AMBASSADEUR
Proroger, c'est maintenir Tétat présent, l'exercice, rautoriCé, la râleur d'une chose au delà du terme prescrit : « On bl prorogé le délai qu'on lui avait donné » (Acad.).
ALLURE^ DÉMARCHE. I^ sens propre d'allure, c'est façon d'aller; celui de démarche est façon de marcher. Ce dernier ne se dit que des personnes : allure se dit des animaux, et quelquefois des personnes, dans le style tout à fait familier.
On les emploie figurément au pluriel : allures se dit alors en mauvaise part de la manière déloyale et peu convenable dont quelqu'un se conduit dans une a^re, ou de la mauvaise tournure que prend l'affaire elle-même. Démarches désigne tous les mouvements, tous les actes que l'on fait pour faire réussir une entreprise^ pour atteindie un but. ALMANACH. V. Calendrier.
ALTERCATION. V. Dispute.
ALTIER. V. Haut.
A L'UNANIMITÉ. V. Unanimement.
AMAIGRIR. V. Maigrir.
AMASSER, ENTASSER, ACCUMULER, AMONCELER. Amasser, faire un amas : du primitif am, union, conjonction'. Entasser, mettre en tas, mot celtique qui signifie multitude, élévation. Accu^ mtUer^ mettre ensemble, élever jusqu'au comble : de cum ensemble, cttmu/u« comble. Amonceler, mettre en monceau;duce1te mon, latinmonf, français mont, grandeur et hauteur. — L'amas est l'assemblage d'une certaine quantité de choses de même nature; on amasse du fruit, do Targent, des provisions, etc. Le tas est un amas élevé et serré de certaines choses mises les unes sur les autres : on entasse sous sur sous, des livres, des marchandises, avec ordre ou en désordre. L'accumula" tion ajoute à V entassement l'idée de plénitude, d'abondance toujours croissante : on accumule des richesses, des héritages, des arrérages, crime sur crime. Le monceau ajoute à ces idées celle de volume, de grandeur, de désordre, de confusion : on amoncelé toutes sortes de choses mêlées, des ruines, des cadavres, etc. — Au figuré, la prévoyance amasse, Tavarice entasse^ l'avidité insatiable accumule, et après avoir accumulé, elle amoncelé (R).
AMBASSADEUR, ENVOYÉ, DÉPUTÉ. L'ambassadeur Qi Venvoyé parlent et agissent au nom de leur souverain : mais l'ambassadeur roprésentc son souverain auprès d'un gouvernement étranger; l'envoyé n'est qu'un simple ministre autorisé, sans aucun caractère de représentation, ni pleins pouvoirs en vertu desquels il puisse engager soo gouvernement. Les députés ont une mission spéciale : ils n'ont de pou voir» et ne parlent qu'au nom d'une corporation, d'un corps politique ou d'un corps particulier, d'une société, tels que le clergé, la noblesse le corps des électeurs, la bourgeoisie d'une ville, etc.
1. Riciae du verbe grec «pdiw, j'amasse, d'où vient notre verbe amas ter.
56 SYNONYIIES FnANÇAIS.
ambiguïté, double sens. Équivoque, sens louche,
AMPHIBOLOGIE. L'ambiguïté est une obscurité résultant de ce que le sens général d'un passage est susceptible de diverses interprétations : il y a ambiguïté lorsqu'on a peine à démêler la pensée de Tauteur.
« Le double sens, dit Tabbé Girard, a deux significations naturelle et convenables : par Tune, il se présente littéralement pour être compris de tout le monde; et par Tautre, il fait nne fine allusion pour n'être entendu que de certaines personnes. Véquivoque a deux sens f l'un naturel, qui parait être celui qu'on veut fair» entendre et qui est effectivement entendu de ceux qui écoutent ; l'autre détourné, qui n'est entendu que de la personne qui parle, et qu'on ne soupçonne pas même pouvoir être celui qu'elle a intention de faire entendre. » Dans ce sens, Véquivoque est un subterfuge de la mauvaise foi; mais on entend aussi par équivoque une sorte de double sens provenant des différentes acceptions d'un mot, ou bien de l'emploi de mots homonymes, ou enfin du rapport vicieux des mots. Ainsi il y a équivoque dans la phrase suivante : Il faut imiter robéissance du Sauveur qui a commencé sa vie et Va terminée : le mot ^t semble se rapporter à Sauveur, tandis que la raison exige qu'il se rapporte à obéissance.
Le sens d'une phrase est louche, lorsque le lecteur ou l'auditeur aper» çoit de prime-abord, entre les mots, im rapport dont la suite de la phrase fait voir la fausseté. Par exemple, si l'on disait : Je condamne sa paresse, et les fautes que sa nonchalance lui fait faire en beaucoup d'occasions m* ont paru inexcusables y le sens serait louche, parce que le substantif les fautes se présente d'abord comme complément direct du verbe je condamne, tandis que la suite de la phrase fait voir qu'il est sujet du verbe ont paru.
Amphibologie est le terme général désignant les défauts de style dont nous venons de parler : Y ambiguïté, le double sens, le sens louche, Véquivoque, sont des espèces particulières d'amphibologies. « Toute expression susceptible de deux sens différents, dit Bcauzée, est amphibologique, selon la force du terme; et c'est tout ce qu'il signifie; le» autres termes ajoutent à cette idée principale l'indication des causes qui doublent le sens. »
AME FAIBLE, CŒUR FAIBLE, ESPRIT FAIBLE. Le faible du cœur n'est point celui de V esprit; le faible de Vàme n'est point celui du cœur. Une âme faible est sans ressort et sans action; elle se laisse aller à ceux qui la gouvernent. Un cœur faible s'amollit aisément, change facilement d'inclinations, ne résiste point à la séduction, à l'ascendant qu'on veut prendre sur lui, et peut subsister avec un esprit fort; car on peut penser fortement et agir faiblement. L'eprit faible reçoit les impressions sans les combattre, embrasse les opinions sans examen, s'iîii'raie sans cause, tombe naturellement dans la superstition 'vB.).