‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 40 sur 163 · CERTES · texte numérisé non relu

CERTES

milieu n6 se dit (|ue de la ligne. Par analogie on dit que le soleil est an centre de notre système planétaire; c'est-à-dire que le soleil occupe le point autour duquel gravitent les planètes.

Dans le langage ordinaire, centre et milieu se^disent d'une portion de l'étendue^ d'un lieu, d'un endroit également distant de la circonférence on des extrémités : mais centre a toujours un sens plus rigoureux que milieu, et présente à Tesprit tme étendue bien moindre relativement à la surface totale dont il fait partie. Le centre de la ville est plus également éloigné des extrémités que le milieu. Mais si Ton entend par centre de la ville, la rue, le quartier d'où part et auquel vient aboutir tout mouvement, la partie la plus vivante, la plus ani-^ mée, en un mot le cœur de la ville, alors le centre peut se trouver très-éloigné du milieu, et se trouver fort près de l'une des extrémités..

Quand on ne considère qu'une seule dimension de l'étendue, on dit toujours milieu : Le milieu d'une perche, le milieu d'une allée, d'un< chemin. On dit : La rivière passe au milieu de la ville (Acad.); c'està-dire, la traverse dans le sens de la longueur ou de la largeur : Lœ zone du milieu, parce que le mot zone éveille une idée de longueur.

En parlant de la durée, on dit toujours milieu : Le milieu du jour,, le milieu de la nuit; parce que la durée n'a pour ainsi dire qu'une dimension, comme la ligne; aussi dit-on la longueur des heures, la. longueur du temps.

Milieu se dit aussi, figurémcnt, en physique, du fluide qui environne les corps : « L'air est le mtVteudans lequel nous vivons ». (Acad.)

Centre s'emploie très -bien, au figuré, pour désigner le lieu d'où partent ou auquel aboutissent les choses : « Cette ville est le centre du commerce des grains. L'égoïste se fait le centre de tout ».

CEPENDANT. V. Pourtant.

CERTAIN. V. Sûr.

CERTAINS. V. Quelques.

CERTES, CERTAINEMENT, AVEC CERTITUDE. L'adverbe eertai-^ nement est une affirmation qui désigne simplement la conviction de celui qui parle, la persuasion où il est, et l'autorité qu'il veut donner à son discours par son témoignage , plutôt que les raisons qu'il peut avoir d'assurer ou d'affirmer. « Il est certainement le plus habile de tons » (Acad.); cela veut simplement dire : Il est, suivant moi, dans ma conviction, le plus habile. Certainement signifie aussi indubitablement, d'une manière certaine : a Le savez-vous certainement? » (Id.)

(c Certes est une affirmation tranchante et absolue, qui annonce l'assurance fondée sur la certitude et la oonvicUon la plus profonde, certifie la chose, emporte une sorte de défi, et vous défend, pour ainsi dire, d'élever un doute ou un soupçon contraire. 11 équivaut à sans contredit; mais il dit non-seulement qu'il n'y a point à cet égard de contradiction, mais qu'il ne peut y en avoir. Nous traduirions convenablement par certes ces espèces de jurements latins, herclé, œdepol, etc.

122 SYNOffTll£S FRANÇAIS.

Voyez avec qaelle assurance^ cpielle hauteur, elle fermeté on vous répond oui certes, non certes. — La phrase avec certitude désigne principalement, par une simple assertion, qne yoos avez les motifs les plus puissants pour assurer, ou les plus fortes raisons de croire et de «lire une chose comme certaine en soi, ou dont vous êtes certain. — Vous savez une chose avec certitude, de science certaine, sans aucun <loute; vous Taffirmez certainement, sans crainte, et d'une main assurée; et certes, vous la garantissez en homme qui certifie, qui doit être cru, qui répond de la chose, qu'on n'aurait garde de contredire ». (R.).

CERTIFIER, CERTIFICAT. V. Attester, Attestation.

CERTITUDE (AVEC). V. Certes.

CERVELLE, CERVEAU. Organe contenu dans la cavité du crâne. •^ Cervelle se dit plutôt de la substance cérébrale en tant que matière inerte; et cerveau, de cette substance en tant qu'organisée et accomplissant certaines fonctions. En d'autres termes, le cerveau est le viscère, la cervelle est la substance matérielle qui entre dans Torganisation de ce viscère. On dit un morceau de cervelle ; on mange de la cervelle de mouton : on ne dit pas un morceau de cerveau, manger du cerveau. Le physiologiste étudie les fonctions de Torgane appelée cerveau : le chimiste analyse la matière appelée cervelle et en détermine les éléments.

Il en est à peu près de même, lorsque ces mots sont employés au figuré dans le sens d'entendement, intelligence, jugement. Cervelle a. davantage rapport à la quantité ou à la qualité de la substance; cer^ veau, à l'action, à la puissance de l'organe : a Une petite cervelle, une cervelle évaporée, une tête sans cervelle; son cerveau travaille, cerveau débile ». (Acad.) Il faut remarquer en outre que cerveau se dit aussi, au propre, de l'étendue de la cavité qui renferme ce viscère : « La capacité du cerveau ». (Acad.) Voilà pourquoi l'on dit aussi au figuré, cerveau étroit, petit cerveau ». (Id. )

CESSER. V. Finir.

