RECULADE
est dans Taclion, dans la conduite^ dans Tapplication constante de la règle. L'aLbé de Vertot distingue parfaitement ces deux termes^ en disant que Goriolan, content de la droiture de ses intentions^ allait au bien sans ménagement; et que peut-être ce défaut de ménagement entraînait quelquefois dans sa conduite un défaut de rectitude. (R.) RECUEIL, COLLECTION. 1» Recueil signifie rigoureusement Tamas des choses recueillies : collection exprime proprement l'action de rassembler plusieurs choses. C'est par la collection que tous formez le recueil ^ comme par le travail vous faites Touvrage. Recueil ne marque pas Faction de recueillir : on a voulu que collection désignât les choses mêmes rassemblées. — 2« Recueil exprime l'idée redoublée de recueillir ou de réunir ensemble > en latin recolligere : collection n'exprime que Tidée simple de cueillir ou de mettre ensemble, en latin colligere. Ainsi le recueil n'est pas une simple collection : les choses que la collection met ensemble, le recueil les unit, les lie, les resserre plus étroitement. La collection forme un amas, un assemblage : le recueil forme un corps ou un tout. Il y a du moins plus de liaison, de dépendance et de rapport entre les parties d'un recueil qu'entre celles d'une collection, — D'un recueil de pensées vous faites un livre : avec une collection de livres vous composez une bibliothèque. Ce recueil est un ouvrage particulier : cette collection n'est qu'un assemblage de cboses. — Par cette raison, Ton dit plutôt un recueil de poésies, d'anecdotes, de chansons, de pièces ou imprimées ou manuscrites, réunies en un corps; et une collection de plantes, de coquilles, de médailles, d'antiquités rassemblées dans un cabinet.— 3° On appelle plutôt recueil une petite collection; et collection, un grand recueil. Vous donnerez un recueil de pièces fugitives, de pensées choisies, de quelques œuvres d'un auteur : vous donnerez la collection des conciles, des Pères, des historiens, des ouvrages d'un auteur fécond , ou des divers auteurs qui ont travaillé dans le même genre. — La raison de cette dififérence est dans la valeur même des mots. L'action de recueillir, par la force réduplicative du terme, marque plus de réflexion, de recherches et de soins que celle de rassembler. Vous faites un recueil de choses d'élite, que vous croyez dignes d'être conservées : vous faites une collection de tout ce qui se présente sur im sujet traité par divers auteurs, ou sur divers sujets traités par le même. Le recueil doit être choisi; la collection doit être complète, autant qu'il est possible. ( R.) RECUEILLIR. V. Récolter.
RECULADE, RECULEMENT. Reculade se dit ordinairement de plusieurs voitures qui reculent, et ce mot emporte une idée de confusion, d'embarras ou de danger (21, page 7). Reculement ne se dit jamais que d'une seule voiture. Reculade se dit aussi , au propre et au figuré, de ceux qui, s'étant trop avancés, sont obligés de faire des pas eu arrière.
UM STIfONTUES FRANÇAIS.
RECULER > RÉTROGRADER. Reculer, suivant la torce étymologique du mot, c'est aller dans une direction opposée à celle da visage : rétrograder, c'est littéralement marcher (gradi) en arrière {retrd)^ on retourner sur ses pas. — 11 résulte de cette distinction littérale , que reculer suppose uniquement une direction contraire à la direction ordidinaire et naturelle de la marcbe, au lieu que rétrograder suppose déjà une avancée, suivie d'un mouvement contraire. Le canon, au moment de son explosion , recule et ne rétrograde pas. Lorsque vous faites plusieurs tours de promenade dans une allée, on ne dira pas que vous avancez et que vous reculez; car avancer, à proprement parler, signifie s'approcher d'un hut, et reculer, c'est s'en éloigner. Alors vous allez et vous venez. — Aecu/er est le mot vulgaire; il tient aux mots recula reculons, reculement, reculade. Les hommes, les animaux, les voitures, etc., reculent. — Rétrograde appartient à la géométrie et à la physique; il en est de même de rCtrograder et de rétrogradation. On dit que certaines planètes rétrogradent, lorsqu'elles semblent reculer et se mouvoir dans un sens opposé à l'ordre des signes, c'est-à-dire d'Orient en Occident. Cependant il est propre à donner plus de précision au discours dans certûns cas. — Reculer prend assez souvent un sens accessoire et moral; au lieu que rétrograder n'a qu'un sens physique et rigoureux. Le lâche recule, le brave recule aussi : l'un parce que la peur Tentralue, l'autre pour mieux prendre l'avantage. Dans ces applications et autres semblables, il se joint nue idée morale au mot reculer, mais quand il ne s'agira que du sens physique, rétrograder sera mieux placé.— 11 y a une façon d*aller en arrière que rétrograder n'exprime pas, et que reculer n'exprime qu'amphibologiquement; c'est celle de l'écrevisse, ou celle d'aller le dos tourné vers un objet. On dit alors aller à reculons. (R.)
REDOUTER. V. Craindre.
RÉEL. V. EffècHf.
RÉFLÉCHIR. V. Méditer.
RÉFLEXIONS. V. Notes.
RÉFORME, RÉFORMATION. V. Amendement,
REFUGE. V. Asile.
RÉFUGIÉ. V. Exilé.
REGARD. V. Œillade.
REGARDS TENDRES, TENDRES REGARDS. V. Savant homme.
REGARDER, CONCERNER, TOUCHER. Une chose nous regarde brsqn'elle doit être faite, soignée, dirigée par nous, soit à cause de ses rapports naturels avec nous, soit à cause de l'autorité que nous avons sur elle. L'éducation d'un enfant regarde son père et sa mère; les affaires d'an mineur regardent son tuteur. — Une chose nous concerne lorsqu'elle fait partie de celles dont nous prenons soin , de celles qui sont soumises à notre vigilance, à notre inspection, qui font partie de nos attributions, qui doivent nous intéresser. On dira : c J'ai è