RENCONTRER
REMERCIER. V. Renmycr.
REMETTRE, COMMETTRE. Confier; donner en garde, en dépôt.--- Remettre signifie simplement livrer, faire passer aux mains d'antrui ce que l'on possédait; c*est comme une nouvelle mise en possession : «Je lui ai remis tout l'argent cpie j'avais ». (Acad.) Commettre dît beaucoup pins; il signifie confier aux soins, à la vigilance de quelqu'un un objet précieux ou important : « J'ai commis cela à vos soins (Id.) Les rois, faisant eux-mômes les grâces, ont commis à de» magistrats particuliers la distribution des peines ». (Montesquieu.)
REMETTRE, RENDRE. V. Rendre,
RÉMINISCENCE. V. Mémoire.
RÉMISSION. V. Absolution.
REMONTRER. Y. Représenter.
REMORDS. Y. Contrition.
REMPART. Y. Boulevard.
REMPLI. Y. Plein.
REMPLIR. Y. Emplir.
REMPORTER. Y. Emporter.
RENAISSANCE, RÉGÉNÉRATION. Renaissance signifie nouvelle naissance (Y. re, 5, page 3). Il s'emploie quelquefois au propre : «Ja renaissance du pbéuix est une fable » (Acad.); mais il est principale* ment d'usage au figuré, et se dit du renouvellement d'une chose, comme si, après avoir cessé d'être, elle naissait une seconde fois, de nouveau : a La renaissance des lettres, des arts; la renaissance de la verdure». (Acad.)
Régénération ne s'emploie au propre que comme terme de médecine et de physiologie, et signifie reproduction : « La régénération des chairs ». Au figuré, ce mot exprime la double idée de renouvellement et d'amélioration ou réformation : « La régénération des mœurs; la régénération d'un peuple ». (Acad.) Il se dit dans un sens analogue et comme terme de religion, en parlant du baptême : « La régénération en Jésus-Christ » . ( Id.)
RENCHÉRIR. Y. Enchérir.
RENCONTRE (ALLER A LA). Y. Aller.
RENCONTRER, TROUYER. Rencontrer exprime sensiblement l'idée de trotwer en allant à Yencontre, contre, dans la direction contraire à celle de Tobjetj face à face. Trouver est exactement le latin invenire, venire in, parvenir dans le lieu, à l'endroit où est la chose, où on voulait atteindre. Ainsi vous rencontrez une chose dans votre chemin, en chemin faisant; et vous la trouvez à. sa place, où elle est. ^- La personne que vous aÛez voir chez elle, vous ne Fy rencontrez pas, vous Ty tromez : vous la rencontrerez dans les rues. Yous allez à la promenade, dans l'espérance d'y rencontrer votre ami : vous indiquez à celui qui cherche quelqu'un, le lieu où il le trouvera. Un torrent entraîne tout ce qu'il rencontre sur son passage: des voleurs empo^
DICT. D£8 STMONTNBS. S7
a70 SYNONYMES FBANÇAIS.
tent tont ce (julls trouvent dans une maisoa. Des années se rencontrent, et trouvent sous leurs pas un effin)yal>le cimetière. — Le moyen de rencontrer, c*est d'aller au-devant : le moyen de trouver, c'est de chercher. Mais tous trouvez aussi ce q^e tous ne cherchiez pas : vous rencontrez aussi ce ([ue tous cherchiez, et par une sorte de bonne fortune, par un cas fortuit, par un hasard heureux, qui fait qu'il se trouve comme en passant sur le chemin où vous passiez. (R.)