CESSION, CONCESSION. Action de céder, d'accorder à unautre ce dont on est propriétaire. — La cession est dans le simple exercice du droit que chacun a sur ce qui lui appartient. La concession est un don, un octroi fait par le souverain ou par TÉtat; c'est une faveur, une grâce, un privilège que Ton n'obtient pas sans faire des démarches, des sollicitations : l'affaire est plus compliquée qu'une simple cession (4, page 3); de plus, l'objet de la concession est ordinairement plus considérable, plus important que celui d'une cession.

C'EST POURQUOI. V. Ainsi.

CHAGRIN. V. Affliction.

CHAINES, FERS. liens d'un prisonnier, d'un esclave. La chaîne eti un composé d'anneaux de métal engagés les uns dans les autres; les fers sont l'ensemble des chaînes et autres objets en fer, tels que les

CHANCE l\ i23

cep«, les meaoUes^etc, qui retienoent Thomme encliaiûé. Oa peut dire tenir un animal à la chaîne : on ne dirait pas le mettre aux fers, parce qn*mi animal^ un chien n*est retenu que par une chaîne.

Au 0guré, chaînes peut se dire d*une douce servitude, d*un assujettissement que Ton aime : Les chaînes de ramitié. Fers exprime toniours un dur esclavage , la perte de la liberté, l'oppression , ou tout au moins la soumission absolue aux yolontés d'un autre : « Il fut vaincu par le peuple auquel il voulait donner des fers ». ( Acad.)

CHALEUR. V. Chaud.

CHAMPS (LES), LA CAMPAGNE. L'idée des champs réveille celle de la culture, parce qu'on ne les a distingués les uns des autres que pour les mettre en valeur; et l'idée de la campagne rappelle Fidée de la ville, à cause de l'opposition de la liberté dont on jouit d'un côté avec la contrainte où Ton est de l'autre; et quoique l'on dise proverbialement, avoir un œil aux champs et l'autre à la ville, pour dire, prendre garde à tout, ce n'est pas une opposition^ ce n'est qu'une différence que Ton veut marquer entre les soins dont on s'occupe, parce qu'en effet les soins de la culture sont bien différents de ceux des affaires que l'on traite à la ville. — Cela posé, une maison des champs est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues économiques qui Tout fût construire ou acheter; comme un verger, un potager, une basse-cour, des écuries pour toutes sortes de bétail, un vivier^ etc. Une maison de campagne est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues de liberté, d^indépendance, et de plaisir qui en ont suggéré Tacquisition; comme avenues^ remises, jardins, parterres, bosquets, parc même, etc. ( B.)

CHANGE. V. Bonheur.

CHANCELER , VACILLER. Ces mots expriment le défaut d'être mal assuré. Chanceler c'est à la lettre courir la chance de choir, pencher comme si on allait tomber : vaciller, aller de çà, et de là, comme va un petit rameau, une baguette, bacillum. — Ce qui chancelle n'est pas ferme : ce qui vacille n'est pas fixe. Le corps chancelant aurait besoin d'être assuré sur sa base : le corps vacillant aurait besoin d'être assujetti dans sa position. Celui-ci est trop mobile, et celui-là trop faible. — L'esprit qui ne sait pas se tenir dans le parti qu'il a pris, chancelle: celui qui flotte d'un parti à l'autre sans se fixer, vacille. Le premier manque de fermeté pour résoudre, et d'assiette; le second, de force pour prendre une résolution, et de constance. — Nos opinions sont vacillantes, comme des roseaux exposés à tous les vents; les grandes fortunes sont chancelantes, comme des bâtiments trop élevés. (R.)

CHANCIR, SE CHANCIR. V. Passer, se passer.

CHANCIR, MOISIR. Termes qui expriment tous deux un changement à la surface de certains corps, qu'une fermentation intérieure dispose à la corruption. Chancir se dit des premiers signes de ce cûanr gement; moisir se dit du changement entier. — Une confiture est

12/i SYNONYMES FRANÇAIS.

chancie, lorsqu'elle est couverte d'une pellicule blancnàtre : elle est morne, quand il s'élève de cette pellicule blanchâtre une efflorescence en mousse blanchâtre ou verdâtre. (6.)

CHANGEMENT, RÉVOLUTION, MUTATION. Le changement est une modification qui rend une chose différente de ce qu*elle était auparavant, soit en bien, soit en mal. Cest une expression vague et iadéterminée, dont les accessoires déterminent la force et l'étendue. Le changement peut être petit ou considérable, violent ou insensible, subit ou successif, bon ou mauvais. La révolution est un cJiangement totale une décomposition. — Le cJiangement fait qu'une chose ne parait plus la même, qu'elle se présente soiis une face nouvelle, avec des modifications nouvelles; la révolution la change entièrement de forme et fait qu'on ne la reconnaît plus. — La mutation est une action par laquelle on met une personne à la place d*une autre, comme quand on fait passer des officiers d'un régiment dans un autre. Mutation est aussi un terme de jurisprudence et d'administration qui se dit du passage d'un bien des mains d'un propriétaire dans celles d'un autre. Les mutations ont lieu par héritages, par les ventes, etc. — Les changements mettent la chose dans un nouvel état; les révolution la renversent; les mutations les changent de place et de maître. (L.)

CHANGEMENT, VARIATION. V. Variation.

