RÉGION. A
Tons parler d'une chose qui tous concerne », c*est-à-4ira d*ane chose qui est da nombre de celles qni doiTent vous intéresser, qui ont un ceitain rapport à votre personne, à vos biens, etc. Ainsi ce qui nous regarde a un rapport plus direct, plus déterminé avec nous que ce qui nous coficeme. Si Ton m'avertit d'une chose qui me regarde, je dois y .aire attention sur-le-champ pour la faire, pour la soigner, etc. : si ^on m'avertit d*une chose qni me concerne, je dois examiner d'abord li j'y prends ou si je dois y prendre quelque intérêt, ou si elle fait rée^ .ement partie d'un soin qni m'a été confié, et agir ensuite suivant cet intérêt ou ce soiu. — Une chose nous touche, lorsqu'elle a rapport à nos affections, à nos intérêts les plus chers. On m'a calomnié dans le public; mon honneur y est intéressé, c*est une chose qui me touche, ^ On dit d'un homme qui veut se mêler de nos affaires, sans y avoir aucun droit; qu'elles ne le regardent pas; à un fonctionnaire qni veut agir hors du cercle de sa juridiction, que cela ne le concerne pas ; et d'une affaire où il s*agit de notre vie ou de notre fortune, qu'elle nous touclœde près. (L.)
REGARDER, VOIR. V. Voir.
RÉGÉNÉRATION. Y. Renaissance
RÉGION, œNTRÉE, PAYS. Région, grande étendue de terre habitée ou inhabitée, considérée seulement par rapport à sa position on à la température qui y règne. Relativement à la position , on distingue les f^j^û»» septentrionales, méridionales, etc.; relativement à la température, on distingue les régions brûlantes, les régions glacées, les régions tempérées, lesquelles n*ont d'autres bornes que celles de ces diverses températures. — Contrée, étendue de terre plus ou moins Taste, considérée sous quelque rapport physique ou moral qui en fait un tout : « Une contrée fertile; les contrées toutes sablonneuses qni sont vers la mer Baltique ». ( Yoltaire) C'est la fertilité, ce sont les sables, qui forment retendue et les bornes de ces contrées. — Contrée se dit aussi d'une certaine étendue de pays où sont rassemblés plusieurs habitants, réunis entre eux par les mêmes usages, par les mêmes mœurs, par le même gouvernement, etc. Les contrées ont plus ou moins d'étendue selon les différents points de vue sous lesquels on les considère; une contrée fertile n'a d'étendue que par rapport à la fertilité; et dès que celle-ci cesse, c'est une autre contrée, une contrée peu fertile on une contrée stérile. Mais des contrées quelquefois peu étendaes font partie de contrées plus grandes que Von considère sous le rapport du gonremement, des mœurs, etc. : « 11 y a quelques contrées fertiles dans ce département; et ce département est une des plus belles contrées de la France ». — Pays se dit d'une étendue de terre habitée, plus ou moins grande, par rapport à ceux qui l'habitent et à tout ce qui a rapport à eux : « Pays abondant, bon pays, pays qui ne fournit point de subsistances. — On dit une contrée fertile et un pays fertile, une contrée firoide^ un pays froid. Mais dans les premiers exemples fertile.
466 STNONYUES FBAKÇAIS.
froitif sont considérés par rapport à la constitution physique de la contrée; et dans les seconds, par rapport aux avantages ou auxinconTénients qui peuvent résulter de ces choses pour ceux qui habitent le foys. — Ainsi les régions sont considérées sous le rapport d'une tem- |érature ou d'une situation commune et distincte; les contrées sous le I apport de leur constitution physique ou des liaisons morales des habitants entre eux; les pays, sous le rapport des avantages ou des désavantages qu'y éprouvent les habitants. ( L.)
RÉGIR. V. Gérer.
