‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 142 sur 163 · SORTIE · texte numérisé non relu

SORTIE

grôle ou tigonreux. Le ton de voix est une inflexion déterminée par les affections iotérienres que l'on veut peindre; il est sel6n Tocciirrence^ élevé on bas, impérieux ou soumis, fier ou humble, vif ou froid, sérieux ou ironique, grave ou badin, triste ou gai, lamentable ou plaisant, etc. (E.)

SONGE. V. Rêve.

SONGER. V. Penser.

SOPHISME. V. Paralogisme.

SOPORIFÈRE, SOPORIFIQUE, SOPOREDX, SOPORATIF. En vertu de leur terminaison , soporifère et soporifique ont absolument la même signification ( 51 , page 16 ), et il n'y a entre eux d'autre différence que celle de 1* usage moins fréquent du premiei.

Soporatif est dans le cas de soporifère, quant à l'usage qu'on en fait; c^est-à-dire qu'on ne s'en sert guère qu'en médecine, et encore les médecins Temploient-ils moins souvent que soporifique. Il en diffère cependant quelque peu par le sens : soporifique qualifie parla nature de l'effet produit; soporatif, par la puissance de produire l'effet, par la force, par Ténergie de Taotion : en effet, la terminaison z/ marque la faculté, le pouvoir d'agir (42, page 12) : une potion peut être plus soporative qu'une autre; soporifique, ayant plus de rapport à l'effet produit qu'à la puissance de Tagent, ne parait pas pouvoir former de la même manière un comparatif.

Quant à soporeux , quoique terme de médecine , il ne se dit pas des remèdes et il a un sens tout particulier. Ce mot signifie qui cause un assoupissement , un sommeil : « Affection soporeuse» (Acad.); on dit de môme : « État soporeux ». (rd. )

Il faut remarquer que soporifique se dit, au figuré, d'un discours ou d'un écrit ennuyeux et qui endort. Ce mot ainsi que soporifère et sopo» ra/t/ s'emploient aussi substantivement.

SORCIER. V. Magicien.

SORNETTE. V. Baliverne.

SORT. V. Charme et Hasard,

SORTIE, ISSUE. Sortie, action de sortir, signifie aussi porte de sortie, endroit par où l'on sort; et dans ce sens la sortie est synonyme dHssue. Mais sortie désigne seulement l'ouverture ou la porte par laquelle on peut sortir : ainsi l'on dit d*une maison qu'elle a deux sorties. Tune sur la rue, l'autre sur la promenade publique. L'issue est le passage, la voie que l'on suit pour sortir : par les issues d'une ville ou d'une maison, on entend même les dehors et les environs de cette ville ou de cette maison; l'eau trouve une issue, c'est-à-dire im passage qu'elle suit pour s'écouler. L'issue comporte donc l'idée d'étendue, la sortie ne la comporte pas : la sortie n'est pour ainsi dire que l'entrée ou l'extrémité de l'issue. Issue s^entend aussi de la faculté ou droit de passage sur un terrain.

On dit : à f issue du conseil « à r issue de la graod'mossc, à fissue

5ià 8TK0RTIICS FBAKÇAI&

da dlaer; mais id à ristue est une locntûm <iai éqniYaai à fout de suite apriê.

An figuré, issue s'emploie comme synonyme de réussite, V. ce mot

SORTILEGE. V. Charme.

