RANG. /I
RADOUCIR. V. Adoucir.
RAILLERIE. V. Moquerie.
RAISON. V. esprit.
< RALE , RALEMENT. Ces deux mots^ yéritables onomatopées, imi- ^nt parfaitement le bruit ou les sons ranques qui sortent de la ^orge^ lorsque les canaux de l'expiration sont obstrués ou embarrassés^ surtout dans Tagonie.
if Bâle exprime le bruit que Ton fait en râlant^ et rdiement marque la crise qui fait qu'on Me, qui donne le râle (\9, page 6). Un ago* Disant a le râle, et il est dans le rdiement. Vous entendez le râle; et vous voyez la poitrine oppressée, la gorge embarrassée, l'expiration teonb^^e parle rdiement » (R.)
RAWAS^ RAMASSIS. Assemblage de diverses choses. Rama* se dit d'objets que l'on regarde comme étant de peu de valeur ou réunis sans goût^ sans discernement : « Il a fait un ramas de toutes sortes de vieux livres ». (Acad.) Le ramassis est un assemblage de choses sans valeur aucune et ramassées sans choix (Î5, page 8) : « Un ra» massis de papiers inutiles ». (id.)
Dans un ramas ^ il peut se trouver de bonnes choses; tout est mauvais dans un ramassis. Le contraire parait avoir lieu quand. ces mots se disent des personnes : a Un ramas de bandits, de vagabonds. La population de ce quartier est un ramassis d'étrangers ». (Acad.)
RAMOLLIR. V. Amollir,
RANGIDITÉ, RANCISSURE; PUTRIDITÈ, POURRITURE. Mnci» dite, rancissure. Ces termes désignent la corruption des graisses et des. huiles qui ont contracté un goût fort et. acre, une odeur puante et désagréable, et ordinairement une couleur jaune, soit en vieillissant, soit par la chaleur. La terminaison tï^ marque la qualité, ure marque l'effet (29 et 23, pages 9 et 8). La rancidité est donc la qualité du corps rance; la rancissure est donc l'effet éprouvé par le corps ranci. La rancidité ^X dans les principes qui vicient le corps; la rancissure est dans les parties qui wmt viciées. Il faudrait combattre la rancidité comme on combat la putridité, carise du mal; il faut ôter la nmeissure, s'il est possible comme on 6to la pourriture^ produit du mtl (R.)
RANCUNE. V. Inimitié.
RANG, RANGÉE. Disposition de pludeurs objets sur une même ligne. Rang se dit des personnes et des choses; et rangée, seulement des choses. (Acad. ) Ces mots ne peuvent donc être synonymes que dans le sens que nous avons d'abord indiqué.
Ranff exprime la ligne considérée en elle^nôme : « Une écurie à un <m plusieurs rangs de chevaux. Remettez un livre à son rang ». (Acad.) c'est-à-dife sur la Ugne où il se trouvait d*abord« Rangée présente la ligne avec l'idée des choses qui y entrent, qui forment un tout bien ardonné (t8, page 9). Aussi rangée ne s'emploie-t4l qu'avec les noms
MCT. DBS STNONTIiSS. 16
désignant les objets qui la composent : « Une rangée d'arbres^ une / rangée de maisons » (Acad.) ; tandis que rang s'emploie tiès-bien seul et absolument : a Garniture à deux rangs ». (Id.)
RANGÉ. V. néglé.
RANGER^ ARRANGER. Ranger c'est simplement mettre des objets en rang ou une chose à sa place. Arranger s^nifie littéralement ranger à côté (10, page 5), et exprime par conséquent un rapport. On arrange quand on classe les objets, quand on les dispose bien relativement & leur nature, quand on leur assigne la place qui leur conyient. Arranger sa bibliothèque c'est réunir d'une part tous les livres d'histoire, d'autre part les livres de science, etc., et fixer la place qu'ils devront occuper : on les range ensuite, en mettant en rang, sur des rayons, les livres ainsi classés.
RAPIDITÉ, V. Vélocité,
RAPIÉCER, RAPIÉGETER, RAPETASSER. Rapiécer, c'est mettre des pièces ou remettre une pièce, sans modification. Rapiéceter, c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces ou mettre beaucoup de petites pièces; et marque dans ce verbe la réduplication ou un diminutif. Rapetasser, c'est mettre grossièrement de grosses pièces et les entasser. On rapièce un bas, du linge, un meuble, auquel on met proprement une pièce : on rapiécète les meubles, le linge, les vêtements qu*on est toujours à rapiécer, où Ton ne voit que pièces et petites pièces. On rapetasse de vieilles bardes, de vieux effets qui ne sont plus que des lambeaux recousus ensemble ou appliqués les uns sur les autres. (R )
RAPINE. V. Vol, volerie.
