ODEUR
ncertain, et qui change ou pourrait changer l'ordre ou la direction . les choses. « Les conjonctures, dit Roubaud, préparent et présagent le - >uccès d'une guerre. Une circonstance imprévue fait perdre ou gagner , une bataille. » Nous pourrions ajouter qu'en cette occurrence, le général . vaincu doit montrer plus de capacité et d'habileté que le vainqueur; car d'ordinaire, il est plus difficile d'arrêter ou même d'atténuer les suites d*une défaite que de profiter des avantages d'une victoire. OCCIDENT , COUCHANT. V. Levant.
OCCIDENT (DE L'), OCCIDENTAL. V. Méridional. OCCULTE. V. Caché.
OCCUPER (S') A ou DE. a S'occuper à quelque chose, c'est y travailler : il ^occupe à son jardin. S'occuper d'une chose, c'est y penser, en avoir la tête remplie, chercher les moyens d'y réussir : il s'occupe beaucoup de ses affaires. » (Acad.)
S'occuper à marque donc le genre d'action que Ton fait réellement, en montrant l'exécution ou la réalisation de la chose à laquelle on s'occupe, comme le but d'un travail constant et dont la fin est indéterminée. S^ occuper de annonce l'exécution plus ou moins prochaine de choses qui occupent Tesprit : ici la préposition de présente la chose comme déterminative des actes ou des actions. Celui qui ^occupe de ses affaires, ne les perd pas de vue et songe continuellement à ce qu'il fait et à ce qui! doit faire pour les bien mener : ses affaires sont en quelque sorte le point de départ de toutes ses actions; ce sont elles qui motivent et détenninent ses actes.
Il est facile d'après cela de distinguer la différence de sens qu'il y a entre ces deux phrases : « Il ^occupe à son jardin; il ^occupe de son jardin » (Acad.); et entre celles-ci : « Il ^occupe à détruire les abus; il s'occupe de détraire les abus ». (Id.) OCCURRENCE. V. Occasion.
ODEUR, SENTEUR. L'odeur est l'émanation des corps, sensible à rodorat; et la senteur est cette même émanation, sentie par l'odorat. Vodeur peut absolument n'être pas sentie, il suffit qu'elle s'exhale ; il faut que la senteur le soit, elle frappe le sens. L'odeur peut être assez légère et faible pour qu'elle soit insensible; mais la senteur est toujours plus ou -moins forte ou abondante pour qu'elle affecte l'organe. Aussi u'appelle-t-on senteur qu'une odeur forte. Vodeur est commune à une infinité de corps : la senteur est propre à certains corps odoriférants, tels que les aromates, certaines fleurs, certains fruits. On ne dit pas qu'un corps qui ne sent rien n'a point de senteur; il n'a point à!odeur. La senteur se répand au loin, prédomine, absorbe les odeurs faibles ou délicates. — Ocfeur est donc le terme générique; et c'est celui qu'on emploie pour exprimer l'espèce particulière d'odeur de chaque espèce de corps, au lieu que senteur ne se dit guère que d'une manière vague et indéterminée, pour une forte odeur. Nous d.sons Vodeur et non la senteur du plâtre, du charbon ^ du thym, etc., pour
distïogaer les espèces. Un bois a Vodeur et non la senteur de la rose. — Au pluriel, les odeurs et les senteurs sont également des parfums agiM>les destinés à embaumer, à parfumer, à faire sentir bon. — On dit flgurément odeur de sainteté, Vodeur des vertus, etc. Senteur ne se dit que dans le sens propre. (R.)
ODIEUX. V. Haïssable,
ODORIFÉRANT, ODORANT. Qui donne une bonne odeur. — Odoriférant exprime la propriété de produire l'odeu^, de Texhaler de son sein, de la répandre au loin (51 , page 16); tandis qp^odorant désigne seulement la chose qui a de l'odeur. Le corps odoriférant est donc naturellement itèa-odorant. On flaire, on sent ce qui est odorant; on n*a pas besoin de flairer ce qui est odoriférant, il se fait sentir. Aussi TAcadémie dit-elle une fleur odorante , un bois odorant, et des parfoms odoriférants, des aromates odoriférants. Les corps odoriférants parfument , embaument : les corps odorants ont une odeur agréable , sentent bon. (R.)
ŒILLADE, COUP D'OEIL, REGARD. L'œillade est un coup dœil 'ou un regard ieté comme furtivement, avec dessein et avec une expression marquée. Le coup dœil est un regard fugitif ou jeté comme en passant; le regard est l'action de la vue qui se porte, sur Tobjet qu'on veut voir. —Il y a toujours dans Y œillade une intention et un intérêt visible : on jette des œillades amoureuses, jalouses, animées, etc. On donne un coup dœil pour voir en gros; on jette un coup dœil à dessein ou par hasard; et il y a des coups dœil très-expressifs. Les regards se portent, se jettent, se lancent, se fixent sur les objet^; ils forment l'action propre de la vue, et même une sorte de langage naturel. — Les passions dissimulées jettent des œillades, La l^èreté jette un coup dœil vain; mais la fierté lance un coup danl dédaigneux. Chaque passion a son regard, et le regard prend toute sorte de caractères, regard de colère, regard de pitié, regard doux ou sévère, etc. (R.)
ŒUVRE, OUVRAGE. Ce qui est fait, ce qui est produit4)ar quelque agent; ce qui résulte d'un travail. — « ÇEuvre exprime proprement l'action d'une puissance^ ce qui est fait, produit par un agent : ouvrage, le travail de l'industrie, ce qui est fait, exécuté par un ouvrier. On dit l'œuvre de la Création et Vouvrage des six jours : la Création est ellemême l'œuvre de la Toute-Puissance; le monde sorti des mains du Créateur dans six jours d'exécution est son ouvrage, La force productive est dans Vœuvre; l'effet de son action est dans l'ouvrage. Nous admirons dans les œuvres de la nature son énergie, et dans ses ouvrages leur beauté. La puissance et Faction de l'agent font Vœuvre : Vouvrage est le résultat du travail et de llndustrie. » ( R.)
« Le mot œuvre convient mieux à l'égard de ce que le cœur et les passions engagent à faire. Le mot ouvrage est plus propre à l'égard de ce qui dépend de l'esprit ou de la science. Ainsi Ton dit : une œuvre de miséricorde et une œuvre d'iniquité, un ouvrage de bon goût et ua