SOT, FAT, IMPERTINENT, INSOLENT. Sot, qni n'a point d'esprit, de sens, de jugement; qni se conduit gaudiement, ridiculement, follement : le jo^ est une béte, mais qui ne croit pas l'être, et qui n'est pas une bonne béte. Ce mot est ancien; il était connu des Francs et des Anglo-Saxons.-- Fa/ est rraiment le latin faiuus, fade, insipide, eztra- Yagant, qui parle beaucoup, qui croit dire des oracles , etc. — Le 40/ est celui qui croit fermement et qui prétend même ayoir tout l'esprit et Isi jugement qu'il n'a pas ; on du moins qui croit et prétend être doué d'esprit et de jugement autant qu'il en est dépourvu. Le fat est une espèce de sot vain et maniéré, qui par son ton, son air, son assurance, sa hardiesse, sa suffisance, affecte beaucoup plus d*esprit ou de mérite qu'il n'en a , et qui n'en a que pour imposer à des sots, — Vimpertinent n'a que des rapports éloignés ayec le sot; le fat est bien plus près de lui. « Vimpertinent ^ dit La Bruyère, est un fat outré. Le fat lusse, ennuie, dégoûte, rebute : l'impertinent rebute, aigrit, irrite, offense; il commence où Tautre finit. » — On a dit encore que Vimpertinent est un fat enté sur la grossièreté; qu'il parle et agit avec une hardiesse insolente. Il résulte de là que le propre de Vimpertinent est <Ie manquer aux autres. Sa hardiesse insolente à manquer aux autres ne Tassimile-t-elle pas à Vinsolent? En quoi les termes d'impertinent et d'insolent diffèrenirils, soit qu'ils s'appliquent aux personnes, soit qu'ils servent à qualifier les actions? — L'imper/tnen/ manque avec impudence aux égards qu'il convient d'avoir : Vinsolent manque avec arrogance au respect qu'il doit porter. Vimpertinent vous choque : Vinsolent vous insulte. » Quelquefois Vimpertinent ne fait que mépriser les règles de bienséance; il ne vous en veut pas, à. vous. Toujours Vinsolent affecte de dédaigner les personnes; c'est à vous qu'il eu veut. — Les airs de la fatuité, de la prétention, sont impertinents. Les airs de hauteur, de dédain, sont insolents, (R.)

SOTTISE. V. Bêtise.

SOUCI. V. Soin.

SOUDAIN, SOUDAINEMENT. Soudain, adverbe, signifie dans le même instant ou aussitôt après : « 11 reçut l'ordre et soudain il partit » ( Acad.); c'est-à-dire, et il partit anssitêt après. Soudainement signifie subitement : « Il mourut soudainement. Il est parti soudaine' ment (Id.) ; c'est-à-dire, il mourut subitement, il est parti subitement.

. SOUDAIN, SUBIT, Soudain est en soi plus prompt que subit. Le premier n*a point de préliminaire; le second semble en supposer. La chose soudaine étonne; la chose subite surprend. L'événement soudain n'a été ni prévu, ni imaginé, ni soupçonné, ni pressenti; il n'a pas même pu l'être. L'événement subit a pu Têtre absolument; miijiy il

souFFnia. 515

ii*a été ni préparé, ni ménagé, ni amené, ni indiqué da moins suffisamment On ne pouvait pas s'attendre an premier : on ne s'attendait pas, du moins si t6t , au second. Ce qui est soudain arrive, pour ainsi dire, conmie un coup de foudre dans un temps serein ; ce qui est subit arrive comme un coup de foudre inattendu au commencement d*un orage. Soudain a quelque chose de plus extraordinaire que subit, — L'apparition de l'ennemi est soudaine, lorsqu'elle trompe toute votre prévoyance : elle est subite^ lorsqu'elle trompe seulement votre attezit^. — Soudain est un terme réservé pour la poésie et pour le style relevé. Il exprime un grand mouvement; et il est fait pour étie appliqué à de grands objets. Subit est au contraire dans l'ordre commun des choses; il n'exprime que l'idée simple, qui peut se retracer dans tous les styles. Kous voyons tous les jours des accidents et des événements subits . les choses plus rares, plus extraordinaires, plus inopinées, plus frap* pantes, paraissent plutôt soudaines. (R.)

