AMPOULÉ
AMENDEMENT, CORRECTION, RÉFORME, REFORMATION. L'amendement est nn changement en mieux : ce mot se dit de Tétat de santé ou de maladie, de la situation des personnes et surtout de la conduite de quelqu'un, de l'amélioration d*une terre. La correction est l'action de détruire une défectuosité, ou le résultat de cette action : on corrige les défauts, les vices, les abus, les erreurs, les mauvaises mœurs; et en général on corrige en faisant disparaître ce qui est mal dans quoi que ce soit.
La signification commune de réforme et réformation est rétablissement dans rancienne forme (5, page 3) ou dans une meilleure forme. c< Mais,, comme Ta fort bien dit Beauzée, la ré formation est l'opération qui procure ce rétablissement; la réforme tu est le résultat ou le rétablissement même » (20, page 7). Girard a dit aussi : « La réforma^ tion est l'action de réformer; la réforme en est l'effet. Dans le temps de la réformation, on travaille à mettre en règle, et l'on cherche les moyens de remédier aux abus : dans le temps de la réforme, on est réglé et les abus sont corrigés. »
AMENUISER. V. Allégir.
AMI, AMICAL. Ces deux mots renferment également dans leur signification Tidée d'amitié. Mais le sens du mot ami, employé comme adjectif qualifiant un substantif, n'a aucun rapport à l'affection du cœur, que nous appelons amitié; dans ce cas, ami signifie simplement bienveillant, obligeant : un juge montre un visage ami à im accusé, lui parle un langage ami; cela ne veut pas dire que le juge soit Tami de Taecusé. En poésie, ami se dit aussi dans le sens de propice, favorable, et alors il ne s'agit pas non plus ^'amitié : Les destins amis, la fortune amie.
Le mot amical signifie qui part de Tamitié, qui annonce Tamitié : des paroles amicales sont des paroles prononcées avec le ton de Tamitiô et qui sortent de la bouche d'un ami ou de quelqu'un qui se montre tel pour celui i!i qui il les adresse.
AMOLLIR, RAMOLLIR. Au propre, amollir se dit de ce qui étant
simplement à Tétat solide , est rendu mjou et maniable : ramollir se
dit de ce qui est extrêmement dur ou trop dur (5, page 3). Au figuré,
: ramollir exprime un ramollissement excessif : ce qui amollit les
cœurs ou les esprits les adoucit; ce qui les ramollit les éneiTe.
AMONCELER. V. Amasser.
AMPHIBOLOGIE. V. An^igutté.
AMPOULÉ, EMPHATIQUE, BOURSOUFLÉ. Ces trois mots dé- . signent des qualités défectueuses d'un style plus élevé que le sujet ne le comporte : ils se disent aussi de i'écrivain dont le style a ces défauts. Ampoulé a particulièrement rapport au choix des expressions; emphatique, à la nature des pensées; boursouflé, à la tournure des phrases. L'écrivain ampoulé est donc celui qui emploie de grands mots pour traiter des choses communes : Vauteur empJtatique donne
58 SYNONYMES FAAKÇAIS.
aux choses médiocres une importance ridicule par remploi de pensées exagér es^ d'exclamations sentencieuses et forcées; l'écrivain bourso»' fié enfle son style d'images pompeuses et de périodes sonores pour dire des riens.
AMUSEMENT, DIVERTISSEMENT, RÉCRÉATION. Amusement s'entend d'un travail agréable ou d'un exercice qui occupe légèrement l*esprit, qui plaît, que l'on a choisi et que Ton quitte à volonté. Divertissement exprime une action plus vive, accompagnée de plaisirs plus grands, d'émotions plus agréables. « Le plaisir qui nous amuse, dit Roubaud, est léger et frivole; le plaisir qui nous divertit est plus vif, plus fort, plus senti. » La récréation est prise dans le but de se refaire, de se délasser d'un travail qui a fatigué Tesprit ; elle consiste en toutes sortes ù*amusements de l'esprit et d'exercices du corps : les élèves prennent leur récréation après Tétude ou après la classe.
AN, ANNEE. « Van, dit Beauzée, est un élément déterminé du temps; il est dans la durée ce que le point est dans retendue : comme on considère le point sans étendue, on envisage l'an sans attention à sa durée ». De U vient que Ton dit an pour marquer une époque, c'est-à-dire un point de la durée : UAmérique fut découverte l'an
« Vannée est envisagée coirme étant elle-même une durée déterminée et divisible en ses parties : Vannée a douze mois, trois cent soixante-cinq jours, quatre saisons (28, page 9). De là vient que Ton qualifie Vannée par les événements qui en ont rempli la durée » (B.). On dit en eflet : année heureuse, année fertile; on ne dirait pas : an heureux, an fertile.
Ainsi on coosidère Van comme un tout indivisible, abstraction faite de la durée ou de tout ce qui peut y avoir rapport, a Année, au contraire, exprime la durée de douze mois, relativement aux effets, aux événements qui sont, joints ou peuvent être joints à cette durée. L'an passé on craignait la guerre : il n'y a dans cette expression aucune idée de durée; la crainte de la guerre existait à cette époque. L'année passée on a fait marcher sans cesse des troupes de province en province : ici Ton voit l'idée de durée, car ce mouvement successif de troupes n'a pu Si' faire que dans une durée de temps divisible » (L.).
\NAL0G1E. V. Rapport.
ANCÊTRES, AÏEUX, PÈRES. Ces expressions ne sont synonymes que lorsq.e, sans avoir égard à sa propre famille, on les applique en général et indistinctement aux personnes de la nation qui ont précédé le temps auquel nous vivons. Elles diffèrent en ce qu'il se trouve entre elles une gradation d'ancienneté, de façon que le siècle de nos pères a touché au nôtre, que nos aïeux les ont devancés et que nos ancêtres sont les plus reculés de nous. — Nous sommes descendants des uns et des autres; mais si l'on veut particulariser cette descendance^