‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 122 sur 163 · PEINDRE · texte numérisé non relu

PEINDRE

<ihé^ en livrant le prix convenu d*une chose ou d'un service qu'on reçoit. Acquitter, c'est remplir une charge imposée, de manière à être Ubéré et quitte avec celui envers qui elle était imposée. — On paye des •denrées, des marchandises, des services, des travaux, etc., ce qu'on reçoit moyennant un prix; mais on n'acquitte pas ces objets. On acquitte •des obligationsi des billets, des contrats, ce qui engage et grève à quelque titre; et ce n'est pas dans ce sens qu'on les paye. On s'acquitte •d'un devoir, et on ne le paye pas. En payant une dette on s'acquitte envers son créancier. Le payement termine le marché; l'acquit décharge la personne ou la chose. — Vous payez un droit pour prix de quelque équivalent : vous acquittez un droit à titre de charge. Vous payez les impôts, le tribut, à raison des avantages que vous retirez de la protec* tiou et des dépenses publiques : vous acquittez des droits de péage et -d'entrée, dans la simple idée d'acquérir ou de recouvrer la liberté de passer et d'entrer. — On ne paye pas un bienfait, il est gratiiit : mais on acquitte envers le bienfaiteur les obligations de la"^ reconnaissance, ^'est un devoir. (R.) PAYS. V. Région.

PÉDANT, PÉDANTESQUE. Ces deux mots se disent du ton, de l'air •et des manières; mais ce qui est pédant est d'une personne naturellement pédante, pédante par caractère : ce qui est pédantesque, annonce moins le pédant, vient d'une personne qui se montre accidentellement pédante et a quelque chose d'étrange, de bizarre, qui tient du pédant, qui sent le pédant (55, page 17) : aussi dit-on un habit pédantesque, et Ton ne dirait pas un habit pédant. Pédantesque se dit aussi d'un travail de pédant.

PÈDANTISME, PÉDANTERIE. A la rigueur pédantisme ne devrait désigner que le caractère du pédant (32, page 9); mais l'usage veut qu^l signifie aussi, de même que pédanterie, une action de pédant, l'air et le ton pédant, les manières pédantes; d'autre ij^i pédanterie se dit aussi du caractère.

Ce qui distingue essentiellement ces deux mots, c'est que pédanterie rappelle toujours l'idée d'un agent et de sa manière d'agir : la pédanterie d'une personne lui est propre; cette personne est naturellement pédante. Le pédantisme est une conséquence de la profession ou de i'éducation. Pédanterie signifie aussi érudition pédante : « Ce livre est rempli de pédanterie ». (Acad.)

PEINDRE, DÉPEINDRE. Peindre, c'est décrire ou représenter vivement, comme dit l'Académie: dépeindre c'est, dit Condillac, représenter une chose avec ses détails; c'est peindre une chose en la <léveloppant : la particule de est ici analytique et complétive (7, page 4).

On peint à grands traits ou brièvement : « 11 a peint admirablement les combats dans son poëme ». (Acad.) On dépeint soigneusement et avec exactitude j en représentant toutes les qualités, .tous les carac-

tères de l'objet , de manière qu'on puisse le reconnaître infailliblement : « Dépeindre la vertu avec tous ses charmes, le vice avec tout ce qu'U a de hideux ». (Acad.)

PEINE. V. Affliction,

PEINE (AVOIR), AVOIR DE LA PEINE. V. Avoir peine.

PÉCHÉ. V. Faute,

PÉNATES. V. Lares.

PENCHANT. V. Aptitude.

