‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 24 sur 163 · NI II AL · texte numérisé non relu

NI II AL

il faut dire que nous sommes les enfants de nos pères, les nevenx do nos aïeux, et la postérité de nos ancêtres (B. ).

Remarquons toutefois qu*avec Tindication de Tépoque le mot pèns peut très-bien s'employer pour désigner ceux qui nous ont jirécédés dans un temps fort reculé : Ainsi parlaient nos pères du douzième siècle.

ANCIEN. V. Vieux.

ANCIENNEMENT, JADIS, AUTREFOIS. Ces trois mots signifient dans le temps passé; mais anciennement désigne le temps le plus reculé; jadis indique le passé comme simplement détaché du présent : Ce palais ^/aiï jadis la demeure de tel prince (Acad.). Autrefois désigne le passé, non-seulement comme détaché, mais encore comme différent du présent par un changement qui s'est fait dans les choses : Toutes les distinctions odieuses qui divisaient autrefois les hommes sont anéanties par F Évangile (Massillon).

ANE, IGNORANT. On est âne par disposition d'esprit, et ignorant par tléfaut d'instruction. Le premier ne sait p.-is parce qu il ne peut apprendre; et le second parce qu'il n'a point appris. — L'âne a pu 8'appliquer à l'étude, mais son travail a été inutile : Vignorantne s'est pas donné cette peine. Vânerie est un défaut qui vient de la nature du sujet, et l'ignorance est un défaut que la paresse entretient (G.).

ANÉANTIR, DÉTRUIRE. Anéantir signifie littéralement réduire à néant : détruire, du latin destruere (V. Abattre), c'est proprement défaire la structure , la construction de la chose. Ce dernier mot a donc moins de force que l'autre : « Ce qu'on détruit, dit l'abbé Girard, cesse de subsister, mais il en peut rester des vestiges : ce qu'on anéantit disparaît tout à fait; de soite que l'anéantissement est une destruction totale ».

Anéantir se dit souvent par exagération dans le sens de détruire absolument : Les Barbares ont anéanti V empire romain (Acad.).

ANESSE, BOURRIQUE. On donne l'un ou l'autre de ces noms au même animal, selon l'aspect sous lequel on en parle. Anesse le présente dans l'ordre de la nature, comme la bête femelle qui donne un lait dont les ordonnances des médecins ont rendu l'usage fréquent. Bourrique le préseute dans l'ordre des animaux domestiques, comme béte de charge. — Le premier n'a point d'acception flgui ée : le second est quelquefois métaphoriquement appliqué aux personnes ignares et non instruites, soit hommes, soit femmes (G.).

ANGOISSES. V. Affres.

ANIMAL, BÊTE, BRUTE. Ces trois mots sont ici pris au propre. Animal signifie littéralement être animé. Ce mot désigne un règne particulier de la nature, par opposition à végétal et à minéral : c'e.-t un terme générique qui convient à tous les êtres organisés qui vivent et se meuvent; et dans le langage philosophique, il se dit de l'homme lui-même : Vhomme ist un animal raisonnable.

La bête est Vanimal pure machine^ l'animal qui mange et n*obéit qu'aux instincts de la nature. Dans ce sens on dit qu'il y a dans Thomme la béte,

« Le mot brute, dit Roubaiid, indique les sortes de bêtes les plus dépourvues de sentiment et livrées à Tiustinct le plus grossier, par opposition i\ celles qui montrent de la connaissance, de Tintelligeoce, de la sensibilité. Au figure nous renchérissons sur la qualification de béte -en disant béte brute ».