SOUDOYER, STIPENDIER. Soudoyer désigne plutôt, par TétymologieS l'entretien ou la subsistance des troupes; et stipendier, leur paye ou rétribution en argent. Le fidèle des Gaulois était rigoureusement soudoyé : le miles des Latins était proprement stipendié. Soudoyer est le vrai terme de notre langue, fait pour notre histoire et pour l'histoire moderne : stipendier est un terme emprunté , fait pour l'histoire romaine et pour l'histoire ancienne des autres peuples étrangers. Nous disons communément soudoyer, lorsqu'il s'agit de troupes étrangères qu^un prince prend à sa solde : cet usage étranger aux Romains, ne serait pas exprimé si convenablement par le mot stipendier, — Stipendier, beaucoup moins usité que soudoyer , ne se dit guère que dans le style militaire. Soudoyer s'applique fort communément à toute espèce de gens mercenaires que l'on tient à ses gages ou dans ses intérêts à prix d'argent, mais souvent avec un esprit d*improbation : ainsi l'on dit soudoyer des agents, des espions, des brigands; mais on dit aussi soudoyer des puissances. (R.)

SOUFFLE. V. Haleine.

SOUFFRIR, ENDURER, SUPPORTER. Souffrir se dit d'une manière absolue; on souffre le mal dont on ne se venge point. Endurer a rapport au temps; on endure le mal dont on diffère à se venger. Supporter regarde proprement les défauts personnels ; on supporte la mauvaise humeur de ses proches. — L'humilité chrétienne fait souffrir les mépris sans ressentiment. La politique fait endurer le joug qu'on n'est pas en état de secouer. La politesse fait supporter, dans la société, une infinité de choses qui déplaisent. — On souff're avec patience. On endure avec dissimulation. On supporte avec douceur. (6.)

SOUFFRIR, TOLÉRER. V. Tolérer.

i. Da celte «o/d, paye; d*où viennent aussi soldée ioUtetf i<MaL S/ip«ndtfft du Idiiin slips, très-petite monnaie, et penders, payer. (R.)

M6 flTffONTHES FRANÇAIS

SOUHAITER. V. Vouloir.

SOULEVER. V. Lever, élet>er.

SOUMETTRE, SUBJUGUER, ASSUJETTIR, ASSERVIR. Soumettre, mettre dessous, sous soi, ranger soas la dépendance, la dominatiou , l'autorité. Subjuguer, mettre sous le joug (tôir la force, prendre un empire absolu sur. Assujettir, mettre dans ta sujétion ^ la contrainte; soumettje à des obligations, à des devoirs. Asservir^ mettre dans un état de servitude, réduire à une extrême dépendance. — II est sensible que soumettre et assujettir n*ont pas la même dureté de sens qvi'asservif et subjuguer. Assujettir et soumettre ôtent l'indépendance : subjuguer et asservir ôtent la liberté. Soumis ou assujetti, on peut être encore libre : subjugué ou asservi, on est esclave. On est soumis à un prince juste, et assujetti à des devoirs légitimes : on est subjuguerai un ennemi victorieux, et asservi par un gouvernement tyrannique.— - Soumettre est un terme générique qui marque une certaine disposition des choses, mais susceptible de beaucoup de variétés : la soumission va depuis la déférence jusqu'à l'asservissement, lïais assujettir ttiarque un état habituel ou une habitude d'obéissance, de devoirs, de travaux ou de soins : la sujétion désigne une contrainte ou une assiduité constante. Subjuguer exprime un empire ou un ascendant plus ou moins absolu, mais sans exiger nécessairement, comme asservir, l'oppression ou ra])us : il y a un joug doux, un joug léger, comme un joug pesaut, un^ôM^ de fer. Asservir désigne, au contraire, un état violent, une extième contrainte, la dépendance d'un serf, c'est-à-dire d'un homme enchaîné : la servitude est un esclavage. Y oyez servitude. (R.)

SOUMISSION. V. Obéissance.

