COEUR
générale pour maison refigieme. Couvent, autrefois convent, assemblée, lien d^assemblée religiense; da latin cum et ventre. Tenir ensemble, s'assembler. Monastère, habitation de moines, du grec mono^, seul, solitaire. — L^idée propre de cioitre est donc ceUe de clôture; Tidée piopie de couvent y celle de communauté; l'idée propre de monastère, celle de solitude. On s^enferme dans un cioitre; on se met dans un couvent: on se retire dans un monastère. Celui qui fait ayec le monde un divorce absolu, s'enferme dans un cioitre; celui qui renonce au commerce du monde, se met dans un couvent; celui qui fuit le monde, se retire dans un monastère, — Dans le cloître, vous avez sacrifié votre liberté. Dans le couvent, vous avez renoncé à vos anciennes habitudes, vous contractez celles d'une société régulière , et vous portez le joug de la règle. Dans le monastère, vous êtes voué à une sorte d'exil, et vous ne vivez i^uc pour votre salut. — Dans l'usage ordinaire, clottre se dit d'une manière absolue et indéfinie; on dit le cioitre pour désigner l'état monastique; on entre dans un cioitre; on se jette dans un cioitre: la mortification se pratique dans le cioitre. (R.)
CLORE. V. Fermer.
COALITION. V. Alliance.
COAGULÉ. V. Caillé.
CŒUR, COURAGE, VALEUR, BRAVOURE, INTRÉPIDITÉ. Le cœur est cette force de l'àme qui ne connaît pas la crainte, qui reste imperturbable au milieu du danger et ferme dans la résolution de faire son devoir. Lorsque cette qualité se montre dans Taction, se manifeste vivement au dehors, c'est le courage, la valeur, la bravoure, Tmtrëpidité.
« Le courage est impatient d'attaquer; il ne s'embarrasse pas de la difficulté, et entreprend hardiment. La valeur agit avec vigueur; elle ne cède pas à la résistance, et continnue l'entreprise malgré les oppositions et les efforts contraires. La bravoure ne connaît pas la peur; elle court au danger de bonne grâce, et préfère l'honneur au soin de la vie. V intrépidité affronte et voit de sang-froid le péril le plus évident; elle n'est point effrayée d'une mort présente. — Le cœur soutient dans l'action. Le courage fait avancer. La valeur fait exécuter. La bravoure fait qu'on s'exposo. \J intrépidité fait qu'on se sacrifie ». (G.)
Intrépidité enchérit donc sur bravoure et sur courage. On peut dire que l'intrépidité esi une bravoure ou un courage inébranlable et porté à l'extrême : une bravoure sur le champ de bataille, un courage en face d'un péril autre que celui des armes.
Les trois mots courage, valeur, bravoure , sont ceux dont la synonymie est la plus étroite. Aux distinctions établies par l'abbé Girard, on peu ajouter les suivantes :
« Le courage est dans tous les événements de la vie; la bravoure n'est qu'à la guerre; la valeur, partout où il y a un péril à affronter et de La gloire à acquérir. — L'exemple influe sur la bravoure; plus
d'uu soldat n'est devena brave qu'en prenant le nom de grenadier» L'exemple ne rend point valeureux, qnand on ne Test pas; mais les témoins doublent la valeur. Le courage n*a besoin ni de témoins ni d'exemples ». (Enc.)
COEUR (DE BON). V. De bon gré.
CŒUR FAIBLE. V. Ame faible.
COHÉRENCE, COHÉSION. Union intime des parties d*un tout. La cohérence est l'état; la cohésion est la propriété, la force qui fait que les parties sont unies pour former un tout (36, page 8, et 20, page 7). Voyez aussi Adhérence, cohérence,
COLÈRE, COURROUX, EMPORTEMENT. Une agitation impatiente contre quelqu*un qui nous obstine^ qui nous offense, ou qui nous manque dans l'occasion, fait le caractère commun que ces trois mots expriment Mais colère dit une passion plus intérieure et de plus de durée, qui dissimule quelquefois et dont il faut alors se défier. Le mot courroux enferme dans son idée quelque chose qui tient de la supériorité, et qui respire hautement la vengeance ou la punition ; il est aussi d'un style plus élevé. Emportement n'exprime proprement qu^uii mouvemeut extérieur qui éclate et fait beaucoup de bruit, mais qiû passe proniptement. — Le cœur est véritablement piqué dans la colère; et il a peine à pardonner, si l'on ne s'adresse pas directement à lui; mais il revient dès qu'on sait le prendre. Souvent le courroux n'a d'autre mo> bile que la vanité, qui exige simplement une satisfaction; et parce qu'alors il agit plus par jugement que par sentiment, il en est plus difficile à apaiser. 11 arrive assez ordinairement que la chaleur du sang et la pétulance de Timagination occasionnent Yemportement, sans que le cœur ni l'esprit y aient part ; il est alors tout mécanique, c'est pourquoi la raison n'est point de mise à son égard; il n'y a doncqu*à céder jusqu'à ce qu'il ait eu son cours. — La colère marque beaucoup d'humeur et de sensibilité. Le courroux marque beaucoup de hauteur et de fierté. L'emportement marque beaucoup d'aigreur et d'impar tience. (G.)
