V£ILL£R A
assez grandes , soit quant à l'objet qui a changé, soit quant à deux ou plusieurs objets qui concourent ensemble, pour qu'ils ne se ressemblent pas^ ou ne s*accordent pas, ou ne se rappoitent pas l'un avec l'autre, de manière qu'ils semblent former un autre ordre de choses. La différemx consiste dans la qualité ou la forme qui appartient à une chose exclusivement à l'autre, de manière qu'elle empêche de les confond]» ensemble. — La varfV/^ suppose plusieurs choses dissemblables et rassemblées comme sur un même fond. La diversité suppose une opposition ou un contraste. La différence suppose la ressemblanqe. -- La variété coupe, rompt T uniformité. La diversité détniit, exclut la conformité. La différence exclut l'identité ou la ressemblance. — Des couleurs oïl des figures différentes répandent la variété sur une étofle. Des collines, des ruisseaux, des bois, jettent sur un paysage non-seulement de la variété, mais encore de la diversité, La différence des figures ne suffit point dans un tableau, si leurs couleurs, leurs attitudes ^ leur expression ne sont au moins variées. (R.)
VASE, VAISSEAU. Ustensile offrant une capacité intérieure.— Fd^ est un terme général qui se dit non-seulement de toutes sortes d'ustensiles faits pour contenir des liqueurs, des fruits, des fleurs, des parfums, mais aussi de certains ouvrages de sculpture on de céramique, creux,. de forme élégante, qui servent d'ornements dans les jardins, dans les palais, etc. Un vaisseau est une sorte de vase destiné seulement à contenir des liqniJes et employé à des usages particuliers. « Les chimistes ont besoin de différents vaisseaux pour leurs opérations». ( Acad. )
VASTE, SPACIEUX. Tous deux expriment l'idée d'une grande étendue ; mais vaste dit plus que spacieux. Des appartements spacieux sont de grands appartements, des appartements qui ofiïient un grand espace : de vastes appartements ne sont pas seulement grands , ils sont très-grands. On dit la vaste mer, et non la mer spacieuse, parce quMl s'agit nécessairement ici d'une très-grande étendue.
VEDETTE, SENTINELLE. Une vedette est à cheval : une aentineUe est à pied. L'un et l'autre veillent à la sûreté du corps dont ils sont détachés , et pour la garde duquel ils sont mis en faction. (G.)
VÉHÉMENCE,. VÉHÉMENT. V. Impétuosité,
VEILLER A, VEILLER SUR, SURVEILLER. Ces locutions sont placées ici dans Tordre progressif de leur énergie : veiller sur dit plus que veiller à , et surveiller dit plus que veiller sur,
« On veille à, afin que, pour que; on veille à une chose, à son exécution, d sa conservation ; on veille d ce qu'elle se fasse, se maintienne. On veille sur, au-dessus, par-dessus; on veille sur ee qui se fait, sur les gens qui font la chose; on veille sur les objets, sur les personnes, sur ce qu^on a dans sa dépendance, sous son inspection, eu sa garde. On surveille d'en haut, d'office, avec charge ou autorité; on îurvetlle à tout, sur tout; on surveille les personnes, celles mêmes qui veillent sur, et par une inspection supérieure, générale^ comms'
chef ^ comme conductear. — Les soldats veillent à leurs postes: leara officîei'S veillent sur la chose et sur eux; le général surveille à. toat^ et les surveille tons. Vous veillez à votre besogne, à vos affaires, à vos intérêts : Tons veillez sur vos enfants, sur vos domestiques, sut* votre ménage. Quoiciue vous ayez confié divers soins, différentes inspections à des gens qui doivent veiller pour vous, vous surveillez et vous réglez tout. » (R.)
VÉLOCITÉ, VITESSE, RAPIDITÉ. La vélocité est la qualité du mouvement fort et léger; la vitesse, celle du mouvement prompt «t accéléré ; la rapidité ^ celle du mouvement impétueux et violent. — La vélocité marque une grande vitesse : elle marque proprement la vitesse de ce qui vole, de qui s'enlève dans les airs, de ce qui en parcourt l'espace avec un mouvement très-vif. — La vitesse exprime un mouvement pressé, hâté : elle exprime proprement la course prompte et accélérée de ranimai ardent qui s'essouffle. — La rapidité est toujours plus ou moins impétueuse, violente, assez forte pour vaincre les obstacles, pour ravager, pom' enlever ce qui se rencontre sur son passage. — Ainsi, à proprement parler, vous direz La vélocité d'un oiseau, la vitesse d'un cheval, là, rapidité d'un torrent. Vous direz également la vélocité, la vitesse, la rapidité d'un trait, parce qu'un trait vole, siffle et renverse. — On dit en général la vitesse d'un mobile; et il y a beaucoup de degrés de vitesse qui n'atteignent point à la vélocité. On dit la rapidité des vents, des courants, etc.; lorsqu'avec ime extrême vitesse, avec une grande vélocité, ils déploient une force irrésistible. — Vous remarquez la vélocité de la pensée; conmie elle est légère, comme elle est puissante ! comme elle s'élève jusqu'aux cieux, comme elle parcourt tous les espaces en un instant! Vous observerez plutôt la vitesse physique, comme celle du parler; cependant ce mot peut aussi être employé au figuré, conmie vélocité. Enfin vous louez la rapidité de l'éloquence, du style, etc.; elle force la résistance du cœur, elle entraîne l'esprit, eUe ravit ce qu'on lui refuse. (R.)
VÉNAL, MERCENAIRE. La chose vénale est à vendre, on l'aoquiert, elle est à vous en toute propriété ; son effet est toujours absolu. Le mercenaire, au contraire, n'est qu'au jour le jour ; il est an plus offrant, aujourd'hui pour et demain contre. On dira que le parlement d'Angleterre est vénal, mais non pas qu'il est mercenaire. On ne dira pas d'un écrivain qui se vend alternativement, qu'il est vénal y mais qu'il est mercenaire, et que sa plume est vénale, car elle aliène définitivement ce qu'elle émet. — Le caractère de la vénalité est de transmettre sa propriété ; celui de mercenaire n'est que de la louer à temps. Le premier a la capacité, le second l'habitude. Le mercenaire fut vénal y nuLis l'homme vénal n'est pas toujours mercenaire. Celui-ci moins attaché à la chose qu'au profit, est toujours piét à la quitter l autre, au contraire, n'a plus de choix, iJ sert la chose. (R.)