‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 43 sur 163 · COMPLOT · texte numérisé non relu

COMPLOT

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gens unis de sentiments pour se défaire ou se délivrer^ par quelque grand coap , de certains pei'sonnages ou de certains corj^s importants, publics, puissants ou accrédités dans TÉtat, et changer la face des choses; ou quelquefois aussi pour nuire à des particuliers, et même pour servir. Ce mot, dérivé de spir, souffle, haleine, respiration, désigne un concours de gens qui respirent ou trament ensemble tout bas une mènae chose. Son idée naturelle et dominante est donc celle d'un dessein formé dans le silence et les ténèbres, par quelques personnes qni, animées d*une même passion , tendent ensemble au même but. — La conjuration est l'association ou plutôt la confédération liée et cimentée entre des citoyens ou des sujets puissants ou armés de force, pour opérer par des entreprises éclatantes et violentes , une révolution mémorable dans la chose publique. Ce mot vient de juro, jurer ou s'engager par un lien sacré. L'idée naturelle et dominante de conjuration, est celle d'une liaison resserrée par les engagements les plus forts, et, par là même, pour une importante entreprise. — Le complot a pour objet de nuire, et toujours ses vues sont criminelles. Des malfaiteurs font le complot d'assassiner un passant pour le dépouiller; des traîtres, celui d'ouvrir les portes de la ville à l'ennemi. Partout où il y a deux méchants, il n'y a ni personne, ni droit, ni autorité, ni puissance à l'abri d'un complot , c'est à-dire, d'un attentat sourdement concerté. — La conspiration a pour objet d'opérer un changement plutôt en mal qu'en bien, plutôt dans les affaires publiques que dans les choses privées, plutôt à Tégard des personnes qu'à r^ard des choses, plutôt dans Tétat actuel de la chose publique que dans la chose même ou dans sa constitution. Ce terme ne se prend pas toujours, comme celui de complot, en mauvaise part, pour le dessein de nuire; la conspiration a quelquefois le dessein de favoriser et de servir. Ainsi nous disons qu'il y a eu une conspiration générale de tous les ordres de l'État pour mettre une couronne élective sur la tète du plus grand des citoyens. La conspiration regarde quelquefois les personnes privées, ce qui la distingue essentiellement de la conjuration : ainsi l'on cite communément des conspirations contre un auteur, un plaideur, un candidat. La conspiration n'a ordinairement en vue que les personnes et un changement dans la face des choses : Albéroni forme une conspiration contre le régent de France, pour que l'autorité change de main; les courtisans, les princes, la reine, le roi lui-même, en forment plusieurs contre Richelieu, pour se soustraire à un empire dur et absolu. — La conjuration a pom^ objet d'opérer un grand changement, une révolution d'État ou dans l'Etat, soit à l'égard de la personne du souverain légitime, soit à l'égard des droits inviolables de l'autorité, soit dans les formes propres et caractéristiques du gouvernement, soit dans les lois fondamentales et constitutives. Gatilina se propose, dans sa conjuration, de détruite les derniers des Romains et sa patrie, s'il ne parvient à l'asservir. La

conjuration de Bedmar prépare la ruine de la république de

La yie des plus grands persormages , la royauté, la religion de l'Ëta.,

tout est menacé dans la conjuration d'Âmhoise. (R.)

COMPOSÉ. V. Apprêté.

COMPRENDRE. V. Prendre et Entendre.

COMPTER. V. Calculer.

CONCEPTION. V. Esprit.

CONCERNER. V. Regarder.

CONCESSION. V. Cession.

CONCEVOIR. V. Entendre.

CONCILIATEUR, CONCILIANT. Conciliateur est un substantif signifiant celui qui concilie ^ qui s'efforce de concilier; mais ce mot s'emploie aussi comme adjectif : « Esprit conciliateur ». (Acad.) Conciliant n'est jamais qu'adjectif, et signifie qui est disposé, qui est propre à concilier: «Mesures conciliantes n (Id.); cela ne veut pas dire que ces mesures concilient , mais qu^elles sont propres à concilier, qu^elles ont les qualités requises pour cela. Ainsi un esprit conciliant est un esprit ami de la concorde et disposé à accepter la conciliation ou à la conseiller; un esprit conciliateur cheTche les moyens d'amener la conciliation et les met en œuvre ( 40, page 12).