COLÈRE, COLÉRIQUE; HYPOCONDRE, HYPOCONDRUQUE; DESPOTE , DESPOTIQUE. Colère, adjectif, qui est sujet à la colère; colérique, qui est enclin à la colère ou qui porte à la colère. Le premier désigne proprement Thabitude, la fréquence des accès; le second la disposition, la propension, la pente naturelle à cette passion (46, page 14). Un homme est colère et il a l'humeur colérique. L'humeur colérique rend colère, comme l'humeur hypocondriaque rend hgpo^ condre. Un homme peut être colérique sans être colère, s'il parvient :i se vaincre : il met un frein à son humeur. Colère marque donc le fait de même qii' hypocondre et autres adjectifs semblables; et colérique l'inclination, de même qa' hypocondriaque et autres adjectifs également formés d'adjectifs simples. — Nous distinguerons, par de semblables nuances, le despote de l'homme despotique. Le despote, avec
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oa sans titre, gouverne de fait, d'une manière absolue et arbitraire : Thomme despotique a le goût ou le pouvoir de gouverner arbitrairement. (R.)
COLLATIONNER. V. Comparer.
COLLECTION. V. Recueil.
COLLÈGUE. V. Confrère.
COLLINE. V. Côte.
COLON. V. Agriculteur.
COLORER, COLORIER. Colorer signifie donner la couleur, de la conleur, ou en recevoir, en prendre : « Le soleil colore les fruits; colore les fleurs; colorer le verre en bleu, en rouge; les raisins commencent à se colorer ». (Acad.) Il s'emploie aussi figurément pour signiûer donner une belle apparence à quelque chose de mauvais : (i Colorer une injustice ». (Id.) Colorier, c'est appliquer des couleurs sur une estampe, sur un dessin, ou les employer dans un tableau.
COLORIS. V. Couleur.
COMBAT. V. Bataille.
COMBLE. V. Sommet.
COMÉDIEN. V. Acteur.
COMMANDEMENT, ORDRE, INJONCTION. Le commandement est l'expression directe de la volonté de celui qui a le pouvoir, Tautorité. l'ordre est donné par un chef à des subordonnés; il est quelquefois donné directement et quelquefois transmis par un inteimédiaire. Vinionclion est un commandement formel d^obtempérer à une décision d'un tribunal ou d'une autorité reconnue.
« Le mot commandement exprime avec plus de force l'exercice de l'autorité : on commande pour être obéi. Celui ù!ordre a plus de rapport à l'instruction du subalterne : on donne des ordres, afin qu'ils soient exécutés. Il faut attendre le commandement; la bonne discipline défend de le prévenir. On demande quelquefois \* ordre; il doit être précis ». (G.)
COMMANDER. V. Ordonner.
COMME, COMMENT. Comme est synonyme de comment, lorsqu'il est adverbe et qu'il signifie de quelle façon, de quelle manière.
Comme est relatif à l'objet, au résultat, à Teifet produit par l'action sur Tobjet; ou bien, en Tabsence de tout objet, il est relatif aux circonstances de l'action. Comment est relatif au sujet, à la manière dont il fait l'action, dont il agit, dont il opère, dont il se montre ou se manifeste (60, page 18). C'est pourquoi Ton dit : « Voyez comme cet objet est délicatement fait. Voici comment je m'y suis pris pour le faire ». — Analysons quelques autres exemples.
