TOUT
ane idée d'ensemble (23, page 8)^ oq devra préférer iùurtiure à tour cliaquefois qu'il s'agira d'an ensemble, d*un tout formé de la réur nîon^ de l'assemblage de plusieurs choses du même genre. «Vous direz plutôt un tour de phrase, et la toumute du style ». ( Roubaud.) De même ; « Cette affiûre prend un bon tour », c*est-À-dire, elle commenee bieu^ elle s'annonce bien : a Le succès de votre a£fkire dépend de la tournure qu'on y donnera » (Acad.); c'est-à*dire^ dépend de la maniôre dont elle sera présentée dans son ensemble et dans ses détails
TOURMENT. V. Agitation.
TOURMENTER. V. Vexer.
TOURNER, TOURNOYER. Se mouvoir en rond. — Tournoyer est le fïciéquentatif de tourner; il signifie tourner en faisant plusieurs tours et irrégulièrement : « Cet homme ne fait que tournoyer; ce fleuve après avoir tournoyé dans une plaine de longue étendue, se Jette dans la mer». (Acad.)
TOURNURE. V. Tour.
TOUS COTÉS (DE), DE TOUTES PARTS. V. Detou^côtéâ. TOUT, CHAQUE. Ces deux mots désignent également la totalité des individus de Tespèce exprimée par le nom appeliâtif avant lequel on les place. Mais tout suppose uniformité dans le détail, et exclut les exceptions et les différences : chaque au contraire suppose et indique nécessairement des différences dans le détail. — Tout homme a des passions : c'est une suite nécessaire de sa nature. Chaque homme a sa passion dominante : c'est une suite nécessaire de la diversité des tempéraments. (B.)
TOUT, TOUT LE, TOUS LES. « (Quoique le mot tout désigne toujours une totalité, il la marque cependant diversement > selon la manière dont il est construit. »
« Tout, au singulier et employé sans l'article ie devant un nom appellatif, est lui-même article imiversel collectif; il marque la totalité des individus de l'espèce signifiée par le nom , et les fait consi^ dérer sons le même aspect et conmie susceptibles du même attribut , sans aucune différence distinctive. »
« Tout, au singulier et suivi de l'article indicatif le avant un nom appellatif, est alors un adjectif physique qui exprime la totalité, non des individus de l'espèce, mais des pstrties intégrantes qui constituent l'individu. »
« De là vient l'énorme différence de ces deux phrases : Tout homme est sujet à la mort, et tout r homme est sujet à la mort. La première veut dire qu*il n'y a pas un seul homme qui ne sbit sujet à la mort^ vérité dont la méditation peut avoir une influence utile sur la conduite des hommes; la seconde signifie qu'il n'y a aucune partie de l*homme qui ne soit sujette à la mort, erreur dont la croyance pour» rait entraîner les plus grands désordres. »
»ICT. DES ST.VONTUCS. 21
b!x2 SYNONYMES FRANÇAIS.
« Tous, aa pluriel et saivi de les avant un nom appellatif^ reprend •la fonction d'article universel collectif, et marque la totalité des individus de l'espèce sans exception, comme tout sans le au singulier: voici la différence qu'il y a alors entre les deux nombres. »
« Tout, au singulier, marque la totalité physique des individus de Tespèce, dans les cas où l'attribut est en matière nécessaire; et c*est pour cela qu'alors on ne doit pas le joindre à le, qui a la même destination, V. l'article Homme (T); il y aurait périssologie, puisqu'il y aurait inutilement double indication du môme point de vue. Votes les, au pluriel; marque la totalité physique des individus de Tespèce dans les cas où l'attribut est en matière contingente. Les est alors le signe convenu de la possibilité des exceptions; mais cette possibilité peut exister sans le fait; et pour le marquer, quand il est nécessaire^ on joint tous avec les, afin de déclarer formellement exclues les excep* tiens que les pourrait faire soupçonner. »
« S'il est question, par exemple, d'un détachement de trois eents kommes, que l'on a d'abord crus enlevés avec leurs équipages^ il y aura bien de la différence entre dire : Les soldats reparurent, mais les bagages ne revinrent pas; et dire : Tous les soldats reparurent, mais tous les bagages ne revinrent pas. »
« Par la première phrase, on fait entendre seulement que le gros de la troupe reparut, sans répondre numériquement des trois cents; et que rien des bagages ne revint, ou du moins qu'il en revint bien peu de chose : par la seconde pluase, on assure sans exception oue les trois cents soldats reparurent; mais on fait entendre qu'il ne revint qu'une partie des bagages. » (B.)
