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APERCEVAOLE. 63
ANTIQUE. V. Vieux.
ANTRE, CAVERNE, GROTTE. Vantre est un creux profoûd et ires-obscur, qui inspire Thorreur et l'effroi , et qui sert ou est très* propre à servir de retraite aux animaux féroces. La caverne est une «avité spacieuse couverte d'aoe sorte de voûte; sa propriété, suivant l'expression de Roubaud, est de coavrir, enfermer, protéger et défendre de tous côtés, mettre à couvert et à l'abri : elle peut servir de repaire à une bande de brigands. La grotte est une petite caverne propre À servir d'abri commode, de lieu de repos, de retraite solitaire. Or fait souvent des grottes artificielles dans les parcs et daus les jardins, et on les orne de rocailles et de coquillages.
APAISEff, CALMER. Apaiser signifie, littéralement, ramener à la paix; et calmer, rendre le calme. Le premier suppose un grand trouble, le second suppose simplement l'agitation ou un trouble moins grand. Ainsi on apaise la colère, la furie, la violence; on calme Tin- quiétude, l'émotion, les soucis, les soupçons : on apaise les remords dç. kl conscience; on calme ses scrupules.
La paix suppose ordinairement la discorde, la division : apaiser est donc le terme propre, lorsqu'il s'agit de rendre l'idée de réconcilier, d'accorder, de réunir : calmer n'ajoute aucune idée accessoire à celle du rétablissement dans l'état de tranquillité. On apaise des querelles, des différends, des séditions, des ennemis; on calme les personnes émues, les passions qui agitent, la douleur qui se fait sentir. L"S vents qui luttent finissent par s*apaiser; la mer agitée se calme.
n Le terme apaiser, qui présuppose une action rude et violente, indique conséquemment un effort particulier pour vaincre ou dissiper la cause qui excite le trouble; tandis que calmer nous fait seulement envisager le trouble en lui-même, sans aucun rapport indiqué avec la cause et avec les moyens de la faire cesser. On apaise quelqu'un par des satisfactions, des réparations, des dédommagements; par des supplications, des humiliations; ou même par des voies opposées, par une force, une vertu, des moyens capables de l'arrêter, de vaincre sa résistance. On calme quelqu'un par des adoucissements , des soulagements, des insinuations; par des avis, des conseils, des soins; par un pouvoir, un ascendant , des moyens capables de le consoler, de le rassurer, de le ramener à des idées plus douces et à des sentiments plus tranquilles. — Apaiser amène un effet plus grand, plus plein, plus durable par lui-même, l'état de paix, un calme général et constant; mais calmer n'exprime positivement que l'action de baisser, diminuer, affaiblir, ou de ramener un calme qui n'est peut-être que moment'iné. Des paroles douces vous calment; une juste satisfaction vous apaise» (R.).
APERCEVABLE, PERCEPTIBLE. Apercevable vient du verbe français apercevoir; perceptible vient du latin percipere. Le premier est ie terme oïdinaire, usuel « et il se dit surtout des objets que leur
6â SYNONYMES FRANÇAIS.
Tolume rend faciles à être aperçus : perceptible est on terme pin» relevé, qiii ne s'applique qu*aux objets d'une petitesse extrême, et qui^ suivant l'Académie, ne s'emploie guère qu'avec la négation : Cela n'est jfoint perceptible aux yeux. { Acad. ) Il s'étend quelquefois aux autres sens que celui de la vue et aux choses de l'esprit : Cela n'est point perceptible au goût (Acad. ]• Il y a un petit trait de raillerie dans sf>n discours, mais cela est à peine perceptible. (Id.)
APERCEVOIR. V. Voir.
APHORISME. V. Axionte.
APOCRYPHE^ SUPPOSÉ. Apocryphe se dit de ce qui n'est pas authentique faute de preuves : ce mot n'est usito dans notre langue qu'en parlant des livres et des écrivains dont l'autorité est douteuse, des historiens et des histoires dont l'autorité est suspecte. On dit aussi dans un sens analogue^ nouvelle apocryphe, c'est-à-dire à laquelle on ne peut guère ajouter foi. Supposé se dit de ce qui est jugé faux et controuvé : il se dit des fkits historiques , des actes tels qu'un testa* ment^ une convention écrite, une quittance, etc.^ et même des per» sonne? ; Créanciers supposés, ( Acad. )
APOLOGIE. V. Justification.
APOPHTHEGME. V. Axiome.
APOSTER. V. Poster,
APOTHÉOSE, DÉIFICATION. L'apothéose est la cérémonie par bquelle, sur un décret du Sénat romain, on mettait au nombre des dieux les empereurs après leur mort. La déification est l'acte de l'imagination superstitieuse des païens et des idolâtres, qui leur fait voir la divinité là où il n'y a que la créature, et les porte à rendre un culte religieux à certains hommes, à des animaux et même à des plantes, qu'ils considèrent comme autant de dieux%
APPARAITRE. V. Paraître.
APPAREIL, APPARAT. Appareil hidique plutôt l'objet de l'actioa, i'eit*à-dire l'eusemble des apprêts, l'ajustement, la disposition des choses. L'idée exprimée par le mot apparat est plutôt celle de la manière de faire ou de la forme que cette manière de faire donne aux choses : la terminaison at marque une espèce particulière d'action (39, page il). On fait de grands appareils pour une solennité; on se montre dans un certain appareil : on fait quelque chose avec apparat » on fait un discours d^apparat, on donne un diner à' apparat. Ensuite, apparat indique plus d'éclat, plus de pompe; c'est pourquoi ce mot se prend quelquefois en mauvaise part dans le sens d'ostentation.
APPAREIL, APPRÊTS, PRÉPARATIFS. Ces mots désignent éga* lement ce que Ton fait d'avance pour Texéculion d'un projet , d'un dessein quelconque. Les préparatifs ppécèdent les apprêts : on fait les préparatifs en arrêtant le plan, en déterminant et rassemblais t les choses qui sont nécessaires à rexôcutiou. On fait les apprêts en tendant ces choses prêtes à être employées, en les mettant en état de