SILENCIEUX
<xirard entre ces deux mots. «Le signe, dit-il^ fait connaître; il est quelquefois naturel. Le signal avertit: il est toujours arbitraire. Les znouyements qui paraissent dans le visage sont ordinairement les signef de ce qui se passe dans le cœur. Le coup de cloche est le signal «[ui appelle le chaRoine à l'église. 0:i s'explique par signes avec les muets ou les sourds; ot Ton convcàût d'un signal pour se faire entendre des gens éloignés. »
Signal se dit aussi, figurément, de ce qui annonce et provoque une chose : « Cette émeute fut le signal de la révolution ». ( Acad. )
SIGNALÉ^ INSIGNE. Ce qui a ou porte des signes^ des traits qui le font remarquer, reconnaître, distinguer. — Signalé, participe du verbe signale^*, désigne proprement, en cette qualité, que la chose est devenue ou faite telle (52, page 16); Insigne, simple adjectif, indique proprement ce que la chose est en elle-même. La chose signalée est soarquée et remarquée; la chose insigne est marquante et remarquable. On est signalé ^T des traits particuliers, et insigne par des qualités peu communes. Votre piété est signalée par des actions, par des œuvres d'éclat : eUe est insigne par sa hauteur, par sa singulière éminence. Vous êtes signalé pax ces actions, et insigne par cette éminence ■de vertu. — On dit une faveur insigne ou signalée, un insigne ou signalé fripon, un bonheur ou un malheur insigne ou signalé, etc. Signalé marque Téclat, le bruit, l'effet que produit la chose : insigne n*exprime que la qualité, le mérite, le prix de la chose. Ce qui frappe «st signalé; ce qui excelle est insigne, Aiosi un insigne fripon n'est lui fripon signalé qu'autant qu'il a donné des preuves éclatantes de friponnerie. Un bonheur insigne est une grande faveur inespérée de la fortune; et un bonheur signalé ^oiie les traits les plu5 forts et les plus manifestes de cette extrême faveur. Une grâce insigne n^est signalée qu'autant que tout le prix en est manifesté. (R.)
SIGNATURE. V. Seing,
SIGNE, MARQUE. V. Marquer.
SIGNE, SIGNAL. V. Signal.
SIGNIFIANT, SIGNIFICATIF. Qui signifie bien. — Signifiant (fém. signifiante) exprime l'idée relativement à l'effet produit : significatif Texprime quant à la propriété de bien signifier (42, page 12). o Cette expression n'est pas assez signifiante » (Acad.); c'est-à-dire, ne produit pas l'effet qu'on veut obtenir, n'exprime pas assez ce que Ton veut dire, a Se servir de mots significatifs » (Id.); c'est-à-dire, de mots ayant la vertu de bien rendre l'idée ou la propriété de renfermer un grand sens.
SIGNIFIER. V. Notifier.
SILENCIEUX, TACITURNE. Sous quelque rapport que les mots silencieux et taciturne soient considérés, le premier dit beaucoup moins que le second : le silencieux est tranquille et en repos, il parle peu; le taciturne est muet et sans mouvement^ il ne parle pas. Les-
50^ fT2«OflTllE8 FRANÇAIS.
Latins désignaient le silence le pins profond par Tépithète de tacitw^?.^ tacituma silentia, — Le silencieux garde le silence : le taciturne garie on silence opiniâtre. Le premier ne parle pas, quand il pourrait parler: le second ne parle pas, même quand il devrait parler. Le sileneiem n'aime point à discourir : le taciturne y répugne. — L^obsenrateur est DÔcessairement silencieux; 8*il parle ^ c'est pour observer. Le mélaii* colique est naturellement taciturne; s'il parle ^ c'est avec humeur et de les peines. — ' Sénèque dit : c Parlez peu avee les autres et beaucoup avec vous-même ». Le silencieux remplit ce précepte; le taciturne l'outre. (R.)
. SIMILITUDE, COMPARAISON. A la rigueur, la similitude existe >dans les choses, et la comparaison se fait par la pensée. La ressemblance très-sensible constitue la similitude, et le rapprochement de» /traits de ressemblance forme la comparaison. Mais le premier de ces jimots sert à désigner, comme le second, ime figure de style ou de ' pensée. -* Comparaison annonce des rapports plus stricts et plus nécessaires entre les objets comparés, que similitude n*en suppose entre lei objets assimilés, La similitude n'exige, selon la valeur dn mot^ que de la ressemblance entre les objets : la comparaison établit, par la même raison, une sorte de parité entre eux. 11 ne faut à la similitude que des apparences semblables qu'elle rapproche : il faudrait à la comparaison rigoureuse, des qualités presque égales qu'elle balancerait La similitude, purement pittoresque, se borne à l'exposition des tradts communs auxf choses : la comparaison, plus philosophique, considère le plus ou le moins, ou les degrés de la chose mise à côté d^une autre. — Vous assimilerez sous certains rapports un homme à un animal : vous comparerez un héros à un autre, selon le degré de leur valeur et le mérite de leurs exploits. Si je dis qu'Achille est semblable à ua lion, c'est une similitude; je désigne seulement l'espèce de courage et de furie qu^il fait éclater : si je dis qu'il est tel qu'un lion, c'est une comparaison, car je lui attribue les mêmes qualités et au même degré qu'au lion. La similitude vous dira qu'une chose est blanche comme une autre : la comparaison vous dira qu'elle est aussi blanche que l'autre. Enfin la similitude n'est une comparaison rigoureuse, qu'autant qu'elle peut se convertir en métaphore par ime hardiesse de style. Si je dis seulement qu'Achille ressemble à un lion, je suis loin d'oser dire que (fest un lion; et j'oserais le dire, si je le trouvais tel qu'un lion. (R.)
SIMPLICITÉ, SIMPLESSE. Qualité d'une personne qui est simple moralement, c'est-à-dire qui est naturellement bonne, sans malice.
« La simplicité est la vérité d'un caractère naturel, innocent et
droit, qui ne connaît ni le déguisement, ni le raffinement, ni la
malice : la simplesse est l'ingénuité d'un caractère bon, doux et facile,
qui ne connaît ni la dissimulation, ni la finesse, ni, pour ainsi dire,
' k maL lA simpltctté, toute franche, montre le caractère à découvert: