MÉTIER
qualités , par sa supériorité. Le mérite donne une sorte de droit ; la dignité donne nn titre. Ce qu'on mérite est récompensé dans quelque sens : on est aussi digne de réccMupense, et même d'une fareur. Celui qui mérite s^est rendu digne par sa conduite^ ses travaux^ le bon emploi de ses qualités et de ses talents. — S*agit-il d'une place qui se donne aux services? celui qui a rendu le plus de services la mé^ rite. Ne faut-il pour une place que de la capacité ? celui qui a donné le plus de preuves de capacité en est le plus digne. — Mériter, être digne, se prennent en bonne et en mauvaise part. (R.)
MERVEILLE. V. Prodige.
MÉSAISE y. Malaise.
MESSËANT. V. Malséant.
MËSUSER. y. Abuser.
MÉTAMORPHOSE, TRANSFORMATION. U métamorphose appartient à la mythologie; le mot dénomme les changements de formes opérés par les dieux de la Fable. La transformation appartient également à l'odre naturel et à l'ordre surnaturel ; le mot indique tout changement de forme quelconque, même dans le langage des sciences exactes. — Métamorphose n'exprime, au propre, qu'un changement de forme : transformation désigne encore quelquefois d'autres changem ents, comme la transmutation ou la conversion des métaux. — La métamorphose emporte toujours une idée de merveilleux; et il n'en est pas de même de la transformation. Ainsi, au figuré, la métamorphose est un transformation merveilleuse, extraordinaire, étonnante; un changement prodigieux, inattendu, incroyable, de manières, de conduite, de sentiments^ de caractère ou de mœurs. La métamorphose est d'ailleurs une transformation si entière, que l'objet ne conservant aucun de ses traits, il est absolument méconnaissable. La transformation sera plus simple et plus facile; elle s'arrête même ordinairement aux apparences et aux manières. Le libertin se transforme quelquefois par respect humain; il est métamorphosé par la conversion. (R.)
MÉTIER, PROFESSION. Le métier fait l'ouvrier, l'homme de travail : la profession fait l'homme d'un tel ordre, d'ime telle classe. Le métier demande un travail de la main; la profession, un travail quelconque. Ainsi vous dites le métier de boulanger, le métier de chaudronnier, le métier de maçon. Mais on dit la profession de conmierçant, d'avocat, de médecin, et non pas le métier; car ces gens-là ne travaillent pas de la main. — Cependant le mot de métier est quelquefois relevé par son régime : ainsi on dit le métier des armes^ le métier de roi. — On dit également le métier des armes, la profession des armes. Le métier des armes désigne un usage habituel, ou rhabitude acquise par l'exercice et l'expérience. La profession des armes marque l'emploi auquel on s'est consacré. — La profession se prend pour la livrée que l'on porte ou l'affiche qu'on se donne : ainsi Ton
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dit faire profession d'être honnôte homme , homme dlionnenr, bon citoyen : on est bel esprit^ joueur, ivrogne de profession. (R.)
Dans l'emploi ordinaire et propre de ces mots, profession est le terme générique; le métier est une profession d'un ordre intérieur : la pro^ fession de l'ouvrier. « Profession se dit de tous les différents états et de tous les différents emplois de la vie civile, dit l'Académie. » Ce mot, comme l'a fait remarquer Rouhaud, indique la classe des personnes : « Il s'y trouva des gens de toutes sortes de professions; 11 est tailleur de profession, de sa profession ». ( Acad.)
METTRE, POSER, PLACER. ifc«re a un sens plus général; poaer et placer en ont un plus restreint : mais poser, c'est mettre avec justesse, dans le sens et de la manière dont les choses doivent être mises; placer, cVst les mettre avec ordre, dans le rang et dans le lieu qui leur conviennent. Pour bien poser, il faut de l'adresse dans la main : pour bien plocer, il faut du goût et de la science. — On met des colonnes pour soutenir un édifice : on les pose sur des bases; on les place avec symétrie. (6.)
METTRE A L'ÉCART. V. Éloigner.