CONCILIER. V. Accorder.

CONCIS, V. Laconique et Précis.

CONCISION. V. Précis.

CONCLURE. V. Inférer.

CONCLUSION, CONSÉQUENCE. « Ces deux termes sont synonymes, en ce qu'ils désignent également des idées dépendantes de quelques autres idées. «— Dans un raisonnement, la conclusion est la proposition qui suit de celles qu'on y a employées conmie principes, et que Ton appelle prémisses; la conséquence est la liaison de la conclu' fion avec les prémisses. — Une conclusion peut être vraie, quoique la conséquence soit fausse : il suffit, pour Tune, qu'elle énonce une vérité réelle; et pour l'autre, qu'elle n'ait aucune liaison avec les promisses. Au contraire, une conclusion peut être fausse, quoique la conséquence soit vraie : c'est que, d'une part, elle peut énoncer un jugement faux; et de l'autre part, avoir une liaison nécessaire avec les prémisses, dont l'une au moins dans ce cas est réellement fausse ». (B.)

Éclaircissons cela par des exemples. Si je dis : « L'ouvrier paresseux est exposé à la misère; or tel ouvrier est paresseux : donc la paresse est un défaut ». La conclusion « la paresse est un défaut » est parfaitement vraie ; mais cette conclusion n'a aucune liaison avec les prémisses, elle ne découle pas de ces prémisses : si la paresse est un défaut, cela ne résulte aucunement de ce que l'ouvrier paresseux est exposé à la misère, ni de ce que tel ou tel ouvrier est paresseux. J'ai donc tiré une fausse conséquence.

Si je dis : « Toute habitude est vicieuse; or la discrétion est une Ao^t-

CONPiRElL 1^5

imde : donc Im éacréUcm est videuêe»; la e(mchmon sera flusse^ car i\ n'est pas Trai que la discrétioa soit skieuse; et cette conclusion est fausse, parce qœ la prémisse toute habitude est otetieiiseest elle-même foasse. Qaant à fai comséqmence, elle est parfaitemeot yraie, c'est-àdiie qu'eue est bien liée «ux prémisses, qa'elle en découle nécessairement : en effet si Ton accordait que tonte habitnde fût yiciense et que la discrétion fût nae habitude, il s'ensuivrait forcément que la discrétion serait yicieDse.

œNGOURS. V. Affluence.

GONCUPISGENCfi, CUPIDITÉ, AVIDITÉ, CONVOITISE. La concttpiscemee est la disposition habituelle de l'âme â désirer les biens et les piaisiis sensibles : la cupidité en est nn désir riolait : Yavidiié en est an désir insatiable; la convoitise en est nn désir illicite. — La concupiscence est une soite da pédié originel; le renoncement à soi-même est le remède que propose TËTangâe contre cette maladie de Tâme. Ce renoncement anssi inconnu à la philosophie humaine que Torigine et la natnre du mal dont il est le remède, dispose heureusement le chrétien à réprimer les emportements de la cupidité, à prescrire des bernes raisonnables à VamàOé^ à détester toutes les injustices de la convoitise, (B.)

CONCURRENT, COMPÉTITEUR. Concurrent, en latin coneurrens, qui court avec, cum { 4, page %), qui concourt pour atteindre le but, et, au figuré, pour obtenir un prix, une place, une charge, nn emploi, ime fourniture, une concession, etc. Compétiteur, du latin cum, avec, ^petiior, qui demande, qui recherche.

ConcwrrefU est le mot ordinaire et peut se dire quel que soit le but à atteindie : compétiteur ne l'emploie bien quoTelatirement à de hautes dignités, à des fonctions éleyées : « Us étaient deux c&mpéUteurs à Tempire». (Bossuet.)

CONDESCENDANCE. V. Cwiplaisanoe.

CONDITION, ÉTAT. La condiiton a plus de rapport an rang où l'on se trouve dans l'opinion du monde, soit par sa naissance, soit par les fonctions que Ton exerce ou par les titres dont an est reTèto. L'état a pins de rapport à la profession, au métier, a Les richesses, dit l'aube «Girard, nous font aisément onbUer le degré d« notre condition, et nous détournent qnelqii^QÛ des devoirs de notrf état^y)

CONDUIRE. V. Guider.