!• a Voyez comme il travaille. — Voyez comment il travaille ». Ces deux phrases sont analogues aux précédentes. La première veut réellement dire : Voyez comme son ouvrage est bien ou mal fait ; (c'est pat l'ouvrage, par l'effet produit, que l'on juge de l'habileté ou de la mal-
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adresse de l'ouTrier.) La seconde phrase signifie : Voyez -le faisant son ouvrage; ou bien, voyez de quelle manière il s'y prend pour le faire, quels procédés il emploie pour cela.
ft« « Vous savez comme il s'est conduit envers moi » (Acad.) , c'està-^lire^ vous savez la vilaine manière dont il s'esC conduit relativement à moi. C'est l'objet moi qui est l'idée dominante; la conduite du sujet n*est bUmable que parce qu*elle est relative à moi; elle pourrait ne pa$ l'être relativement à tout autre.
30 « Voyons comment il en sortira» (Acad.); c'est-à-dire, voyons de quelle manière il fera, il s'y prendra pour en sortir. Ce qui fixe Tatteution, c'est le sujet agissant.
4« « Si vous voulez savoir comment la cbose s'est passée, je vous le le dirai (Acad.); c'est-à-dii-e, si vous voulez savoir de quelle manière la chose s'est produite, s*est montrée aux yeux, s'est manifestée, etc. On dit de même : « Voici comment la chose s'est passée ». On disait plus souvent autrefois : « Voici comme la chose s'est passée » ; sans doute parce qu'on avait en vue toutes les circonstances de l'action, de l'événement, plutôt que le sujet agissant, la chose se produisant.
50 Dans la question « Comtnent vous portez-vous? » toute la pensée est essentiellement relative au sujet : voilà pourquoi l'on ne peut pas dire : Comme vous portez-vous? Au contraire, dans les phrases exclamatives : « Comme vous me traitez ! Comme vous voilà fait !» On ne pourrait pas remplacer comme par comment, parce que l'idée dominanie n'est pas la manière dont le sujet agit; mais l'effet produit, le résultat de Taction relativement à l'objet.
COMME, DE MÊME QUE. V. De même que.
COMMENCEMENT, DÉBUT. Commencement a rapport à tout ce qui a une étendue quelconque ou de la durée : début n'a rapport qu'à ce qui a de la durée, ou bien une étendue mesurée par le temps. On dit le commencement de la rue, et non le début de la rue; mais ondt également le commencement ou le début de Tannée, de telle guerre, d'un discours, d'un poôme, d'un voyage, etc.
Quand nous employons dans ces sortes de phrases le mot commencement, c'est que Tidée d'étendue prévaut dans notre esprit sur celle de durée. Celui qui dit le commencement de l'année, de la guerre, du discours, du poëme, du voyage, considère l'année, la guerre, le discours, etc., comme un tout qui s'étend d'un point où il commence, à un autre où il finit, après avoir passé par le milieu.
Le mot début, ayant spécialement rapport à la durée, ne présente plus à l'esprit l'idée du tout , mais celle de la succession des éléments de la durée. Suite des temps, événements, incidents, ordre et enchalï)cment des parties constitutives de la chose, etc., le mot début suppose et annonce nécessairement quelques -imes de ces choses, sinon toutes.
En un mot, dans uoc succession d'événements ou de faits, le pre-
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fflier est le début. Le commencement est le point de départ d'une longueur^ d'ans étendue, dans Tespace ou dans le temps. Un édit de Charles IZ fixa le commencement de Tannée au premier jour du mois de janvier. Ces souhaits de santé, de bonheur, de prospérités, tous ces heureux présages qui forment le d^6u^ d'une année, ne sont que trop souvent démentis par les malheurs qui nous atteignent pendant cette courte période de douze mois.
Le commencement d'une guerre a une date, comme la fin; ce commencement est marqué par une déclaration de guerre ou par un acte d'hostilité, qui n'est qu'un point de départ. Le début d'une guerre est heureux ou malheureux pour Tune des parties belligérantes ; il peut influer sur la suite de la guerre. Heureux, ne sera- 1- il pas ou n'a- Ml pas été suivi de revers? malheureux, il fut suivi de succès.
L'exorde test au commencement d'un discours. Le début de la première Catilinaire est une vive interpellation de Cicéron à Catilina. Dans les Plaideurs, Petit-Jean, orateur improvisé, dit : « Ce que je sais le mieux c'est mon commencement » c'est-à-dire le commencement du discours qu'il a appris par cœur : en effet, il ne sait guère le milieu, et il le fait bien voir.
(la acteur, un artiste, un écrivain, ont d'heureux débuts : il s'agit de voir si les débutants tiendront dans la suite tout ce qu'ils promettent actuellement. Les études qu'ils ont faites avant leur début n'ont été qae le c(mmiencement de celles qu'ils doivent faire continuellement, s'ils veulent acquérir un talent très -remarquable et se faire un nom.