CHANGER, ÉCHANGER, TROQUER, PERMUTER; CHANGE, ÉCHANGE, TROC, PERMUTATION. Changer, change, sont des termes généraux exprimant simplement l'action; d'ailleurs cAûw^e n'est guère employé que comme terme de banque : « Le change sur Londres; lettre de change » : hors de là on dit échange ou troc. Échanger, échange désignent une action plus particulière ou plus importante et faite avec intention. Je peux changer une chose par mégaide, par exemple mon chapeau, c'est-à-dire en prendre un autre au lieu du mien; échanger suppose toujours Tinterveution de la volonté.

On dit bien : « Il a changé son tableau contre des meubles » (Acad.); mais dans ce cas on veut f^xprimer simplement un troc; s'il s'agit d'une opération qui exige plus de précaution, plus d'exactitude, ou dont l'objet est très-important, on doit dire échanger : « Échanger une propriété contre une autre; on a Changé les prisonniers ». (Acad.)

Troquer se dit, comme changer, de nippes, meubles, bijoux, chevaux et autres choses semblables : « Il a troqué son cheval contre un tableau ». (Acad.) Il diffère de change*^ en ce que celui-ci peut laisser à entendre qu'on a donné de l'argent en retour, tandis que troquer signiffe rigoureusement que les objets troqués ont été considérés comme ayant une valeur absolument égale.

Le substantif troc répond aux verbes troquer et changer ; il y a entre ce substantif et échange la même différence qu'entre changer on troquer et échanger.

Permuter et 'permutation, dans le sens ^échange, ne se disent que

ciiAnGB. 125

âss emplois : « Un officier peut permuter avec un officier d'un autre régiment».

CHANTRE, CHANTEUR. Le chantre est un dignitaire qui est maître da chœur et (jui préside au chant dans certaines églises, ou bien c'est celai dont la fonction est de chanter au serrice divin : ainsi le mot chantre est un nom attributif de dignité ou de fonctions spéciales. Chanteur se dit de celui dont la profession est de chanter au théâtre, on de toute personne qui fait ou a fait l'action de chanter un morceau de musique profane.

Chantre se dit aussi figurément et poétiquement^ 1» d'un po6te : a Le chantre de la Thrace» (Acad.), c'est-à-dire Oi-phée; 2» pour désigner le rossignol et d'autres oiseaux: «Les chantres ailés». (Id.)

CHAQUE. V. Tout,

CHAR^ CHARRETTE, CHARIOT. Véhicules à roues. — Char est Ifr mot simple et par conséquent le terme générique; aussi s*emploie-t-il dans le style élevé pour désigner toute espèce de voiture. 11 se dit plus particulièrement des voitures dont les anciens se servaient dans les jeux de course, dans les combats, dans les triomphes; de toute voiture d*apparat qui figure dans une fête ou dans une cérémonie publique; enfin d'une voiture remarquable par son élégance ou sa richesse.

La charrette est une voiture à deux roues, qui a deux limons et aont on se sert pour transporter toutes sortes de fardeaux. Le chariot est une voiture à quatre roues propre à transporter des marchandises,, des bagages et même des personnes : « Chariots de foin, d'ambulance,. d'artillerie, de vivres». (Acad.)

CHARGE, CHARGEMENT; DÉCHARGE, DÉCHARGEMENT. Cliar^ gement et déchargement se disent spécialement de l'action (19, page 6) t « Il faudra bien du temps et des hommes pour faire le chargement y le déchargement de cette voiture, de ce bateau, de ce navire ». Le seas est actif dans cet exemple; mais chargement s'emploie aussi, dans le gens de charge^ pour indiquer Tobjet ou les objets de l'opération, le fardeau chargé eu à charger : le sens est alors passif, et dans ce caschargement ne se dit bien qu'en parlant des navires. Quant à dëchar^ gement, il exprime toujours l'action.

Réciproquement, décharge s'emploie dans le sens actif pour déchar^ gement, en parlant des voitures, des charrettes ou des bateaux. Quant à: charge f il ne s'emploie jamais dans le sens actif, si ce n'est comme terme de marine et dans cette locution : « Navire en charge pour Rayonne ». (Acad.)

CHARGE, FARDEAU, FAIX. Dans le sens propre et naturel des^ mots, la charge est ce qu'on impose, ce qu'on met dessus pour être porté : le fardeau, la charge pesante qu'on ne porte qu'avec effort : lefaix, jm fardeau (formé surtout par accumulation), dont on peut être surchargé. — La charge est forte ou faible, pesante ou légère, grandeou petite, etc. Pesant est Tépithète ordinaire de fardeau : « C'est on-

126 STNOIITHES FBAKÇAIS.

fardeau pesant qn'an ikhd trop tftt fameux ». H faut appesantir la charge pour en faire un fardeau. Ainsi, comme le dit Qninanlt, c'est nne charge bien pesante qa*im fardeau de qnaftre-Tingts ans. — Nons appelons particulièrement faix ce qui s'amasse, se complique, s*accamule, s*accroit progressivement : le faix des années, le faix des affiadres multipliées, le faix des différents impôts, le faix du trayaîL (R.) Boilean, flatteur habile, avait dit à Louis XIV :

liais je sais pea kmer . et ma muse tremblante Fait d'un si grand furdeam la charge trop pesante.