TOUT, LE. « Le et tout, conune on vient de le dire dans l'article précédent, marquent également la totalité physique des individus de l'espèce signifiée par le nom appellatif : ils sont donc synonymes à eet égard, et il faut voir quelles sont les différences qui peuvent les distinguer dans l'usage. »
« le ne marque la totalité des individus que seocmdairement et indi* xectement, parce qu'il désigne primitivement et directement l'espèce. Tout marque au contraire prinûtivement et directement la totalité physique des individus, et ne peut désigner l'espèce que secondairement et indirectement. »
a Le marque la totalité des individus, parce que l'espèce les comprend tous : tout désigne l'espèce, parce que la totalité des individus la constitue. »
« Le choix entre ces deux articles doit donc se régler sur la différence des applications que l'on a à faire de la proposition universelle. »
« Le doit être préféré, si l'on veut établir un principe général pour en tirer des conséquences également générales. Vhomme est faible et continuellement exposé à de dangereuses tentations : il a donc un besoin perpétuel de la «race ©our ne pas succomber. »
TliAOUCTION. 5/i3
c Tout est mieux, si Ton veut passer d'un principe générai à des conséquences et à des applications particulières. Tout homme est faible et continuellement exposé à de dangereuses tentations : par quel privilège particulier prétendez-vous donc n*avoir rien à craindre de celles auxquelles vous vous exposez de gaieté de cœur? » (B.)
TOUTEFOIS. V. Pourtant,
TRACE. V. Vestige,
TRADUCTION , VERSION. On dit, en parlant des saintes Écritures, la version des Septante, la version vulgate; et Ton ne dirait pas de même, la traduction des Septante, la traduction vulgate : on dit au contraire que Vaugelas a fait une excellente traduction de Quinte- Curce, et l'on ne pourrait pas dire qu'il en a fait une excellente rersion. — Il me 'semble que la version est plus littérale, plus attachée aux procédés propres de la langue originale, et plus asservie dans ses moyens aux vues de la construction analytique; et que la traduction •est plus occupée du fond des pensées, plus attentive à les présenter ^ons la forme qui peut leur convenir dans la langue nouvelle, et plus assujettie dans ses expressions aux tours et aux idiotismes de cette iangue. — La version littérale trouve ses lumières dans la marche invariable de la construction analytique^ qui sert à lui faire remar- ■quer les idiotismes de la langue originale et à lui en donner Tintelligence, en remplissant ou indiquant le remplissage des vides de l'ellipse, en supprimant ou expliquant les redondances du pléonasme, en ramenant ou rappelant à la rectitude de Tordre naturel, les écarts de la construction usuelle. — La traduction ajoute aux découvertes de la version littérale le tour propre du génie de la langue dans laquelle elle prétend s'expliquer : elle n'emploie les secours analytiques ^e comme des moyens qui font entendre la pensée; mais elle doit Ja rendre, cette pensée, comme on la rendrait dans le second idiome, si on l'avait conçue de soi-même^ sans la puiser dans une langue étrangère. — La version ne doit être que fidèle et claire. La trcduciion doit avoir de plus de la facilité, de la convenance, de la correction> et le ton propre à la chose, conformément au génie du nouvel Idiome. — L'art de la traduction suppose nécessairement celui de la version; et c'est pour cela que les premiers essais de traductions que l'on fait faire aux enfants dans les collèges, du grec ou du latin en français , sont très-bien nommés des versions, — Dans les versions latines, grecques, syriaques, arabes, etc., de l'Ëcriture sainte, les auteurs ont tâché, par respect pour la texte sacré, de le suivre littéralement, et de mettre en quelque sorte l'hébreu même à la portée du vulgaire, sous les simples apparences du latin, du grec, du syriaque, de l'arabe, etc.; mais il n'y a point proprement de traduction, parce que ce n'était pas l'intention des auteurs de rapprocher l'hébralsme 4u génie de la langue dans laquelle ils écrivaient. — Nous pourrions donc avoir en français version et traduction da môme texte^ selon ia
bUU 8TII01IT1IE8 FRANÇAIS.
manière dont on le rendrait dans notre lan/me; et en toIcî la prenne snr le verset 19 da premier chapitre de l^vangîle selon S. Jean. — « Les Juifs lui envoyèrent de Jénualem des prêtres et des lévites, a£n qn*il8 i'intprrogeassent : Qoi es-tn »? Voilà la version, où Hiébralsine pnr §6 montre d'une manière évidente dans cette interrogation directe. — Adaptons le tour de notre langue à la roénoe pensée, et disons : « Les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites, pour savoir de lui qui il était » : et nous aurons une traduction. (B.)