SOUPÇON, SUSPICION; SOUPÇONNER, SUSPECTER. Sot^àn est le terme vulgaire : suspicion est un terme de palais. Le soupçon roule sur toutes sortes d'objets : la suspicion tombe proprement sur les délits. Le soupçon entre dans les esprits défiants; et la sitspicion dans le conseil des juges. Le soupçon peut donc être sans fondement : \di suspicion doit donc avoir quelque fondement, une raison apparente. Justifiée par des indices, la suspicion sera donc un soupçon légitime, grave , raisonnable. Le soupçon fait qu'on est soupçonné : la suspicion suppose qu'on est suspect. — Il résulte de là que le verbe suspecter, indiqué par Fadjectif suspect, est un mot utile, puisqu'il désigne dans l'objet un sujet (le le soupçonner, La défiance soupçonne les gens mêmes qui n'ont donné aucun lieu au soupçon : la prudence suspecte ceux qui ont donné matière à la suspicion. Un honmie vrai peut être soupçonné de ne pas dure la vérité dans certains cas : le menteur est justement suspecté de dire faux dans le cours ordinaire des choses. On voudra rendre le premier suspect : celui-ci Test à juste titre. (R.)

SOUPÇONNER, PRESSENTIR. V. Pressentir.

SOUPÇONNEUX. V. Ombrageux,

SOUPIRER APRÈS. V. Respirer après.

SOirVENT. ^ly

SOUPIRER. V. Vouioir.

SOUPLE. V. Flexible.

SOUPLESSE. V. Adresse.

SOURCE. V. Origine.

SOURIS, SOURIRE. Ce qtie nous avons dit de nre et de ris s'ap» pliqne naturellement à sourire et à souris.

a Le souris est proprement un acte, l'effet particulier de sourire ou dti sourire : le sourire est l'action spécifique de sourire, la manière habituelle de sourire, ou enfin une espèce de rire. Si souvent on les confond. souvent on les distingue; et un usage vicieux ne fait point que l'un ne soit préférable à l'autre, selon les cas. — Le souris est une des expressionsles plus énergiques du sentiment : le sourire est un des attraits les plustouchants de la figure. Le sourire est la manière d'exprimer une joie douce, modeste, délicate de l'âme : le souris en est l'expression actuelleet passagère. Avec un souris fin, il y a de l'esprit jusque dans le silence : avec un sourire gracieux, la laideur disparaît. Le souris est en quelque^ sorte plus moral, et le sourire plus physique : je veux dire qu'on applique plutôt les qualifications morales au souris et les qualifications physiques au sourire. Vous ne concevez pas le souris sans une intention , un motif, un sentiment, une pensée qui l'anime : vous concevez le sourire comme un jeu naturel de la figure, comme un genre d'action physique, familier à l'homme. — On voit le sourire, il repose sur le visage : on aperçoit le souris, il s'évanouit bientôt. Le souris prolongé devient sourire. Le sourire se fixe, et le souris s'échappe. On étale le sourire; on cachera son souris. Le souris est au sourire ce que Taccent est à la voix : je veux dire que le souris n'est qu'un acte léger, un trait fugitif, au lieu que le sourire est une action suivie, un état de la chose. » ( R.},

SODS ou SUR LE PRÉTEXTE. V. Prétexte.

SOUTENIR. V. Défendre ei Maintenir.

SOUTIEN. V. Appui.

SOUVENIR. V. Mémoire.

SOUVENT, FRÉQUEMMENT. Souvent veut dire beaucoup de fois;:, et fréquemment ajoute à cette idée que ces fois sont plus ou moins rapprochées, plus ou moins liées les unes aux autres. Fréquemment dit donc plus que souvent. Je dirai : « Je vais souvent dans cette maison »^ pour indiquer seulement que j'y vais un grand nombre de fois, sansmarquer ni rapprochement de ces actions, ni liaison entre elles; et je dirai : o Je vais fréquemment dans cette maison », pour marquer que non-seulement j'y vais beaucoup de fois, mais que ces fois sont rappro» chéesles unes des autres, et liées entre elles par quelque besoin, par quelque intérêt, par quelque sentiment, etc. Un homme qui va toujours dans la même boutique pour acheter des choses dont il a besoin, y va souvent même lorsqu'il est quelque temps sans y aller. Si ses besoins l'y appellent chaque jour on plusieurs fois par jour, il y va fréquemment : non-seulement il fait ces actions très-souvent, mais en-

518 8YNONT1II8 FAARÇAIS.

core il les fait à des époques trës-rapprochées les unes des autres^ et arec une certaine suite qui les lie & ses besoins. (L.)