PENDANT. V. Durant,

PENDANT QUE, TANDIS QUE. « Pendant que marque la simultanéité de deux événements, de deux choses : « Pendant que tous étiez en Espagne, j'étais en Italie ». Tandis que marque non pas la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais une opposition, soit entre le temps que cette conjonction indique et un antre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se font simultanément^: « Jouissez des plaisirs tandis que vous êtes riches, vous ne le serez peut-être pas toujours. Vous faites fort bien, tandis que vous êtes jeune, d'enrichir votre mémoire de la connaissance des langues; quand vous serez vieux, il ne sera plus temps de les étudier ». Dans ces phrases il y a opposition entre un temps exprimé et un autre temps qni n'est que vaguement indiqué. « Tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le chagrin »; ici on ne vent pas marquer précisément la simultanéité de deux choses, mais l'opposition de deux choses qui sont simultanées. » ( L. )

Les exemples suivants sont conformes à Xîes explications :

Ces juifg dont tous Toulez délivrer la natiiie.

Que vous croyez, seigneur, le rebut des humains.

D'une riche contrée autrefois souverains,

Penàant qu'ils n'adoraient que le Dieu de leurs pères,

Ont vu bénir le couïs de leurs destins prospères. ( J . Racine.)

C'est rasile du juste ; et la simple innocence Y trouve son repos; tanOs que la licence

N'y trouve qu'an sujet d'eflitoi. ( J.-B. Rousseau.)

Tandis que s'employait autrefois dans le sens de tout le temps que, d aussi longtemps que : « Tandis qiC'û restera des terres libres et incultes, nous ne voudrions pas même défendre les nôtres contre des ri«î?.o«?^ viendraient s'en saisir. (Fénelon.) Tandis que les lois suh- Mswrent dans leur force, personne ne put se plaindre de ce qo'on lui

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FENSER. 415

sortir les oppositions, les contrastes , les disparates, comme sî l'on disait au contraire, au lieu que, au rebours, » C'est bien le sens qu'il a dans les vers de J.-B. Rousseau qui ont été cités précédemment. PÉNÉTRANT. V. Perçant PENSÉE, IDÉE. V. Idée.

PENSÉE (LA), LE PENSER. Pensée a, comme l'italien pensata, Tine terminaison passive : c'est la chose pensée, l'effet ou le produit de l'action de penser. Penser au contraire a la forme active du verbe : il désigne l'opération, Teflicacité, la cause productive (66, page 24). — Le penser est la pensée qui intéresse l'àme, l'attache, Toccupe, la remplit, la tient en pensement ^ : Tesprit s'entretient avec ses pensées: l'àme s'entretient avec ses pensers, — L'on s'égare quelquefois dans ses pensées, et Ton s'y perd : l'on s'égare aussi quelquefois dans ses pensers, mais on s'y retrouve. Une vaine illusion vous laisse l'esprit vide : une douce illusion laisse le cœur ému. — Le penser est propre» ment lai pensée du cœur : car lespensers sont des pensées attachantes, accompagoées de soin, de souci, d'inquiétude, d'émotions, d'intérêt Ainsi l'italien pensiero, qui est notre mot penser, signifie inquiétude, souci, soin : le penser, c'est-à-dire le chagrin, ne paye pas les dettes, dit un proverbe de cette langue. Avec Aes pensées , on est pensant: ave& des pensers, on est pensif. ( R.)

PENSER, SONGER, RÊVER. Penser est un terme vague qui annonce un travail de l'esprit sans indiquer aucun objet particulier. Songer et rêver sont des imaginations du sommeil, ou des pensées semblables à celles du sommeil; et le rêve est plus irrégulier, plus tourmentant, plus bizarre* que le songe. Les yeux ouverts, on songe à la chose qu'on a dans l'esprit, à ce qu'on projette, à. ce qu'on doit exécuter, à l'objet qui se présente; mais ce mot rappelle nécessairement l'idée d'une pensée légère, fugitive, superficielle, qui se dissipe facilement, qui n'occupe pas profondément. On rêve vaguement, même à un objet déterminé; la rêverie absorbe : on rêve fort tristement comme on rêve agréablement. Rêver ne se prend que dans cette acception; et ce caractère distinctif ne permet pas de l'employer selon l'idée simple de penser. Vous ne direz pas, rêvez à ce que vous faites; comme on àii, pensez ou songez à ce cne vous faites. On vous demandera si vous avez pensé ou songé à la commission qu'on vous avait donnée, et non si vous y avez rêvé. Or quelle différence y a-t-il dans ces cas particuliers entre songer et penser? — Penser signifie vaguement avoir une chose dans l'esprit, s'en occuper, y attacher sa pensée, y donner son attention, réfléchir, méditer. Selon le caractère propre du songe, qu'il ne faut point perdre de vue, songer signifie seulement

I. Tiem mot : /« vécut tant nul pensement ( Régnier); on le tronve aussi dans La Fontaine. Ce mot signifie soins on soucis qui occupent l'esprit; TAcadémie aurait dà le recueillir et le couseryer, car il est utile.

