VERSER
Dériver regarde les cboses tirées et détournées de leur source, de laquelle elles s'éloignent plus ou moins : idée particulière à ce terme. Ainsi Teau d'un canal dérive ou est dérivée d'un ruisseau ; le reyeno public dérive dn revenu territorial; diyers mots dérivent d'une racin» commune ». (R.)
VÉRACITÉ. V. Franchise.
VERDATHE, VERT. V. Blanc.
VERDEUR, VERDURE. Qualité dd ce qui est vert. — La verdeur est rhnmeur, la sève qui est dans le bons vert, c'est-à-dire dans le bois qui n'est pas mort ou qui n'est pas encore sec : « Ce bois a encore d& la verdeur ». ( Acad. ) Verdeur se dit aussi de l'acidité du vin, et figurément, de rdereté des paroles, ainsi que de la jeunesse et de la vigueur des bommes : « Dans la verdeur de l'âge ». ( Acad.)
Verdure se dit de la couleur verte que présentent les berbes, les* plantes, les feuilles des arbres, surtout au printemps. It se dit aussi des herbes, des feuilles mêmes, et des plantes potagères dont on mange les feuilles : « La verdure des prés^ des champs, des bois; joncher les rues de verdure ». ( Acad.)
VERDIR, VERDOYER. Devenir vert. — Verdir exprime le fait purement et simyilement : verdoyer peint le fait avec toutes lescirconstancéiB qui l*accompagnent; il présente l'image gracieuse des branches couvertes de jeunes feuilles vertes et formant des masse» ondoyantes sous le souffle des zéphyrs.
VERDURE. V. Verdeur.
VÉRIDIQUE. V. Vrai.
VÉRIFIER, AVÉRER. Vérifier, employer les moyens de se convaincre, ou de convaincre quelqu'un qu'une chose est véritable ou conforme à ce qui est, qu*elie est exacte. Avérer^ prouver, constater d'une manière convaincante qu'une chose est vraie ou réelle, qu'elle existe. (Voir Vrai, véritable.) — Vous vérifiez un rapport, pour savoir s'il est véritable ou fidèle : vous avérez un fait, en vous assurant qu'il est vrai ou réel. Vous vérifiez, par l'examen des pif'Ces, des titres, des dispositions, des probabilités, Texactitude, la justesse, la fidélité, la force du rapport, et le fait reste avéré. La vérité du rapport suppose et prouve la vérité du fait, — L'écriture et la signature d'un billet étant vérifiées ex reconnues conformes à la main du souscripteur, l'obligation est avérée ou constatée. La vérification est un moyen à^'avérer es choses. On n'avère que les faits. (R.)
VÉRITABLE. V. Vrai.
VERSER, RÉPANDRE. Ces deux verbes, dans leur sens propre et primitif, marquent également le transport d'une liqueur par efi'usion hors du vase qui la contenait. Ce qui les difieieneie, c'est que verser ne marque que ce transport par eifusion,' sans rien indiquer de ce que devient la liqueur; et que répandre y ajoute, par idée accessoire, que la liqueur n'est plus en corps, que les éléments en sont
DKT. DES SVHORTMES. St
•épars : tons deux énoncent effusion, mais le second y joint l'idée accessoire de dispersion. — De là vient que verser se dit d'une liqueur que Ton épanche à dessein dans un vase, et répandre se dit d'une liqueur qu'on laisse tomber sans le vouloir. Ainsi, on dit verser du vin dans un verre, non pas répandre du vin dans un verre : et on dit à un homme qui porte un vase plein de quelque liqueur : prenez garde de répandre^ et non pas prenez garde de verser :■ on ne craint pas alors la transfusion de la liqueur, qui se ferait en la versant dans un vase; on en craint la perte, qui serait infaillible si on la répandait. — Les mêmes nuances subsistent dans le sens figuré. Verser l'argent à pleines mains, est une expression qui désigne simplement le transport que Ton fait à d'autres de beaucoup d'argent que Ton possédait ; elle peut marquer la libéralité ou la prodigalité. Répandre l'argent à pleines mains, est une expression qui ajoute à la précédente l'idée accessoire d'une distribution, d'un partage; elle peut marquer des vues d'intérêt ou d'économie. — Dieu verse ses grices avec abondance sur ses -élus; et il les répand comme il M plaît, selon les vues de sa miséricorde. (B.)
Verser exprime proprement un changement de la direction dans la chose; et répandre, un étalage de la chose. On vér<0 en bas; on répand en tout sens : vous versez de l'eau d'un vase dans un vase inférieur : l'odeur d'une fleur se répand dans les airs et de toutes parts. — L'effusion marque une succession, une continuité d'écoulement dans les choses versées; et la dispersion, ime étendue, une certaine abondance de choses répandues çà et là. Le ciel verse la pluie sur nos camj)agnes, et répand au loin sa rosée. — On verse l'argent par une continuité ou une succession assez rapide de dons ou de dépenses, pour le même objet, ou pour un petit nombre d'objets considérés ensemble. On répand l'argent par l'étendue et la multiplicité des dépenses et -des dons , çà et là dispersés sur divers objets. — On dira mieux verser des larmes, quand elles coulent comme un ruisseau; et répandre 4es larmes, quand elles tombent de tous côtés et à diverses reprises. Les larmes qu'on verse sillonnent le visage; et celles qu'on répand l'inondent. (R.)
VERSION. V. Traduction.
VERT, VERDATRE. V. Blanc.
VERTU. V. Sagesse.
VESTIGE, TRACE. Ces mots ne sont synonymes que quand ils expriment l'idée de marque laissée par un être animé ou par un corps •quelconque.
« A la lettre, le vestige est la trace du pied, du pas, et par consé- <{uent de l'objet qui marche et qui a passé par le lieu. La trace est le trait qui dessine, décrit, indique la chose : on trace en imprimant, en ébauchant, en décrivant, en tirant les linéaments, le dessin, le Àrait de la chose. — Le vestige est donc l'empreinte laissée par un