CONFÉDÉRATION. V. Àliimce.

OONFËREKCE. V. Ooncersation.

GONFÉBER, COMPARER. V. Comparer.

CONFÉRER^ DÉFÉRER. Donner, accorder, déommer des honneurs, des dignités. — « Conférer est un acte d'autorité; c^est l'exercice du droit dont on jonit Déférer est un acte d'honnêteté; c'est une préfévence que l'on accorde au mérite. Onand la oonjuratton de CatiUna fut

DICT. DIS STKOKTMK^ 9

lAG STNOIXTMES FRANÇAIS.

éventée , les Romains, convaincns dn mérite de Gicéron et dn besoin qu'ils avaient alors de ses lumières et de son zële^ lui défibrèrent unanimement le consulat; ils ne firent que le conférer à Antoine. » (B.) '

Déférer se dit en outre quand il s'agit d'honneurs, de dignités extrar ordinaires ou attribuées contrairement à la coutume ou au droit commun : « Les Romains ont déféré les honneurs divins à la plupart des empereurs». (Acad.) CONFESSION. V. Aveu, CONFIER (SE). V. Fier {se).

CONFISEUR. CONFITURIER. Le confiseur exerce un art; il fait des confitures et toutes sortes de sucreries : le confiturier vend les confitures faites par d'autres, c On peut être en même temps confiseur et confiturier, si Ton fait des confitures et qu'on les vende. Il y a dans les offices des grandes maisons, des confiseurs qui préparent les confi* tures : il n'y a point de confituriers. » (L.) CONFORBIATION. V. Façon, figure.

CONFORMITÉ. Y. Ressemblance.

CONFRÈRE, COLLÈGUE. Les confrères font partie d'une même corporation, ou exercent la même profession, ou bien ils sont membres d^lne même association de piété. Les collègues sont les membres d^un même corps constitué, les employés d'une même administration, et en général tous ceux qui coopèreitf à un travail, à une œuvre commune.

Deux médecins wmX confrères: ils sont collègues, s'ils sont membres d'une même commission ou d'une même société académique. Deux hommes dont la profession est d'enseigner les lettres ou les sciences, sont confrères; s'ils sont professeurs dans le même établissement d'instruction publique, ils sont collègues.

CONFRONTER. V. Comparer.

CONFUS, CONFONDU. Confins exprime simplement l'état; confondu présente l'état comme un efiet produit, comme résultant d'une action soufferte (5t, page 16).

Des objets confus se montrent dans un état de désordre, de mélange, de confusion : «Un amas confus de choses diverses; des cris confits; des voix confuses n; et quand ce mot se dit de l'esprit ou des œuvres de l'esprit, il signifie obscur, embrouillé : a Esprit confUs; saroir con-fus; idée confuses. (Acad.) Des objets confondus avec d'autres ou entre eux, l*ont été par un agent quelconque ; en un mot, confondu exprime l'état passif; ce qui fait nécessairement entendre qu'il y a eu action : « Dans le chaos tous les éléments étaient confondus » (Acad.); ils avaient été confondus probablement par les actions confiitse$ des uns sur les autres, puisque ces actions n'avaient pas été réglées et soumises à de certaines lois.

Appliqué aux personnes, confus exprime aussi simplement l'état rîe confusion, et équivaut à honteux, embarrassé : « U était confus d€ sa

GONSENTEVENT. 147

méprise; Je suis confus de vos bontés ». ( Acad.) Confondu signifie jeté dans la confusion, humilié, déconcerté, stupéfait : « Ils se trouvèrent confondus par cette masse de preuves. Les superbes sont souvent con' fondus dans leur orgueil. » '

CONFUS, DÉCONCERTÉ, INTERDIT. Confus, qui éprouve devant les autres un embarras provenant d'une sorte de honte. Déconcerté se dit de celui qui, ayant concerté ce qu'il voulait dire, ou se croyant sûr de pouvoir répondre à tout, se trouve jeté tout à coup hors du cercle de ses idées par quelque chose d'imprévu, et fait de vains efforts pom* y rentrer. Un homme interdit, l'est par une crainte subite qui produit le trouble et la confusion dans ses idées, et fait sur lui une telle impression qu'il reste inmiobile sans pouvoir proférer une seule parole. ( L.)