RÈGLE, MODÈLE. L'un et l'autre ont pour objet de diriger, mais en diveises manières. La règle prescrit ce qu'il faut faire; le modèle le montre tout fait : on doit suivre Tune et imiter l'autre. — La régie parle à l'esprit, elle l'éclairé, elle lui fait connaître ce qui doit se faire; mais elle est froide et sans force. Le modèle échauffe l'âme, la met en mouvement, fait disparaître toutes les difficultés, anéantit tous les prétextes. — «Il y a des endroits, dit le P. Rouhours, où l'on peut employer également les deux mots de règle ou de modèle; par exemple, on peut dire : La vie de N. S. est la règle des chrétiens, ou le modèle des chrétiens. » Gela peut se dire sans doute, mais ce ne sont pas moins deux expressions différentes par la forme et par le sens : la première signifie que de la vie de N. S. nous pouvons conclure quelles sont les véritables règles de la vie chrétienne : la seconde, que dans la vie de N. S. nous trouvons un modèle qui nous porte à nous conformer aux règles de la vie chrétienne, et qui nous en montre la manière. La première expression est pour ainsi dire, de pure théorie; la seconde est de pratique : ainsi il y a encore un choix qui dépend des circ(mstances, et qui n'échappera pas au bon goût. (B.)
RÈGLE, RÈGLEMENT. Principe, loi, statuts : ce qui sert à conduire, à diriger.
« La règle regarde proprement les choses qu'on doit faire; et le règlement, la manière dont on les doit faire. 11 entre dans l'idée de l'une quelque chose qui tient plus du droit naturel; et dans l'idée de l'autre, quelque cbose qui tient plus du droit positif. » (G.)
« Les règles s'étendent à toutes les actions : elles veillent jusque sur les plus indifférentes, et déterminent ce qu*on doit faire chaque jour. Les règlements corrigent les abus et déterminent plus ce qu'on doit éviter que ce qu'on doit faire. » (Condillac.) ^ Ainsi le sens du mot règle est plus général, plus absolu; celui de règlement est plus particulier, plus relatif : aussi dit -on qu'on se soumet à la règle, et qu'on se conforme au règlement,. Règlement se dit aussi de ce qui établit ou interprète la règle, — On ne prescrit des règlements, dit Condillac, que pour ceux qui s'écartent des règles.
RÉGLÉ, RANGÉ. On est réglé par ses mœurs et par sa conduite. On est rangé dans ses affaires et dans ses occupations. — L'honmie réglé
RÈGLEMENT. ilfGT
ménage sa réputation et sa personne; il a de la modération, et il ne fait point d'excès. L'homme raw^r^ ménage son temps et son bien; il a de Tordre, et il ne fait point de dissipation. — A l'égard de la dépense, à laquelle Ton applique souvent ces deux épithètes, elle est réglée par les bornes qu'on y met, et rangée par la manière dont on la fait. Il faut la régler sur ses moyens, et la ranger selon le goût de la société où Ton vit; de façon néanmoins que les commodités domestiques ne souffrent point de l'envie de briller. (6.)
RÉGLÉ, RÉGULIER. Ce qui est réglé est assujetti à une règle quelconque, uniforme ou variable, bonne ou mauvaise. Ce qui est régulier est conforme à une règle uniforme et louable.— Le mouvement de la lune est réglé puisqu'il est soumis à des retours périodiques égaux : mais il n'est pas régulier parce qu'il n'est pas uniforme dans la même période. Toutes les actions des chrétiens sont réglées par l'Évangile; mais elles ne sont pas toutes régulières, parce qu'elles ne sont pas toutes conformes à ces régies sacrées. — Ù semble qu*en parlant de la vie, de la conduite, des mœurs, le mot réglé dii autre chose que celui de régulier. Uoe vie réglée peut s'entendre au physique ou au moral : au physique c'est une vie assujettie à une règle suggérée par des vues de santé ou d'économie; au moral, c'est une vie extéiieurement conforme aux règles de morale que le monde même exigé : mais une vie régulière est conforme aux principes de la morale et aux maximes de la religion. C'est à peu près la même différence, eh parlant de la con» duite et des mœurs. — Hors de la morale, ce qui est réglé était originairement libre, et n'est soumis à une règle que par un choix libre ou par convention; c'est ainsi qu'il faut l'entendre d*une dispute réglée^ d'un ordinaire réglé, d'un commerce réglé, d'un temps réglé, etc. : ou bien il s'agit d'une règle établie par le fait et dont il est difficile ou impossible de rendre raison , connue quand on parle d'une fièvre réglée. Mais tout ce qui est régulier doit être conforme à la règle, et tend au vicieux dès qu'il s'y soustrait; tels sont un b&timent, un discours, un poème, une construction, une procédure, etc. (B.)
