TOUR
il faut toucher un corps pour le mouvoir, — Ce qui touche excite la sensibilité : ce qui émeut excite une passion. On est touché de pitié^ de compassion^ de repentir^ etc.; on est ému de pitié ^ de peur, de colère, etc. On cherche à vous toucher pour vous attendrir, vous gagner, vous ramener, vous inspirer des sentiments favorables^ meilleurs, plus convenables : on vous émeut, môme sans le chercher, et quelquefois en vous offensant, en vous irritant, en vous révoltant, en vous causant des mouvements fâcheux, défavorables, mauvais. L'action ô^émouvoir s'étend donc plus loin que celle de toucher. On est ému et non pas touché de colère. — L'adjectif touchant désigne, comme tou» cher, ce qui excite la sensibilité; et VdAy^i^'pathétiquie désigne, comme émouooir et littéralement, ce qui excite Id. passion. Le pathétique produit des sentiments ou violents ou tendres : le touchant ne produit que des sentiments tendres et doux. Un discours pathétique vous inspire rindignation comme la miséricorde : un objet touchant ne vous inspire que de Taffection. — Pathétique ne se dit que du discours, des mouvements, des sons, des accents, du chant, des signes expressifs et capables à^émouooir le cœur ou les passions : touchant se dit également des choses, des objets, des événements qui affectent le cœur de manière à l'intéresser. Le propre du pathétique est d'exprimer ou de présenter le tableau le plus fort des objets propres à toucher, à émouvoir, h, exciter les passions : mais un malheureux, un accident, un plaisir est touchant par soi-môme. Un discours est touchant et pathétique : une beauté muette est touchante et non pathétique. L'état de celui qui souffre est toucfiant, et ses accents sont pathétiques, — Enfin Tadjectlf touchant n'indique, par sa terminaison, que ce qui touche, ce qui produit présentement cet effet (40^ page 12) : pathétique exprime, par la sienne, ce qui a en soi la propriété, la vertu, d*^mouvoir; ce qui est fait et employé pour émouvoir, pour produire cet effet (46, page U). (R.)
TOUCHER^ MANIER. On touche plus légèrement : on manie à pleine main. On touche ime colonne pour savoir si elle est de marbre ou de bois : on manie une étoffe pour connsûtre si elle a du corps et de la force. — Il y a du danger à toucher ce qui est fragile : il n'y a point de plaisir à manier ce qui est rude. (6.) TOUCHER, REGARDER. V. Regarder, concerner, TOUCHER (LE). V. Tact,
TOUJOURS, CONTINUELLEMENT. Ce qu'on fait toujours se fait en tout temps et en toute occasion. Ce qu'on fait continuellement se fait sans interruption et sans relâche. — 11 faut toujours préférer son devoir à son plaisir. Il est difficile d'être continuellement appliqué au travail. Pour plaire en compagnie, il faut y parler toujours bien, mais nommas continuellement. (G.)
TOUR, CIRCONFÉRENCE, CIRCUIT. Dans l'acception présente, le tour est la ligne qu'on décrit ou l'espace ap!<m parcourt en suivant
ftftO STHOHTIIAS FRANÇAIS.
la direction courbe des parties extérieures d'un corps oit d'une élendne, de manière à revenir an point d'où l'-on était parti.- La etroott/ërtmce est la ligne courbe décrite ou formée par les parties da ocMrps ou de l'espace les plus éloignées du centre i. Le circuit est la ligne on le terme auquel aboutissent et dans letfuel se renferment les parties d'un corps on dNme étendue, en s'^ignant de la ligne droite ou en formant des ioun, des détours, des retours. — Vous, faites le tour de Totre jaidin : des remparts font le toicr de la ville, un biacelet fldt le /otirjda bras; c'est-à-dire que ces objets suivent le tfmr cm la direction de la chose en tournant autour d'elle. Vous ne faite» pas la oireonfifrence d'an corps; mais. le corps a sa circonférence; elle est marquée par rextrémité de ses parties, de ses rayons. Vous ne faites pas le drouit de la chose; mais la chose fait nn circuit dans lequel die se renferme, ou vous tracez le cinmit qui doit former en quelque sorte son mceitite. —-Tour est le terme vulgaire, et qui ne se prend pas toujours dans un sens rigoureux : on dit qu'on a fait le tour de la ville, quand on a été dans ses différents quartiers. Circonférence est un terme* de géométrie; et si à toute rigueur ce teime regarde proprement le cercle, il est néanmoins astreint à la rigueur géométrique des rapports que l'on envisage et des calculs que l'on fait, lorsqu'on l'applique à des figures irréguliëres dont il désigne la courbure. Circuit est un terme détourné de son sens propre, qui est de s'éloigner de la ligne droite ou de faire des détours. — Tour se dit indifiEàreœment de toute sorte d'objets : le ttmr du doigt, le tour d'nne lie, le tour du monde. Circonférence regarde proprement les figures cârculaires : la circonférence d'un cercle, d*un globe, d'une boule, d*uQ ballon. Circuit s'applique particulièrement à des espaces d'une c^taine étendue : le circuit d'une ville, d'une forét> d'une province. (R.) TOOR, TOURNURE. Au figuré : manière d'être, disposition, tendance, en parlant des affaires, du style, de l'esprit. — Les choses prennent ou reçoivent un certain tour, et il en résnlte une tournure particulière : le mot tournure exprime donc quelque chose de particulier; ce que ne fait pas le mot tour, dont le sens est tiès-génôral et trèsvague. « TMile forme, dit Roubaud, a un certain tour; mais la tour^ ^"re annonce la forme caractéristique ou habituelle, la manière d'étro ou l'état des choses. Selon la tournure d'esprit et de caractère des personnes à qui vous parlez, vous donnez un tour ou un autre aux cùoses que vous leur dites. Un écrivain original a sa tournure propre et digtinctive . ea- manière : un vulgaire écrivain n'a que des tours *^^uns, l'air d'un copiste».
•*aauite, comme la lecmiaaiian ure sert ordinairement à exprimer
*«it ton» ï*""^''"*"'" ?î rigoureusement la ligne conrbe qni termine le cercle, et ^ ' WatVïf/' «î^^i^^^toent dfeunta du centre do cercle. C'est du reste ce '^'^aud tei entendre quelqiies lignée plus bas.