CONGÉDIER. V. Renvoyer.

CONGRATULATION. V. Félicitation.

CONJECTURE. V. Présomption.

CONJONCTURE. V. Occasion.

CONJURATEUR. V. Conjuré.

CONJURATION. V. Complot.

CONJURÉ , CONJURATEUR. Un conjuré est celui qui est entré dans une conjuration : le conjurateur est le chef de la conjuration. Ce mot est peu usité dans ce sens; il l'est beaucoup plus dans le sens de magicien.

CONNEXION, CONNEXITÉ. Ces mots expriment le rapport, la liaison , la dépendance qui se trouve entre certaines choses. La termi> naison du premier, ion, marque l'action de lier ces choses ensemble (20, page 7) : la terminaison du second, ité, marque la qualité des choses faites pour être liées ensemble (29, page 9). — La connexité est la qualité ou la propriété naturelle en vertu de laquelle la connexion a lieu ou peut avoir lieu. Ainsi conneodté ne dénote qu'un simple rapport qui est dans les choses et daus la nature même des choses : la connexion énonce une liaison effective qui est établie entre les choses et fondée sur ce rapport. Par la connexité les choses sont faites pour être ensemble : par la connexion elles le sont. La connexité est, pour linsi dire, en puissance ; la connexion est de fait. (R.)

CONSACRER. V. Vouer.

CONSCIENCIEUX. V. Scrupuleux.

CONSEIL. V. Avertissement.

CONSEILLER HONORAIRE, CONSEILLER D'HONNEUR. V. Honoraire.

CONSENTEMENT, APPROBATION. V. Approbation.

CONSENTEMENT, ASSENTIMENT. V. Assentiment.

CONSENTEMENT, CONVENTION, ACCORD, PACTE. Consentement, du latin cum, ensemble, et sentire, sentir, exprime l'unité de sentiment, de Yues« d'intention : c'est la disposition uniforme des

l/i8 STNONTIIES FRANÇAIS.

parties qui traitent La convention est Taction qai résulte du consente^ ment : Y accord est l'effet^ le résultat de cette action. Deux personnes^ d'un commun coft^enf^m^^^ ont fait ensemble une convention, au moyen de laquelle elles sont ô*accord,

« Le consentement, dit Beauzée^ suppose un droit et de la liberté ^ et fait disparaître Topposition. La convention vient de rintelligence entre les parties 9 et détruit l'idée d'éloignement. L'accord produit la satisfaction réciproque et fait cesser les contestations. »

Pacte, en latin pactum, a pour racine pax, paix. Ainsi le pacte est littéralement un traité de paix : il suppose donc la guerre, la lutte; il y met fin ou il la prévient. Les partis font un pacte qui suspend lems hostilités. On appelle pacte de famille l'accord, le traité fait entre les membres d'une famille souveraine occupant des trônes différents ^ dans le but de maintenir la paix entre eux et de se soutenir mutuel^ lement dans les guerres étrangères. Le pacte social a pour but d'empé* cher la guerre entre les membres de la société.

Le mot pacte se prend souvent en mauvaise part, dans le sens de converttion faite pour le mal ou dans des vues condamnables.

CONSENTIR, ACQUIESCER, ADHÉRER, TOMBER D'ACCORD. Nous consentons à ce que les autres veulent, en l'agréant et en le permettant. Nous acquiesçons à ce qu'on nous propose, en l'acceptant et en nous y conformant. Nous adhérons à ce qui est fait et conclu par d'autres, en l'autorisant et en nous y joignant. Nous tombons cTaccord de ce qu'on nous dit, en l'avouant et en l'approuvant. — On s'oppose aux choses auxquelles on ne veut pas consentir. On rebute celles auxquelles on ne veut pas acquiescer. On ne prend point de part à celles auxquelles on ne veut pas adhérer. On conteste celles dont on ne veut pas tomber daccord, — Il me semble que le mot de consentir suppose un peu de supériorité; que celui ô.*'acquieseer emporte un peu de soumission ; qu'il entre dans l'idée d'adhérer un peu de complaisance ; et que tomber d accord marque un peu d'aversion pour la dispute. (G.)

