TOME. V. Volume
TON DE VOIX. V. Sonde voix.
TONNE, TONNEAU. La tonne, dit l'Académie, est plus grande et plus renflée vers le milieu que le tonneau : le tonneau est dcmc un diminutif de tanne et par conséquent une espèce de tonne (35, page 10). En outre l'idée de capacité est plus précise, plus déterminée dans la signification du mot tonneau; cette capacité est réglée dans chaque pays, celle de la tonne est arbitraire. Par la même raison le mot ton neau s'emploie en termes de marine pour désigner la capacité d'un mètre cube on, ce qui est la même chose, le poids de mille kilogrammes d'eau pure.
TONNERRE, FOUDRE. L*usage vulgaire est d'attribuer au Tonnerre les propriétés et les effets propres de la foudre : cependant il en est aussi essentiellement distingué que Véclair, Le tonnerre fait le bruit, comme l'éclair la lumière : foudre exprime la matière, ses propriétés, ses effets. Le tonnerre est une explosion terrible qui se fait dans les airs ; il tnnne quand la foudre éclate. La foudre est le feu du ciel; ce feu électrique qui éclate et s'éteint en jetant une vive lumière et avec un bruit étonnant. — Un corps va vite comme la foudf^ : un personnage redoutable est craint conome la foudre : un héros est un foudre
TORS. SX/
de* guerre. Ainsi, an figuré^ nous couservons à la /bucTre les caractères qn*an propre on attribue Tulgairement an tonnerre. C'est le bmif qui frappe, effiraye, oonsleme le peuple ; et c'est le tonnerre qu'il redoute, qu'il /(Sfl tomber^ qu'il voit frapper et détruire. Cette confasion n'a pas lieu au figuré : nous disons que quelqu'un a une voix de tonnerre, pour désigner Téclat de sa roix ; et qu'un orateur lance les foudres <ie sea éloquence , pour désigner la force , la réliémence et les effets de son discours. (R.)
TORS, TORTIT, TORDU, TORTUE, TORTILLE, TORTUEUX. « L'idée commune de ces mots est d'aller en tournant, au liîeu d'aller droit, ou de prendre au lieu de la direction naturelle une directioD oblique ou détournée. »
« L'adjectif tors indijque simplement la direction d'un corps qui vu tournant en long et de biais, mais sans marquer un défaut dans la chose torse : aussi cette direction estrelle avantageuse dans le fil tors pour sa destination, et agréable dans la colonne torse. L'ancien usage s'est maintenu de dire col tors, jambe torse ou torte; mais dans ce cas-là même, cette direction n'est qu'accidentellement un défaut que répithète n'exprime plus. »
« L'adjectif tortu emporte au contraire une idée de défaut ou; de censure. Un corps est tortu, quand au lieu d'être droit comn^ il devrait l'être, il est de travers, contrefait, mal tourné. Un homme contrefait ou fait de travers, est tortu. On se plaint du chemin tortu qui va tout en zigzag : on rejette le bois tortu. Au figuré, on dit esprit tortu, mal fait, de travers. »
« Un corps peut être ou naturellement ou accidentellement forte. Mais il n'y a de tortht que ce qu'on a tordu de force, ou en changeant avec effort sa direction propre et naturelle. Ce participe passif suppose Tactirtu de tordre et marque l'effet éprouvé par le sujet. Si le corps tordu conserve sa tournure accidentelle, il reste tortu ou contourné : tortu indique l'état habituel ou la direction permanente du corps. »
« Comme le participe tordu exprime un rapport à Taetion de tordre, ou à l'événement de se tordre, le participe forfi*^ exprime de même un rapport à l'action de tortuer et à l'événement de se tortuer. Ce demi«r verbe signifie tourner en divers sens, fausser, courber, rebrousser «des : choses solides, qui, par là, se déforment, et qui conservent une direction contraire à leur destination. Vous tortuez une aiguille, la pointe d'un compas, une règle, qui ne sont plus propres alors ou qui le sont moins , pour l'usage qu'on en fait. »
« Tortillé u également le rapport propre au participe. Tortiller signifie tonlre à plusieurs tours plus ou moins serrés; et il se dit proprement des corps flexibles, faciles à plier. On tortille îles fils, d«s cheveux, des brins d'osier, de la filasse, du papier, etc., pour en faire quelque ouvrage ou pour leur donner une forme particulière. Il y a
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donc on dessein et un objet particulier dans l'oojét tortillé y et ce mot, comme le mot tors, n'emporte pas un défaut. »
« Tortueux signifie ce qui fait beaucoup de tours et retours^ comme une rivière, un serpent, un chemin qui se détourne pour retourner sur lui-môme. Au figuré, il désigne l'obliquité de la marche et des voies de celui qui cache ses desseins et son but. » (R.)
TORT, PRÉJUDICE, DOMMAGE, DÉTRIMENT. Tort est Texpression générale : il se dit de toute espèce de perte, de lésion, de dérangemeût^ dans la fortune, dans les projets, les desseins, les entreprises, etc., causés par des personnes à d'autres personnes. — Le préjudice est un tort qui résulte des rapports désavantageux d'une chose à l'égard d'une autre. Une nouvelle maison de commerce qui fait concurrence à d'autres et leur enlève des bénéfices, leur porte préjudice. — Le dommage est un anéantissement ou une diminution de valeur, opérée sur un objet; ce qui devient un tort pour le propriétaire de cet objet. Des bestiaux étrangers qui entrent dans un pré on dans un champ y font du dommage, — Le détriment est un tort qui résulte d*une chose qui en détériore une autre, et tend à Tanéantir ou l'anéantit en effet. Détriment ne se dit guère qu'au figuré : j'avais des prétentions à une place; vous l'avez obtenue à mon détriment; par là mes espérances et mes prétentions ont été détraites. — Tort, dans un sens plus restreint, se dit par opposition à droit, et c'est ainsi qu'on l'entend dans les tribunaux. Le to^'t en ce sens blesse le droit de celui à qui on le fait. Dans ce sens, on peut ckqs&c xin préjudice à quelqu'un sans lui faire tort, c'est-à-dire sans blesser son droit. Je vous cause um préjudice en construisant une maison devant la vôtre; mais je ne vous fais point tort, si vous n'aviez pas le droit de m'en empêcher. (L.)
Le tort blesse le droit de celui à qui on le fait. Le préjudice nuit aux intérêts de celui à qui on le porte. Le dommage cause une perte à celui qui le souffre. Le détriment détériore la chose de celui qui le reçoit. — L'auteur du tort fait son bien ou se satisfait par le mal d'autrui. L'auteur du préjudice fait son affaire^ dont il résulte quelque mal pour autrui. L'auteur du dommage fait une action qui fait le mal d'autrui. L'auteur du détriment fait une chose qui devient un mal pour autrui. (R.)
TORTUEUX, SINUEUX. V. Sinuevu
TORTUEUX , TORTU. V. Tors.
TOT. V. Vile,
TOTALEMENT, EN TOTALITÉ. V. Entièrement.
TOUCHANT, PATHÉTIQUE. V. l'article suivant.
TOUCHER, ÉMOUVOIR. L'action de toucher fait une impression dans l'àme : l'action àJémouooir lui cause une agitation. L'impression produit l'agitation : ce qui vous touche vous émeut; si vous êtes ému, vous avez été touché. L'orateur a pour objet dîémouvoir, et il emploie les moyens de toucher. Pour émouvoir ï'&me il faut la toucher^ comme