Le mot brute ne se dit que de certains mammifères quadrupèdes : l'emploi du mot béte est moins borné ; quoiqu'il se dise plus particulièrement des mammifères, ou peut, en l'accompagnant de qualificatifs^ l'appliquer à toutes les classes et à tous les genres d'animaux : cet insecte est une Jolie petite béte. *

ANIMAL, BÊTE et BRUTE (au figuré), STUPIDE, IMBÉCILE, IDIOT. Les trois premières dénominations s'appliquent injurieusement à Thomme. « Vous rappellerez animal, pour lui reprocher les défauts ou les imperfections des purs animaux, mais surtout la grossièreté, la rudesse, la brutalité des manières et de la conduite. Vous rappellerez béte, lorsque vous Taccuserez de déraison , d'incapacité, d'ineptie, de maladresse, de sottise. Vous l'appellerez brute dans le •cas où vous voudrez peindre en un mot la déraison complète, l'extrême bêtise, et mieux encore, l'aveugle brutalité, Timpétuosité féroce, la licence effrénée des appétits, des penchants, des mœurs. L'homme, pour qu'il soit traité ô^animal, doit pécher particulièrement par les formes ; traité de béte, il doit pécher par le fonds, du côté de l'esprit seulemeut ; traité de brute, par les formes et par le fonds» (R.).

Les mots stupide, imbécile, idiot s'emploient aussi injurieusement. Le sens propre de ces mots suffit pour faire comprendre ce qui les distingue particulièrement des autres invectives. Le stupide est d'un •esprit lourd et pesant; il sent à peine et manque d'activité. L'imbécile a un esprit faible : il lie avec peine deux pensées l'une à Tautre ; il •est maladroit dans ses actes, mais il est incapable de faire mal sciemment. L'idiot est complètement dépourvu d'intelligence et de raison : lil n'est homme que par la forme humaine et par quelques faibles indices du sentiment.

ANIMER. V. Exciter.

ANNALES. V. Histoire.

ANNÉE. V. An.

ANNEXÉ. V. Adhérent.

ANNULER, INFIRMER, CASSER, RÉVOQUER. Annuler signifie iproprement rendre nul ; et infirmer rendre sans force. Annuler se dit <le toutes sortes d'actes législatifs , adniinistratifs ou conventionnels. -Cest une autorité supérieure qui annule, ou bien ceux mêmes de qui Tacte est émané; le préfet annule un arrêté du maire; le ministre ou le conseil d'État annule l'arrêté du préfet; deux personnes

AMTR RIEUR. 01

qni ont contracté par nn acte authentique ou sous-seing privé peuvent i'tttmuler d'un commun accord.

ff Infirmer ne se dit que des actes législatifs ou des jugements prononcés par des juges subalternes^ et le pouvoir dîinfirmer n'appartient qn'au tribunal supérieur dans le ressort duquel se trouve situé llnférieur. Ce terme ne s'adapte point aux arrêts des cours supérieures : ancun tribunal ne les infirme; mais celui d'en haut peut les casser ». (6.) La Cour d'appel ou^ Cour impériale infirme le jugement du tribanal de première instance ; la Cour de cassation^ cour souveraine, (Xisse l'arrêt de la Cour d'appel.

Casser se dit aussi des personnes et alors il emporte une idée accessoire d'ignominie: casser un officier, c'est le chasser du service; casser un sergent, c'est le priver de son grade et le réduire à la condition de simple soldat.

Révoguer se dit des personnes et des choses. Appliqué aux personnes, il n*emporte aucune idée accessoire d'ignominie : révoquer quelqu'un, c'est simplement lui ôter les fonctions, le pouvoir, l'emploi amovible qu'on lui avait donné. Appliqué aux choses, révoquer signifie déclarer de nulle valeur à l'avenir : on révoque un ordre, des pouvoirs, une commission, une donation, etc. Le droit de révoquer n'appartient qu'à celui qui a le droit d'établir.

ANOBLIR, ENNOBLIR. Anoblir, c'est donner à une personne le titre et les droits de noblesse, c'est le mettre au nombre des nobles. Ennobiir, c'est donner non pas la noblesse, mais de la noblesse; c'est avoir acquis en soi-même et par soi-même de l'élévation, de la grandeur, de la dignité, du lustre, de l'éclat. // y avait autrefois des charges V«i anoblissaient. (Acad.) Ces sentiments vous ennoblissent à mes yeux. (Id.)