GONSÉQDENGE. V. Conclusion.

CONSERVER. V. Réserver.

CONSIDÉRABLE, GRAND. Le premier sens, le sens propre et littéral du mot considérable, est qui est digne d'être considéré, qui doit être pris en considération (43, page 13), et par résultat : important, éminent, puissant. Dans la fable r Avantage de la science, le riche ignorant dit au savant pauvre :

Yons Toas croyez eonndéraht» ; Mais, dites-moi, tenez -lous table?

c'est-à-dire : Vous vous croyez un personnage important, digne de

grande considération. On ne l'enlend pas autrement de nos jours;

l'Académie dit qu'un personnage considérable est un personnage

coNsoMMen. l/iO

important, et qn'nn rang comidérabieesiTmrtaïg éminent» Quant à ^roiu/personnago^ il fant entendre pior là un liomme qui^ par l'éclat de sa naissance ou par Tétendne.de son pouYoir, oompe dan^la société un raogtrèa^éleTé; ou bien enc(»re un honune qui s'est rendu illustre par la supériorité de ^ son mérite : « Les plus grmuU personnages de l'antiquité ». (Acad.)

Comidérable se dit aossi des choses qni ont de Timportance par la grandeur y le nombre^ la quantité; et c'est le cas où ce mot est le plus véritablement synonyme de Tadjectif grand. Cependant la différence de sens est facile à constater : considérable enotiérit snt' grand, il signifie très^rand. Une somme considérable est nne très " grande somme; un: avantage considérable est un très - grand avantage; une «tendue considérable est plus qu'une grande étendue.

Je ne sais pourquoi M. Guizot a pensé que le mot considérable ne se disait point de la hauteur : on le trouve souvent employé dans nos bons écrivains pour exprimer l'idée d'une très^grande élévation verticale; et l'Académie , an* mot hauteur, dit : Les eaux s*élevèrent à fine hauteur considérable,

CONSIDÉRATION. V. Égards,

CONSIDÉRATIONS. V. Notes.

CONSIDÉRER. V. Voir, regarder,

CONSOLATEUR, CONSOLANT. Consolateur (fém. consolatrice) est substantif et signifie celui qui console, qui s'efforce de consoler, et il s'emploie quelquefois adjectivement : « Ange consolateur; espoir consolateur » (Acad.); c'est-à-dine, espoir qui. par loi- même a le .pouvoir: de ccmsoler et qui<produit cet effet (40^ page 12).

Consolant- est toiyours adjectif et signifie qui est tel, qu'on peut en tirer des motifs de consolation : ainsi un espoir, consolant n*est pas précisément un espoir qui console actuellement et par lui-même, mais un espoir qui a pour qualité de pouvoir servir à nous cortsoler nous-mêmes ^.

CONSOMMER > CONSUMER. Ces mots sont synonymes, lorsqu'ils com^oennent dans leur signification Tidée de destruction, à^anéantissèment. — Consommer- se dit en parlant des choses qui se détruisent par Tusage, comme le vin, la viande, le bois et toutes sortes de pro'

1. Nous avons encore le mot cotuolatif, dont le sens ne diffère guère on plntAfc ne diffère pas de celni de cantolant; aussi, comme le remarque trës^bien rAca> demie, est-il à peu près innsité. On trouve aussi quelquefois cmêolntoire^ vieux mot qn'on ne lit point dans le Dictionnaire de l'Académie y. et qni, ne me semble pas mériter cette proscription. En effet, il ne signifie pas qui console, ni qni ren* ferme des motifs de consolation ; il signifie qui a pour caractère de paraître, consoler, il n'exprime que l'apparence de la consolation. La phrase suivante de M. Yillemain fera parfaitement comprendre la valeur de ce mot : « Uo poète sifflé arrive et est accueilli par la maîtresse de la maison avec une espèce de compli' ment consolatoire et épigrammatique • .

