‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 39 sur 163 · CASSER · texte numérisé non relu

CASSER

lariser tel maHieur, tel accident, vous direz au cas que telle chose arrive. — Au cas n'étant relatif qu'à un tel événement, T incertitude est si la chose sera on ne sera pas dans les circonstances données. En cas supposant la possibilité de divers genres d'événements, Tinoerîitude est s'il arrivera une chose ou une autre. (R.)

CASSANT. V. Fragile.

CASSER, ROMPRE» BRISER. Mettre de force un corps solide en divers morceaux ou pièces. L'action de casser détruit la continuité d'un corps, de manière que deux ou plusieurs parties ne sont plus adhérentes les unes aux autres. L'action de rompre détruit la connexion de certaines parties, de manière qu'elles ne sont plus liées les unes aux autres. L'action de briser détruit la masse et la forme du corps , de manière que les différentes parties tombent toutes en pièces, en morceaux, en poussière. Ainsi, à la rigueur, on ne casse que les corps dont les parties, au lieu de s'entrelacer et de se maintenir les nnes les autres, ne sont qvi'adhérentes ou comme collées les unes contre les autres, et sont si raides et si dépourvues d'élasticité, qu'elles se quittent ou se séparent les unes des autres plutôt que de ployer oa de se relâcher. On casse le verre, la glace, la porcelaine, la faïence, le marbre et autres corps fragiles; mais on ne les rompt pas. — On rompt les corps dont les parties s'entrelacent, s'enfrènent, s'enchaînent Ips unes les autres, si bien que, pour en séparer les parties suscej^ tibles de plus ou moins de tension et de relâchement , il faut poar ainsi dire les arracher les unes aux autres, en déchirant les liens qnt les retiennent ensemble. On rompt le pain, l'hostie, un bâton, des nœuds, des fers et autres corps pliants; on ne les casse point; ou si ou en casse quelques-uns, c'est dans des cas particuliers que nous expliquerons bientôt. En général, on rompt ce qui lie et ce qui plie. — On brise toute sorte de corps solides, dès qu^on les met en pièces par uoe action violente. Ainsi on brise une glace, comme on brise ses liens : ou brise une glace qu*on casse en mille morceaux ; on brise les liens que l'on rompt de manière qu'il n'en reste pas la moindre attache. — Mais dans l'application de ces mots, on a surtout égard à la manière d'opérer qu'ils désignent. Le choc casse; les efforts pour ployer rompent; les coups violents ou redoublés brisent. — On casse en frappant, en choquant, en heurtant. Un peu de plomb, comme ait Voiture au prince de Condé, casse la plus importante tète du monde. Eu frappant fortement sur une table vous la cassez. — On rompt en faisant céder, fléchir, enfoncer, ployer sous le poids, la charge, l'effort, plus que la chose ne le comporte. Vous romprez le pain , lorsqu'en appuyant fortement d'un côté, vous le détacherez de l'autre : un fleuve rompt sa digue en l'enfonçant; les arbres rompent de la surcharge des fruits qui font ployer leurs branches. Un essieu casse et se rompt: il cassCy lorsque trop rigide pour ployer, une secousse, un cahot violent le fait éclater et fendre comme un verre (le fer aigre est cassant^;

It8 SYNONYMES FRANÇAIS.