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rouler noe idée dans son esprit, y faire quelque attention , se la railler, s'en occuper légèrement, Tayoir présente à la mémoire. Vous ne direz point songer profondément, mûrement, fortement : vous û\iei penser tontes les fois qu'il s'agira de réflexion, de méditation, d'occupation suivie. Vous pensez à la chose que vous avez à cceur : U suffit qu'une chose soit présente à votre espiit, pour que vous y smffiez. Quelqu'un qui vous donne une commission vous recommande d'y songer, c'est-à-dire, de ne pas Tonhlier : si c'est une aifaire grave dont vous deviez vous occuper, il vous recommandera d'y penser. Songez à ce que vous faites, signifie faites-y attention : pensez à ce que vous avez à faire, signifie occupez-vous, réfléchissez, délibérez. A l'homme qu'il suffit d'avertir, vous dites songez-y; à celui que vota voulez corriger, voiis dites pensez-y hien. Songer a donc meilleure grâce, lorsqu'il s'agit de choses ou de considérations légères, qui ne demandent que de l'attention ou de la mémoire, qui ne font pas des impressions ou ne laissent pas des traces profondes^ qui n'ont point de suite ou n'exigent point de tenue : c'est alors le mot propre; et vous le préférez à penser y que vous employez dans tout autre cas. (R.)

PENSEUR, PENSIF, RÊVEUR. Le penseur est celui qui a l'habitude de réfléchir fortement, qui réfléchit profondément sur un objet hien déterminé, et en appliquant volontairement son esprit sur cet objet. L'esprit de l'homme pensif esi plongé dans des réflexions vagues: il flotte, incertain du point auquel il doit se fixer, jusqu'à ce que, par nntervention de la volonté, il s'arrête enfin à quelque chose et sorte ainsi de sa rêverie. On peut avoir l'air pensif sans penser réellement : l'esprit est alors préoccupé dïdées tristes ou livré au doute , à l'incertitude, à la crainte. Celui qui est rêveur, dit l'Académie , s'entretient de ses imaginations. Les pensées du rêveur sont souvent des chimères.

PENSION PENSIONNAT. Établissement où des enfants sontlo^és, nourris et instruits, moyennant une certaine somme qui se paye p^f quartiers. — Le vrai sens du mot pensionnat est celui que donne l« Dictionnaire de l'Académie : « Lieu où logent les pensionnaires dnns un collège ou dans quelque autre maison ». Aussi y a-t-il, dans quolques établissements d'instruction publique, un quartier séparé, interdit «ox externes, destiné uniquement au logement des pensionnaires, et que Ton appelle par cette raison le pensionnat (89, pnge 11).

Le premier sens du mot pension (du latin pendere, payer) est li somme que Ton paye pour être logé et nourri : « U ne paye que demipension ». (Acad.) Mais pension s'emploie aussi pour désigner l'établissement et même Tensemble des élèves. Alors encore, l'idée de prix, de payement, n'est point complètement efiacée. Pension désigne non \^ le local, mais la nature de rétablissement : c'est une maison où l'on reçoit des élèves pensionnaires , c'est-à-dire payant pension; et quand i je dis : « Toute la pension est en promenade » (Acad.), j'entends pa^

PiRlPURASE. &17

ier des pensionnaires . tout le pensionnat est en promenade serait une Locution tout à fait impropre.

