la vérité. Ce mot, dit l'Académie, est plus familier que mensonge et s*applique à des choses moins graves. Le mensonge est une grande menterie; il est inspiré par quelque intérêt et vise à un but : la menterie n'a pas les mômes motifs; c'est, comme le dit Roubaud,un mensonge léger, badin ou sans conséquence. La menterie est dite sans aucune mauvaise intention, par légèreté, par plaisanterie, dans le dessein de faire une petite tromperie innocente, ou pour s'amuser et amuser les autres. Le fourbe fait des mensonges, le hâbleur dit des menteries,
MENSONGER, MENTEUR. Ces deux adjectifs ne sont synonymes que quand ils se disent des choses, et ils signifient contraire à la vérité*. — Mensonger est moins fort que menteur : le premier est formé directement du substantif mensonge; le second' vient du verbe mentir et rappelle Taction marquée par ce verbe (40, page 12). Menteur suppose l'intention de tromper, de ne pas tenir ses promesses, de faire tomber dans un piège; mensonger signifie simplement qui renferme des mensonges ou qui n'est pas conforme à la vérité. Celui qui fait un récit menteur, le fait avec dessein de tromper; car il sait bien qu'il dit des choses fausses : celui qui fait un récit mensonger, le fait «ans mauvaise intention; car il le croit vrai, il en ignore la fausseté * le premier trompe, le second se trompe ou a été trompé.
MENTERIE. V. Mensonge.
MENTEUR, HABLEUR, FANFARON. Ces trois mots indiquent dans Vhomme trois espèces de défauts qui offensent la vérité. — Le men^ ieur cache la vérité pour son avantage et dans le dessein de tromper : le hâbleur invente et exagère par habitude et par intempérance de langue : le fanfaron ment par vanité, se vante par amour-propre des qualités qu'il n'a pas, ou exagère sans pudeur le mérite de celles qu'il a; ( L.)