Fréquence exprime la réitération rapide des mouvements; flréquenier^ c'est voir ou visiter avec assiduité le même objet; fréçfuentatifmdLTqviË la répétition des mômes actes : fréquemment a donc^ comme tons ces termes , la propriété de désigner cette répétition. — Ce qui ne revient pas som>ent est plus ou moins rare : ce qui ne revient pas fréquemment, peut être néanmoins ordinaire. Fréquemment est même particulièrement propre à désigner ce qui se fait ordinairement, mais plus jouvent qu'à Tordinaire. Ainsi, dans Tétat naturel, le pouls bat souvent en une minute; mais si, par accident, les pulsations deviennent plus pressées, plus rapides, plus multipliées, il bat fréquemment^ il est fréquent. — Enfin fréquemment indique proprement une action, ce qu'on fait; et souvent indique également l'action et l'état, ce qui se fait ou ce qui est. On fait souvent ou fréquemment certaines choses; on est vmoent ou fort souvent et non fréquemment dans une situation. Il y a fort souvent du monde dans une maison; et vous y allez vous-même fréquemr ment. (R.)

SOUVERAIN. V. Suprême,

SPACIEUX. V. Vaste,

SPECTRE. V. Simulacre.

SPHÈRE. V. Globe.

SPIRITUALISME, SPIRITUALITÉ. MATÉRIALISME, MATÉRIA- LITÉ. Le spiritualisme est la doctrine de la spiritualité, c'est-à-dire celle qui admet et soutient l'existence de l'esprit (32, page 9). La spiritualité est la qualité de ce qui est esprit, c'est-à-dire incorporel <29, page 9) : a La spiritualité de l'àme ». ( Acad.)

Le matérialisme est l'absurde doctrine qui n'admet que rexistence de la matière. La matérialité esi la qualité de ce qui est matière

SPLENDEUR. V. Lumière.

SPLENDIDE. V. Magnifique.

STATURE. V. Taille.

STÉRILE, INFERTILE. Stérile, qui ne produit, ne porte, ne rapporte rien, aucun fruit, quoiqu'il soit de nature à produire. Infertile, qui n'est pas fertile, qui ne porte guère, qui rend fort peu, rien ou presque rien. Stérile est par lui-même plus exclusif qu'infertile. — Une terre inculte qui ne produit rien ou du moins rien pour notre usage, s'appelle stérile : une terre cultivée, mais qui ne paye pas assez les avances de la culture, n'est qu* infertile; vous la compterez bientôt parmi les terrres stériles. — Un sujet, stérile pour Tun , ne sera qu'infertiie pour l'autre : tel esprit fait quelque chose de rien; tel autre ne sait rien faire de quelque chose. — On dit qu'une année est stérile, quoiqu'elle ne soit réellement qu'infertile; peut-être parce que la plainte exagère toujours les maux. — Infertile ne se dit guère au figuré que * esprit et d'une matière à traiter : stérile y est au contraire d'un

SUBLIMITÉ (la). 519

grand nsage. La gloire est stérile, quand on n'en tire aucnn fruit; un travail est stérile, quand il ne rapporte aucun avantage; une admiration stérile se dissipe sans effet; un siècle est stérile en grands bommes, etc. (R.)

