‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 134 sur 163 · SELON. U · texte numérisé non relu

SELON. U

avec on ensemble, Tenseinhle; changer la forme, détruire le tissu, diviser la substance, vicier le fond des choses, altérer leurs qualités essentielles, en un mot changer de bien en mal. Au moral , un homm& corrompu, comme on Ta fort bien dit, est celui dont les mœurs sont aussi malsaines en elles-mêmes qu'une substance qui tend à tomber ei^ pourriture. — Conduire ou induire quelqu'un au mal , en lui imposant et en Tabusant par des moyens spécieux, c'est le séduire. Engager quelqu'un à une mauvaise action, en l'y intéressant et en le gagnant par des manœuvres sourdes, c*est le suborner. Inspirer à quelqu'un le^ goi\t du vice, en l'infectant de mauvais sentiments, de mauvais principes, c'est le corrompre. — Celui qui est séduit ne songeait pas à l'être r il est la dupe et la victime du séducteur. Celui qui est suborné a bieit voulu l'être; il est le complice ou l'instrument du suborneur. Celui qui est corrompu était exposé à l'être; il est la proie ou la conquête du cov'^ rupteur. Le premier est tombé dans un piège, le second a cédé à la tentation, le dernier a succombé dans le danger. (R.)

SÉDUISANT. V. Séducteur.

SEIN, GIRON. Giron, au propre, signifie l'espace qui est depuis la ceinture jusqu'aux genoux, dans une personne assise; et commo terme d'architecture, il désigne la surface horizontale de la marche d'ui> escalier. Au figuré , giron ne se dit plus que dans cette expression consacrée, le giron de l'Église; c'est-à-dire la communion de l'Église catholique.

On ramène au giron de l'ÉgUse le fidèle qui s'en écartait à son insu et sans mauvaise intention : on fait rentrer dans le sein de l'Église ceux qui en étaient tout à fait sortis : par exemple , l'hérétique qui abjure^ l'excommunié qui se soumet, etc.

SEING, SIGNATURE. « Le seing, dit Roubaud, est le signe qu'une personne met au bas d'un écrit pour en garantir ou reconnaître le contenu. La signature, selon la terminaison du mot (23, page 8), est \e résultat de l'action de signer ou de mettre son seing. »

Le mot signature est donc plus relatif à la personne, que le mot seing, En effet la signature est le nom même de la personne qui signe et la manière dont elle l'écrit : le seing peut n'être qu'un simple signe, une croix, une marque quelconque; et lors même qu'il consiste dans le nom, il peut difi'érer de la signature : deux frères, par exemple, signent du même nom; leur seing est le même, mais leur signature est difi^ôrente. « Le seing ordinaire des rois d'Espagne est lo , el Ré; Moi , le Roi. L'écriture distingue la signature particulière de chacun d'eux. » (Roubaud.)

SÉJOUR, y. Maison, habitation.

SELON, SUIVANT. La préposition suivant signifie en suivant, si Von suit, etc. : elle exprime l'action de parler ou d'agir après ou d'après, une suite, une conséquence. Selon revient aux mots ou aux difiérentes manières de parler ainsi que, comme, à ce que, conformément à ce que, etc. :

(i96 SÏNONYMES FRANÇAIS.

« Selon Àristote » ; c'est-à-dire à ce que dit , ainsi que le dit Aristote.; « Selon votre volonté»; comme vous voudrez; « Soit fait ainsi ou *elon qu'il est requis ». — Je dirais plutôt selon saint Thomas, selon Scot^ pour citer les auteurs et les autorités ; et suivant la doctrine de saint Thomas > suivant la doctrine de Scot; parce qii'en effet on dit -suivre la doctrine, et que c'est dans ce sens qu'on dit suivre un auteur. — Selon exprime quelque chose de plus fort, de plus déterminé^ de plus positif 9 de plus absolu que suivant. Aussi désigne-t-il mieux une autorité, une règle à laquelle il faut obéir, se conformer; tandis que suivant laisse plus de lÙ)erté et d'incertitude. Il s'en faut donc bien •que suivant marque la nécessité indispensable, et selon ime simple •convenance, comme Ta prétendu Tabbé Girard. Vous jugez «e ton la loi, quand la loi est formelle; vous jugez suivant la lo), quand vous •en suivez l'esprit ou la lettre. J'agis selon vos ordres , quand je les •exécute; J'agis suivant vos ordres, quand je les suis : à. proprement {parler, je suis un conseil, et j'obéis à un ordre. — Ainsi je dis plutôt ^elon Bossuet, selon Pascal, selon l'Académie, lorsque j'adopte les pensées des auteurs, lorsque je m'appuie de leur autorité. Je dirai plutôt suivant Ménage, suivant Fabbé Girard, suivant quelques grammairiens, quand je ne prends point de parti, ou quand je prends un parti contraire. — Nous mourrons tous, selon la loi de la nature; c'est une nécessité inévitable. Un jeune homme doit survivre à un vieillard, suivant le cours ordinaire de la nature, si elle suit son cours ordinaire. — L'barmonie décide souvent du choix des mots, surtout quand il suffit d'exprimer l'idée capitale : on ne dira pas selon Longin , sui» vont le Divan. (R.)

SEMBLABLE. V. Ressemblant et Tel.

SEMBLER , PARAITRE. Paraître n'est synonyme de sembler que quand il marque l'apparence d'être tel. — Un objet semble et parait beau, bon, agréable. l\ semble i^X par des traits ou des formes de beauté, de bonté, d'agrément : il parait tel par des apparences, les dehors de l'agrémei^t, de la bonté, de la beauté. La chose vous semble telle par la comparaison que vous en faites avec le modèle, le type, l'idée que vous avez du beau , du bon, de ragréal)le; elle vous parait telle à l'aspect, selon qu'elle vous affecte, par le genre d'impression qu'elle fait -sur vous. Ce qui vous semble bon ressemble à ce qui est bon : ce qui vous parait bon a l'air de l'être. La ressemblance a rapport à la différence; Y apparence, à la réalité. Ce qui vous semble pourrait bien n'être pas tel que vous le croyez : ce qui vous parait pourrait bien no pas être en effet ce que vous croyez. — Un ouvrage vous semble bien lait, lorsque après quelque examen vous le trouvez cohforme aux règles de l'art : il vous paraissait bien fait, lorsque vous n'y aviez encore jeté qu'un coup d'œil. Vous jugiez de l'ouvrage qui vous paraissait tel, sur les apparences et superficiellement : vous en jugez ensuite, f)our qu'il vous semble tel, par des traits de comparaison et avec quel-

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