‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 21 sur 163 · ALLIANCE · texte numérisé non relu

ALLIANCE

(l*ane ellipse : Tai été à Home, ^'est réllement foi été présent à Home y Elle a été à la messe, c'est elle a eïef présente ou assistante à la messe. Voilà pourquoi ces manières de s'expiimer supposent toujours le retour.

Il résulte de là que si la personne est encore dans le lieu dont on p.irle, il faut se servir du verbe aller et non du verbe être à un temps c<)mposé. Si madame est encore à la messe, je ne dirai pas : Madame a été à la messe, car cela nignifierait qu'elle a été présente à la messe; je dirai : Madame est allée à la messe, ou bien Madame ei^ à la messe (elle est présente à la messe).

Mais on a eu tort d'en conclure que toutes les fois qu'il y a retour on doit nécessairement faire usage du verbe être à un temps composé. Dans tons ses temps passés non composés^ le verbe aller exprime une idée de retour : Nom9 allâmes hier à Versailles; pourquoi n'en serait-il pas de même dans ses temps composés, surtout s'il est accompagné d'un complément circonstanciel qui fasse nécessairement entendre que le retour a en lieu ? Puisque l'on dit au passé défini : Nous allâmes hier à Versailles, on pourra très-bien dire au passé indéfini : Noussommes allés hier à Versailles, et personne d'ailleurs qui ne le dise^ comme Voltaire n ôii: Le public ne va plus guère au Tartufe; pour^ quoi? Cest qu*il y est allé souvent.

Remarquez qu'une conséquence de l'opinion que nons combattons serait qu'il faudrait supprimer dans les temps composés du verbe aller toutes les premières personnes, comme inutiles : nous ne voyons pas^ en effet dans quel cas il serait possible de dire je suis allé, nous sommes allés.

\LLÉG1B, AMENUISER. Allégir, c'est littéralement rendre plus léger ce qui est très-lourd : amenuiser, c'est rendre plus menu ce qui l'est déjà. On allégit une grosse pièce de bois ou tout autre corps d'un certain volume , en enlevant la même quantité de matière dans tous les sens, sur toutes les faces du corps : on amenuise un petit corps en le diminuant davantage sur une seule face, ou même en le rendant plus mince dans tous les sens. Alusi on allégit un arbre, une poutre, une grosse planche : on amenuise une petite planche, une volige, un bâton, une cheville.

ALLÉGUER. V. Citer.

ALLER A LA RENCONTRE ou AU-DEVANT. On va à la rencontre de quelqu'un uniquement dans l'intention de le joindre plus tAt, ou pour lui épargner une partie du chemin : le premier motif est de pure amitié ou de curiosité, et suppose quelque égalité; le second motif est de politesse. On va au-éevant de quelqu'un pour l'honorer par cette marque d'empressement : c*est un acte de déférence et de cérémonie (B.).

ALLIANCE, CONFÉDÉRATION, LIGUE, COALITION. V alliance est une union d'amitié ou de parenté. Valliance entre les États a pour

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but les avantages de la bonne intelligence et l'assuraTice de seconrs dans le besoin : il existe un traité ù! alliance perpétuelle entre la France et la Suisse.

Confédération ne s'emploie aujourd'hui que pour désigner Valliance politique de plusieurs États ayant chacun leur gouvernement particulicr^ régis cependant par un gouvernement supérieur sons le titre de diète, congrès, etc., et formant ainsi une seule puissance politique : telle «st par exemple la Confédération Germanique^ la Confédération de l'Amérique du Nord ou États-Unis.

La ligue est une imiou de circonstance entre plusieurs États, contre un ennemi commun, et dans le but de se défendre ou d'attaquer : La ligue de Cambrai. La coalition est une grande ligue que de puissants souverains font pour attaquer et détruire un ennemi redoutable.

Ligue signifie aussi complot, cabale de plusieurs particuliers pour réussir dans quelque projet, et alors il se dit presque toujours en mauvaise part : La ligue des méchants.

Coalition se dit également d'une alliance de chefs de parti ou d'un concert de mesures pratiqué par plusieurs personnes pour nuire à d'autres ou dans un but d'intérêt : « Il y eut une coalition entre les fabricants pour forcer l'abaissement des salaires. » (Acad.)

ALLONGER, PROLONGER, PROROGER. Or allonge en ajoutant à {10, page 5) : on prolonge en continuant, en poussant en avant {i%, page 5). Ainsi, l® Qaaud il s'agit de longueur, allonger a rapport à la chose que Ton rend plus longue : prolonger a rapport à l'étendue, que l'on continue, que l'on augmente. On allonge^ on ne prolonge pas une table, un habit, une jupe: ou prolonge, on iCallonge pas une ligne de géométrie ; un pécheur ne prolonge pas sa ligne, il Vallonge.

On dit : Allonger une galerie et prolonger \me galerie (Acad.). Dans le premier cas on considère la galerie elle-même, qui n^était pas assez longue pour sa destination, et à laquelle on ajoute ; dans le second cas, on exprime simplement l'idée d'une plus grande étendue donnée & la galerie, qui , à la rigueur, pouvait rester telle qu'elle était.

Allonger est le terme convenable, quand on parle de choses peu longues, comme une table , une jupe ; prolonger est le terme propre, quand il s'agit de choses qui ont une grande longueur, parce qu'alors c'est ridée d'étendue qui domine : Prolonger une avenue, une route.

2» Il en est à peu près de même quand il s'agit de durée. Allonget un travail, c'est y ajouter des choses qui font qu'il dure plus longtemps; prolonger un travail c'est simplement en augmenter la durée en le négligeant et sans y rien ajouter. Allonger le temps, c'est au temps accordé en ajouter encore; prolonger les jours de quelqu'un, c'est augmenter l'étendue de son existence. Allonger une affaire, un procès, c'est y ajouter des formalités, faire naître des incidents qui en retardent la solution ; on prolonge une affaire, un procès, en négligeant de les pousser, de les faire aller à leur terme.

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