TRAFIC. V. Commerce.
TRAIN, ÉQUIPAGE. Le train regarde la suite; et Véquipage, le service. On dit un grand train, et un bel équipage, ^ Il n'appartient qu'aux jirinces d'avoir des trains nombreux et de superbes équipages, (G.)
TRAINARD, TRAINEUR. Ces mots se disent des soldats qni restent en ar^i^t'e de la troupe avec laquelle ils doivent marcher. — Le irai' neur ne traîne que parce que tes forces lui manquent pour le moment; ce n'est pas chez lui une habitude; la fatigue, la maladie ou les blessures trahissent sa volonté. Le traînard est traineur par caractère; U manque de volonté et d'énergie, et son habitude est d'être toujours en arrière des autres (41, page iS). Ck)mme ce mot indique les dispositions^ le caractère du sujets il se dit, par extension, d'un homme lent ou négligent.
TRAINER, ENTRAINER. Tirer après soi, mener de force. — 7rolner, c'est l'action simple de tirer après soi : « Entraîner^ dit Roubaud, c'est traîner en, dans ou aoec soi, dans un lien ou un nouvel état, malgré l'opposition et la résistance de la chose ». Entraîner exprime donc une action moins ordinaire que traîner, et suppose des efforts» de la violence de la part du sujet qui agit, et une grande résistance de la part de Tobjet (6, page h); tout au moins il exprime la rapidité de Faction.
« On traîne en prison l'homme que l'on contraint: on y entraine celui qu'on y emporte, pour ainsi dire, malgré tous ses effoits. On tndM ce qu'on ne peut pas porter, on entraine ce qui ne veut pas aller. L'action de traîner demande sans doute souvent une force qui triomphe d'une résistance; elle est lente quelquefois. L'action à'entrainer demande une grande force qui triomphe de toute résistance; elle a un prompt ou un grand effet. Le ruisseau traine du sable, le torrent entraîne tout ce qu'il rencontre. Des chevaux traînent un char; le char entraîne les chevaux, dans une pente rapide. » (R.)
TRAINEUR. V. Traînard,
TRAITE, TRAJET, TROTTE. Traite est le latin tractus, trait, traînée, ligue tirée : sou idée propre est celle de longueur et d'étendue. Trqjei est le latin trajectus : l'idée propre de ce mot est celle de paS' sage à travers. — La traite est donc proprement retendue de l'espace on du chemin qu'il y a d'un lieu à un autre, ou entre l'un et l'autre :
le trajet est le passage qu'il faut trayerser ou franchir pour aller d'un lieu à uu autre. — La traite vous mène à un lieu; il faut en par- •coniir la longueur pour arriver au terme. Le trajet vous sépare d'un lieu; il faut aller par delà pour parvenir au terme. — On dit propre* ment traite en parlant de la terre; et trajet en parlant des eaux. On dit le trajet et non la traite de Calais à Douvres. Les eaux coupent le chemin^ il faut les passer, les traverser; c'est un trajet; les chemins de terre sont continus, il faut les suivre^ c'est une traite, — La traite -et le trajet ne sont pas les chemins ou les passages considérés en euxxnèmes; la traite est le chemin que nous faisons ou que nous avons à faire; le trajet est le passage que nous traversons ou que nous avoQS h traverser. Je veux dire que ces termes ont un rapport nécessaire à notre marche, à uotra action de parcourir^ de franchir les distances. Ainsi nous disons faire une traite, faire un trajet, pour expnmer et mesurer notre marche. — On dit populairement trotte dans ce dernier sens de traite : une bonne trotte est de même une longue course, mais •qu'on fait à grands pas; un long espace^ mais qu'il faut parcourir -vite, conmie au trot^ en trottant, d'une manière incommode et pressée. (R.) ^
TRAITÉ, DISSERTATION. La rfiMerte/iVm est ordinairement moins longue que le traité, Dailleurs le traité renferme toutes les questions générales ou particulières de son objet; au lieu que la dissertation n'en comprend que quelques questions générales ou particulières. Ainsi un traité d'arithmétique est composé de tout ce qui appartient à l'arithmétique : une dissertation sur l'arithmétique n'envisage cette science •que sous quel(]ues-unes de ses faces générales ou particulières. Si l'on compose sur une matière autant de dissertations qu'il y a de différents points de vue sous lesquels Tesprit peut la considérer, si cha* •cune de ces dissertations est d'une étendue proportionnée à son objet particulier, et si elles sont toutes enchaînées par quelque ordre métho- •dique, on aura un traité complet de cette matière. (L.)