RENDRE, REMETTRE, RESTITUER. Nous rendons ce qu*on nous avait prêté ou donné ; nous remettons ce que nous avons en gage ou en dépôt; nous restituons ce que nous avons pris ou volé. — On doit rendre exactement, remettre fidèlement, et restituer entièrement. On emprunte pour rendre; on se charge d'une chose pour la remettre, mais on ne prend guère à dessein de restituer, — L'usage emploie et distingue encore ces mots dans les occasions suivantes. Il se sert du premier à l'égard des devoirs civils, des faveurs interrompues, des présents, etc. : on remf hommage à son seigneur suzerain, son amitié à qui en avait été privé, etc. Le second se dit à l'égard de ce qui a été •onflé, et des honneurs, emplois ou charges dont on est revêtu : on remet un enfant à ses parents; le b&ton de commandement, les sceaux et les dignités au prince. Le troisième se place pour les choses qui , ayant été 6tées ou retenues, se trouvent dues : on restitue à l'innocent accusé son état et son honneur; on restitue un mineur dans la possession de ses biens aliénés. (6. )
RENFERMER. V. Enfermer.
RENIER. V. Renoncer.
RENOM, RENOMMÉE. V. Nom.
RENOMME, y. Fameux.
RENONCEMENT. Y. Abandon.
RENONCER, RENIER, ABJURER. On renonce à des maximes et à des usages qu*on ne veut plus suivre, ou à des prétentions dont ou se désiste. On renie le maître que Ton sert, ou la religion qu'on avait embrassée. On abjure l'erreur dans laquelle on s'était engagé, ou dont on faisait profession publique. — Philippe Y a renoncé à la couronne de France. Saint Pierre a renié Jésus-Christ. Henri lY a fait abjuration du calvinisme. — Abjurer se dit toujours en bonne part; c'est iramonr de^la vérité et l'aversion du faux, ou du moins de ce que nous regardons comme tel, qui nous engagent à faire abjuration. Renier s'emploie toujours en mauvaise part; un libertinage outré ou un intérêt criminel fait les renégats. Renoncer est d'usage de l'une et de l'autre façon, tantôt en bien tantôt en mal : le choix du bon nous fait quelquefois renoncer à nos anciennes habitudes, pour en prendre de meilleures; mais il arrive encore plus souvent que le caprice et le goût dépravé nous font renoncer à ce qui est bon, pour nous livrer à ce qui est mauvais. — L'hérétique abjure, quand il rentre dans le sein de Kglisc.Le chrétien renie, quand il se fait mahométan. LeschisnuK
RENVOYER. /|7i
tique renonce à la commimioii universelle des fidèles^ pour s'atUcher à «me société particulière. (G. )
RENONCIATION. V. Abandon.
RÉNOVATION, RENOUVELLEMENT. Rétablissement d'une chose dans son premier état. (Acad.) — v Rénovation, dit Condiliac, marque plus l'action de la cause qui renouvelle; renouvellement, l'état de la chose renouvelée » (20, page 7). En effet on dit : renouvellement de Tannée, de la lone, et non rénovation, parce qu'ici on n*a dans l'es* prit aucune idée de cause ni d'action; on exprime simplement l'effet Mais on dit : a La rénovation de Tbomme par la grâce », (Acad.) parce 4iue ridée dominante est l'idée de la grâce, cause de la rénovation»
RENTE, REVENU. L'idée commune de ces denx termes est celle d'une recette annuellement renouvelée. — La rente est ce qu'on vous rend, ce qu'on vous paye annuellement, comme prix ou intérêt d'un fonds ou d'un capital aliéné ou cédé : le revenu est ce qui revient, ' «e qui est annuellement reproduit à votre profit, comme fruit de votre propriété et de vos avances productives. Vous direz que votre rente '' TOUS revient chaque année ; oui, le payement de votre rente, et il vous revient par une nouvelle distribution d'argent. Mais le revenu revient •dans toute la force du terme; il est reproduit; ce sont les fruits qui jepoussent sur l'arbre. La terre ne vous donne pas une rente, mais elle vous donne un revenu par ses productions renaissantes annuellement. On vous paye une rente; et vous recueillez un revenu. Pour payer une rente, Û faut, chaqae année, un revenu nouveau ou une richesse nouvelle : car, sans cela, sur quoi la payer? — Les rentet ne sont que des charges du revenu. Les rentes publiques sont des •charges du revenu public : sans un revenu, essayez de payer les rentes. La rente est la représentation d'un droit sur le revenu. — On dit le revenu d'une charge, d'un office, d'une place, comme d'une terre; mais les émoluments des places ne sont pas plus revenus que rentes; ce i^nt des salaires, des bénéfices. (R.)