Le mot pensionnat désigne toujours le local occupé par l^instituteur et ses pensionnaireis, avec le mobilier et tout le matériel; c^est le siège de rétablissement : le pensionnat est vaste^ bien situé^ etc. On ne dit pas maître de pensionnat, parce que cela signifierait maître ou chef du siège, du local, ce qui serait absurde. Mais comme le mot pension renferme l'idée de payement, de soins à donner aux enfants, et par conséquent d'administration, de direction, on dit très-bien maître de pension, c'est-à-dire chef de l'administration, directeur de Fentieprise qui a pour but Tinstruction, le logement et la nourriture des élèves.

PENTE. V. Aptitude.

PERÇANT, PÉNÉTRANT. Le mot de perçant tient de la force de la lumière et du coup d'œil. Celui de pénétrant tient de la force de l'attention et de la réflexion. Un esprit perçant voit les choses au travers des voiles dont on les couvre; il est difficile de lui cacher la vérité; il ne se laisse pas tromper. Un esprit pénétrant approfondit les choses, sans s'arrêter à la superficie; il n'est pas aisé de lui donner le change; il ne se laisse point amuser. (G.) PERCEPTIBLE. V. Apercevable. PERCEPTION. V. Sentiment, sensation.

PÉREMPTOIRE. V. Tranchant.

PÈRES. V. Ancêtres.

PERFIDIE. V. Adresse.

PÉRIL. V. Danger,

PÉRIPHRASE, CIRCONLOCUTION. Périphrase signifie en grec ce

que circonlocution signifie en latin, un circuit, un détour de paroles :

péri, circum, autour; phrazô, loqui, parler. — La périphrase (et de

même la circonlocution) consiste à dire en plus de paroles ce que l'on

aurait pu dire en moins, selon la définition de Qaintilien. — Périphrase

est proprement un terme de rhétorique : circonlocution est un terme

plus simple. La circonlocution sera donc la périphrase commune,

Tamilière, sans prétention de style et de recherche dans l'élocution :

la périphrase sera la circonlocution oratoire ou poétique, faite pour

embellir et relever le discours. — Quoique cette distinction n'ait point

été faite expressément, il n'est pas moins vrai que les grammairiens et

les rhéteurs parlent et traitent plutôt de la périphrase que de la «r-

conlocution; qu'il est utile de distinguer ce qui appartient proprement

à l'art, de ce qui n'a qu'un rapport accidentel avec Tart : il n'est pas

moins vrai que, dans une foule de cas, on prend naturellement les

détours de la circonlocution, sans avoir dessein de faire Aos périphrases.

— Dans la conversation ordinaire, nous usons de circonlocutions pour

faire entendre ce que nous ne voulons pas dire d'une manière expresse;

et ces détours ne s'appelleront pas des périphrases. Mais vous appel-

ftt8 SYNONYMES FRANÇAIS.

leriez périphrases, des circonlocutions inutiles, superflues, étudiées, affectées, opposées à la simplicité naturelle de la conversation. (R.)

PÉRIR, DÉPÉRIR. Périr, c'est prendre fin par quelc[ae accident: « Les vaisseaux p^rir«})^ sur la c6te o. (Acad.) Dépérir, c'est s'afiaiblir, se délabrer, se détériorer, avancer vers sa fin, être près de tomber en ruine (7, page 4) : « Sa santé dépérit tous les jours; voilà une maison qui dépérit faute d'être entretenue ». (Acad.) Périr s'emploie aussi, au propre, dans le sens de dépérir; mais alors il ne se dit que des choses et pour les présenter comme s'avançant Tapi(^ ment vers leur fin : « Les maisons inhabitées périssent plus promptement que les autres». (Id.) Au figuré, il se dit dans ce sens des personnes et des choses : « Férir d'ennui; les arts périssent s*ils ne sont pas encouragés ». (Id.)

PERMETTRE. V. Tolérer,

PERMIS. V. Licite,

PERMISSION. V. Approbation.

PERMUTER, PERMUTATION. V. Changer.

PERNICIEUX. V. Malfaisant.

