SUPPOSITION
^^'la suite^ sur les traces, dans la même voie : on ne dit donc que par • 'figure suivre les exemples, an lieu de suivre les traces, la voie tracée P"*par les exemples. — On suit les exemples de celui qu'on prend pour -^^guide, pour règle : on imite les exemples de celui qu'on prend pour mo- '^^dèle, pour type. On smt les exemples du premier, pour agir avec plus i:<*de sécurité et parvenir plus sûrement à un Lut : on imite les exemples pdû. second, pour lui ressembler et se distinguer comme lui. C'est suri^^tout la confiance qui fait qu'on suit; et c'est Témulation qui fait qu'on r^Hmite. — Les disciples ^iven/ les exemples de leurs maîtres : les petits "^'imitent les grands autant qu'ils le peuvent. — La vie de J.-G. est la •^' règle et le modèle du chrétien : sa règle en ce qu'elle lui retrace ce qu'il i i<loit faire, par les exemples qu'elle lui donne à suivre; son modèle, en 'ce qu'elle lui montre ce qu'il doit tâcher d'être, dans les exemples qu'elle !-lni offre à imiter, — Suivre l'exemple ne se dit qu'en matière de conduite et de mœurs; en fait d'art ou de belles-lettres, on dit imiter tm ■ exemple» L'art imite des modèles : les mœurs suivent une marche. (R.) î: sujet. V. Matière.
y SUJÉTION. V. Assujettissement.
^ SUPERBE, ORGUEIL. La superbe n'est pas Yorgueil tout pur, comme *ie superbe n'est pas simplement orgueilleux. L'orgueilleux est plein de i'Soi : mais le superbe en est tout bouffi. Le superbe est un orgueilleux ^arrogant qui, par son air et ses manières, affecte sur les autres une 'supériorité humiliante. C'est l'éclat, c'est le faste, c'est la gloire, qui i^' forme l'idée distinctive de superbe. Ce mot annonce la ^wp^nonï^ qu'on '■ ^affecte au-dessus des autres : orgueil n'exprime que la hauteur des y sentiments ou la haute opinion qu'on a de soi. — La superbe est un 1^ oroueil superbe ou arrogant, insolent, fastueux, dédaigneux. L'orgueil ; e^t, selon Théophraste, une haute opinion de soi-même, qui fait qu'on . n'estime que soi : la superbe est l'ostentation de cet orgueil, qui fcût : qu'en affectant une très-haute opinion de soi-même, l'on témoigne ouvertement un grand dédain pour les autres. Il y a toujours de la ^ sottise dans Yorgueil et de l'impertinence dans la superbe. (R.) ; SUPERFICIE. V. Surface.
SUPÉRIORITÉ. V. Prééminence.
f SUPPLÉMENT. V. Complément.
SUPPLIER. V. Prier.
SUPPORT. V. Appui.
SUPPORTER. V. Porter et Souffrir»
SUPPOSÉ. Y. Apocryphe.
SUPPOSER. V. Poser»
SUPPOSITION^ HYPOTHÈSE. L'Académie a défini la supposition, une proposition qu'on pose comme vraie ou comme possible, afin d'en tirer ensuite quelque induction; et l'hypothèse, la supposition d'une chose soit possible, soit impossible, de laquelle on tire une conséquence. Il résulte de là, et l'usage le confirme, que VhypoVièse est une suppo'
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siiûm puremept idéale; tandis que la n^^ponfîM se prend pour vob proposition oa Traie on aTooée. VkgpoUÀe est an moins pvécaâre; Tou ne dires pmnt, qne la chose soit on poisse être. La suppasitio» est gntoite; tous ne prmiTez point qne la chose soit on puisse être. VOQS soutenez nn système comme kypoihi$e et non œmine thète, c'esi-idire qne, sans prétendre qne le système soit Trai, tous prétendez qu'en le supposant tel, tous expliquerez fort hieu ce qui cmcerne la chose dont il ^agit : tous faites une suppoaitùm, comme une proposition vraie on recne, établie, accordée, de manière qne tous ne la mettez pas en ^Aéseponr la prouver, parce qne tous la r^ardet comme constante on incontestable. — h hypothèse est savante ; je vein dire que ce mot ne s'emploie qu'en matière de science, en physique, e& aslranomie, en métaphysique, en logique, etc. La supposiHon est souvent très-familière : je veux dire qu'elle entre jusque dans le discours ordinaire on dans la conversation commune. Vous tlchez d*éclaircir les grands mystères de la nature par des hypothèses, et vos idées particulières par des suppositions sensibles. — Eofin hypothèse n'a qu'nn sens philosophique, relatif à l'instruction, à l'intelligence, à rexplicatioik des choses. Supposition se preod dans une acception morale, et eo mauvaise part : il signifie alors allégation, production fausse, chose feinte on controuvée pour nuire ; ainsi l'on dit supposition de pièces, d'un testament, de nom, de personne, etc. : tant il est vrai que ce met a spécialement rapport à la vérité ou à la réalité des choses. (R.)
