TAILLE. Ô
TACHER. V. Efforcer {s*).
TACHER A, TACHER DE. Tâcher à, c'est viser à, tendre à un but, y diriger toutes ses facultés : «H tâche à me nuire » (Acad.)^ c'est-à-dire, il vise à me nuire, me nuire est le but qu'il se propose. Tâcher de, c'est s'eflforcer de; cette locution exprime les efforts que l'on fait dans rexécution même, les soins que l'on se donne en faisant la chose, toutes les ressources que l'on emploie à la faire : « Tâchez <f avancer cet ouvrage ». (Acad.) Ce verbe suit donc, dit Roubaud, la règle générale qui distingue le dessein, le but, Tobjet éloigné, parla préposition à; l'acte, l'exécution, la chose présente ou prochaine par la préposition de (7.5, page 27).
TACITURNE. V. Silencieux.
TACT, TOUCHER, ATTOUCHEMENT. Le tact est proprement le sens qui reçoit l'impression des objets, comme la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat. Le toucher est l'action de ce sens, rexercice de toucher, palper, manier, ou le sens actif. V attouchement est l'acte de toucher, d& palper, l'application particulière du sens actif ou de l'organe et particulièrement de la main. Par le simple attouchement, vous éprouvez,, ou vous produisez vous-même tel effet. — C'est au tact que l'on attribue les qualités distinctives du sens ou de l'organe : on dit la finesse, la grossièreté, la délicatesse, du tact. C'est au toucher que vous reconnaissez la qualité des choses : on dit qu'un corps est doux ou rude au toucher. C'est par l'attouchement que vous distinguez les circonstances particulières de tel acte relativement à tel objet : Notre Seigneur guérissait les malades par un simple attouchement, — Le mot attouchement, trop restreint dans l'usage, n'exprime qu'un toucher assez léger, ou simplement Taction douce et légère de tàter, et avec l'intention propre à l'être animé; lorsqu'il s'agit de deux corps insensibles, on dit dogmatiquement contact, — Nous disons plutôt tact au figuré, pour exprimer un jugement de l'esprit prompt, subtil, juste, qui semble prévenir le raisonnement et la réflexion, et provenir d'un goût, d'un sentiment, d'une sorte d'instinct droit et sûr. Au physique, nous disons plutôt le toucher, pour exprimer le sens, et nous ne le disons qu'au physique. Nous donnons pour l'ordinaire à Vattouchement un sens moral et mauvais, relatif à la déshonnèteté et à l'impudicité. (R.)
TAILLE, STATURE. Taille désigne la grandeur, l'étendue figurée, ainsi que la coupe, la configuration , la forme de la chose coupée , taillée, dessinée d'une certaine manière. Stature, mot latin, vient de stare, être debout. — On est ou d'une taille ou d'une stature baute ou moyenne ou petite : mais la taille est noble ou fine, belle ou difforme, bien ou mal prise, svelte ou lourde, etc., et non la stature. Les Patagons et les Lapons ^ont, quant à la stature, les deux extrêmes de Tes-
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pèce hninaine; mais la iaiile ûes Patagons est bien prise et bien proportionnée; an lien que celle des Lapons est difforme. — Nons con- «idérons toujours dans la stature tonte la hauteur dn corps; nous ne considérons quelquefois la taille que dans la configuration du buste ^distingué du reste ^ qui n'en est que le piédestal et le couronnement. Aussi nous parlons peu de la stature des femmes, mais beaucoup de leur taille. Nous ne nous servons guère du mot stature qu'en parlant de la grandeur de quelque nation; et pous disons taille lorsqu'il s'agit d'une personne en particulier. (R.)
TAIRE, CELER, CACHER. Taire marque le pur silence qu'on garde sur la chose ; celer, le secret qu'on en fait; cacher, le mystère dans lequel on veut s'ensevelir. — Pour taire une chose, il suffit de ne pas la dire, quand il y a occasion d'en parler : pour la celer, il faut non-seulement la taire, mais encore avoir une intention formelle de ne point la manifester, et une attention particulière à ne pas se déceler : pour la cacher, on est obligé non-seulement de la celer, mais même de la renfermer dans le fond de son cœur, et de s'envelopper de manièie qu'elle ne puisse pas être découverte. ^ U n'y a qu'à retrnir sa langue pour taire ce qu*il ne faut pas dire : on a quelquefois besoin de feindre et de dissimuler pour la celei\ avec des gens qui cherchent à tirer votre secret : on est souvent réduit au déguisement, à l'artifice, à la tromperie, pour le cacher à des gens pénétrants qui vous sondent «t vous retournent de mille manières pour trouver le fond de vos pensées. (R.)
TALENT. V. Génie.
TANDIS QUE. V. Pendant que.
TAPIR (SE), SE BLOTTIR. Se tapir, c'est proprement se cacher, mais derrière quelque chose qui vous couvre, et en prenant une posture raccourcie et resserrée. Blottir parait exprimer proprement l'actioD de s'accroupir, de se ramasser, de se rouler sur soi-même. — On se tapit derrière un buisson ou dans un coin, pour n'être point vu : on dit qu'un enfant est tout blotti ou couché en rond dans wn lit, et il n'a pas eu l'intention de se cacher. Le fioid fait tout naturellement qu'on se blottit, sans avoir le dessein de se tapir, — Je crois donc que ridée principale de se tapir est de se cacher ; et que la manière n'est qu'une idée secondaire; au lieu que cette manière de se ployer en deux ou de se ramasser en un tas, est Tidée première de se blottir, et que celle de se cacher n'est qn'une idée accessoire. Le lièvre se tapit , se renferme dans sou gîte : la perdiix se blottit, se pelotonne, pour ainsi dire, devant le chien couchant. (R.)
TAPISSERIE , TENTURE. La tapisserie est faite pour couvrir queluue chose ; et la tenture, pour être tendue sur quelque chose. La terminaison du premier de ces mots désigne un genre particulier de travail ou de chose; la terminaison du second, le résultat d'une action ou d'une opération (Î3,page 8), La tapisserie est tenture ea tant qu'elle