MEUBLES (LES), LE MOBILIER. Les meubles sont les différents objets qui servent à garnir un appartement, une chambre; et encore ne comprend-on point ordinairement dans cette appellation les glaces, les tapis^ etc. Le mobilier est l'ensemble non-seulement des meubles de toutes les pièces de Tappartement ou de la maison, mais aussi des glaces, des tapis, des pendules, et même de tous les objets que l'on ne désigne pas ordinairement comme meubles, tels que les ustensiles de cuisine, ceux du foyer, etc. Vous achetez deux fauteuils et une commode, ce sont des meubles que vous ajoutez à votre mobilier : tous ne diriez pas de même, si vous y ajoutiez une pendule, des flamheaux, •dp^ tableaux, des porcelaines ou autres objets qui ne sont pas qualifiés •de meubles, quoique faisant partie du mobilier (64, page 23 )•
MEURTRIER. V. Assassin.
MEURTRISSURE. V. Contusion.
MÉVENDRE. V. Mal vendre,
MIDI, SUD. V. Levant,
MIDI (DU). V. Méridional,
MIGNON, MIGNARD, GENTIL, JOLI, a Une élégante régularité dans de petites formes, la délicatesse des traits, les agréments propres de la petitesse, constituent le mignon, La délicatesse et la douceur ^lans les traits animés, Vair et les manières gracieuses, une expres^n ieodre, distinguent le mignard. Un assortiment de traits fins, qui sied ou ne messied pas ; cette vivacité franche qui, par ses façons, donne -lie l'agrément et semble donner de l'esprit à tout; cette facilité natu- TcUe de manières , qui a toujours de la grâce et fait disparaître les défauts, caractérisent le gentil. L'élégance et la finesse du mignon, la 'douceur tendre du mignard ou la vivacité riante du gentil, Tair de la
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grAce ou d'un ensemble fonné pour les grâces, brillent dans lejolû — Le mignon est la miniature du grand; le mignog^ est une sorte de naïveté touchante; le gentil est au corps ce que l'esprit est à la raisoc; le/o/t est le rival du beau. On est plutôt mignon eXjoli par les traits et les formes; on est plutôt mignard et gentil par les manières. (R.)
Mignon énonce tout à la fois les idées exprimées séparément par les adjectifs petit, délicat, joli et gracieux : aussi peut-il s'appliquer à toutes sortes de petits ouvrages travaillés délicatement. Mignard ne se dit pas des objets matériels. Ajoutons que la terminaison ard ezpri- , mant l'excès et même Tabus (41^ page 12)^ il est arrivé que le mot mignard a presque cessé de s'employer dans un sens favorable^ et qu'il ne se dit plus guère aujourd'hui que des manières ou des actes dans lesquels on remarque un mélange de gracieux et d'afTéterie : « Langage mignard; manières mignardes ». (Acad.)
MILIEU. V. Centre.
MINCE ^ MENU. Mince exprime le manque de dimension seulement dans le sens de l'épaisseur : ce qui est mince n'est pas épais; il peut d'ailleurs être long et large : « Cette doublure est bien mince ». (Acad.) Menu vient du latin minutus, participe du passif de minuere, diminuer ; il signifie donc qui a été fait ou qui se trouve être d'un petit volume (52^ page 16). Ce qui est menu manque de grandeur dans tous les sens ou au moins dans deux dimensions : m Menu bois; grêle menue ». (Acad.) a De l'écriture fort menue » (Id.); c'est-à-dire, petite en largeur et en hauteur : « Cette corde est fort menue » (Id.); c'est-à-dire^ manque de grandeur dans le sens de la largeur et de la hauteur ou épaisseur; elle peut du reste avoir une grande longueur.
^s deux mots s'emploient^ au figuré^ dans le sens de faible^ peu
considérable» médiocre; mais Tadjectif mince qualifie quant à la nature
de la cbose : a Mince héritage; mince savoir; esprit mince ». (Acad.);
menu qualifie quant au fait d'être de peu de conséquence : « Menus
- frais; menues dépenses; menus détails ». (Id.)