STIPENDIER. V. Soudoyer,

stoïcien, STOIQUE. PLATONiaEN, PLATONIQUE. Les deux mots stoïcien, stotque renferment dans leur signification Tidée de stoHcisnie^. — Stoicieti est substantif ou adjectif : substantif, il ne se dit que des personnes et désigne, suivant l'Académie, un philosophe de la secte de Zenon , et par extension , un homme qui sans être de cette secte, sans même en connaître la doctrine est naturellement ferme, sévère, inébranlable : « C'est un vrai stoïcien. Il a souffert en stoïcien ». ( Acad.) Beauzée et d'autres synonymistes pensent que dans ce dernier cas ou doit dire stoïque et non stoïcien. Nous croyons avec l'Académie que le mot stotque ne peut s'employer, comme substantif, mais nous pensons que comme adjectif, il peut s'appliquer aux personnes : « C'est un homme stoïque », c'est-à.'dire, non pas un disciple de Zenon, mais un homme ferme, sévère, comme Tétaient les stoïciens. La distinction entre l'adjectif stoïque et le mot stcicien pris adjectivement, est d*ailleurs bien marquée. Stoïcien se dit de celui qui suit la doctrine de Zenon, qui est dùsciple de Zenon, ou de ce qui appartient à cette doctrine : stoïque signifie qui se fait remarquer par l'insensibilité, la fermeté, la rigidité qu'affectaient les stoïciens.

La différence est la même entre platonicien et platonique; mais platonique ne s'emploie que dans les deux^locutions suivantes : amour platonique, pour siguifier une affection mutuelle et purement morale entre deux Imes; et année platonique, révolution à la fin de laquelle on suppose que tous les corps célestes seront, dans le même lieu où ils étaient au commencement de cette révolution.

STRICT. V. Étroit

STUPÉFAIT. V. Éàahi.

STUPIDE. V. Animal, au figuré.

STYLE. V. Élocution,

SUBIT. Y. Soudain.

SUBJUGUER. V. Soumettre.

SUBLIMITÉ (LA), LE SUBLIME. Le sublime est tout ce qui, par sa grandeur, son élévation portée au plus haut degré possible, frappe fortement notre esprit ou émeut vivement notre àme, et excite notre admiration. La sublimité est la qualité de ce qui a de la noblesse, de l'élévation, de la grandeur, sans toutefois produire sur nous le même effet que lé sublime (68, page 25).

1. le ilQXcitmê est U philosophie de Zenon. Le nom de eette doctrine Ini vient àxx mot grec tloat portique, parce qoe Zenon donnait ses levons sons nn portique d*AUièuci ,

590 STRONTMES FRAI^ÇAIS.

En liitératnre le sublime éclate soayent dans une expression fbrt timple, comme dans ce passage de la Bible : Dieu dit : que ia lumière soit; et la lumière fut, La sublimité dn style consiste daus la magnificence et la pompe des expressions, la vivacité des tours, la hardiesse des figures, etc. Le sublime d'une pensée est ce qu'il y a de plus éleyé, de plus grand possible dans la pensée; telle est celle que rend ia phrase tirée de la Bible : en effet Tidée qae cette phrase exprime est la plus haute, la plus relevée qu^l soit possible de concevoir de la toute-puissance de Dieu, obéi tout à coup par le néant hii-méme. La sublimité des pensées consiste dans Télévation des sujets, des matières qui occupent Tesprit.

On dit le sublime d'une action, et non la sublimité, parce que la beauté, la grandeur de cette action nous frappe vivement et excite notre admiration. Au contraire, on ne dit pas le sublime, mais la sublimité d*une science, parce que la science ne nous touche pas vivement, ne nous émeut pas : cette science est vaste, grande, trèsélevée, et c'est ce qu'exprime le mot sublimité.

SUBORNER. V. Séduire.

