‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 124 sur 163 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

nance des choses, et on s'y maintient; sinon Vattitude devient posture, l^a posture de suppliant est une attitude fort contrainte. — Lsl posture f^st singulière ; elle a toujours quelque chose qui, sortant de la nature ou de l'état ordinaire du corps, se fait remarquer. Vattitude est pittoresque ; elle est l'expression naturelle du caractère, de la passion, de l'état actuel de Tâme. — Les positions forcées, outrées, bizarres, celles de la caricature ou de la charge, s'appelleront des postures. Les formes nobles, agréables, expressives du maintien et de la contenance, s'appelleront des attitudes. Les baladins fout des postures ridicules pour exciter le rire : les acteurs prennent des attitudes nobles pour représenter leur personnage. — Posture est le terme vulgaire; attitude est un terme d'art, employé parle peintre, le sculpteur, etc. (R.j POSITION, SITUATION. V. Situation.

POSSÉDER. V. Avoir.

POSTER, APOSTER. Poster, c'est placer des hommes ou quelqu'un en un lieu, soit pour observer ce qui se passe, soit pour combattre avantageusement. Aposter (poster pour, 10, page 5) marque une inten- . tion plus formelle, et exprime la préméditation d'un mauvais coup ou d'une mauvaise action, d'une chose illégale. La troupe %sX postée y ^\ Tabbô Girard; l'assassin est aposté, POSTURE. V. Position.

POTENCE. V. Gibet.

POUDRE, POUSSIÈRE. La poudre est la terre desséchée, divisée et réduite en petites molécules : la poussière est la poudre la plus fine que le moindre vent soulève, qui s'envole, se dissipe, s'attache aux corps qu'elle rencontre. Si vous réduisez un corps en poudre, il s'en élève une poussière incommode et souvent dangereuse. On dit du tabac en poudre, quand il est trop fin, que c'est de la poussière. — Dans le style hyperbolique, il suffit de renverser et de détruire pour mettre en poudre; il faut renverser de fond en comble et dissiper pour réduire en poussière. — Nous appelons poudres, différentes sortes de compositions ou de substances broyées, pulvérisées, réduites en petits grains, en petites parcelles, et semblables à la poudre : ainsi nous disons poudres de senteur, poudres officinales, poudre à canon ^ poudre à poudrer, etc. Nous appellerons poussière tout ce qu'il y aura de plus subtil et de plus fin , comme cette matière qui s'élève sur les étamines des fleurs pour les féconder. (R.)

POUR^ AFIN. Ces deux mots sont synonymes dans le sens où ils signifient qu'on fait une chose en vue d'une autre : mais pour marque mie vue plus présente; afin en marque une plus éloignée. On se présente devant le prince pour lui faire sa. cour : on lui fait sa cour, afin d'en obtenir des grâces. — U me semble que le premier de ces mots convient mieux, lorsque la chose qu'on fait en vue de l'autre en est une cause plus infaillible; et que le second esi plus à sa place, lorsque fat chose qu'on a en vue en taisant l'autre eu est une suite moins né-

USl STNONTJIES FRANÇAIS.

cessaire. Oa tire le canon sur une place assiégée pour y faire im» ! brèche, et afin de pouvoir la prendre par assaut ou de Tobliger à se rendre. *- Pour regarde plus particulièrement un effet qui doit éti» produit. Afin regarde proprement un but où Ton yeut parvenir. (6.)

POUR JAMAIS. V. Jamais.

POUR MOI. V. Quant à moi.

POURQUOI (CEST). V. Ainsi.

' POURRIR, SE POURRIR. V. Passer

POURRITURE, PUTRIDITÉ. V. Banciditë.

POURSUIVRE. V. Continuer.

POURTANT, CEPENDANT, NÉANMOINS, TOUTEFOIS. Pourtant a plus de force et plus d'énergie, il assure avec fermeté malgré tout ce qui pourrait être opposé. Cependant est moins absolu et moins ferme; il affirme seulement contre les apparences contraires. Néanmoins distingue deux choses qui paraissent opposées; et il en soutient une sans détruire Vautre. Toutefois dit proprement une chose par exception; il fait entendre qu*e11e n'est arrivée que dans roccasion dont on parle. — Que toute la teire s*arme contre la vérité, on n'empêchera pourtant pas qu'elle ne triomphe. Quelques docteurs se piquent d^one morale sévère ; ils recherchent cependant tout ce qui peut flatter la sensualité. Corneille n'est pas toujours égal à lui-même, néanmoins Corneille est un excellent auteur. Que ne haïssait pas Néron? toutefois 11 aimait Poppée» (G.)

POUSSER, V. Exciter.

