NOURRIR
les notices et les notions; car il ne s'agit que d'expliKiaer des mots/des passages, des allnsions, en un mot, de dissiper quelque obscurité; et si elles étaient fort étendues, elles seraient des commentaires. — Les remarques doivent être nouvelles, utiles, critiques; car il serait peu judicieux de vouloir faire remarquer ce que tout le monde remarque ou ce que personne ne se soucie de remarquer. — Les observations doivent être lumineuses, curieuses, savantes; car c'est pour démêler ce qu'il y a de plus fin , découvrir ce qu'il y a de plus caché, développer ce qui est intéressant qu'on met une attention particulière à observer, qu'on exerce avec constance sa sagacité et sa critique. 11 y a plus de recherches dans les observations que dans les remarques : voas remarquez ce qui vous frappe; et vous observez pour découvrir et savoir. Il faut, sans doute, dans les unes et dans les autres, du goût et de la critique; mais dans les remarques , c'est plutôt la critique de l'homme de goût qui sent; et dans les observations, celle d'un savant qui interroge les choses, les détaille, les creuse, les possède. — Les considérations doivent être étendues et profondes; elles ne s'exercent proprement que sur des objets considérables^ faits pour être considérés^ dignes de considé-' ration, selon le rapport naturel que ces mots ont entre eux. — Les réflexions doivent être naturelles sans être triviales, neuves ou exprimées d*uDe manière neuve et piquante, plutôt judicienses et solides que subtiles et ingénieuses; car il faut qu'elles naissent du sujet, qu'elles réveillent l'attention, qu'elles instruisent et se gravent dans l'esprit. (R.)
NOTIFIER. SIGNIFIER. Notifier, c'est signifier formellement et nettement, d'une manière authentique, dans les formes, de façon que la chose soit, non-seulement connue, mais indubitable, constante, notoire. Vous signifiez ce que vous déclarez avec une résolution expresse aux personnes : vous notifiez ce que vous leur signifiez en règle ou avec les conditions propres à donner à votre signification la valeur convenable ou le poids nécessaire. Ce qu'on vous a signifié, vous ne pouvez pas Tignorer; vous ne pouvez pas éluder ce qu'on vous a notifié. — On notifie des ordres, de manière à ne laisser que la ressource de l'obéissance : on signifie ses intentions, de manière à ne pas laisser l'excuse de Fignorauce. (R.) NOTION. V. Idée.
NOTOIRE. V. Manifeéte, NOURRICIER. V. Nourrissant.
NOURRIR , ALIMENTER , SUSTENTER. Nourrir, c'est fournil à la substance des corps vivants, de manière qu'elle soit conservée par vos Aliments, qui se transforment en cette substance même. Alimenter, c'est fournir à leur subsistance, de manière qu'ils aient toujours des al> nients, pour se nourrir. Sustenter, c'est pourvoir à leure besoins rigor.l'CDx et pressants, de manière que, par vos aliments, ils aient ce qui «t nécessaire pour vivre. — L'idée nécessaire ^* alimenter est d'entre-
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tenir d'aliments ; aussi n'exprime- 1 -il iA)int celle d'entretenir Immédiatement la Tie ou la substance, on l'existence même des objets, antre acception des mots nourrir et sustenter. Ainsi Tali* ment, le pain, par exemple, n'alimente pas; û nourrit et sustente. Tout aliment, en tant qnll entretient notre substance, nourrit : la nourriture suffisante et nécessaire pour soutenir la yie, sustente. Il y a donc une mcsnie donnée de nourriture pour sustenter : mais avec plus ou moins d'aliments, on est nourri bien on mal , trop oa trop peu, ou avec toute antre sorte de modifications. On sait déjà que nourrir signifie entretenir la substance par la conyersion de l'aliment en cette substance; au lieu que sustenter signifie seulement soutenir la Tie> sans aucun rapport à la manière dont l'effet est opéré par les alim«its. (R.)
NOURRISSANT, NUTRITIF, NOURRICIER. Nourrisant qui nourrit^ qui nourrit beaucoup. Nutritif, qui a la faculté de noumr, de se cou» Tertir en la substance de l'objet ( 42, page 12.) Nourricier, qui opère la nutrition, qui se répand dans le corps pour en aogmenter la substance. lie premier de ces mots marque l'eifet; le second, la puissance; le troisième, l'action. — • Les mets nourrissants abondent en parties ntffrtiives, dont l'estomac extrait une grande quantité de sucs nourri^ tiers. (R.)
NOURRITURE. V. Subistance.
NOUVEAU. V. Neuf.
NOUVELLE (AVOIR), AVOIR DES NOUVELLES. V. Avoir nouvelle.
NUAGE. V. Nue.
NUANCER. V. Nuer.
NUE, NUÉE, NUAGE. Nue est le mot simple; il désigne des Tapeurs élevées et condensées dans les airs. Nuée est un mot eomposé; et, comme les substantifs dérivés d'un antre et distingués par cette terminaison, il désigne les circonstances particulières de la chose (18» page 9), un amas de vapeurs épaisses, sombres, menaçantes^ grosses de pluie et prêtes à crever. Nuage est également composé de nue, el par la terminaison âge [H, page 8) il désigne particulièrement l'aetion ou l'effet produit par l'interposition de la chose, celui de cacher, de couvrir, d'obscurcir, d'oflasquer. (R.)
Ainsi ridée de mie fait penser à l'élévation ; celle de ntiéip, à la quantité et à l'orage; et celle de nuage, à l'obscurité. On dit donc d'un oiseau qu'il se perd dans les nues, pour dire qu'il s'élève fort haut dans la région de l'air; qu'une nuée s'étend vers la droite, pour mai^ qiier ce qui est exposé aux accidents dont elle menace; et qu'un nuage ne tardera point à crever, pour indiquer qu'il est extraordinûrement condensé et noir. Ces idées accessoires deviennent presque les principales dans le sens figuré. On dit : u Élever quelqu'un jusqu'aux mues » pour dire le louer excessivement; « Tomber des nues^ pour