RAPPORT, ANALOGIE. Les choses ont rapport l'une à l'autre par une sorte de liaison, soit de conséquence, d'hypothèse, de motif, on d'objet. Elles ont de V analogie entre elles par une simple ressemblance dans quelqu'une de leurs propriétés, soit dans la forme, dans Torigine, dans Tusage, ou dans la signification. (G.)
RAPPORT A , RAPPORT AVEC. Une chose qui a rapport à une autre s'y rattache, en dépend, s*y rapporte ou y tend comme vers un but, vers une fin : « Les effets ont rapport aux causes », ils en dépendent; tt Cette pièce a rapport à votre affaire », elle s'y rattache, elle en dépend. Une chose qui a rapport à nous se rapporte à nous, nous concerne, nous regarde; nous sommes en quelque sorte le terme où tend cette chose.
Une chose qui a rapport ou du rapport avec une autre, a de Tanalogie, de la ressemblance, de la conformité ou de la proportion avec cette autre; ces deux choses sont ou peuvent être comparées Tune avec Taiitre : « La langue italienne a un grand rapport avec la langue latine » (Acad); c'est-à-dire qu'il y a entre elles une grande analogie, beaucoup de ressemblance. « Ses dépenses sont en rapport avec ses revenus », sont en proportion avec ses revenus. « Ce que vous dites
R^.ALISEIt. iSl59
aajourdilui n'a aucun rapport avec ce qn» vous disiez hier » (Acad.)i n'a aucune conformité avec, etc. « Une copie en matière de peinture, dit Bonheurs, a rapport avec Toriginal, si elle lui ressemble et qu'elle en présente tous les traits; mais bien qu'elle soit imparfaite, elle ne laisse pas d'avoir rapport à Toriginal. »
On dit aussi que des choses ont des rapports les unes avec les autres, quand on veut faire entendre qu'il y a entre elles réciprocité d'action, d'influence ou de relations continuelles : « Les divers États de TEurope ont des rapports les uns avec les autres et (wec les États des autres parties du monde o.
RASER. V. Abattre, démolir.
RASSEMBLER. V. Assembler.
RASSIS. V. Tranquille,
RASSURER. V. Assurer.
RATURER. V. Effacer.
RAVAGER, DÉSOLER, DÉVASTER, SACCAGER. L'idée rigoureuse de ravager est d'enlever, renverser, emporter, entraîner les productions et les biens par une action violente, subite, impétueuse : celle de désoler est de dissiper, chasser, exterminer, détruire la population jusqu'à faire d'une contrée une solitude, ou à la réduire à un sol nu, par des attentats ou par des influences malignes, funestes et mortelles : celle de dévaster est de tout moissonner, renverser, écraser, détruire dans une étendue plus ou moins vaste de pays, de manière à n'y laisser qu'un désert sans habitants et sans trace de culture, avec une fureur sans frein, sai^ arrêt et sans borne : celle de saccager est de livrer au carnage, remplir de meurtres « inonder de sang une ville, des lieux peuplés, avec une férocité armée d'instruments de mort, de désolation, de destruction. — Les torrents, les flammes, les tempêtes ravageront les campagnes. Les guerres, la peste, la famine, désoleront un pays. Tous ces moyens terribles, la tyrannie fiscale surtout, des inondations de barbares^ dévasteront un empire. Des soldats eifrénés, des vainqueurs féroces, des barbares, saccageront une ville prise d'assaut. — Rien ne résiste au ravage; il est rapide et terrible. Rien Xi'aorrëid\a. désolation; elle est cruelle et impitoyable. Iji dévastation n'épargne rien; elle est féroce et insatiable. Le saccagement ne respecte rien; il est aveugle et sourd. (R.)
RAVALER. V. Abaisser.
RAVL V. Aise.
RAVILIR. V. Abaisser.
RAVIR. V. Arracher et Charmer.
RAYER. V. Effacer.
RAYONNANT. V. Radieux,.
RÉALISER, EFFECTUER, EXÉCUTER. Réaliser, c'est accomplir ce que des apparences ont donné lieu d'espérer. Effectuer, c'est accomplir ce que des promesses formelles ont donné droit d'attendre. Exé-
/MM) STNONTICES FRANÇAIS.
euier, c'est accomplir une chose conformément au plan qae l'on s'en est formé auparavant. — Ainsi réaliser a rapport aux apparences; e/fectusr, à quelque engagement; et exécuter, à qnelqae dessein. — On ne réilise guère dans le monde la bienveillance dont on affecte si fort de donner de vaines démonstrations : la bonne foi y est si rare, qtt'on y est réduit à encourager par des éloges ceux qui ont assez de droiture pour effectuer les engagements qu'ils ont contractés : il semble qu'il y ait un projet universel d'anéantir toute probité^ et que l'on travaille à Tenvi à Vexécuter. (B.)