Des critiques se soulevèrent contre la charge dun fardeau; mais le jx>ëte savait sa laogue; malgré les censeurs, il conserva l'expression. (Anon]rme.)

CHARGE, OFFICE. V. Office.

CHARIOT. V.CAar.

CHARLATANISME, CHARLATANERIE. a Charlatanisme se dit des ruses, des artifices, des tromperies du charlatan : charlatanerie signifie hâblerie, flatterie, discours artificieux pour tromper quelqu'un »• (Acad.) La charlatanerie est dans les paroles; le charlatanisme est dans la manière d'agir, dans les moyens qu'on emploie pour tromper (r*, page 9).

2HARME, ENCHANTEMENT , SORT , SORTILEGE. Ces mots ont rapport aux opérations prétendues magiques. Le charme consiste principalement dans l'emploi des paroles. « Ce mot comporte dans sa signification l'idée d'une force qui arrête les effets ordinaires et naturels des causes ». (Eue.) Ainsi ^ charmé se dira d'un animal qui ne fera pas ce qu'il fait naturellement : « Son cheval ne voulut pas avancer, il crut qu'on Tavait charmé ïi, (Acad.)

Venchantement consiste en paroles et en cérémonies que l'ion croit propres à évoquer les démons et les esprits, à faire des maléfices, àrendre en apparence les objets autres qu'ils ne sont, à produire des apparitions^ etc. Ce mot se dit proprement pour ce qui regarde Tillusion des sens.

Le sort est une opération qui a pour but de nuire aux personnes, en troublant leur raison ou leur santé, aux animaux ou aux choses, en les empêchant de prospérer. Le sort est la chose, l'effet; le sortilège e.t l'acte ou l'action : On jette un sort, on fait un sortilège,

CHARMER et ENCHANTER (au figuré) , RAVIR. Charmer c'est tirer Tàme de son indifférence, de son inaction, pour l'amener à nne sensation agréable, à l'occasion des objets qui ont rapport à l'exercice de ses facultés. Enchanter, c'est attacher fortement l'àme à cette sensation par l'attrait du plaisir qui en résulte. Ravir, .c'est porter r«i. chantement au point qu'il occupe l'âme tout entière, qu'il suspend tout autre sentiment. On voit par là que ces trois expressions enchérissent Tune sur l'autre : enchanter dit plus que charmer, et ravir plus i\\x'enchanter, (L.)

CHAUD (le). 127

CHARMES. V. Attraits,

GHARMOIE^ CHARMILLE. La charmoie est un lieu planté de diannes : on y prend la charmille, on petits charmes^ dont on fait dans les jardins les palissades, les portiques, les haies, que Ton appelle aussi charmilles (38, page il).

CHARRETTE. V. Char.

CHATIER, PUNIR; CHATIMENT, PUNITION, a On châtie celui qni a fait une faute, afin de l'empèclier d'y retomber; on yent le rendre meillenr ». {Enc,) On punit celui qui a commis un crime, un méfait quelconque, pour le lui faire expier. — De plus, « châtier porte toujours avec lui une idée de subordination qui marque l'autorité ou \ql supériorité de celui qui châtie sur celui qui est châtié. Mais le mot de punir n'enferme point cette idée dans sa signification : on n'est pas toujours /Nmt par ses supérieurs; on l'est quelquefois par SCS égaux, par soi-même, par ses inférieurs, par le seul événement des choses, par le hasard, ou par les suites mômes de la faute qu'on a. commise ». (6.)

C'est à cause de cela que châtiment dit plus que punition : il part d'en haut; il frappe plus forteuent celui sur la tète de qui il tombe.

CHAUD (LE), LA CHALEUR. L'idée commune est celle de la sensation particuliëre que nous éprouvons lorsque le calorique agit sur nous. — Le mot chaleur est le nom abstrait de la qualité exprimée par l'adjectif chaud, comme vérité est le nom abstrait de la qualité exprimée par Tadjectif vrai : Un corps a de la chaleur, c'est-à-dire possède la qualité que j'appelle chaleur , ce corps est chaud. Mais si de l'adjectif chaud je fais un substantif et si je dis souffrir le chaud ^i le froid, ce substantif le chaud, quoique synonyme du substantif cAa/«tfr« en diffère cependant, non -seulement parce que ce mot n'exprime pas l'idée de qualité, mais aussi parce que Tesprit le considère comme le nom particulier d'un être idéal et métaphysique ayant lui-même, essentiellement et à un très-haut degré, la qualité appelée chaleur, sA se manifestant par cette qualité.

En conséquence de cela le substantif le cliaud a un sens absolu que n'a pas le substantif chaleur; aussi rejette-t-il tout complément déterminatif, tandis que le substantif chaleur prend très-bien cette sorte de complément : ainsi l'on dit la chaleur du feu, la chaleur du soleil, et l'on ne dit pas le chaud du feu, du soleiL On dit au contraire, sans l'article et d'une manière absolue, j'ai chaud; on ne dit pis j'ai chaleur. Pourquoi? c'est que le mot chaud est considéré comme le nom d'un objet, et que l'on peut avoir un objet; tandis que chaleur est le nom d'une qualité abstraite et que l'on ne peut pas avoir une qualité abstraite tout entière; on ne peut en avoir qu'une partie : « Il a die /a chaleur, il a de /a probité ».