SUPPUTER. V. Calculer.
SUPRÊME, SOUVERAIN. C'est l'idée de puissance qui forme lldée distinct! ve et caractéristique de souverain; tandis que l'idée seule d'élévation, de la plus haute élévation, se trouve dans le mot suprême. Dans quelque genre que ce soit, la chose suprême est ce qu'il y a de plus élevé : en fait d*autorité, de puissance, d'influence, dVfîBcacité, ce qui peut tout, ce qu'il y a de pleinement et absolument efficace, est souverain. Aiosi Tantorité indépendante et absolue fait le souverain et la souveraineté; et sans doute cette autorité est suprême, puisqu*il n'y a point de pouvoir et de droit qui ne soit au-dessous d*elle. Tout est inférieur en rang à ce qui est suprême : tout est soumis à l'influence de ce qui est souverain. — Un remède souverain est efficace au suprême degré : on ne dit pas un remède suprême, parce qu'on considère le remède relativement au mal et à la guérison. La loi suprêtne est la première de toutes les lois : la loi souveraine est la loi de Tobéissance universelle, et le vrai souverain des États. Le bien suprême est le pin» grand que vous puissiez obtenir : le souverain bien est' celui qui remplit du sentiment de tous les vrais biens tonte la capacité de votre âme. (R.)
SUR, ASSURÉ, CERTAIN. Soit que l'on considère ces mots dans le sens qui a rapport à la réalité de la chose , ou dans celui qui a rapport à la persuasion d'esprit, leur différence est toujours analogique, comme on le remarquera par les traits suivants, où je les place tantôt
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dans l\iii €t tantôt d&os Tautre de ces' deux sens. ^ Certain semble mieux conyenlr à l'égard des choses de spéoulatjoa,,et partout où la force de révidence a lieu : les premiers priiicipes sont certaius, ce qne la raison démontre Test aussi. Sûr parait être très à sa place 4ans les choses qui concernent la pratiqué, et dans tout ce gui sert ii la conduite: les règles générales sont iûres, ce que l'épreuYe vériiîe Test également. Assuré a un rapport particulier b. la durée des choses et ^u témoignage -des hommes : les fortunes sont assurées, mais légitimes dans tou&les bons gouvernements ; les événements ne peuvent être mieux assurés que par Fattestation des témoins oculaires ou par runiformité des relations. — On est certain d'un point de scieuce. On est sûr d'une maxime de morale. On est assuré d'un fait ou d*un ttait d'histoire. — La justesse du raisonnement consiste à ne poser que des principes certain^, pour n*en tirer ensuite que des conclusions nécessaires. La conduite la plus sûre n'est pas toujours la plus louable. La faveur des princes ne fut jamais un bien assuré, — L'homme docte d^ute de tout ce qui n'est pas certain» Le prudent se défie de tout ce qui n'est pas sûr. Le sage abandonne aux préjugés populaires tout ce qui n'est pas suffisamment a«^r^. (6.)
SUR ou SOUS LE PRÉTEXTE. V. Prétexte.