RÉBELLION, RÉVOLTE. Rébellion marque la désobéissance et le soulèvement; révolte, la défection et la perfidie. L'objet du rebelle est de se soustraire ou d'échapper à la puissance : l'objet du révolté est de renverser et détruire la puissance et les lois qu'il a reconnues. I^ rébellion fait résistance : la révolte fait une révolution. La rébellion secoue le joug : la révolte Ta brisé. •— Si nous oublions cette différence essentielle et primitive des mots, nous les distinguerons encore par leur formation. Selon sa terminaison , rébellion marque l'action des personnes (20, page 7); révolte marque l'état des choses. Un acte de résistance ferme fait rébellion : une rébellion ouyertc et soutenue par des actes éclatants et multipliés de violence, fait révolte, La rébellion est la levée de boucliers : la révolte est la guerre déclarce. Dans un sens spirituel, un péché est une rébellion contre Dieu; Timpiété constante, une révolte, — Enfin, la révolte a toujours quelque chose de grand, de violent, de terrible et de funeste; tandis que la rébellion n'est quelquefois qu'une désobéissance, une opposition, une résistance, coupable sans doute et punissable, mais sans de grands troubles et de grands dangers (R.)
REBOURS. V. Rétif.
REBUT, REBUFFADE. Action de rebuter, mauvais accuefl. — « Rebuffade, dit l'Académie, mauvais accueil, refus accompagné de paroles dures et d'actions de mépris. » « Les rebuts, dit Ck>ndillac, sont des obstacles qu'on nous oppose, parce qu'on ne fait pas cas de nous; ils nous mortifient. Les rebuffades sont des refus qu'on nous lait avec mépris, elles nous humilient. » Ainsi, essuyer des rebuffbdes, c'est beaucoup plus qu'essuyer des rebuts, à cause de la manière dont se fait raction dans le premier cas (21, page 7).
RÉCALCITRANT. Rétif.
RÉGENT. V. Neuf
RECEVOIR, ACCEPTER. Recevoir , c'est prendre ce qtfon vous donne : accepter, c'est consentir à ce qu'on vous propose. Recevoir emporte, pour ainsi dire, une prise de possession de la chose, tandis qu*accepter n'exprime que le consentement ou l'agrément donné à la chose. Ce que vous avez reçu, vous l'avez; mais vous n'avez fait qu'autoriser ce que vous avez accepté. Un négociant accepte et ne reçoit pas une lettre de change. Vous recevez même malgré vous; mais vo'JS
HiCOLTER. 661
u'aeceptez que d« pieln gré. On refuse ce qu'on ne reçoit pas : on rejette ce qu'on n'accepte point. (R.)
RÉCHAPPER. V. Échapper.
RECHUTE 9 RÉCIDIVE. Elles marquent l'action àe retomber : m^is la rechute est de retomber dans un état funeste; et la récidive, de retomber dans un mauvais état. — L'idée de tomber est essentielle et rigoureuse dans la rechute, et non dans la récidive. On dit se releverd'one chute : après qu'on s'en est relevé, on retombe par la rechute. Mais on dit se mettre dans un mauvais cas; et après qu*on s'en est tiré, on 8*y remet par la récidive. 11 résulte de là que la rechute marque la faiblesse ou la légèreté; et la récidive, l'opiniàlreté ou Timprudeoce. C'est parce qu'on n'est pas assez ferme ou assez coDstant qu'on fait une rechute : c'est parce qu'on ne veut pas se corriger oti s'observer, qu'on passe à la récidive. Guéri ou rétabli jusqu'à un certain point dans son premier état, on retombe; puni ou pardonné vainement, on récidive, on recommence. Il y a donc en général plus de malice dans la récidive que dans la rechute, et plus de malbeur dans la rechute que dans la récidive, (R.)