SUBREPTIGE, OBREPTICE. Quoique ces mots soient dés termes de palais et de chancellerie , ils sont cependant d'un usage si fréquent et si commun, qu'il ne saurait être hors de propos die les faire connaître ici. Ils servent l'un et Tautre à caractériser des grâces obtenues par surprise, ou de la puissance ecclésiastique, ou de la puissance séculière, ou des magistrats dispensateurs de la justice. — La surprise suppose que ceux qui ont accordé la gr&ce n'ont pas eu les lumières nécessaires pour se décider avec équité, et que les pei^ sonnes qui l'ont sollicitée y ont mis obstacle, ce qui peut se foire de deux façons. La première est lorsqu'on avance comme vraie une chose fausse, et alors il y a subreption : la seconde est lorsqu'on supprime dans son exposé une vérité qui empêcherait Teffet de la demande, et alors il y a obreption. — Un titre obreptice peut avoir été obtenu de bonne foi, mais il manque néanmoins de solidité : il' ne donne pas un droit réel. Un titre subreptice a été obtenu de mauvaise foi ; et loin de donner un droit réel, il est sujet à l'animadversion da collateur. Un titre obreptice et subreptice tout à la fois a les caractères les plus certains de réprobation; et Vobreption même peut justement être soupçonnée d^aussi mauvaise foi que la subreption. (B.)

SUBSISTANCE, NOURRITURE, ALIMENTS. On fait des provisions pour la subsistance : on apprête à manger pour la nourriture : on choisit entre les mets les aliments convenables. — La. subsistance est commise aux soins du pourvoyeur ou du maître d'hôtel. La nourriture se prépare à la cuisine. Sur les aliments, on consulte le goût ou le médecin, selon l'état de santé. — Le premier de ces termes a un rapport particulier au besoin; le second, à la satisfaction de ce besoin; et le troisième, à la manière de le satisfaire. (G.)

SUGGESTION» 52i

SUBSfêTÀTtCÉS, DENRÉES', VIVRES. Les subsistances sont les prodnGtions de la terre qUi noas font subsister, c'est-à-dire, qui maintiennent la durée de notre existence, ou qui forment notre subsistance»^ composée de la nourriture et de Tentretien. Les denrées sont les productions ou les espèces de subsistances qui eùtrent dans le cbm* merce journalier, et qui se vendent couramment en argent (en deniers). Les vivres sont les espèces de subsistances et de denrées qui nous font vivre, ou qui alimentent et reproduisent, pour ainsi dire chaque jour notre vie par la nourriture. — Le premier de ces noms est tiré de Tutilité générale des choses et de leur efitet comtiiun : le* second, de la valeur vénale qu'elles ont: le troisième, de l'effet particulier que certaines choses produisent. — Les subsistaaces embrassent nos besoins réels, et surtout les divers objets de nécessité. Les denrées sont des objets d'un commerce journalier et d'une consommation commune. Les vivres se bornent à la nourriture et aux consommations journalières. — Un pays est fertile en subsistances. Un marché est pourvu de denrées. Une place est approvisionnée de vivres, (R.).

SUBSISTER. V. Être.

SUBTIL. V. Fin.

SUCCES. V. Réussite.

SUCCINCT. V. Bref et Précis.

SUCCULENT. V. Savoureux.

SUD, MIDI. V. Levant.

SUDORIFÈRE, SUDORIFIQÛE. Qui provoque la sueur. — Ces deux mots, en vertu de leur terminaison, ont absolument la même signifi* cation (51, page 16), et il n'y a entre eux d'autre différence que celle de l'usage moins fréquent du premier. Sudorifère appartient exclusivement à la langue de la médecine : sudorifique est en outre du langage ordinaire; c'est pourquoi il peut s'employer comme substantif: «x On lui a donné un sudorifique ». (Acad.)

SUFFISAMMENT. V. Assez.

SUFFISANT, IMPORTANT. Le suffisant est celui en qui la pratique de certains détails, que l'on honore du nom d'affaires, se trouve jointe à une très-grande médiocrité d'esprit. Un grain d'esprit et une once d'affaires plus qu'il n'en entre dans la composition du suffisant font l'important. — Pendant qu'on ne fait que rire de l'important , il n'a pas un autre nom; dès qu'on s'en plaint, c'est l'arrogant. (La Bruyère.)