« Nous disons le chaud, fait remarquer Laveaux , pour désigner la température de l'air, d'un lieu. La chaleur à un certain degré produit

cette température, la chaleur fait le chaiid ». Sans doute, comme les qualités font l'objet.

Chaleur s'emploie très-souvent au figuré.

CHAUFFER, ÉCHAUFFER. Chauffer exprime Taction simple de rendre chaud : échauffer, en sa qualité de composé , exprime une action qui se fait plus en grand, ou qui demande plus de peine, une intention plus marquée (9, et 6, page 4) : « Il faut faire du feu dans cette chambre pour Y échauffer ». (Acad.)

Ensuite, comme le fait remarquer Laveaux, chauffer, c'est communiquer à une personne ou à une chose la chaleur du feu, en la mettant et en la tenant auprès. Échauffer, c*est dissiper la sensation du froid par du mouvement, de l'exercice, ou de quelque autre manière semblable. On fait chauffer de l'eau en la tenant auprès du feu; on s'échauffe en marchant, en courant; on échauffe un malade en mettant sur lui de bonnes couvertures, etc.

CHAUMIÈRE. V. Cabane.

CHEF. V. Tête.

CHEMIN. V. Voie, route.

CHER , CHÈREMENT. A haut prix. — Cher a rapport à l'objet, et chèrement au sujet (60, page 18) : c'est pourquoi l'on dit d'une chose qu'elle coûte cher et non qu'elle coûte chèrement. Au propre, on dit presque toujours acheter, vendre, payer cher une marchandise; parce que c'est l'idée de prix qui domine dans la pensée : ces locutions, en effet, signifient acheter, vendre, payer d'un prix cher. Si l'on dit quelquefois acheter, vendre, payer chèrement une marchandise, c'est que l'on veut caractériser l'action et en faire presque un reproche au sujet: « Vous avez acheté, payé chèrement ces étoffes », c'est réellement vous les avez achetées, payées trop cher ou bien cher.

Au figuré, on emploie également ces deux adverbes; mais toujours avec les mêmes rapports qu'au propre : « Il me paiera cher cet outrage » c'est-à-dire il le paiera à un prix cher, cet outrage lui coûtera cher. « Il paya chèrement sa victoire » : ici j'appelle l'attention sur le sujet qui a fait une action dont je détermine le caractère. Je dirai : «Un soldat doit vendre cher sa vie » parce que le sujet est ici un terme général, qui ne désigne point une personne sur laquelle on puisse appeler l'attention ; mais si je parle de tel combattant que j'ai déjà nommé et que je représente comme ayant succombé avec gloire, je dirai qu'il vendit chèrement sa vie.

CHER, CHÉRI. Qui est tendrement aimé. — CA^ exprime simplement la qualité, la propriété d'être l'objet d'un tendre attachement : chéri présente cette qualité comme l'effet de l'acte moral de l'a personne qui porte ses sentiments les plus tendres sur l'objet de son affection (52, page 16). Chéri dit plus que c}ter: des enfants sont naturellement chers à leurs parents ; mais s'il s'en trouve un parmi eux qui le soit un peu plus que les autres , un que ses parents ehé-^

ÇUOIB. 129

rissent, pour lequel il paraissent avoir une certaine préférence > on dit que cet enfant est leur chéri, leur Benjamin.

Chéri exprime donc un attachement de prédilection, et en outre, comme venant d'un verbe actif, il rappelle l'idée de cq verbe; or chérir, ce n'est pas seulement avoir une affection très- vive et de préférence^ c'est auss.i la faire voir, la témoigner par des actes : chéri fait entendre tout cela; tandis que cher ne rend que l'idée d'un attachement vrai 9 sans doute^ et même profond, mais renfermé dans le CŒor, et quelquefois y restant caché aux yeux de tout le monde.

CHÉRIR. V. Aimer.

CHËTIF, MAUVAIS. Mauvais n^est pris ici que dans le sens qui ie rend synonyme de chétif; je veux dire^ pour marquer uniquement une sorte d'inaptitude à être avantageusement placé ou mis en usage.

— L'inutilité et le peu de valeur rendent une chose chétive ; les défauts et la perte de son mérite la rendent mauvaise. De là vient qu'on dit^ dans le style mystique, que nous sommes de chétives créatures, pour marquer que nous ne sommes rien à l*égard de Dieu; et qu'on appelle mauvais chrétien celui qui manque de foi, ou qui a perdu par le péché la grâce du baptême. — En fait de choses d'usage, comme étoffes, linge, et semblables, le terme de cA^^i/ enchérit sur celui de mauvais. Ce qui est usé mais qu'on peut encore porter au besoin, est mauvais; ce qui ne peut plus servir et ne saurait être mis honnêtement , est chétif. (G.)

Chétif s'emploie souvent pour exprimer la double idée de petit et de peu de valeur : « Un fermier qui a des moutons fort chétifs. Faire ime chétive récolte ». ( Acad.)

CHEVAL. V. Coursier,

CHICANE, CHICANERIE. La chicane est une procédure artificieuse on bien une subtilité captieuse en matière de procès, d'affaires ou de discussion. La chicanerie est moins importante ; c'est un simple tour de chicane, une petite pratique d'un esprit chicanier, une petite difficulté soulevée par un esprit pointilleux ou vétilleur (22, page 7).

CHIMERE. V. Illusion.