RÉCIPROQUE. V. Mutuel,
RÉCLAMER, REVENDIQUER. Réclamer, se récrier contre, s'opposw en criant, appeler hautement ou à grands cris, protester ou revenir contre. Revendiquer, réclamer, répéter sa chose, son bien, sa propriété; réclamer la force, l'autorité, la justice, pour ravoir sa chose; on poursuivre le recouvrement par les voies de droit et de fait contre celui qxd Ta usurpée ou qui la retient. — Vous réclamez à quelque titre que ce soit, et vous réclamez l'indulgence, l'amitié, la bienfaisance et ses secours , comme la justice et vos droits : vous revend!quez à titre de propriété, et en réclamant la justice et la force. Dans un cas litigieux, vous réclamez ce que vous revendiqueriez avec iiii droit certain et reconnu. — Vous réclamez en vous opposant à toute sorte de prétention : vous revendiquez en vous opposant à l'usurpation. La réclamation est une demande, un appel : la revendication est une action, une poursuite. La réclamation conserve vos droits : la revendication poursuit la restitution d*un bien. (R.)
RÉCOLTER, RECUEILLIR. Recueillir ne porte point l'idée propre de récolter; et récolter est une manière très-particulière de recueillir. Récolter nous dit ce qu'on recueille : des grains , des fruits , les productions de la terre. On ne récolte pas ces productions comme on t^ecueille des raretés, des suffrages, des nouvelles, des pensées, des débris, une succession , etc. — On peut même recueillir des fruits de la terre sans les récolter : celui qui glane après la moisson ne récolte pas, mais il recueille ou ramasse des épis. Récolter, c'est recueillir, suivant les procédés de l'économie rurale, toute une sorte de grains et d'autres productions cultivées qui sont sur pied, dans la saison Je leur maturité, pour les serrer ou les arranger de manière à les con-
462 SYNONYMES FAARÇAIS.
seryer. «On ne récolte, entre les productions de la terre ^ que celles de la culture; et on ne fait proprement que recueillir les autres. Ainsi on récolte du blé^ et on recueille du sel. L*un récolte des grains, l'autre récolte des vins : celui-ci recueille des laines^ celui-là recueille tes soies. (R.)
RÉCOMPENSE. V. Prix.
RECONCILIER. V. Accorder.
RECONNAISSANCE, GRATITUDE. Reconnaisstuice , composé de connaiesance, marque littéralement le ressouvenir qu*on a d'un objet, la mémoire d'un objet qu'on a connu , Tareu par lequel on recormait et on certifie une chose, ou enfin une sorte de compensation dont on se confesse redevable. La reconnaissance rappelle la connaissance. Gratis tude désigne le gré qu'on sait à quelqu'un , raffection qu'on ressent d'une grâce, le sentiment qui nous rend un bienfait cher et agréable. L'idée de reconnaissance est ici relative aux services, aux bienfaits qui demandent de la gratitude. — La reconnaissance est le souvenir, l'aveu d'un service, d'un bienfait reçu : la gratitude est le sentiment, le retour inspiré par un bienfait, par un service. — Il suffirait, ce semble, d*étre juste pour avoir de la reconnaissance : il faut être sensible pour avoir de la gratitude. La reconnaissance est le commencement de la gratitude; et la gratitude est le complément de la reconnaissance. — La reconnaissance rend ce qu'elle doit, elle s'acquitte : la gratitude ne compte pas ce qu'elle rend, elle doit toujours. — La reconnaissance est due au bienfait; la gratitude l'est à la bienfaisance. Service pour service, c'est la reconnaissance : sentiment pour sentiment, c'est la gratitude. (R.)
RÉCRÉATION. V. Amusement.
RECTITUDE, DROITURE. Rectitude désigne la juste direction, le vrai sens, l'ordre parfait des choses physiques, soit de la nature, soit de l'art. Des objets physiques, il a naturellement passé aux objets métaphysiques; et on a dit la rectitude d'un jugement, comme la rectitude d'une ligne. -- Droiture ne se dit proprement que de Tàme, pour marquer la probité, la bonne foi, des vues honnêtes et pures; et si ce mot s'applique à Vesprit, c'est seulement par rapport à la probité , et non à l'égard de l'intelligence. Ainsi la droiture de l'esprit n'est que la suite ou le complément de la droiture du cœur. La droiture est donc proprement une qualité morale : la rectitude est une qualité intellectuelle ou physi lue. La rectitude d'un jugement sera dans sa justesse; et sa droiture, dans sa justice. La rectitude est d'un bon esprit; la droiture, d'un cœur honnête. Un esprit de travers manquera de rectitude; un esprit partial, de droiture. — La droiture montre le but et L'i voie : la rectitude conduit au but en suivant constamment la voie. La rectitude applique jusqu'à la fia ce que la droiture enseigne : l'une dirige, l'autre exécute. La droiture est donc Plutôt dans l'inteiUion , dans le dessein, dans le conseil : la recHtudt