TÊTU
TERRE (A), PAR TERRE. Dans ces locutions, la préfyasifîon è, du latin ads signifie vers; la. préposition par, du latin per, signifie le long de. C'est ce qu'a très-bien i compris M. Guérard; yoici larticle de sa grammaire : « Suivant quelques grammairiens , par terre se dit de ce qui touclie à la terre, et à ierre de ce qui n'y toucbe pas; un ari)re tombe par terre et ses fruits tombent à terre. Ces deux* locutions sont justes; mais, suivant nous, ce n'est point par la' raison qu'en donnent CCS grammairiens, et que détruit complètement l'exemple que voici : « Il s'est jeté à terre, par terre et s'est roulé sur le parquet ». ( Acad.) La préposition à exprime la direction du mouvement : tombera terre signifie tomber vers la terre, comme le fruit qui se détache de l'arbre. La locution par terre présente l'objet comme étendu le long du sol, sur la terre; c'est le cas de l'arbre. Voilà pourquoi Ton dirait d'un enfant qui était debout sur un tabouret et qui s'est laissé choir : // est tombé par terre, quoique cependant l'enfant ne touchât pas d'abord à la terre, au parquet ».
TERREUR. \ . Appréhension,
TERRIBLE. V. Affreux,
TERRITOIRE, TERROIR. V. Terrain,
TÊTE, CHEF. Le second de ces mots n'est d'usage dans le sens littéral que lorsqu'on parle des reliques des saints, comme quand on dit le chef de saint Jean et de saint Denis. Mais ils sont tous les deux fort usités dans le sens figuré : avec cette différence que le mot de tête convient mieux, lorsqu'il est question de place ou d'arrangement; et que le mot de chef s'emploie très-proprement , lorsqu'il s'agit d'ordre et de subordination. On dit la tête d'un bataillon, d'un bâtiment; et le cJief d'une entreprise, d'un parti. On dit aussi être à la tête d'une armée, et commander en chef. — Il sied bien au chef de marcher à la tête des troupes. (G.)
TÊTE (DANS LA). V. Dans Vidée.
TÊTU, ENTÊTÉ, OPINIATRE, OBSTINÉ. Têtu, qui a, comme OA dit, une tête, un esprit, nue humeur raide, absolue, décidée; qui s'en rapporte à sa tète; qui s'en tient à son idée, à son caprice, à sa résolution; qui n'en fait qu'à sa tète, à sa volonté, à sa gaise.-^ Entêté, qui a fortement une chose en tète; qui en a la tète pleine, possédée, tournée; qui en est préoccupé de manière à ne pas s'en désabuser. Entêter, au propre, signifie remplir la tète de vapeurs, Tétourdir, la faire tourner. — Opiniâtre^ qui est excessivement attaobé à son opinion, à sa pensée; qui la défend à outrance et contre toute raison; qui n'en démord pas, quoiqu'on dise,, même quand son esprit serait ébranlé. Vopiniâtreté suppose la discussion; le combat fait qu'on s*opiniâtre» — Obstiné, qui tient invariablement à une chose, qid ne se départ pas de son opposition, qui résiste à tous les efforts contraires. On obstine quelqu'un en le contrariant : on s'obstine en persévérant dans son opposition et sa résistance. — Le têtu veut ce qu'il veut : vous ne l'em-
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pécherez pas d'en croire et d'en faire à sa tète. Ventété croit ce qu'il croit : tous ne lui 6terez pas de l'esprit ce qn'il y a mis une fois. Vapinidtre veut avoii raison contre tonte raison : vous le conyaincriez de la fausseté de son opinion , qu'il la soutiendrait encore. Vobstiné veut malgré tout ce qu'on lui oppose : vous ne ferez, par la contra* diction^ que rattacher davantage à ce qu'il veut. ( R.)
Le têtu adopte la première idée qui le frappe et sY tient; au lien que Vopinidtre pèse, juge à sa manière, et ne voit rien au delà. C'est un caractère qui a heaucoup d'analogie avec la fermeté, il ne loi manque que de voir mieux : c'est la fausseté d'esprit. S'il n'est qu'entêté, il se rendra, sinon il est opiniâtre. — Vobstiné tient à son opinion malgré la preuve; il s'élève contre elle, il est inflexible. Il diilère de l'c^tnidtre, en ce que celui-ci peut être de bonne foi; de Ventété ^ en ce que celui-ci peut revenir; et du têtu, en ce que celui-ci ne sait pas entendre, ni comprendre. ^ Vobstiné ne cède même pas à réyidence; il a tort, il le sent, mais il ne revient pas. Vopinidtre défend son opinion, qu'il croit la meilleure. Ventété est prévenu : le têtu est une borne contre laquelle la raison vient se briser. — Le têtu est béte, Ventété est l'homme à manie; Vopinidtre est un sot, et Vobstiné utl insensé. De toutes ces qualifications, opinidtre est la seule qui puisse ne pas être toujours prise en mauvaise part. (Anonyme. )
TEXTURE, GONTEXTURE. Ces mots s'emploient surtout au figuré dans le sens de liaison, enchaînement. — La texture est la disposition, l'arrangement de chaque partie considérée en elle-même. La conicxture est l'ordonnance et la concordance des rapports que les parties ont les unes avec les autres, d'où résulte l'ensemble, le tout : il y a dans la contexture plus de complication que dans la texture (k, 2^ et 3«, page 3).
« Condamnés, comme nuus le sommes, à ignorer l'essence et la contexture intérieure des corps, la seule ressource qui reste à notre sagacité , est de tàcber au moins de saisir l'analogie des phénomènes. » (d'AIembert.)
TIC, MANIE. Le tic est une mauvaise habitude du corps à laquelle on est comme attaché; on ne peut s'en défaire. Les animaux ont des tics comme les personnes. Il y a des mouvements convulsifs et fréquents qu'on appelle tics. De mauvais gestes habituels, des grimaces, des habitudes ridicules ou déraisonnables, comme de se ronger les ongles, sont des tics. — Nous appelons manie une espèce de folie; mais, en adoucissant la force du mot , nous l'avons employé à désigner une passion bizarre, un goût immodéré, une attache excessive et singulière. Nous disons qu'un homme a la manie des tableaux, des fleurs, des chevaux, etc. —Ainsi le tic regarde proprement les habitudes du corps; et la manie les travers de Tesprit. Le tic est désagréable : la manie est déraisonnable. — Tic s'emploie néanmoins quelquefois familièrement au figuré; et manie ne se dit guère au physique que de la maladie de ce nom. Au figuré, lo tic est une petite manie, plus puérile, plus ridi-