CHOIR, TOMBER. Choir ne se dit guère qu'à l'infinitif et au participe chu : il ne se dit même guère que dans le style familier, quoique Corneille l'emploie si souvent comme un mot noble et usité.

— Choir désigne particulièrement un choc, un coup, une impulsion qui fait perdre l'équilibre, renverse, porte de haut en bas : toutes ces idées sont renfermées dans ce mot. Tomber marque spécialement une chute lourde, brusque, bruyante, d'un lieu très-élevé, sans exprimer l'idée du renversement conmie choir. On tombe du ciel , des nues, de son haut; indication d'une grande chute, ou d'une chute à grandes distances. On ne fera pas choir la pluie et le tonnerre; ils tombent à cause de la hauteur et du bruit, sans idée d'équilibre. Quand on iombe sur ses pieds, on n^est q^x'abaissé et non renversé. — Choir

n'entraîne guère à sa suite qu*an des termes de l'action, le lieu » l'état où l'on tombe : un homme est chu dans l'eau, dans la pauvreté. On dit tomber d'un lieu, tomber dans un autre, termes de l'action; tomber de son propre poids; tomber d'inanition, cause de la chute, etc. On laisse tomber un discours; une chose tombe sous les sens; les bras TOUS tombent; le jour tombe. Ainsi toutes les circonstances d'une chute, d'un abaissement, d'une décadence, d'une duninution, et tous leurs rapports, vous les exprimerez par le yerbe ou arec le yerbe tomber, (R».)

CHOISIR, ÉLIRE; CHOIX, ÉLECTION. Choisir, c'est se déterminer, par la comparaison qu'on fait des objets, en faveur de ce qu'on juge être le mieux. Élire, c*est nommera une dignité, à un emploi , à un bénéfice , ou à quelque chose de semblable. Ainsi le choix est un acte de discernement qui fixe la volonté à ce qui parait le meilleur : « L'élection est un concours de suffrages qui donne à un sujet une place dans l'État ou dans l'Église ». (G.)

Tout choix, toute nomination faite par la voie des suffrages est une élection : on élit un pape, un roi, un empereur, on élit un membre de l'Académie, ]e président d'nne assemblée; on élit à des fonctions quelconques.

Une personne en choisit une autre; plusieurs personnes choisissent quelqu'un dans uo but spécial, par exemple comme mandataire, lorsque, sans aller aux voix, elles demeurent d'accord sur le nom proposé.

Relativement à la personne sur qui est tombée la détermination , élection, suivant la remarque de Bonheurs, se dit d'ordinaire dans une signification passive; et choix dans une sigoification active : l'élection d'un tel marque celui qui a été élu , le choix d*un tel marque celui qui choisit : a L'élection en qaeique sorte miraculeuse d'Ambioise pour le gouvernement de l'égùse de Milan, justifia le choix que le prince en avait fait pour gouverner la province. » (Beauzée.)

CHOISIR, FAIRE CHOIX. Quand on parle de choses, faire choix n'est que l'explication du mot choisir : ainsi l'on dira indifféremment fai choisi cette étoffe ouf ai fait choix de cette étoffe. Lorsqu'il s'agit de personnes, une nuance distingue la locution composée faire choix du verbe choisir. Faire choix se dit proprement *de l'acte d'un supérieur qui distingue une personne parmi plusieurs auti«s pour l'élever à quelque dignité, charge ou emploi : « Louis XIV fit choix du maréchal de Villeroi pour être gouverneur de son petit-fils Louis XV».

CHOISIR, OPTER; CHOIX, OPTION. On opte en se déterminant pour une chose, parce qu'on ne peut les avoir toutes. On choisit en

1. Dans son article, Ronbaud a comparé faillir avec ehoir et tomber; mais^ depuis bien longtemps faillir n'est plus synonyme de ces deux verbes : il Test de manquer. Cf. ce dernier mot.)

CHOQUER. i3i

comparaut les choses , parce qu'on veut avoir la meilleure. L'un ne suppose qu'une simple décision de la volonté, pour savoir à quoi s'e» tenir; l'autre suppose un discernement de l'esprit, pour s'en tenir à ce qu'il y a de mieux. Entre deux choses parfaitement égales, il y a à opter; mais il n*y a pas à choisir. — On est quelquefois contraint d'opter; mais on ne l'est jamais de choisir. Le choix est un plein exercice de la liberté; c'est pourquoi, lorsque le sens ou Tex pression marque une nécessité absolue, il est mieux de se servir du mot opter que de celui de choisir; de là vient que Tusage dit : « Puisqu'il est impossible de servir en même temps deux maîtres, il faut optera. — Le mot de choisir ne me paraît pas non plus être tout à fait à sa place , lorsqu'on parle de choses entièrement disproportionnées , à moins qu'il n'y soit employé dans un sens ironique; par exemple, je ne dirais pas : « Il faut choisir ou de Dieu ou du monde » ; mais je dirais, il faut opter : car le choix étant une préférence fondée sur la comparaison des choses, il n'a pas lieu où il n'y a point de comparaisou à faire. Je ne connais point de droit de choix; mais il y a un droit adoption : c'est lorsque entre plusieurs choses à distribuer, on a droit de prendre avant les autres celle qu'on veut. Quand on a ce droit, on a par conséquent la liberté de choisir; car on peut opter par choix ^ en examinant quelle est îa meilleure; comme on peut opter sans choix, en se déterminant indiftéremment pour la première venue. — Nous adoptons que pour nous; mais nous choisissons quelquefois pour les autres. Lorsque les choses sont à notre option ^ U faut tâcher de faire un bon choix, (6.)

