BOUCHE
d'agir et par le principe qol les fait agir. — La bonté est un caractère • Vhunumité, une yev%Ti;\sL sensibilité, une qualité de l'àme. La bonté se montre dans tous les instants de la vie^ dans tous les mouyements» presque dans tous les traits du visage. Vhumanité ne se montre que dans quelques occasions. Un mouvement de haine, un mouvement de colère, peuvent défigurer la sensibilité, — Vhumanité soulage le malheureux; la bonté le console et le plaint; la^en^'ôt/tï^soufiye et pleure avec lui. — L'humanité adoucira de tout son pouvoir un ministère de rigueur; la bonté en retranchera quelques parties; la sensibilité allégera, en les partageant, les peines qu'elle fera soufltir. — Le plus beau de tons les caractères serait la bonté éclairée et agrandie par Vhumanité, réveillée et soutenue par la sensibilité. (Anonyme.)
BORD, COTE, RIVAGE, RIVE. Le bord est, à l'égard de l'eau, cette extrémité de la terre qui la touche, la borne, la borde. La côte est cette partie de la terre qui s'élève au-dessus de l'eau, la commande et y descend. La rive et le rivage sont les limites de Teau, les points entre lesquels l'eau se renferme. Le rivage est une rive étendue : l'eau , en se débordant , couvre la rive et s*étend sur le rivage. — Le bord et la rive n'ont point ou n'ont guère d'étendue; le bord moins que la rive. Les côtes et les rivages ont une étendue plus ou moins c(»nsidéra])le; les côtes beaucoup plus que les rivages. La côte a un bord, le rivage aussi; on n'en attribue point à la rive. — La mer seule a des côtes. La mer, les fleuves, les grandes rivières ont seules des rivages, si ce n'est en poésie. Les fleuves, les rivières, toutes les eaux courantes ont des rives; on en donne quelquefois improprement à la mer. Toutes les eaux ont des bords. — Les bords et les côtes s'élèvent au-dessus des eaux : ils sont abordables, accessibles ou difficiles, escarpés. La rive et le rivage sont plutôt plats. Le rivage descend jusqu'à fleur d'eau; la pente est douce. — Le bord est comme une digue qui contient Teau, comme la bordure contient le tableau qu'elle encadre et surmonte. La côte est une large et longue barrière qui l'arrête, la rejette, la repousse; c'est la défense de la terre. La rive est le point de contact de l'eau et de la terre, ou un des l)ords du lit sur lequel les eanx coulent et se renferment d'elles-mêmes : une rive correspond toujours à une autre. Le rivage est le passage de Teau à la terre ou le point de communication de l'un à l'autre élément; on le quitte quand on part. (R.)
BORNES. V. Terme.
BOSQUET. V. Bocage,
BOUCHE, GUEULE. Ouverture par laquelle certains animaux prennent leur nourriture. Le mot gueule exprime la voracité sanguinaire, et s'emploie en parlant de quadrupèdes carnassiers , de reptiles et de quelques poissons. On dit la gueule du chien , du loup , de l'hyène , du renard , du lion, du tigre, de la panthère, du chat, du ci*ocodile, du serpent^ de la vipère « du requin, du brochet; et la bouche du
106 8TN0NTMES rRANÇAIS.
cheval , du mulet ^ de Tàne, du bœuf, du chameau^ de l'éléphant, de la grenouille, de la carpe, du saumon. (Acad.) Au figuré on dit indifféremment^ suivant l'Académie, la bouche ou la gueule d'un four^ i'un canon.
BOUCHERIE, CARNAGE, MASSACRE, TUERIE. Boucherie se dit des batailles ou combats où un grand nombre d'hommes ont été taés. Ce mot comporte l'idée nécessaire de tuer un grand nombre d'hommes qui ne se défendent point, ou qui se défendent faiblement, on qui sont hors d'état de se défendre , comme les animaux que l'on tue dans los boucheries pour notre nourriture. — Dans les boucheries, c'est le grand nombre du parti le plus faible qui périt: dans le carnage, 11 périt un grand nombre d^bommes de part et d'autre. — Le massacre est l'action inhumaine et barbare de tuer un grand nombre d'hommes sans défense, sans combat, sans distinction d'âge ni de sexe, comnne dans ime ville prise d'assaut, ou dans le massacre de la Saint- Barthélémy. — Tuerie se dit à la guerre des hommes que l'on tue dans une déroute; et hors de là, de ceux qui sont tués dans une grande presse, dans une bagarre, dans un soulèvement, dans un grand tumulte , par accident ou autrement. (L.)
BOUFFI. V. Enflé.
BOUFFON. V. Plaisant.
BOULE. V. Globe.
BOULEVARD, REMPART. Le boulevard est ce qui garde, couvre, revêt les défenses déjà élevées pour la sûreté. C'est la fortification avancée qui protège les autres , la terrasse destinée à la garde et à la conservation du rempart. — Le rempart présente une fortification simple, et le boulevard ime fortification composée, compliquée, ajoutée à un autre, ou rempart, La grande muraille qui ferme un cÀté de la Chine ne passe que pour un simple rempart. Des places très -fortes, telle que Belgrade^ qui couvre l'empire ottoman du côté de la Hongrie, sont regardées conmie un boulevard, — Des chaînes de montagnes inaccessibles, telles que les Alpes, qui défendirent longtemps l'Italie des incursions des Gaulois, sont des boulevards naturels. Nous appelons rempar/ un simple mur, une barrière, tout ce qui met à l'abri, à couvert d'une action nuisible. — Le rempart couvrira, protégera un lieu, un canton. Le boulevard, plus fort et plus avancé, couvrira, protégera une frontière, un pays. Aux postes, aux entrées d'un État, il faut des boulevards : aux places, aux postes moins importants^ des remparts suffisent. — Nos places fortes sont des boulevards et ont des boulevards. Nos places de l'intérieur ont aussi leurs boulevards; mais à Paris et ailleurs , ce sont des promenades qui n*en ont conservé que le nom. (R.)
BOULEVERSER, RENVERSER. L'idée propre de bouleverser est de jeter le désordre et la confusion dans ce que le sujet ruine, ahat, agite ou dérange. Celle de renverser est simplement de jeter par teire