PRÉOCCUPATION. Û
tontes les langues; et si les différents idiomes qai distinguent tes nations ne sont cpie différentes formes de cette langue^ elle est aussi la langue primitive du genre humain. (B.)
PRÉMUNIR (SE), y. Munir {se).
PRENDRE^ COMPRENDRE. Entendre^ eoncerdr. -- Prendre, c'est saisir rapidement et sans effort le sens de quelques paroles ou d'un texte très-peu étendu : « Vous prenez mal met paroles. Les commentateurs prennent ce passage en des sens très -opposés». (Acad.) Comprendre, c'est saisir Tensemble dans toutes ses parties (4, page 8). Vous pourez bien prendre chaque phrase d'un texte et ne pas bien comprendre tout le texte lui-môme; mais en général pour bien com* prendre Tensemble d*un discours, il tajxilAen prendre chacune des phrases qui le composent.
PRENDRE, HAPPER. V. Happer,
PRENDRE PART, PARTICIPER. V. Participer.
PRENDRE, SURPRENDRE. Attraper on attaquer à l'improviste, être subitement témoin inattendu. — Dans ce sens prendre énonce simplement le fait, l'action, sans préciser la manière : « Je l'ai prié à voler des fruits dans Totre jardin ». (Acad.) On dira de même à ime personne qui fait quelque chose qu'elle désapprouve d'ordinaire : « Je vous y prends à votre tour ». Lorsqu'on veut préciser davantage, insister sur la manière, on dit prendre sur le îai%t prendre au dépourrn.
Surprendre (prendre sur) dit tout seul autant que prendre sur le fait, prendre au dépourvu, à l'improviste : « Surprendre un voleur qui force un secrétaire. Ou Va surpris en flagrant délit». (Acad.)
On dit également bien : a La pluie nous a pris en chemin, et la pluie nous a swpris en chemin ». La première locution énonce sim- ^ement un accident qui était probable et qui n'a excité aucune surprise; la seconde fait entendre qu'on n'avait pas présumé qu'il dut pleuvoir, qu'on ne s'y attendait pas.
PRÉOCCUPATION, PRÉVENTION, PRÉJUGÉ. Pré, d'avance, par anticipation (13, page 5). Préoccupation désigne l'action d'occuper^ de saisir l'esprit mal à propos; prévention, celle de prévenir, de disposer d'avance l'esprit; préjugé, celle de juger, de croire trop t^ — • La préoccupation est Tétat d'un esprit si plein, si possédé de certaines idées, qu'il ne peut plus en entendre ou en concevoir de contraires. La prévention est une disposition de l'&me telle, qu'elle l'a fait pencher à juger plus ou moins favoiaUement ou défavorablement d'un objet. Le préjugé est un jugement anticipé, ou une croyance établie sans un examen suffisant ou une connaissance convenable de la chose. — La préoccupation 6te la liberté de l'esprit : elle Tabsorbe. La prévention 6te impartialité du jugement; elle suborne. Le préjugé ôte le doute raisonnable; il tranche. ~ La préoccupation n'est jamais bonne à rien; elle lait tort môme à la vérité, par là môme qu'elle empêche Terreur de se défendre. Il y a des préventions justes et raison-
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nables : ainsi la justice et la raisoa yealeut que nous consultions nos préventions pour l'homme d'une probité reconnue et cont2« l'homme suspect de mauvaise foi, si nous avons à traiter avec eux. Les préjugés seront légitimes, lorsque fondés sur des présomptions fortes, ils ne formeront que des jugements provisoires sur lesquels l'esprit se repose, en attendant une instruction plus ample : le pr^'ugé n'est plus alors qu'une opinion. (R.)
PRÉPARATIFS. V. Appareil, apprêts.
PRÉPARER. V. Apprêter.
PRÉROGATIVE, PRIVILÈGE. Le privt'/^i^tf est une exception au droit commun : la prérogative au contraire existe comme chose de droit, ou par la nature même du sujet qui la possède. Ce mot d'ailleurs, comme le dit Vabbé Girard, regarde plus particulièrement les honneurs et les préféi^nces personnelles; tandis que privilège regarde plutôt quelque avantage d'intérêt.
Les créanciers ordinaires d'un fûlli perdent au prorata du montant de leurs créances; la loi accorde un privilège à certains créanciers qui ne peuvent rien perdre. Dans les monarchies constitutionnelles, dit l'Académie, la prérogative royale consiste dans les droits et les honneurs assurés au roi par la constitution de l'État.
On dit les privilèges de la naissance, parce que les avantages de la naissance dans la société sont une exception au droit naturel, en vertu duquel tous les hommes naissent égaux. On dit que la raison et la parole sont les plus belles prérogatives de l'honoune, parce que ces avantages, qui constituent la nature même de Thomme, sont en quelque sorte de droit naturel.
PRÈS, PROCHE. Proche exprime le superlatif, une grande proximité, un étroit voisinage. Nous disons qu'un homme a approché fort près, très-près du but; il en a été proche ou tout proche, — La préposition de se met quelquefois devant ;>ré«, et non pas devant procAe : Voir de près, suivre de près, serrer de près^ tenir de près, toucher de près, etc., et non de proche. Dans ces cas-là, près acquiert la valeur de proche, celle d'une grande proximité; et par là même il en exclut l'usage. — Le mot près se prend donc adverbialement; il n'en est pas de même de proche; mais proche se prend adjectivement, et il n'en est pas de même de près. (V. Proche^ prochain). — Je sais qu'on a coutume de dire que proche est, ainsi que près, adverbe dans ces phrases : « Ces deux villages sont tout proche ou tout près; ces deux amis logent asses près ou assez proche ». Mais il est aiisé de remarquer que dans ces cas-là, le régime est seulement sous-entendu, et qu'on entend alors près ou proche ctici, ou Yun de Vautre. — On dit près et non proche de faire, de tomber, de partir, de parler, de périr, et autres verbes. — Proche ne s'emploie qu'an propre et dans le langage ordinaire, pour exprimer une proximité de lieu ou de temps; et il est beaucoup moins usité que son synonyme. Près est très -usité <^ft"y tous les