COMMENCER A ou DE. « Commencer à désigne une action qui Aura du progrès, de Taccroissement : « Cet enfant commence à parler. Je commence à comprendre ». Commencer de désigne une action qui A^iia de la durée : « Lorsqu'il commença de parler chacun se tut pour l'écouter. Ce roi commença de régner en telle année ». (Acad.)
Eu effet, l'enfant qui commence à parler a un but à atteindre, le Dut de savoir parler. Celui qui commence à comprendre n'est pas non plus arrivé encore à sou but,, qui est de comprendre ; et quand on dit il'uQ orateur qu'il commença de parler, on le représente au début de <0Q discours, au point de départ (75, page 27).
CX)MMENTÀIRES. V. Histoire.
COMMERCE, NEGOCE, TRAFIC. « Commerce signifie à la lettrf échange de marchandises, commutatio mercium : il est formé ùt corn, avec, ensemble, et de merx, merces, marchandises. Dans tous les sens , ce mot exprime un échange , une communication réciproque. — Négoce, latin negotium, est ordinairement composé par les étymolégistes de nec et otium, privation de loisir, occupation. Le négoce est fine espèce particulière de travail, d'affaire , d'occupation. — Trafic est ^Iréde traficium, mot de la basse latinité, composé de ^ra, par delà, au delà, au dehors, loin; et de fac, faire, agir, travailler. Le trafic est le commerce ou plutôt le transport fait d'un endroit à l'autre ; il a
ilxO SYMONTMES FRANÇAIS.
particulièrement désigné le commerce éloigné , lointain : on disait le trafic des Indes, etc. ; mais on s'est plutôt arrêté à l'idée ^'entremise, assez analogue au mot, et très -propre à désigner Taction du vendeur qui se met entre le premier Tendeur et le consommateur. Un simple revendeur fait le trafic ». (R.)
Ces distinctious que Roubaud établit entre ces trois mots et qii^il développe longuement, sont fort justes^ je pense; mais l'usage actuel ne les admet plus. Aujourd'hui négoce ne s'emploie guère que dans des phrases où il est pris en mauvaise part : « L'usure est un infâme négoce ». (Acad.) Cependant négociant, terme honorable, se dit d'un homme qui fait des spéculations ^ des affaires en gros sur des quantités ccnsidérables de marchandises. Trafic et trafiquant ont acquis un sens dépréciatif , parce qu'on les emploie souvent au figuré , où ils sont pris en mauvaise part. Commerce et commerçant sont des mots généraux qui se disent du négoce, comme du trafic, du négociant, comme du trafiquant, marchand en détail ou revendeur.
COMMETTRE. V. Remettre.
COMMIS, EMPLOYÉ. « Commis, celui qui est chargé par un autre de quelque emploi y de quelque fonction dont il doit lui rendre compte. On ne le dit guère que de ceux qui sont employés dans les bureaux d'une administration, ou chez un négociant, un banquier, etc. » ( Acad. ).
La distinction entre le commis et le simple employé est dans les mots soulignés dans l'alinéa ci -dessus : le commis doit rendre compte de Li charge, de la fonction à laquelle il a été commis; Vemployé fait simplement le travail qu'on lui donne à faire. Dans une maison de commerce, le caissier est un commis; le jeune honmie qui copie des lettres^ qui fait des factures, etc., n'est réellement qu'un employé,
« Le commis, dit Roubaud, a une mission, une commission; Vemployé a une fonction , un emploi : le commis répond à un commettant ^; Vemployé, à un chef. Le commis a ses instructions et les suit : Vemployé a des ordres et les exécute ».
COMMISÉRATION. V. Pitié.
COMMODITÉS. V. Aises.
COMMUN. V. Ordinaire.
COMPAGNIE. V. Assemblée.
COMPAGNON, CAMARADE. Compagnon vient du mot compagnie; camarade vient du latin caméra, chambre. Le premier répond au socius des Latins; il est associé à nous, il est de notre compagnie : le second répond au contubemalis ^ c'est-à-dire à Thomme qui loge sous la même tente que nous, dans la même chambre.
Mon compagnon est Thomme qui m'accompagne en route, qui s'a»* socie à mes plaisirs, à mes travaux, à mes fatigues. Mon camarade est quasi mon ami et vit familièrement avec moi. Je connais mon oomo-
. %. C'est-à-dire à celui qui lui a eomtnis on confié le soin de ses Intérêts. **