CHOISIR, PRÉFÉRER; CHOIX, PRÉFÉRENCE. Choisir, c'est prendre une chose au lieu d'une autre : préférer, du latin ferre prœ, placer avant, mettre au-dessus (V. Pré, 13, page 5), c'est mettre une chose au-dessus d'une autre. Le choix a pour objet l'usage ou l'emploi de la chose : on choisit un livre pour le lire, un logement pour l'occuper, une profession pour l'exercer, un maître pour prendre ses leçons. La préférence n'a par elle-même d'autre objet que de marquer les rangs ou les degrés de mérite de la chose : on préfèi*e un livre à un autre que l'on juge moins bon , un logement à un autre qu'on trouve moins commode, une profession à une autre qu'on estime moins convenable, un maître à un autre qu'on croit moins habile. Le choix indique des vues particulières : la préférence n'annonce proprement quHm jugement spéculatif. Le choix est bon ou mauvais, selon que l'objet est ou n'est pas propre à remplir sa destination et vos vues . la préférence est juste ou injuste, selon que Tobjet a ou n'a pas plus de mérite ou de valeur qu'un autre. { R. )

CHOIX. V. Choisir, élire; Choisir, faire choix; Choisir, opter, Choisir, préférer.

CHOQUER , HEURTER. Choquer et heurter expriment le coup plus ou moins fort que se donnent deux corps en se rencontrant, de manière

qu'ils 86 poussent et repoussent, ou que Tun pousse ou repousse l'autre. Mais heurter, c'est choquer rudement, lourdement, impétueusement, yiolemment. Le choc peut être léger, il n'en est pas de même du Iteurt. 'On choque les Terres à table; s'ils se heurtaient ^ ils se briseraient. Un vaisseau s^entr'ouvre en heurtant contre un rocher; il aurait souffert moins de dommage, s'il n'eût iàit que choquer contre. Un objet nous choque la vue , un son nous choque l'oreille , nous ne dirons pas , pour désigner cette impression purement désagréable, que le son ou Tobjet nous heurte l'oreille ou la Yue. —Le sens figuré de ces termes conserve toujours la même différence. Il n'y a qu'à désobliger, à un certain point une personne, la traiter de façon à lui déplaire fort , même sans le savoir, pour la choquer : si vous allez Toffenser grossièrement, la blesser grièvement , la choquer rudement, vous la heurtez. On choque, on heurte la raison, le sens commun, les préjugés, les bienséances, rhonnéteté, etc. : on les choque par des actions ou des discours qui leur sont ou semblent leur être fort contraires ; on les heurte lorsqu'on les fronde, qu'on les brave, qu'on leur insulte, qu'on les attaque de front, -directement, durement , sans ménagement, sans égard. (R. )

CHRONIQUES. V. Histoire.

CHUCHOTERIE, CHUCHOTEMENT. Action de chuchoter, de parler bas à l'oreille de quelqu'un. — Chuchotement exprime simplement cette action (19, page 6); le chuchotement peut ne consister qu'en quelques paroles rapidement échangées. La chuchoterie est une suite de chuchotements, et l'Académie dit avec raison que c'est un entretien de personnes qui se parlent à l'oreille pour n'être pas entendues des autres (î2, page 7).

CIME. V. Sommet.

CIRCONFÉRENCE. V. Tour.

CIRCONLOCUTION. V. Phériphrase.

CIRCONSPECTION. V. Égards.

CIRCONSTANCE. V. Occasion.

aRCUIT, V. Tour.

CrrÉ, VILLE. La cité, dans le sens de l'antique civitas, est une contrée ou territoire dont les habitants se gouvernent par des lois particulières : «Sous Tibère on comptait soixante -quatre cités dans les •Gaules ». ( Acad. ) Ce mot désigne aussi la collection des citoyens d'un État libre : « Un Lacédémonien célèbre disait : à Sparte la cité sert de murs à la ville». (Id.)

La ville est simplement un assemblage de maisons disposées par ■rues. En poésie et dans le style soutenu, on emploie quelquefois le mot cité pour le mot ville; et dans quelques villes on désigne par ce mot la partie la plus ancienne de la ville, et où se trouve la cathédrale ou église principale. Dans ces deux cas, ciM s'emploie par synecdoque, figure qui consiste à prendre la partie pour le tout ou le tout pour la part^^.

CIVILITE. 133

CITER. ALLÉGUER. On cite les auteurs; on allègue les faits et les raisMis. C'est pour nous autoriser et nous appuyer que nous citons^ mais c'est pour nous maintenir et nous d^endre que nous alléguons, (6.)