PERPÉTUEL, CONTINUEL, ÉTERNEL, IMMORTEL, SEMPITER- NEL. Perpétuel désigne le cours et la durée d'une chose qui va ou revient toujours : continnel, le cours ou la durée prolongée d'une chose qui ne s'arrête pas , ou une suite longue de choses qui se succèdent rapidement: étemel, la durée de l'objet qui n'a ni commencement ni fin, ou du moins qui n'a point de fin : immortel, la durée de Tétre qui ne meurt pas oa ne passe pas : sempiternel, la durée de la chose qui existe toujours ou qui ne périra pas. — Par la valeur propre des termes, pepétuel et continuel expriment une action ou un cours de choses, avec cette différence que perpétuel exclut toute borne à la durée de la chose dans l'avenir; et que continuel marque une chose commencée et suivie, sans rien déterminer sur sa durée future. Étemel, immortel, sempiternel , ne font proprement qu'annoncer un état permanent et illimité dans sa durée; mais avec cette différence qu'étemel exprime littéralement la durée du temps, immortel la durée de la vie, sempi' temel la durée de l'existence. Dans un sens strict, étemel exclut un commencement de même qu'une fin; immortel et sempiternel font abstraction du commencement. — Le mot perpétuel n'exclut ni n'exige la continuation rigoureuse et absolue, sans interruption et sans intermission; ainsi nous disons également le mouvement perpétuel (et il ne cesse jamais), et des rentes perpétuelles (et elles ne font que revenir à certaines époques). ^ Le mot continuel ne souffre point d'interrnpUon, ou il veut une succession rapide sans autre accessoire *. ainsi des pluies sont longues ou continuelles, dans une saison; mais à la fin elles cessent. Si des maux continuels, ou qui ne laissent point de relâche duraient toujours, ils seraient perpétuels. — Le mot éternel réunit les idées de continuité et ^q perpétuité, toujours avec une ïàéa

PERSONNAGE. /il9

plus QU moins sévère; ou plutôt il emporte toute la continuité et la perpétuité du temps; ou même il désigne une durée qui, opposée à celle du temps, n'a ni succession ni changement, ni passé ni futur: c'est dans ce dernier sens que Dieu est étemel : dans un autre sens, les peines de l'enfer sont étemelles, ou sans cesse et sans fin, — Le mot immortel marque la sorte d'éternité de l'être vivant ou d'un être personnifié et de tout objet à qui on attribue la vie : ainsi l'âme est immortelle; la gloire qui ne passe point, qui vit dans la mémoire des hommes, est immortelle, et de même du nom, des hauts faits, etc. ~ Le ino% sempiternel rappelle une sorte d'éternité successive qui parcourt, comme par degrés, toute la suite des temps, pour ainsi dire, jour par jour, tous les jours (semper), pour ne jamais finir; mais ce mot purement latin, n'est point usité, et il ne se dit qu'en raillant, d'une femme très-vieille et qui, ce semble, ne peut mourir. — Ces termes se relâchent de leur sévérité, et ne marquent souvent qu'une durée ou un temps plus ou moins long. Ainsi un supérieur de couvent est perpétuel, lorsqu'il l'est pour sa vie, et on érige des monuments perpétuels qui durent tant qu'ils peuvent : des plaintes très-longues et très-fréquentes sont continuelles : ce qui dure outre mesure , contre notre attente ou l'ordre commun, de manière à fatiguer, à excéder, est étemel : ce qui mérite ou laisse une longue et glorieuse mémoire, est immortel; la personne qui passe les bornes de la vie et qu'on semble ennuyé de voir vivre, est sempiternelle. Ces applications en disent assez pour que le lecteur distingue aisément ce qui se prend en bonne ou en mauvaise part. (R.)

PERPÉTUITÉ, PERPÉTUATION, a Perpétuation , dit l'Académie, action qui perpétue, ou l'efTet, le résultat de cette action » (20, page 7). Ce mot se dit des choses qui durent parce qu'on les renouvelle ou qu'elles sont renouvelées par la loi de la nature : « La perpétuation des espèces ». (Acad.) Perpétuité est un substantif abstrait (29, page 9) signifiant simplement durée sans interruption, sans discontinuation : « La perpétuité de la religion, de la foi ». (Id.)

