‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 114 sur 163 · NUL · texte numérisé non relu

NUL

dire être snrpris^ étonné, comme on Test quand on tombe de haut : on voit dominer dans - tontes ces phrases Tidée d'élévation. — On dit figarément : « Une nuée dliommes, d-oiseaux^ d'animaux » ; l'idée de quantité est ici domioante. ^ Enfin Ton dit : « Un nuage de poussière» pour marquer l'obscurcissement de Tair par la quantité de poussière qui y est élevée; « Avoir un image devant les yeux » pour désigner quelque chose que ce soit qui empêche de voir distinctement; et plus figurément encore; on appelle nuages les doutes^ les incertitudes et les ignorances de l'esprit humain. Ici c'est l'idée d'obscurité qui est principalement envisagée. (B.)

NUER, NUANCER, «t Assortir, disposer des couleurs de manière qu*il se fasse une diminution insensible d'une couleur à l'autre, ou d'une même couleur, en allant soit du clair à l'obscur, soit de l'obscur au clair ». ( Acad.)

En premier lieu, nuer signifie proprement former des nuances sur un fond de couleur, au moyen de différentes couleurs nouvelles : nuancer, c'est assortir les nuances d'une seule couleur, par dégradation de teinte. Secondement, en termes d'industrie, nuer un dessin, c'est y marquer les couleurs que l'ouvrier doit employer dans la fabrication; et nuancer, c'est reproduire fidèlement les nuances du dessin modèle. « Ainsi, dit Roubaud, le dessinateur nue et l'ouvrier nuance. » Troisiëmement enfin nuer se dit des couleurs variées que les objets ont naturellement; et nuancer, de la reproduction par l'art de ces mêmes couleurs sur l'imitation de l'objet.

a î^uer ne se dit point au figuré; mais on y dit nuancer ^ pour désigner la différence fine, délicate, imperceptible, qui se trouve entre les mots, les idées, les mômes espèces de choses, comme vertus, passions, etc. » (R.)

NUISIBLE. V. Malfaisant.

NUIT. V. Ténèbres.

NUL, AUCUN. Nu/, ne ullus, ne unus, pas un, pas un seul; aucun, aliqms unus, quelqu'un ^. î^ul porte avec lui sa négation; aucun en attend une pour en devenir le synonyme, liul a plus de force exclusive que aucun. Nul exclut c/tactm, chaque individu, chaque chose, d'une manière déterminée, depuis la première jusqu'à la dernière : aucun négatif exclut quelqu'un, celui-ci ou celui-là, une chose et une autre, d'une manière indéterminée. Nul n'ose, c'est-à-dire qu'il n'>" a pas un 'seul qui ose : aucun d'eux n'ose, c'est-à-dbre qu'il ne se trouve pas quelqi^un qui ose. L'homme négatif et sans égards n'a nul égard pour vos prières, il les rejette absolument : l'homme honnête et capable

1. Aucun ^ autrefois aleun^ aulcun, ea italien aleuno. Dans tous nos anciens auteurs muun s'emploie dans le sens de quelqu'un, quelque : Aucuns, se sont trouvés (La Fontaine), c'est-à-dire quelques-uns se sont trouvés; et dans cette phrase de l'Académie : • De tous ceux qui se disaient mes amis, aucun m'a-t-ii secouru? • aucun n'a pas d'autre sens que quelqu'un.

ta.

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d'égards, n'a aucun égard à yos prières dans telle occasion; il ne s*y rend pas. La justice rigoureuse qui ne fait nulle acception des personnes, n'en fera nulle ea votre faveur : l'équité, moins sévère, qni fait quelquefois acception des malheureux et des faibles, n'en fera aucune. Vous n'aurez nulle considération, quand vous devrez n'en avoir pas la moindre : vous n'en avez aucune^ quand vous auriez pu en avoir quelqu'une. — Nul ajoute à aucun comme point à pas. Si l'oreille préfèrô quelquefois aucun à nul, il n'en faut pas moins que la justesse de l'expression l'emporte, dans les cas graves, sur la déU catesse deToreille. (R.)

NUMÉRAL, NUMÉRIQUE. Numéral est un terme de grammaire, et signifie qui désigne un nombre : trois est un adjectif numéral, Nu^ mérique est un terme de mathématiques, et signifie qui a rapport ans nombres, qui se fait avec des nombres, qui a lieu entre des nombres : une opération numérique est une opération faite sur des nombres; une difierence numérique est celle qui existe entre deux nombres.

NUTRITIF. V. 'Nourrissant.

OBÉISSANCE, SOUMISSION. L'obéissance est ou l'action de celui qui obéit ou la disposition habituelle à obéir. C'est dans ce dernier sens qvi'obéissance et soumission sont synonymes, avec cette différence qa^obéissance marque particulièrement l'habitude d'obéir aux ordres, aux commandements, à mesure qu'ils sont donnés; et que la soumis^ sion marque une disposition générale et permanente, non-seulement à exécuter les ordres et les commandements, mais encore à se conformer à tontes les volontés et à toutes les idées des autres, de quelque manière que ces volontés et ces désirs soient connus. — C'est par V obéissance qu*on exécute les ordres qu'on reçoit; c'est par la soumission qu'on est disposé à les exécuter. L'obéissance tombe sur Taction môme, la soumission sur la disposition intérieure. On peut obéir sans être soumis, c'est-à-dire sans plier sa volonté à ce qu'on fait; alors l'obéissance est involontaire et forcée. La soumission, au contraire, suppose toujours la disposition à l'obéissance et la promet. (L.)

OBLIGATION. V. Devoir.

OBLIGEANT. V. Serviable.

OBLIGER, CONTRAINDRE, FORCER, VIOLENTER. Obliger, latin obligare, lier tout autour. Contraindre, latin constringere , serrer de tous côtés, étreindre fortement. Forcer, de psr, for (porter, élever) signifie employer des moyens puissants, efficaces par eux-mêmes, qui ôtent ou ravissent. Violenter, de vis, force, avec l'augmentatif ol, marque l'abus et les excès de la force par les mauvais traitements. —

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