‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 42 sur 163 · COMPLAISANCE · texte numérisé non relu

COMPLAISANCE

fiide, je pais ne pas savoir le nom de mon compagnon. Mon compagnon me quitte, et peut- être ne songerai- je pins à lui : le souvenir d*nn camarade d'enfance me reviendra dans ma vieillesse.

Le sens du mot camarade s*esi étendu aux personnes d*une mèm6 profession ou qui font les mêmes exercices ; mais dans cette acceptioa, il ne se dit guère qu'entre militaires^ comédiens» écoliers, ouvrien et domestiques.

COMPARAISON. V. Similitude.

COMPARER A ou AVEC. Comparer à exprime un rapport simple, et convient pour marquer un rapport éloigné ou métaphorique ^ une comparaison ordinaire qui consiste simplement à jeter un coup d'oeil sur les objets^ ou qui n'exige qu'une très -faible attention: « On tompare les conquéraints à des torrents impétueux ». (Acad.) Comparer avec exprime une comparaison réfléchie » attentive, qui s'arrête sur les détails et examine avec soin les ressemblances et les différences : « Nous comparerons la traduction avec l'original ». (Acad.)

Comparer à signifle aussi égaler à, mettre au même niveau : Comparer Virgile à Homère, c'est mettre Virgile au rang d'Homère ou i'ort près de lui; comparer Virgile avec Homère ^ c'est établir entre ces deux poètes une comparaison qui fasse ressortir les grandes qualités et les défauts de chacun d'eux, et montre en quoi ils se ressemblent et en quoi ils diffèrent.

COMPARER, CONFÉRER, GOLLATIONNER, CONFRONTER. Comparer est l'expression générale et ordinaire : les autres mots expriment des comparaisons d'une espèce particulière.

Conférer, c'est comparer deux choses pour juger en quoi elles 8'a<>cordent et en quoi elles ne s'accordent pas : On ne confère guère entre elles que des lois, des ordonnances, des matières de littérature. Collationner se dit seulement des écrits, et signifie les comparer pour voir s'il y a quelques mots ou quelques phrases de plus dans l'un que dans Fautre. On collationne une copie sur l'original. Confronter deux pe> sonnes, c'est les mettre en présence l'une de l'autre , front contre front. On confronte des choses, par exemple deux écritures, deux étoffes pour s'assurer qu'elles sont identiques : les écritures, de la même main; les étoffes, de la même pièce ou de la même fabrication.

COMPASSION. V. Pitié.

COMPÉTITEUR. V. Concurrent.

COMPLAINTE. V. Plainte.

COMPLAIRE. V. Plaire.

COMPLAISANCE, DÉFÉRENCE, CONDESCENDANCE. La contr plaisance ou le désir, le soin de complaire, est de se plaire à faire ce qui plaît aux autres. La déférence ou l'attention à déférer^ est de se porter (ferre) volontiers à préférer, à ses propres sentiments, l'aoquiescement aux sentiments des autres. La condescendance ou l'action (le condescendre f est de descendre de sa hauteur pour se prêter à la

162 STNOIfYUES FRANÇAIS.

satisfaction des autres , au lieu d'exercer rigoureusement ses droits. — La nécessité, les bienséances ^ les convenances, les agréments de la société, de la familiarité, de l'intimité, obligent à la complaisance : elle fait toute sorte de sacrifices de nos volontés , de nos goûts , de nos commodités, de nos jouissances, de nos vues personnelles. L'âge « le rang, la dignité, le mérite des personnes, nous imposent la déférence : elle subordonne ou soumet à ces titres notre avis, nos opinions, nos jugements, nos prétentions, nos desseins. Les faiblesses , les besoins, les goûts, les défauts d'autrui, demandent de la condescendance : elle fait que nous nous reUchons de notre sévérité ou des droits rigoureux de notre autorité, de notre supériorité, de notre liberté, de notre volonté. — Le fort a de la condescendance pour le faible : les petits ont de la déférence pour les grands : on a de la complaisance pour tous cenx avec qui Ton vit. — Il y a une complaisance servile, qui fait ce qu'on appelle un complaisant; une aveugle déférence, qui fait ce ({u*on appelle un *o^; une molle condescendance, qui fisdt ce qu'on appelle quelquefois un pauvre homme. (R.)

COMPLÉMENT, SUPPLÉMENT. Ce qui est ajouté à quelque chose. — Le complément fait partie de la chose; c'est ce qui manque à la chose pour la rendre entière : le supplément est ce qui est ajouta en sous-ordie, secondairement, et qui n'est ni nécessaire ni obligatoire. Le complément de la solde complète la solde, la rend entière; un supplément de solde est une somme d'argent ajoutée accidentellement :i la solde entière. Le complément d'un ouvrage en est une partie essentielle; le supplément d'un ouvrage est un, ouvrage à part, fait pour en augmenter ou en éclaircir quelque partie, ou bien pour suppléer à ce qui a été perdu : « Le supplément de Tacite par Brottier ». (Acad.)

Ces différences de sens tiennent à la valeur des préfixes com et sup ou. sub (k, page 3, et 14, page 5). Complément vient du latin complere, et supplément de supplere. Pie est le radical de plenus, plein, entier, achevé. De même implere (emplir), c'est rendre plein intérieurement, complere, c'est rendre plein, entier ou achevé, un tout, en mettant ensemble toutes ses parties; et supplere, c'est rendre plein, entier, en ajoutant secondairement, en sous-ordre ; un «ippléant remplit en sous-ordre les fonctions du titulaire.

COMPLET. V. Entier.

COMPLEXION. V. Naturel, tempéramment.

COMPLOT, CONSPIRATION, CONJURATION. Le complot est le concert clandestin de quelques personnes unies ou liées pour abattre, détruire, par quelque coup aussi efficace qu'ûiopiné, ce qui leur fait peine, envie, ombrage, obstacle. L'idée dominante du complet esi celle d'une entreprise compliquée, enveloppée, sourde, formée en cachette par deux ou plusieurs personnes, selon la valeur du mot cum Q\icom, avec, ensemble. —La conspiration est Tintelligence sourde de

Page 1