POUSSIÈRE. V. Poudre,

POUVOIR, AUTORITÉ, PUISSANCE. L'idée propre ^'autorité e&\ celle de supériorité, d'ascendant, de domination, d*empire. La preuve en est qu*elle se retrouve dans toutes les manières reçues d'employer ce mot, soit en matière d'administration , soit sous toat autre rapport. L'autorité n'appartient qu'au supérieur. Le mari est supérieur à la femme, comme le père au fils : de là l'autorité de l'un et de l'autre. Vautorité àe la raison, des preuves, des témoignages, des monuments, des auteurs, etc., annonce l'ascendant, la prépondérance» l'empire qu'ils ont sur les esprits, le droit d'être crus. — L'idée propre de puissance est celle de force et de faculté, et c'est aussi ce sens qu'il conserve dans toutes ses applications. La puissance, poteatia, dit Cicéron, est la faculté capable de conserver et d'acquérir. La puissance, dit-il encore, est dans la force et dans les armes. Nous appelons puissances, en mécanique, les forces mouvantes; en politique, la somme des forces de la société : nous qualifions de puissances maritimes les nations qui mettent de grandes forces en mer, etc. — Pouvoir a deux sens, tantôt réunis, tantôt séparés; et ces idées sont relatives, l'une à celle d'autorité, l'autre à celle de puissance. Avec l'autorité, le titrd nécessaire, vous avez un pouvoir, le pouvoir juste ou légitime, la yoie le di'oit : ;»Yec la puissance, la force, vous avez un pouvoir, le pouvoir

pouvoiiu i.33

physique on exécutoire^ la vole de fait. Le premier de ces pouvoin émane donc de V autorité; le second, de la puissance : l'un annonce V autorité qui exerce son droit; et l'autre la puissance qui exerce son action. Le pouvoir ordonne en vertu de Y autorité: le pouvoir exécute «n vertu de la puissance. Vous aurez le premier de ces pouvoirs sans puissance, si vous n'avez pas les moyens efficaces d'exécution : vous aurez le second sans autorité, si vous n'avez pas les titres nécessaires pour une exécution légitime. L'autorité délègue, distribue des /fotivoirs ou le droit de faire : la puissance laisse un pouvoir ou le moyen «t la liberté prochaine de faire. L'une a des mandataires; l'autre, des exécuteurs. La puissance ne se partage pas; Vautorité ne se divise pas : si elles se communiquent, c*est par des pouvoirs particuliers. Enfin dans le sens di'autorité, comme dans celui de puissance, le pourvoir a un rapport particulier à Tacte, une idée particulière d'efficacité, €t le soin de l'exécution. — Citons quelques phrases qui établissent les diverses acceptions du mot pouvoir, a Le pouvoir des pères sur leurs enfants est de droit naturel » : voilà le sens analogue à celui à'autO' rite. « Il n'est pas au pouvoir de Tesprit bumain de concevoir la profondeur des mystères de la foi » : voilà l'idée de puissance, a La pre* niicre chose qu'on demande aux ambassadeurs,, c'est la communication de leurs pouvoirs » : voilà le pouvoir délégué, et l'acte de délégation appelé poMuoir. (R.)

POUVOIR, AUTORITÉ, EMPIRE, ASCENDANT, INFLUENCE, Tous ces mots expriment ce que Ton peut sur l'esprit des autres. Pouvoir est ici le terme général; mais il a aussi un sens particulier qui, dans certains cas, le fait employer de préférence à ses synonymes.

« La supériorité du rang et de la raison donnent de Vautorité: c'est ordinairement par la persuasion qu'elle agit; ses manières sont engageantes et nous déterminent en faveur de ce qui nous est proposé. L'attachement pour les personnes contribue beaucoup au pouvoir qu'elles ont sur nous : c'est par des instances qu'il obtient; son action est pressante, et fait que nous nous rendons à ce qu'on désire de nous. L'art de trouver et de saisir le faible des hommes forme l'empire qu'on prend sur eux : c'est par un ton affecté qu'il réussit; ses airs sont tantôt souples, tantôt impérieux, et toT:gour8 propres à sou-^ jnettre nos idées à celles qu'on veut nous insinuer. — Vautorité laissa plus de liberté dans le choix. Le pouvoir parait avoir plus de force. Venvpire est plus absolu. » (6.)