MINE. V. Air,
MINISTÈRE. V. Office.
MINUTIE, BABIOLE, BAGATELLE, VÉTILLE, MISÈRE. Minutie ' désigne la qualité de fort peu de chose, de chose de peu de conséquence, • dé ce qui n*est pas essentiel , qui ne fait rien au gros de l'affaire. Babiole, hochet, joujou d'enfant, ce qui n'est pas digne d'un homme fait. Bagatelle désigne une chose qui n*a point de valeur ou qui n'a que fort peu de prix. Les vétilles sont de petites choses qui gênent, embar- 4'assent, arrêtent. Je ne sais pourquoi les vocabulistes négligent de remarquer l'acception de misère, pris pour une bagatelle, un rien, une chose méprisable, qui ne doit faire aucune sensation : on dit sans •<:esse qu'une chose n'est qu'une misère, qu'il ne faut faire aucune attention à de petiu« misères, au uba chose qui n'en vaut pas la peine
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est une misère. — Ainâ, minutie désigne proprement la petitesse, le peu de conséquence d'une chose qu'on néglige^ qu'on laisse de c6té : babiole, la puérilité, le peu d'intérêt d'une chose qui ne peut occupeT, qui ne convient qu'à des enfants : bagatelle, le peu de valeur, la frivolité d'une chose qu'on ne peut estimer, dont on ne saurait faire cas: vétille, la futilité, le peu de force d'une chose dont on ne doit pas s'embarrasser, à laquelle il ne faut pas s'arrêter : misère, la pauvreté, la nullité d'une chose que l'on compte pour rien, qui ne doit pas affecter, que l'on méprise. (R.) MIRACLE. V. Prodige,
MIRER, VISER. Mirer, regarder, considérer attentivement : viser, tendre, diriger la vue vers un point. Mirer n'exprime que Faction de considérer : viser indique la fin ou le terme de l'action. On mire un objet et on vise à un but. Mirer ne se dit guère qu'au propre; et viset s'emploie souvent au figuré, pour désigner les vues que l'on a, l'objet qu'on a en vwe.— Un canonnier mire une tour et vise à l'abattre» Nous avons beau mirer les objets, nous y sommes toujours trompés plus ou moins : Nous avons beau viser droit à un but, les voies qui y mènent n'y mènent pas toujours. (R.) MISÉRABLE. V. Malheureux.
MISÈRE. V. Minutie.
MISÉRICORDE. V. Merci, MÏTIGER. V. Adoucir, MIXTIONNER. V. Mêler,
MOBILE, MOTIF. Ce qui meut et porte à faire quelque chose. • Le mobile met en mouvement; il nous pousse, nous excite à agir : le motif est la raison, la cause qui nous détermine à laire ou à ne pas faire. Le premier est nécessairement et toujours cause di'action; le second est souvent cause d'inaction : « Quel est le motif qui vous retient? » Le mobile est le sentiment, la passion qui nous meut : le motif est la raison, le pourquoi de nos actes, de nos déterminations, ou bien le but de nos actions : « Par quel motif dA-ïi fait cela » (Asad.) ? c'està-dire, par quelle raison? « Exposer ses motifs »\ c'est-à-dire ses raisons. « Il n'a point eu d'autre motif que celui de la gloire de Dieu » (Acad.); il n'a point eu d'autre but.
Nous cédons aux mobiles; notre esprit pèse les motifs, les apprécie et adopte l'un de préférence à l'autre. Si je dis de quelqu^m : « L'argent est son unique mobile » (Acad.), je représente cet homme comme entraîné à agir par son amour de l'argent; si je dis ; a L'intérêt est le seul motif qui le fait agir » (Acad.), je le représente comme prenant son intérêt pour but de toutes ses actions et le consultant dans toute
affaire.
MOBILIER, MOBILIAIRE. Ce qui est mobilier est meuble, fait meuble : ce mol s'emploie même comme substantif pour désigner l'ensemble des meubles (V. Tart. Meubles, mobilier), « Mobiliaire, dit