‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 127 sur 163 · RACE · texte numérisé non relu

RACE

QUERELLE. V. Dispute.

QUERELLER, GRONDER. Ces deux mots signifient réprimander, reprocher à quelqu'un une faute qu'il a faite ou qu'on croit qu'il a faite; et c'est en ce ^ns qu'est pris ici le verbe quereller. Mais que^ relier suppose toujours de l'aigreur, de la malveillance, de l'envie d'humilier; et gronder, susceptible d'une grande extension, ne suppose souvent que l'intérêt qu'on prend aux gens, la tendresse que l'on a pour eux, le désir de les corriger, et tout au plus un peu d'humeur. —On gronde et on querelle ses domestiques, ses subordonnés; on ne que^ relie pas ses amis, on les gronde. Dès que la gronderie éclate en reproches amers, elle devient querelle. Un père gronde son fils pour une faute qui peut se réparer; il le querelle pour une faute qui le déshonore. (L.)

QUERELLEUR. V. Hargneux.

QUESTIONNER, INTERROGER, DEMANDER. On questionne^ on interroge, on demande pour savoir; mais il semble que questionner fasse sentir un esprit de curiosité, ({n'interroger suppose de l'autorité; et que demander ait quelque chose de plus civil et de plus respectueux. — Questionner et interroger font seuls un sens; mais il faut ajouter un complément à demander; c'est-à-dire que pour faire un sens parfait, il faut marquer la chose qu'on demande. — L'espion questionne les gens. Le juge interroge les criminels. Le soldat demande l'ordre au général. (G.)

QUINTEUX. V. Fantasque.

QUIPROQUO. V. Malentendu.

QUOTIDIEN. V. Diurne.

RABAISSER. V. Abaisser.

RABATTRE. V. Abattre et Déduire.

RABÊTIR. V. Abêtir.

RACCOMMODER. V. Accorder.

RACCOURCIR. V. Accourcir.

RAGE, LIGNÉE, LIGNAGE, FAMILLE, MAISON. Race a trait particulièrement à une souche, à une extraction commune : lignée, à la filiation, à la descendance conmiune; famille, à une vie, à une existence commune; maison, à un berceau, à des titres communs. — L&race rappelle son auteur, son fondateur; la lignée, les enfants, les descendants; la famille, les chefs et les membres; la maison ^ l'origine et les ancêtres. — Nous disons la race des Héraclides, issus d'Hercule; la race des Capétiens , issus d'Hugues Capct : indice de la source. Nous disons la lignée d'Abraham, la lignée de Saint-Louis, dans la généalogie de leurs descendants en ligne directe : indice d'une succession suivie. Nous disons la maison royale, la maison de Lorraine, la maison de

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^z&, pour distinguer les grandes familles sorties du même lieu, de .1 tnéme maison : indice d'une habitation commune et paternelle, relevé par une idée accessoire de grandeur. — Il y a toutes sortes de races : je veux dire que raœ est susceptible de toute sorte de qualifications morales ou civiles 9 honorables ou iigurieuses. Il y a de bonnes et de mauvaises races, des races patriciennes ou plébéiennes^ mais surtou des races anciennes et illustres. On se sert quelquefois du mot race pour qualifier une espèce de gens qui, par un caractère distinctii, semblent avoir été jetés dans le même moule et frappés au même coin : race d'usuriers, race de pédants, race de vipères, etc. — Lignée ne se dit que dans le sens propre : un homme laisse nue lignée nombreuse : un autre ne laisse point de lignée. On disait autrefois un grand, un haut lignage, une grande, une haute lignée. Lignage est inusité aujourd'hui; lignée subsiste encore, surtout en généalogie. Le mot lignage -diffère de celui de lignée, en ce que sa terminaison marque ce qui fait la ligne; et celle de lignée, le résultat du lignage, ou la ligne formée par la succession des personnes. — Le mot de famille a diverses acceptions si connues, qu'il serait inutile de s'y arrêter. Dans l'ordre •civil, il y a des familles notables, honnêtes, bonnes, bourgeoises, roturières, plébéiennes, tout comme des familles nobles, grandes, illustres, puissantes. — Il n'y a que des maisons illustres ou trèsnobles : il n'y a de maisons que dans les sociétés civiles où il se trouve une grande inégalité de conditions. (R.)

RACONTER. V. Conter,

RADIEUX , RAYONNANT. D'abord le corps radieux est tout rayonnant de limiière. L'effusion abondante de la lumière rend le corps radieux; et l'émission de plusieurs traits de lumière le rend rayon-"^ nant. Vous distinguez les rayons du corps rayonnant; dans le corps radieux, ils sont tous confondus. Le soleil est radieux à son midi : à son coucher il est encore rayonnant. L'éclat suppose la sérénité; mais des rayons épars ne l'exigent pas. Ainsi l'objet rayonnant n'a pas besoin d'être serein, comme l'objet radieux doit l'être; et au figuré, cette sérénité, signe de la satisfaction et de la joie, c'est précisément -ce qui éclate dans Pair, dans le visage» sur le front radieux, — A proprement parler, les rayons émanent du corps radieux; et ils environnent un corps rayonnant. En optique, le point radieux jette de son sein une infinité de rayons : le cristal frappé d'une vive lumièn est tout rayonnante Enfin le mot radieux marque la propriété, la qualité de la chose; et le mot rayonnant, une circonstance de la chose; le fait présent. — Nous disons familièrement d'un honune qui a ud air de bonne santé, de contentement, de jubilation, qu'il est radieux . nous disons de quelqu'im qui vient de remporter un avantage honorable, un grand prix, une victoire, qu'il est tout rayonnaHt de gloiie. Le premier est plein de satisfaction ou de joie : les hommages, les honneurs environnent le second. (R.)

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