L'ascendant participe de Vautorité; mais il est moins légitime et

plus absolu , sans l'être néanmoins autant que Vetnpire. « Dans celui

qui l'exerce, dit Laveaux, Vascendant est une ûtt/oriï^ habituelle qui

' dirige à son gré la volonté d'un autre; dans celui qui y est soumis,

: une habitude irréfléchie de céder aux impulsions d'un autre ^ soit par

1 l'opinion confuse qu'on a de son mérite et de ses lumières, soit paf

nCT. DES STN'OKrHCS ^^

l^SU STNONTMKS FRANÇATs»

timidité, par crainte, par faiblesse, par pusillanimité , ou par quelque autre cause qu'on ne saurait expliquer. Vemptre est une espèce d'ascendant, mais plus fort que Vascendant ordinaire et dont on peut mieux assigner la cause ».

Vinfluence est le plus faible et le plus doux de tous les pouvoirs. Son caractère est voisin de celui de Vascendant : mais Vascendant domine et commande; Vinfluence use d*adresse et agit surtout par voie d'insinuation.

POUVOIR, PUISSANCE, FACULTÉ. Les deux premiers mots ne sont pas pris ici dans le sens politique ou social, mais dans le sens philosophique et pour désigner, ainsi que le mot faculté, une disposition dans l'homme, par laquelle, dit l'abbé Girard, il est capable d'agir ou de produire un effet.

a Le pouvoir Tient des secours ou de la liberté d'agir : la puissance Tient des forces; et la faculté yi^nX des propriétés naturelles. L'homme sans la grâce n*a pas le pouvoir de faire le bien. La jeunesse manque de sagesse pour délibérer, la Tiellesse manque de puissance pour exécuter. Uâme humaine a la faculté de raisonner, et en même temps la facilité de s'en acquitter tout de traTcrs. — Le pouvoir domine : la puissance s'affia.iblii : la faculté se perd. -^ L^habitude diminue beaucoup le pouvoir de la liberté. L'âge n'affaiblit que la puissance et non le désir de satisfaire ses passions. Uâme ne perd de ses facultés que par des accidents qui arrivent dans les organes du corps ». (G.)

PRÉCÉDENT. V. Antérieur»

PRÉCÉDER. V. Devancer.

PRÉCIPICE, GOUFFRE, ABIME. On tombe dans le précipice. On est englouti par le gouffre. On se perd dans Vabime. Le premier emporte avec lui l'idée d'un vide escarpé de toutes parts, d'où il est presque impossible de se retirer quand on y est. Le second renferme une idée particulière de voracité insatiable, qui entraine, fait disparaltie, et consume tout ce qui en approche. Le troisième emporte l'idée d'une profondeur immense, jusqu'où Ton ne saurait parvenir, et où Ton perd également de vue le point d'où l'on est parti, et celui où Ton voulait aller. — Le précipice a des bords glissants et dangereux pour ceux qui marchent sans précautions, et inaccessibles pour ceux qui 5ont dedans; la chute y est rude. Le gouffre a des tours et des circuits dont on ne peut se dégager dès qu'on y a fait un pas; et Ton y est emporté malgré soi. Vabime ne présente que des routes obscures et incertaines, qu'aucun but ne termine : on s'y jette quelquefois tète baissée, dans l'espérance de trouver une issue; mais le courage rebuté y abandonne l'homme, et le laisse dans un chaos de doutes et d'inquiétudes accablantes. — Le chemin de la fortune est à la cour environné de mille précipices, où chacun vous pousse de son mieux. La débauche est un gouffre de malheurs : tout y périt, la vertu, les biens et U tante. Souvent la raison du philosophe, à force de chercher do l'évi-

PRÉD>^C£SSËUR. /^35

dence en tout, ne fait que se creaser un abîme de ténèbres. (G.)

PRÉCIS, CONCIS, SUCCINCT. (PRÉCISION, CONCISION). Il ya la précision des pensées et la précision des expressions. La précision des pensées consiste à se renfermer tellement dans le sujet dont on parle, qu'on ne dit rien de superflu. « Le discours précis, dit Girard, ne s'écarte point du sujet, rejette les idées étrangères, et méprise tout ce qui est hors de propos ». La précision des expressions consiste dans le choix des termes les {lus propres à exprimer Tidée.

a La concision est purement grammaticale. Elle consiste à employer le moins de mots qu'il est possible pour exprimer une idée; au lieu que la précision dans les expressions consiste à employer les termes qui rendent l'idée avec le plus de vérité, de clarté, de force, d*énergie. — Le succinct consiste à resserrer un sujet de manière à en présenter tout l'essentiel, sans entrer dans les détails qui pourraient servir à le développer. Lej)réc2> d'idées doit les resserrer pour leur donner plus de force et d'énergie : le précis d'expression doit choisir les termes les plus pro* près et les tours les plus convenables; le succinct doit présenter le sujet en raccourci , sans rien omettre d'essentiel; c*est un portrait en minia* ture. Un discours est défectueux, lorsqu'il n'a de précision ni dan» les idées, ni dans les expressions. Un discours n'est pas défectueux pour ne pas être succinct : il a une autre espèce de mérite, lorsqu'il est développé avec art. Un discours concis est xm discours où toutes les idées sont clairement énoncées avec le moins de mots qu'il est pos» sible. (L.)