il se rompt, lorsqu'après ayoir fléchi sous la snrcliage autant qu'il se pouvait, il faut que ses parties faibles et soufijrautes se séparent. Un fil, une corde, un nœud, une soupente castent plutôt qu'ils ne rompent, quoique très-flexibles; par la raison que, loin de manquer parce qu'on les aora trop ployé, ils sont devenus, à force d*étre trop tendus, si faibles et si semblables à des corps fragiles , qu'ils cassent comment eux au moindre choc, à la première secousse. — On brise en frappant de grands coups ou coup sur coup, en écrasant, en divisant d*one manière violente. Un navire jeté sur un rocher par un yen impétueux, se brise. — L'action de casser a l'effet ultérieur de rendre la chose cassée vaioe, inutile, impuissante, ou du moins insuffisante pour le service qu'on en tirait ou Tefiét qu'elle produisait : on pot cassé ne sert plus ou sert mal. Cette idée n'est point dans le mot rompre : on rompt un gâteau pour le manger; on rompt ses fers pour reprendre sa liberté; on rompt le fil de Teau pour ne pas être entraîné; il est alors utile de rompre. L'action de rompre a pour effet ultérieur d'empêcher la suite, la continuation , l'enchaînement , la durée des choses, soit eu les faisant tout à fait cesser, soit par une simple interruption. Au figuré, on fxmipt des traités, des alliances, des engagements, tout ce qui lie, de manière qu'on se délie, et qu'on n'est plus ou qu'on ne veut plus être obligé. Briser s'arrête à l'idée physique de réduire en pièces, morceaux, brins, débris, sans aucun autre rapport particulier. Ce mot n'a donc pas de caractère moral ou d'effet ultérieur désigné : aussi n'a-t-il guère, au figuré, d'emploi décidé, que dans quelques phrases : brisons là; ce qui marque fort bien qu'on ne veut plus absolument entendre parler d'une chose. On est brisé, quand on est si fatigué qu'on est dans l'impuissance de se remuer, comme si Ton avait le corps brisé. (R.)

CASSER, ANNULER. V. Annuler.

CATASTROPHE. V. Dénoûment.

CAUSER, PRODUIRE. Causer, c'est faire naître; produire, c'est donner naissance. Ce qui cause une chose est simplement l'occasion de cette chose, la procure, y donne lieu : ce qui produit fait éclore une chose dont le germe était en loi; c'est-à-dire que la chose effectuée découle, tire son origine de l'objet producteur, qui renfermait en luimême cette chose. Un ouragan cause un grand dommage : le dommage est bien le fait de l'ouragan ; mais il n'était pas d*abord en germe dans l'ouragan. La graine produit la plante : la plante naît de la graine où elle était en germe.

L'enlèvement d'Hélène causa une terrible guerre entre les Grecs et les Troyens, et cette guerre produisit de grands maux. Cet enlèvemei.^ donna lieu à la guerre; mais cette guerre n'était pas renfemiée, contenue dans l'enlèvement : l'enlèvement fit simplement naître la guerre.

Cette guerre, qui elle-même est un mal, donna naissance à de grands

CAUTIOIV. 119

maoz : die les portait dans son sein^ elle en fut la mère, elle les produisit.

On ne dit pas d'une cause qu'elle cause un effet, mais qu'elle produit wa. effet : c'est que la cause porte en elle-même son effet et que l'effet sort de la cause.

CAUSER, JABOTER, JASER, CAQUETER, BABILLER. Causer, c'est s'entretenir familièrement. On cause sur des choses graves comme sur des choses frivoles; on cause d'affaires, conmie pour son plaisir. Jaboter, jaser, caqueter, s'appliquent proprement à des conversations sans importance et sur des objets sans intérêt. — Jaboter^ c'est parler de manière que les personnes étrangères à votre entretien ne vous entendent pas, du moins assez pour distinguer ce que vous dites; ^es voient ou entendent que vous parlez : la preuve en est que ce mot se prend aussi pour murmurer, marmoter, parler entre les dents. Jaser, c'est parler trop ou indiscrètement, conmie si on avait toujours quelque chose à se dire et si on pouvait tout dire, mais d'une manière qui, en elle-même, n'a rien de désagréable pour les autres; la preuve de Tindiscrétion, c'est que ce mot signifie aussi révéler un secret. Caqueter, c'est parler d'une voix haute et avec une continuité qui inconmiode, importune, étourdit et sans rien dire : la preuve en est que ce mot s'entend surtout du caquet éclatant et redoublé des poules, et du babil vain, continu, élevé, fatigant des pies, des perroquets et autres animaux semblables. Babiller est à l'égard de ces mots une sorte de genre qui marque la légèreté, la volubilité, la futilité, l'abondance, la supei^uité, la continuité, l'excès, et qui est susceptible de divers défauts désignés par les autres verbes. (R.)