RENVERSER. V. Abattre ei Bouleverser.
BENVOYER, CONGÉDIER, REBAERCIER. Renvoyer marque du mécontentement et de la défaveur, on tout au moins un manque d'égards et de ménagement pour ceux qu'on renvoie. — On congédie les personnes avec lesquelles on s'est entretenu pendant quelque temps, -en finissant l'entretien et en indiquant qu'on leur a dit tout ce qu'on avait â leur dire. Un supérieur congédie les personnes qui lui sont attachées par quelques fonctions, par quelque service, en leur déclarant ou en leur faisant connaître qu'il ne veut pas ou qu'il ne peut pas les maintenir dans ces fonctions, dans ce service. On congédie ceux qu'on ne veut pas ou qu'on ne peut pas retenir plus longtemps. Cette expression n'emporte aucune idée de mécontentement ou de défaveur. — Congédier et renvoyer s'emploient aussi relativement aux places, aux fonctions, aux emplois. — On congédie un ministre» un savant.
àl2 STlfOlITMBS FRANÇAIS.
un homme de lettres, etc.; on renvoie un employé^ un domestique;.
— Remercier indique une manière honnête d*ôter à quelqu'un la plaèeou l'emploi qu*il occupe. (L.) ^
RÉPANDRE. V. Épandre et Verser.
RÉPARER. V. Rétablir.
REPARTIE. V. Réponse.
RÉPARTIR. V. Départir.
REPENTIR. V. Contrition.
RÉPLIQUE. V. Réponse.
RÉPONDANT. V. Caution.
RÉPONDRE, CORRESPONDRE. Avoir du rapport^ de la conformité.
— Correspondre signifie littéralement répondre ensemble (4, page 3),. et se dit de deux objets qui répondent l'un à Tautre^ réciproquement et considérés sous le même point de vue : « Ces deux pavillons se correspondent », (Acad.) c'est-Â-dire^ symétrisent ensemble.
Répondre marque un rapport moins parfait, moins étroit : « Toutes ]es portes de cet appartement se répondent »; (Acad.) cela ne vent pas dire qu'elles sont faites de même et qu'elles symétrisent > mais qu'elles sont simplement vis-à-vis les unes des autres.
Il n'y a pas de correspondance possible entre des choses de natnre différente ; mais l'une peut très-bien rendre à l'autre : a Le style d& cet ouvrage répond à la hauteur du sujet ». (Acad.)
RÉPONSE, RÉPLIQUE, REPARTIE. La réponse se fait à uno demande ou à une question. La réplique se fait à une réponse ou à une remontrance. La repartie se fait à une raillerie ou à un discours offensant. — Les scolastiques enseignent à proposer de mauvaises dif* ficultés, et à y donner de plus mauvaises réponses. Il est plus grand d'écouter une sage remontrance et d'en profiter, que d'y répliquer. On ne se défend jamais mieux contre des paroles piquantes, que par des reparties fines et honnêtes. — Le mot de réponse a, dans sa slgnifica> tion, plus d'étendue que les deux autres. Le mot de réplique a un sens plus lesti-eint : il suppose une dispute commencée à Toccasion des diverses opinions qu*on suit, ou des différents sentiments dans lesquels on est, ou des partis et des intérêts opposés qu'on a embrassés : on réplique à la réponse d'un auteur qu'on a critiqué, aux réprimandes de ceux dont on ne veut pas recevoir la correction, et aux plaidoyers ou aux écritures de l'avocat de la partie adverse. Le mot de repartie a une énergie propre et particulière, pour faire naitre l'idée d'Une apostrophe personnelle contre laquelle on se défend. (G.)
REPORTER. V. Transporter.
REPOSER. V. Poser.
RÉPRÉHENSIBLE. V. Blâmable.
REPRENDRE. V. Corriger.
REÏ>RÉSENTER, REMONTRER. Le sens littéral de représenter, c'est de présenter de nouveau (5, page a), de rendre présem, dt