PRÉCOCE. V. Hâtif.

PRÉDÉCESSEUR^ DEVANCIER, PRÉCURSEUR. Prédécesseur est simplement dans l'ordre du temps; devancier est de plus relativement AU progrès d'une œuvre que l'on continue. Nous suivons nos prédéces^ seurs : nous faisons , mieux ou plus mal , ce que nos devanciers ont fait avant nous. Henri III fut le prédécesseur, de Henri IV : dans son œnvre de constituer fortement la monarchie, Richelieu eut pour devancier Louis XI. Les poëtes tragiques Habert, Garnier, etc., furent les prédécesseurs de Corneille au théâtre ; mais ils ne furent guère ses devanciers, car c'est Corneille qui a véritablement créé la tragédie en France.

Le précurseur vient avant quelqu'un pour en annoncer la venue : maïs précurseur se dit aussi d'un homme célèbre qui a paru avant un autre par lequel il a été surpassé. Ce qui distingue du mot devancier, le précurseur pris dans ce sens, c'est que ce dernier mot garde toniours quelque chose de sa signification première. Si le précurseur n'annonce pas précisément celui qui dcU le surpasser, du moins il en prépare la venue par la loi du progrès, et il en est suivi en quelquesorte immédiatement; l'intervalle entre le devancier et celui qu'il précède peut être considérable : Quand on lit le Menteur, on peut dire que Corneille a été le précurseur de Molière.

PRÉDICATION, SERMON. On s'applique à la prédication; el Ton fait un sermon. L'une est la fonction du prédicateur; Tautre est son ouvrage. '- Les discours faits aux fidèles, pour annoncer TËTangile, se nomment prédication». Ceux qui sont faits aux chrétiens pour nourrir leur piété, sont des termons. (6.)

PRÉDICTION, PROPHÉTIE. Prédiction, du latin prœ, ayant, d'aYance; et dieere, dire ; prophétie^ du grec pro, même sens qoeprœ; et phèmif dire. Les deux mots expriment donc Tannonce de ce qui doit arriver; mais \z prophétie prédit les choses futures par inspiration divine, et c'est ce qui la distingue de la simple prédictions L'astronome prédit une éclipse; tout homme sagace peut prédire le résultat d'un procès pendant ou d*une mesure prise : ce sont là àes prédictions : les prophéties d'isale avaient annoncé la ruine de Jérusalem par Titus.

L'Académie fait remarquer que prophétie se dit aussi fréquemment de rannonce d'un événement futur faite par conjecture ou par hasard : « Uti prophétie s'est malheureusement accomplie ».

PRÉÉMINENCE, SUPÉRIORITÉ. U prééminence est une qualité idéale par laquelle une personne ou une chose parait, brille au-dessus des autres personnes ou des autres choses. La supériorité est une qualité réelle par laquelle une personne ou une chose en surpasse une autre. — Le ministre a la prééminence sur les fonctionnaires qui lui sont subordonnés; tel employé a la supériorité sur le ministre par son esprit et ses talents. — La prééminence suppose plusieurs individus audessus desquels on est élevé; la supériorité, un degré de qualité que l'on a au-dessus d'un autre ou de plusieurs autres. Ofez un homme d'une place éminente, et il perd toute sa prééminence, U ne perd point sa supériorité f si ses qualités personnelles Vont mis au-dessus des autres. (L.)

PRÉFÉRER et PRÉFÉRENCE. Y. Choisir.

PRÉJUDICE. V. Tort.

PRÉJUGÉ, y. Préoccupation.

PRÉLAT. V. Pontife.

PRÉMATURÉ. V. Hdtif.

PRÉMÉDITER. Y. Méditer.

PREMIER, PRIMITIF. Premier se dit en parlant de plusieurs êtres, Téels ou abstraits, entièrement distingués les uns des autres, mais que Ton envisage seulement comme appartenant à la même suite. Prùni" iif se dit en parlant des différents états successifs d'un même être. — L'enchaînement des révolutions occasionnées par les événements et préparés par les passions, ramène enfin Rome à son gouvernement primitif qui était monarchique. Depuis qu'elle eut chassé les rois jusqu'au temps où elle fut asservie par les empereurs, elle fut gonveniée par deux chefs, sous le nom de consuls, dont l'autorité suprême était annuelle; les deux premiers furent L. Junius Brutus et L. Tarquinius CoUatinus. ^ La langue que parlaient Adam et Eve est la première de

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