ANTAGONISTE. V. Ennemi,

ANTÉRIEUR, ANTÉCÉDENT, PRÉCÉDENT. Anténeur nous dénonce particulièrement ce qui est, l'existence, la manière relative d'exister : tme édition antérieure à une autre existait auparavant. Les deux autres mots expriment une action, l'action d'aller, de marcher, de se placer avant, ou la possession de cet avantage ^. La proposition antécédente est celle qui se place la première; le volume précé- ^t est celui qui va avant l'autre. — Anténeur porte l'idée propre du temps plus avancé dans le passé, d*une priorité de temps appelée par cette raison antériorité. Par extension, il désigne une priorité de situation ou d'aspect. Nous disons la face antérieure ctun bâtiment, comme

<• Cest exactement le sens êtymologiqae de ces mots. « Afaërieur est composé àji latin ante^ avvit, et de la modification comparative tor, en français ieur : il signifie qui taiplut avant qu'nn autre ou avant autre chose. Antécédent^ composé de la même préposition et dn verbe eedo^ je vais, je marche, signifie qui va avant, ^étidtnt^ compo^ dn même verbe et de la préposition prcv, devant, signifie litté- (ilement fui va iivant ». (R.)

met, DES STKO.NTNES K

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une époque antérieure. Ainsi ce mol exprime ce qui est avant, ou le contraire d.* après, et ce qui est devant par opposition à derrière. — Antécédent, jinoique propre à marquer une priorité de temps, sert plutôt à indiquer une priorité d'ordre, de rang, de place, de position, avec cette circonstance particulière qu'il dénote un rapport d'influence, de dépendance, de connexité. de liaison établie entre l'un et l'autre objet. Ainsi, en logique, il mai que le rapport du principe avec la conséquence, en mathématbiques, celui d'une induction d'un terme à l'an ire; en grammaire, celui d'un mot qui entraîne un régime ou demande un complément; dans l'enthymème, le conséquent est tiré de Vantécédcnt; dans la proposition grammaticale, Yantécédent a une liaison nécessaire avec le subséquent, etc. — PrécéderU détermine une priorité ou de temps ou d'ordre, mais une priorité immédiate, de mar nière qu'un objet touche à l'autre sans intermédiaire. L'événement précédent est celui qui est arrivé immédiatement avant celui dont on parle; tandis que l'événement antérieur est seulement arrivé auparavant, et n'a qu'une priorité vague et indéterminée. La proposition précédente touche à celle qui suit; mais il n'est pas dit qu'elle ait avec l'autre aucun de ces rapports qui distinguent la proposition antécédente, également immédiate. — Antérieur est opposé ou corrélatif à postérieur; antécédent à conséquent eu à subséquent; précédent à suivant. De deux éditions. Tune est antérieure, l'autre postérieure; la tète a une partie antérieure, et une postérieure. Le conséquent est conclu de Yantécédent : le mot antécédent est, dans une phrase, conjoint avec le subséquent, qui le détermine ou le complète. L'année précé^ dente annonce Tannée suivante, (R.) ANTIPATHIE. V. Haine,

ANTIPHRASE, CONTRE-VÉRITÉ. Façons d'énoncer le contraire de ce qu'on veut faire entendi*e : le grec anti veut dire contre. Le» érudits ont lait savamment antiphrase : le bon Gaulois aurait dit bonnement contre^phrase, comme il a dit contre-vérité. — Antiphrase exprîme un sens contraire à celui que la phrase aurait naturellement; et contre-vérité, une opinion ou une pensée contraire à celle qu'énoncerait naturellement la proposition. Vantiphrase est dans la manière d'employer les mots et de faire la phrase : la contre-vérité est dans la pensée ou dans les choses mêmes, incompatibles avec la vérité ou la vraie opinion que Ton a. Par celle-là vous feignez de dire le contraire de ce que vous voulez dire : par celle-ci vous feignez de penser le contiaire de ce que vous pensez en effet. Si vous dites d'un homme qui fait une lâcheté, que c'est un homme brave, rironie est dans les mots ou la qualification ; c'est une antiphrase. Si vous remerciez, dans les termes ordinaires, un ennemi du mauvais service qu'il vous a rendu» Tironie est dans le fond même des choses, c'est une contre-vérité. Vantiphrase est une figure de mots ; la conire'jûénU est nue feinte, un jeu de pensées. (R.)

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