RÈGLEMENT, RÉGULIÈREMENT. Quand on ne veut marquer que la persévérance à faire toujours de la même manière, ces deux adverbes se prennent indifféremment l'un pour l'autre : ainsi l'on peut dire d'un homme de cabinet, qu'il étudie règlement ou régulièrement huit heures par jour; que tous les jours il se lève règlement ou régiblièrement à cinq heures, etc. — Mais il y a des circonstances où l'on ne doit pas prendre l'un pour l'autre. Règlement veut dire alors, d'une tianière égale, que l'on peut regarder comme règle et qui semble soujiise à une règle : régulièrement veut dire d'une manière conforme à me règle réelle ou aux règles en général. — Règlement indique de la décision, et suppose de la sagesse et de l'ordre; régulièrement désigne de l'attention, et suppose de la soumission et de l'obéissance. — Vivre règlement est un moyen assuré de ménager tout à là fois sa bourse
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et sa santé. ViTie régutièrement est le moyen le pins effldace d'assoier son bonheur dans ce monde et dans l'antre. (B4
REJAILLIR. y.Jailiir.
RÉJOUISSANT. V. Gai
RELACHE, RELACHEMENT, c AeldcAe se prend tonjovirs e& bonne \«rt : c'est la discontinnatioQ de quelque exercice pénible, soit pour le corps^ soit pour Tesprit BelMememi, emidoyé seul, se prend souvent en mauvaise part : c'est la diminution de ractàvité dans le travail on dans quelque exercice, on de la régnlarîté dans ce qui conoene les mœurs ou la piété. En fait de moeurs et de discipline, le moindre relâchement est dangereux. » (B.)
Ainsi le relâche est une interruption imposée en quelque sorte par les besoins du corps ou de l'esprit; le reUkhemeni est un effet immédiat de la volonté, c'est l'action de se relâcher de ses devoirs. Lli^HQame infîatigable, dit Tàbbé Girard, travaille sans relâche: l'homme exact remplit son devoir sans reldehetneni,
RELACHER. Y. Lâcher.
RELATION. V. Histoire.
REU610N , PIÉTÉ, DÉVOTION. Le mot de religion n*est pas pik ici dans un sens objectif, qui signifie le culte que nous devcms à la Divinité et le tribut de dépendance que nous tad rendons: mats dans un sens formel, qui marque une qualité de l'âme et une dispositioià de cttur â regard de Dieu : ce n'est que dans ce senl sens qu'Ù est syno^ nyme avec les deux antres; et cette disposition fait qu'on ne manque point â ce qu'on doit à l'Être Suprême. La piété fait qu'on s'en acquitte avec plus de respect et plus de zèle. La dévotion ajoute un extérieur plus composé. — La religion est plus dans le cœur qu'elle ne paraît au dehors. La piété est dans le cœur et parait au dehors. La dévotûm pa» ndt quelquefois au dehors» sans être dans le cœur. — Où il n'y a point de probité, il n'y a pœnt de religion. Qui manque de respect pour les temples, manque de piété. Point de dévotion sans attachement an culte des autels. (G) ; RELUIRE. V. Luire.
REMARQUABLE. V. Notable.
REMARQUER , OBSERVER. On remargm tes chose» par attenlâon, pour s'en ressouvenir. On tes oheerve par examen, pour en >uger. — Le voyageur remarque ce qui le frappe le plus : l'espion obeerve tes démarches qu'il croit de conséquence. Le général doit remarquer ceux qui se distinguent dana ses troupes, et obeerver les mouvememls de i'enaeokL — On peut observer pour remarquer; mais l'usage ne permet pas de retourner la phrase. Ceux qui obâtrveni la conduite des auties pdur en remar^pier tes fautes, te fout oediaairement po«r avoir te plai»r de eensurat» plut6t que pour a^ittoiâre â lectilter teur wonie «enduite. (G.) ^
REMARQUE& Y., tlûiea,