CITOYEN. V. Habitant

CIVIL, CIVIQUE. Du citoyen, qui concerne le citoyen. — Civil a rapport an citoyen considéré comme membre de la famille ou de la société humaine. Civique a rapport au citoyen considéré au point de vue de l'organisation poU tique ou administrative de l'État. •— Les droits civils sont ceux que Ton exerce comme homme, tels que les droits d'acquérir la propriété, de l'aliéner, de la céder, de tester, d'hériter, de se marier, etc. Les droits civiques sont ceux que Ton exerce comme citoyen actif, tels que les droits de servir l'État, d'occuper des emplois publics, d'être juré, etc. i. Certaines peines emportent la privation des droits civiques sans enlever les droits civils. On appelle vertus civiles les Tertus de l'homme en relation avec les autres hommes, par exem* pie les vertus d'un bon père de famille, la probité dans les affaires, etc. On entend par vertus civiques les vertus du citoyen dans ses rapports avec la patrie, avec le gouvernement de l'État, avec la loi, organe du pouvoir politique : le courage militaire est une vertu civique; le magistrat qui expose sa vie pour le respect de la loi fait preuve de courage civique. Les lois civiles sont celles qui règlent les rapports des citoyens entre eux et non avec l'État.

Le mot civique fait toujours entendre quelque chose de relatif à l'organisation politique ou administrative et au point de vue du bien public; aussi ce mot ne se dit-il jamais de ce qui est contraire à la morale ou à l'intérêt général : il y a des délits civils et des délits politiques; mais il n'y a pas de délits civiques. Il est facile, d'après ces considérations, de voir pourquoi Ton dit des discordes civiles, des guerres civiles, et non des guerres civiques»

On dit les autorités civiles par opposition aux autorités militaires.

CIVIUTÉ, POLITESSE. Manières honnêtes d'agir et de converser avec les autres hommes dans la société. C'est, dit Duclos, l'expression on l'imitation des vertus sociales : c'en est l'expression, si elle est vraie, et l^imitation, si elle est fausse. Être poli dit plus qu'être civil. L'homme poli est nécessairement civil; mais l'homme simplement civil n'est pas encore poli. La politesse suppose la civilité, mais elle y ajoute. — La civilité est un témoignage extérieur et sensible des sentiments intérieurs et cachés : en cela même elle est précieuse; car affecter de& dehors de bienveillance, c'est confesser que la bienveillance devrait être au dedans. La politesse ajoute à la civilité les marques d'une

1. n y a anssi des droits polUiguei : ce sont, dit l'Académie, les droits en rerta desquels nn citoyen participe an gouvernement : « Le droit de concoarir à Télection des députés est nn droit politique i . Un droit politique n'est au fond qu'une sorte particulière de dioit civique.

DICT. DES STKONTXES. S

tmmanité plus affectueuse, plus occupée des autres, plus recherchée. — La civilité est un cérémonial qui a ses règles, mais de conventioD : elles ne peuvent se deyiner ; mais elles sont palpables pour ainsi dire, et l'attention suffit pour les connaître; elles sont différentes selon 1rs temps, les lieux, les conditions des personnes avec qui Ton trait». La politesse consiste à ne rien faire, à ne rien dire, qui puisse déplai^^e aux autres; à faire et à dire tout ce qui peut leur plaire; et cela avae des manières et une façon de s'exprimer qui aient quelque chose ^ noble, d'aisé, de fin, de délicat. Ceci suppose une culture plus suivii*, et des qualités naturelles ou l'art difficile de les feindre. La civili*4 n'est point incompatible avec une mauvaise éducation; la politesse v q contraire suppose une éducation excellente, au moins à bien d*^ égards. (B.)

CIVIQUE. V. Civil.

CIVISME, PATRIOTISME. Civisme, du latin civi», citoyen, indiqp« le sentiment de celui qui est dévoué à ses concitoyens, et les sert <ie tous les moyens qui sont en son pouvoir. Patriotisme, du latin j>afrûi, patrie, indique l'attachement à la patrie. — Le patriote est celui qni aime sa patrie, sa nation ; le patriotisme est cette vertu mise en action. Le civisme a plus de rapport aux concitoyens; le patriotisme en a davantage à la patrie. -— Celui qui s'expose à la mort pour sauver ses concitoyens fait un acte de civisme; celui qui s'expose à la mort pour sauver sa patrie fait un acte de patriotisme. C'est un acte de civisme de la part d un général, de s'exposer pour épargner le sang de ses soldats ; c'est un acte de patriotisme de donner une partie de ses biens pour venir au secours de l'État : le premier sauve des concitoyens; le second fait tout ce qu'il peut pour sauver sa patrie. — Le civisme se montre dans toutes les circonstances de la vie, dans tous les cas où il s'agit de rendre des services désintéressés à ses concitoyens ; le patriotisme se montre particulièrement dans les conseils et dans les camps, dans tous les cas où il est question de servir sa patrie. (L.)

CLAIR. V. Manifeste.

CLAIR, CLAIREMENT. On dit également voir clair et voir clairement. A l'alinéa 60 de l'Introduction, page 20, j'ai déjà analysé ces deux locutions et j'ai fait voir que clair se rapporte à l'objet, et clairement au sujet : de là le seus différent de ces deux mots. Clair signifie d'une manière claire et distincte : « Voir clair dans une affaire ». (Acad.) .Clairement signifie nettement, évidemment, manifestement : « Je vois clairement qu'on vous a trompé ». (Id.)

CLAMEUR. V. Cri.

CLARTÉ. V. Lumière.

CLOCHER. V. Boiter,

CLOITRE, COUVENT, MONASTÈRE. Cloître, lieu clos, de cl<^ fermer, serrer, enfermer. Ce mot désigne certain lieu clos d'un couoenï ou un eo^os de maisons de chanoines i et il se prend d'une manière

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