CAUSTIQUE, SATIRIQUE, MORDANT. Caustique implique une certaine malignité piquante; satirique, un peu d'amertume dans l'hu- )ticur; mordant, un caractère plus ou moins méchant. Un esprit caustique emploie l'ironie, la plaisanterie fine, pour faire ressortir les ridicules et les travers des gens; il amuse. Un esprit satirique attaque surtout les vices et les défauts les plus blâmables; ses armes sont une plaisanterie vive et amère, et quelquefois l'indignation et la véhémence : c'est un moraliste ou un juge de mauvaise humeur, qui condamne, punit et instruit. L'esprit mordant s'attaque à tout, ne ménage lien, et, comme on dit vulgairement, emporte la pièce; il blesse et déplaît.

CAUTION, GARANT, RÉPONDANT. U caution s'oblige, envers celui à qui elle cautionne, à satisfaire à un engagement ou à indemniser des malversations de celui qu'elle cautionne, si celui-ci manque de foi ou de fidélité. Le garant s'oblige envers celui à qui il garantit \ai chose vendue, cédée, transportée, à l'en faire, à ses risques et périls, jouir contre ceux qui le troubleraient dans sa possession, ou à l'indemniser. Le répondant s'oblige envers celui à qui il répond y à réparer les torts ou à l'indemniser des pertes qu'il pourrait essuyer de la part de celui

dont il répond. — Les associés d'une compagnie sont cautions les uns des antres. Les rois sont les garants nécessaires des propriétés de tenis sujets. Les pères et mères sont les r^poitdan^ naturels de leurs enfants mineurs et non émancipés. — La caution s'engage pour des intérêts ou sons des peines pécuniaires; le garant, t^vlt des possessions; le répon^ danti pour des dommages. Le premier s'engage à payer^ le second à poursuivre» le troisième à dédommager. — La caution donne un second débiteur; le garant, un défenseur; le répondant ^ un recours. Le premier prend la même charge que son cautionné , il le représente; le second prend fait et cause pour l'acquéreur, il se fait fort contre tout opposant; le dernier prend sur lui la peine ou le donmiage pé» cuuiaire de son client, il supplée à son impuissance. — La caution Test gratuitement ou par intérêt : on cautionne gratuit:ement et généreusement son ami; on cautionne un entrepreneur pour un intérêt commun. Le garant l'est forcément, de droit ou de fait; un Tendeur est de droit garant de ses faits, de ses promesses ; une puissance se rend, volontairement et de fait, garante des engagements que d'autres puissances prennent entre elles dans un traité. Le r^oondant Test volontairement et sans intérêt; un patron r^oruf pour son client dans la vue de Tobliger, de lui assurer une place. On ne serait pas proprement réjpondani, si on était obligé par les lois de répondre; on serait respon" sable. (R.)

CAVERNE. V. Antre.

CAVITÉ, CREUX. L'un et l'autre indiquent un vide plus ou moins considérable: a Les cavités d'un rocher, les cavités du cerveau, les cavités du cœur; le creux d'un rocher, le creux d'un arhre, le creux de la main ». (Acad.)

La cavité est, dans l'intérieur d'un corps solide, un vide borné de t^us côtés ou n'ayant à l'extrémité qu'une ouverture très-étroite relativement au vide intérieur. Le creux n'est souvent qu'une simple inégalité, un faible enfoncement à la surface du corps; ou hien c'est un vide intérieur peu profond, et dont l'ouverture, placée à l'extérieur et visible du dehors, est très-grande. Les cavités d'un rocher sont tout à fait dans l'intérieur de ce rocher, et il n'est pas toujours possible d'y pénétrer; le creux d'un rocher n'est qu'une espèce de niche ou de guérite naturelle, à la surface de ce rocher. Le creux de l'estomac est à la partie antérieure delà poitrine au bas du sternum; la cavité de l'estomac est l'intérieur même de ce viscère.

CÉLÈBRE. V. Fameux.

CELER. V. Taire.

CÉLÉRITÉ. V. Promptitude.

CENSURE. V. Critique.

CENTRE, MILIEU. Dans le langage rigoureux de la géométrie, le centre et le milieu ne sont l'un et l'autre qu'un point sans étendue; mais centre se dit de toute figure fermée, cercle, polygone ou solide;

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