CARESSER
ciseau pris à la main n*ôst que captif avant d'être mis en cage ; du moment où il y est, il devient prisonnier».
Contrairement au sens étymologique et primitif de ces deux mots, on dit prisonnier de guerre au lieu de captif. C'est que captif ne se lit plus guère^ au propre^ que 1» des chrétiens pris par les Mahomélins et réduits par eux à l'esclavage : « Racheter les chrétiens captifs. Ordre de la rédemption des captifs ». (Âcad.) 2» En parlant des guerres de l'antiquité, et dans le style soutenu: « A Rome, les captifs suivaient le char du triomphateur. Louis IX captif inspira de l'estime à ses vainqueurs ». (Id.)
Prisonnier ne se dit pas au figuré : captif, au contraire, se dit fréquemment : « Dans son génie étroit il est toujours captif » (Boileau).
La liberté dont les prisonniers et les captifs sont privés est celle d'aller où bon leur semble : la liberté que Vesclave n'a pas est d'une tout autre nature. Vesclave est privé de sa liberté d'homme, c'est-à-dire qu'il ne s'appartient plus, qu'il ne peut en aucun cas disposer de lui ni de rien qui lui appartienne : il est sous la domination absolue d'un maître qui l'achète, qui le vend comme sa chose propre; en un mot la condition de Vesclave est celle de l'animal domestique.
CAPTIVER. V. Capter.
CAPTIVITÉ. V. Servitude.
CAQUET, GAQUETAGE, GAQUETERIE. V. Babil.
CAQUETER. V. Causer.
CARESSER, FLATTER, CAJOLER, FLAGORNER. Caresser vient, suivant l'opinion générale, de carus, cher: c'est traiter comme un objet qu*on chérit, avec des démonstrations d'amitié> de tendresse, d'attachement ou de tout autre sentiment favorable. On caresse surtout les enfants en leur passant doucement la main sur le visage. — Flatter vient du son doux et coulant fi, spécialement employé à désigner les objets agréables et remarquables par leur douceur, et surtout le souffle. De là le latin flare, flatum. Les flatteurs, disent nos anciens vocabu- (istes, après Nicot, souflent toujours aux oreilles de ceux qui veulent les ouïr : ils remplissent de vanité et enflent de la bonne opinion de soimême ceux qui prêtent leurs oreilles et leur croyance à ce qu'ils disent. C'est donc proprement souffler aux oreilles des choses qui enflent la vanité, des louanges qui émeuvent l'amour-propre. Cajoler, autrefois cageoler^ vient, suivant Topinion généralement reçue, de cage, par une métaphore tirée des oiseaux qui chantent en cage, ou des moyens avec lesquels on les attire pour les prendre et les mettre en cage. Il signifie proprement jaser, babiller comme des oiseaux ; mais il ne se prend plus que dans le sens de dire des douceurs, d*affecter des propos obligeants et agréables pour faire tomber quelqu'un dans le piège, sans paraître le mener à ce but. — Flagorner, c'est proprement flatter comme ces gens qui font les bons valets, pour s'insinuer dans iesprit d'un maître, en Ûchant d'y détruire tous concurrents par de
faux rapports : cette dernière idée, quoique fort négligée dans le langage familier, auqnel ce mot appartient, est consacrée dans ions les dictionnaires. — Les caresses sont des démonstrations d'un sentiment affectueux; les flatteries, des louanges mensongères, du moins par exagération; les cajoleries, des propos galants ou flatteurs et légers; les ftagameries, des flatteries ou plutôt des adulations Lasses et lâches^ surtout par Tinfidélité des rapports. — On caresse ses enfants, ceux qu'on aime, jusqu*aux animaux, ou ceux qu'on feint d'aimer. On flatte tous ceux qui peurent servir ou nuire, les grands surtout et les gens accrédités. On cajole des gens faciles à tromper et à gagner. On flagorne des maîtres, des supérieurs^ des gens faits pour être courtisés par des valets. (R.) CARNAGE. V. Boucherie.
CARNASSIER, CARNIVORE. « Carnassier, adjectif, qui se paît de chair crue, et qui en est fort avide. Dans ce sens il se dit des animaux : Les corbeaux, les loups et les vautours sont carnassiers, Carnivore, adjectif. Il se dit des animaux qui peuvent se nourrir de chair, par opposition à ceux qui ne mangent que des végétaux : Les animaux carnivores. L'homme est à la fois frugivore et camivore ». (Acad.)
Ainsi, carnassier désigne ime disposition naturelle à se nourrir de chair, une nécessité d'organisation, pour l'animal, de vivre de chair à l'exclusion ou de préférence à tout autre aliment. Camivore ne désigne qu'un fait accidentel, que la faculté qu'a Tanimai de pouvoir se nourrir même de chair.
L'Académie ajoute que carnassier se disant des hommes, signifie qui mange beaucoup de chair : « Les peuples septentrionaux sont fort carnassiers en comparaison des méridionaux ».
En histoire naturelle les deux mots s'emploient substantivement pour désigner des ordres, et des sous-ordres, ou des genres; mais souvent sans égard aux nuances qui distinguent ces mots dans la langue littéraire.
CAS. V. Occasion,
CAS QUE (AU), EN CAS QUE. Au cas, pour à ce cas^ signifie tel cas, ce caS'Ci arrivant : en cas signifie en un cas, en certain cas; l'événement est moins particularisé et plus incertain. -- En cas suppose divers genres de cas possibles : au cas îaii abstraction de tout autre cas que le cas présent. Ainsi lorsqu'il peut arriver plusieurs cas différents, lorsque vous avex diverses alternatives à considérer, vous direz en cas; et tout au contraire, vous direz au cas, lorsque vous n'aurez qu'un événement en vue. Deux personnes se font une donation mutuelle en ca» de mort; en cas désigne la mort de Tun ou de l'autre. Une personne fait une donation à une autre, au cas qu'elle décède avant celle-ci; il ne s'agit là que d'un tel cas. Vous dites en co^ de malheur, en cas d'accident : il est clair que cette locution vague embrasse toute sorte d'accidents ou de malheurs. Mais s'il faut particu-