SUFFOQUER. V. Étouffer.

SUGGESTION, INSPIRATION, INSINUATION, INSTIGATION,. PERSUASION. Suggérer, à la lettre, porter dessous, en dessous, sub^ gerere: fournir tout doucement à quelqu'un ce qui lui manque; lui mettre, pour ainsi dire, sourdement dans l'esprit ce qui n'y vient pas. Inspirer, à la lettre, souffler dans, faire entrer en soufflant, inspirare : introduire dans l'esprit d'une manière insensible, imperceptible. Insi* niter, à la lettre, mettre dans le sein et d'une manière sinueuse, insi-

532 STNONTBIES FRAHÇAIS.

nuare : faire passer adroitement, artifideosemeni dans l'esprit. Instîguer, à la lettre, plqaer, imprimer Tirement, profoadëment, instigare : exciter, aiguillonner fortement quelqu'un à faire une chose. Persuader, à la lettre, couler doucement, pénétrer entièrement, persuadere : gagner entièrement l'esprit. La persuasion coule, dit-on^ des lèvres; elle pénètre, entraîne, charme : on compare l'éloquence à un ruisseau, à un fleuve, à un torrent. — Quelqaes-uns de ces verhes ne s'emploient que dans le sens figuré, qu'il s'agit de considérer ici dans leuri, suhstantiiJB, qui expriment des manières de porter, engager, décider, diriger l'esprit de quelqu'un. — La suggestion est une manière cachée ou détournée de prévenir et d'occuper l'esprit de quelqu'un d'une idée qu'il n'aurait pas. Vinspiration est un moyen insensible et pénétrant de faire naître dans l'esprit de quelqu'un des pensées, ou dans son cœur des sentiments qui semblent y naître comme d'eux-mêmes. L'insinuation est une manière subtile et adroite de se glisser dans l'esprit de quelqu'un et de s'emparer de sa volonté, sans qu'il s'en doute. Vinstigation est un moyen stimulant et pressant d'exciter secrètement quelqu'un à faire ce à quoi il répugne et résiste. La persuasion est le moyen puissant et victorieux de faire croire fermement ou adopter pleinement à quelqu'un ce qu'on veut, même malgré des préjugés ou des préventions contraires, et plus par le charme du discours ou de la chose qui intéresse et gagne, que par la force des raisons qui convainquent et subjuguent. — On cède, on obéit à la suggestion; adroite ou puissante, elle nous fait agir, pour ainsi dire, sans notre conseil. Ou est saisi, agité par Vinspiration; plus ou moins puissante, il faut agir d'après elle ou se d^endre contre elle. On se laisse aller à V insinuation, on ne s'en défend pas; fine et déliée, nous croyons agir d'après nous, quand nous n'agissons que d'aprè . elle. On se défend en vain oonix^ l'instigation, ses persécutions lassent; pressante et persévérante, elle nous fait agir malgré nous. On ne résiste point à la persuasion; toujours efficace ou par sa douceur ou par sa force, elle nous attache même à ce que nous n'aurions voulu ni croire, ni faire. — Suggestion et instigation ne se prennent que dans un sens odieux. Cependant suggérer se prend quelquefois en bonne part; mais il n'en est pas de môme à^instiguer, moins usité que son substantif. (R.)

SUITE, y. Continuation.

SUIVANT. V. Selon.

SUIVRE LES EXEMPLES, IMITER LES EXEMPLES. Bonhoars demande si la dernière pureté n'exigerait pas qu'on dit toujours suivre les exemples et imiter les actions ou les personnes. Imiter les exemples est l'expression propre et conforme au sens littéral des mots. Exemple signifie modèle; imiter, c'est faire l'image d'une chose, copier un modèle, retracer la ressemblance. On imite donc, à la lettre et à la rigueur^ les exemples. Suivre, c'est aller après, en second, marcher i

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