SURFACE, SUPERFICIE. Le mot «ur/oce est composé de deux mots français ; et le mot superficie est fait des deux mots latins correspondants^ ce qui lui doione un air un peu plus savant. — On dit surface, qaaskd. on ne veut parler que de ce qui est extérieur et visible, sans aucun égard à -ce qui ne parait point : on dit superficie, quand on a dessein de mettre ce qui parait au dehors en opposition avec ce qui ne parait pas. — De tous les animaux qui couvrent la surface de la terre, il n'y a que Thomme qui soit capable de connaître tontes les propriétés de ce globe : et entre les hommes, la plupart n'en aperçoivent que la superficie ; il n'y a que l'œil perçant d'un petit nombre de philosophes qui sache en pénétrer rintérieur. — Cette distinction passe de même au sens figuré; et de là vient que l'on dit de ces esprits vaius qui, pour se faire valoir en parlant de tout, font des excursions légères dans tous les genres de connaissances sans en approfondir aucun, qu'ils ne savent que la superficie des choses^ qu'ils n'en ont que des notions superficielles, (B.)
SURMONTER. V. Vaincre.
SURPASSER. V. Passer.
SURPLUS (AU). V. Demeurant {au).
SURPRENDRE, ÉTONNER; SURPRISE, ÉTONNEMENT. Stt»^prendre, prendre sur le fait, lorsqu'on ne s'y attend pas, à l'improviste, au dépourvu. Étonner , frapper, émouvoir, ébranler par un grand bmit, par une grande cause. Au physique, ce verbe exprime une violente <;ommotion, un fort ébranlement ; et Ton dit que les tremblements de terre étonnent le s édifices les plus solides, — Ainsi la surprise nait de
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la présence saoite d'un objet inattendu^ inopiné^ impréra : Vétonne^ ment naît du coup Tiolent frappé par un objet puissant^ extraordinaire, irrésistible. Ck)mme les choses prévues et calculées ne surprennent point, elles n'étonnent pas; par la raison qu'on est préparé, et qu'on s'est prémuni contre. Les choses imprévues ne nous étonnent pas, ([nolqu'elles nous wrprennent, lorsqu'elles ne sont pas de nature à nous émouvoir fortement. La même chose surprend, comme inattendue ; tandis qu'elle étonne, comme éclatante. Dans le cours ordinaire des choses, il arrive beaucoup de surprises; il n'y a de Vétonnement que dans un cours de choses extraordinaire. La commotion est plus forte, la secousse est plus vive, l'impression est plus profonde, l'effet est plus grand et plus durable dans Yétonnement que dans la surprise. Il y a des surprises agréables et légères; mais Vétonnement n^à rien que de grand et de fort. Enfin Vétonnement est une extrême surprise, mêlée de crainte, d'admiration, d'effroi, de ravissement^ ou de tout autre sentiment distingué par un caractère de grandeur et de force. — Le singulier vous surprend: le merveilleux vous étonne. Vous êtes surpris de la délicatesse d'un travail : vous êtes étonné de la grandeur d'une entreprise. Un trait d'esprit nous surprend : un coup de génie nous étonne, — Nous sommes surpris de ce à quoi nons n'avons pas songé : nous sommes étonnés de ce que nous ne concevons pas. Si vous avez calculé les possibles, l'événement ne vous surprendra pas : dès que vous connaissez les causes, les effets ne vous étonnent plus. — On dit s'étonner et non se surprendre de quelque chose. Il parait donc que nous sommes quelquefois actifs dans Vétonnement, et seulement passifs dans la surprise, (R.)
SURPRENDRE, PRENDRE. V. Prendre.
SURPRENDRE, TROMPER, LEURRER, DUPER. Fairo donner dans le faux est l'idée commune qui rend synonymes ces quatre mots. Mais surprendre, c'est y faire donner par adresse, en saisissant la circonstance de rinattention à distinguer le vrai. Tromper, c'est y faire donner par déguisement, en donnant au faux, l'air et la figure du vrai. Leurrer, c'est y faire donner par les appas de Tespérance^ en le faisant briller comme quelque ch&se de trëfr^vantageux. Duper, c'est y faire donner par habileté, en faisant usage de ses connaissances aux dépens de ceux qui n'en ont pas ou qui en ont moins. — Il semble que surprendre marque plus particulièrement quelque chose qui induit l'esprit en erreur; que tromper dise nettement quelque chose qui blesse [a probité ou la fidélité; que leurrer exprime quelque chose qui attaque directement Tattente ou le désir; que duper ait proprement pour objet les choses où il est question d'intérêt et de profit. (6.)
SURVEILLER. V. Veiller à.
SUSPICION, SUSPECTER. V. Soupçon.
SUSTENTER. V. Now^ir.