TRAITÉ, MARCHÉ. L'idée propre et domiuante du traité est celle 4e fixer les conventions et d^établir les stipulations respectives des parties. L'idée propre et dominante du marché est celle de s'accorder «ur le prix des choses, et de faire un échange de valeurs ou de services. — On négocie pour faire un traité; il y a des intérêts considérables à régler. On marchande pour faire un marché; il s'agit d'obtenir un boa prix. Vous ferez un traité avec un entrepreneur de bâtiments, pour la construction d'un h6tel : vous avp.z fait marc/2^ avec votre cordonnier pour qu'il vous chausse. — Il faut savoir les affaires pour faire des traités convenables : il faut savoir la valeur des choses pour faire de bons marchés, ( R.)
TRAITER MAL. V. Maltraiter.
TRAJET. V. Traite,
TRAMER. V Ourdir.
6Â6 SYNONYMES FRAJVÇAIS.
TRANCHANT, DÉCISIF, PÉREMPTOIRE. On dit des raisons, des arguments , des moyens tranchants, décisifs, péremptoircs. — Tranchant, qui tranche, coupe, sépare en coupant, taille, diTîse en long ou en travers : tout le monde connaît l'effet d'un instrument tranchant. Décisifs qui décide, juge, résout. Péremptoire, qui périme, qui fait tomber Taction, l'opposition . On a appelé péremptoire ce qui met fin au débat entre les plaideurs, et ne permet plus à un adversaire de tergiverser. Dans le style dogmatique, c'est ce contre quoi il n'y a rien à alléguer, ce qui est sans réplique. — Le mot tranchant marque particulièrement ici TefficacHé du moyen et la promptitude de l'effet qu'jl produit. Décisif annonce la discussion et le moyen qui est propre pour la terminer. Péremptoire indique l'opposition et un moyen qui doit la faire cesser. — Ce qui lève les difficultés et aplanit les obstacles tout d'un coup est tranchant. Ce qui ne laisse plus de doute et entraîne le jugement, est décisif. Ce qui ne souffre plus d'opposition et interdit la réplique, est péremptoire, — Tranchant et décisif se disent des personnes. L'homme tranchant ne voit point de difficulté : Thomme décisif n'a point de doute. A la confiance de celui-ci, l'autre ajoute l'arrogance. Le personnage tranchant veut vous imposer : le personnage décisif s'en, fait accroire. Celui*là prend un ton et un air d'autorité : celui-ci a le ton sec et un air de mérite. Il n'y a pas à raisonner avec le premier; il n'est pas aisé de raisonner avec le second. (R.) V. Décidé,
TRANQUILLE, CALME, RASSIS, POSÉ. Ces quatre adjectifs indiquent en général une situation de l'âme exempte de trouble, d'inquiétude, d'agitation. — Tranquille exprime cette situation purement et simplement. Un homme est tranquille, lorsqu'il n'a rien qui le trouble, qui l'inquiète. — Calme a un rapport particulier à une agitation violente qui a précédé. Il se dit des choses et des personnes. La mer est calme après une violente tempête; un homme est calme après un accès de colère et de fureur; il est calme au milieu d'une tempête, d'un grand danger ; il est calme au milieu des tourments. Ici l'expression marque une opposition avec l'état actuel de trouble et d'agitation au dehors. Lorsqu'un malade, après une agitation médiocre, est rendu à un état moins agité, on ddt qu'il est plus tranquille; lorsqu'il passe d'une agitation violente à une agitation moins violente, on dit qnll est plus calme, — Rassis indique que par la diminution et enfin par la cessation de toute agitation, la chose se retrouve dans son état naturel, et dégagée de toute espèce d'influence étrangère. C'est par cette raison qu'on dit qu'un homme est rassis, lorsque l'&ge ayant amorti chez lui les passions et les autres mouvements qui pouvaient troubler son âme, il reste le maître de ses facultés intellectuelles, et n'éprouve rien qui en puisse troubler l'exercice. — Une âme tranquille n'éprouve aucun trouble, aucune peine, aucune inquiétude; une âme calme est sortie d'mi état violent, ou reste impassible à la vue ou au milieu des plus