PERSE, PERSAN, PERSIQUE. De Perse. — Quand on parle des habitants de la Perse, on dit également Perse et Persan; mais les Perses sont les anciens peuples de la Perse, ceux de l'antiquité : les i Persans sont les peuples modernes.

Les adjectifs persan et persique servent à qualifier des choses de la Perse; mais persique ne se dit que d'un ordre d'architecture et d'un grand golfe qui baigne les côtes de la Perse.

PERSÉVÉRER et PERSISTER. V. Continuer.

PERSONNAGE, ROLE. Ces deux termes désignent également l'objet d'une représentation, soit sur la scène soit dans le monde. — Le terme de personnage est plus relatif au caractère de l'objet représenté ; celui de rôle, à l'art qu'exige la représentation : le choix des épithètes dont ils s'acconamodeut dépend de cette distinction. — Un personnage est

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considérable ou pea important^ noble ou bas, principal ou subordonné^ l^and ou petit, intéressant ou froid, ambitieux^ fier, etc. : un rôle est aisé ou difficile^ soutenu ou démenti; rendu avec intelligence, avec goût, avec feu ; ou estropié, exécuté maussadement, froidement, maladroitement, etc. — CTest au poète à décider les personnages et à les caractériser; c'est à l'acteur à choisir son raie, à l'étudier et à le rendre. — Il est presque impossible à un méchant de faire longtemps, sans se démentir^ le rôle d'homme de bien : ce rôle est trop difficile pour lui, parce qu'il le tiendrait dans une contrainte d'autant plus gênante qoR Tacteur est plus loin de ressembler au personnage qu'il veut jouer. |B.)

PERSONNELLEMENT. EN PERSONNE. Personnellement désigne la personne morale, la personne de l'esprit^ de l'âme : « 11 m'a offensé personnellement. Être personnellement responsable d'une chose ». (Acad.) En personne désigne la personne matérielle, la pei^onne, comme on dit, en chair et en os : « J'y étais en personne. Le roi commandait le siège en personne ». (Id.)

PERSONNES. V. Gens.

PERSPICACITÉ. V. Sagacité.

PERSUADER, PERSUASION. V. Convaincre.

PERSUASION, SUGGESTION. V. Suggestion.

PERVERS. V. Vicieux.

PERVERSITÉ, PERVERSION, o Pcrw^«o«^ changement de bien en mal, en matière de religion et de morale. Perversité, méchanceté, déprayation. » (Acad.) Ainsi, le mot perversion dit ce qui be fait, ce qui a lieu, et exprime par conséquent une action, l'action de changer en mal (20, page 7) : le mot perversité exyiimQ une mauvaise qualité morale.

PESANT. V. Lourd.

PESANTEUR. V. Gravité et Poids.

PESTILENT, PESTILENTIEL, PESTIFÉRÉ. « Pestilent, qui tient de la peste, du caractère de la peste, qui est contagieux. Pestilentiel, qui est infecté de peste, qui est propre à répandre la contagion. Pei tiféré, qui produit, porte, conmiunique, répand partout la peste, la con tagion. — Une chose est pestilente, qui peut exciter ou conmduniquer un venin : on dit une tèvie pestilentCf un soxxîûe pestilent, jm air pestilent, etc. Pestilentiel tient à pestilence, et pestilence marque le règne de la peste, une contagion établie, une influence épidémique. » (R-)

Au surplus, pestilent n'est plus aujourd'hui qu'un terme didactique, et il est peu usité. Quant à pestilentiel et pestiféré, le premier se dit de l'air, des vapeurs et des maladies; le second, des lieux infectés, des marchandises, des personnes et de ce qui a été à leur usage.

PETIT. V. Exigu.

PÉTULANCE, TURBULENCE, VIVACITÉ. La vivacité est en général la promptitude dans les actions; c'est le genre. La pétulance est la vivacité d'un être qui tend vivement à quelque chose, qui s'y porta

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