150 8YK0KYUES PAÀKÇAIS.

Tisions. Cotisumer signifie détraire, nser, réduire à rien : « Le feu consuma ce grand édifice en moins de deux heures ; Le temps consume tontes choses. Il a consumé tout son patrimoine ». (Acad.) Il signifie aussi employer sans réserve : « J*ai consumé tout mon temps à cet ouvrage » (Id.); mais dans ce sens il n'est pas synonyme de consommer, pas plus que quand il se dit des affections ou des sentiments pénibles qui à la longue font tomber dans le dépérissement : « Être eonwm^ de regrets ». (Acad.)

CONSPIRATION. V. Complot.

CONSTANCE, FERMETÉ. V. Fermeté.

CONSTANCE, FIDÉLITÉ. La constance ne suppose point d'engagement; la fidélité en suppose un. On dit constant dans ses goûts, fidèle à sa parole. — La fidélité suppose une espèce de dépendance : un sujet fidèle, un domestique fidèle, un chien fidèle, La constance suppose, une espèce d'opiniâtreté et du courage : constant dans le travail, dans le malheur. La fidélité des martyrs à la religion a produit leur constance dans les tourments. — Fidèle, fidus^ qui garde sa foi. Constant, cum stans, qui tient à ses premières volontés. (D'AÏ.)

CONSTANT, DURABLE. V. Durable.

CONSTANT, FERME, INÉBRANLABLE, INFLEXIBLE. Ces mots désignent, en général , la qualité d'une âme que les circonstances ne font point changer de disposition. Les trois derniers ajoutent au premier une idée de courage, avec ces nuances différentes, que ferme désigne im courage qui ne s'abat point; inébranlable, un courage qui résiste aux obstacles; et inflexible, un courage qui ne s'amollit point. — Un homme de bien est constant dans l'amitié, ferme dans les malheurs; et lorsqu'il s'agit de la justice, inébranlable aux menaces et inflexible aux prières. [Enc,] — V. Fermeté, constance.

CONSTITUANT, CONSTITUTIF. Une chose constituante constitue effectivement une autre chose, entre dans la composition de cette chose, et fait que cette chose est réellement; les molécules d'un corps sont constituantes de ce corps. Constitutif se dit d'une propriété que Tesprit conçoit comme étant essentielle à la chose et sans laquelle cette chose ne pourrait pas être (42, page 12) : la divisibilité est une propriété constitutive de retendue. (Acad.)

CONSTITUTION. V. Naturel, tempérament.

CONSTRUIRE, BATIR, ÉDIFIER. Construire a un sens plus général que les deux autres mots : il se dit des grands édifices, des maisons, des navires, des ponts, des échafaudages, des machines, etc. Bâtir et édifier ne se disent que des édifices en maçonnerie.

Bâtir n'exprime proprement que le travail du maçon : construire et édifier désignent tous les travaux de construction, la maçonnerie, la charpente, etc. Mais édifier ne se dit qu'en parlant des palais, des temples et autres grands bâtiments publics, et il n'est guère usité qu'en poésie et dans le style élevé.

CONTEIU 151

CONSUMER. V. Consommer.

CONTE, ROMAN, FABLE. Le conte est un récit d'une ov de plusieurs aventures imaginaires, yraisemb1al:)les ou merveilleuses : « Les contes de fées; les contes arabes (Acad.); les contes d*Andrieuz ». Conte se dit aussi, familièrement, des histoires plaisantes, vraies ou fausses, que Ton dit pour amuser, railler, médire, etc. : « C'est un conte fort plaisant On fait d'étranges contes sur cet homme -là » . (Acad.)

Le roman est un long conte. « Il se dit proprement des histoires, des narrations vraies ou feintes, écrites en vieux langage, soit en vers, soit en prose; et, par extension de toute histoire feinte, écrite en prose, où l'auteur dierche à exciter l'intérêt, soit par le développement des passions, soit par la peinture des mœurs, soit par la singularité des aventures : « Le roman de la Rose; les romans de chevalerie; les romans de Le Sage ». (Acad.)

La fable est un court récit en prose ou en vers, dans lequel on cache une vérité, une moralité, sous le voile de quelque fiction : « Les fables de Fénelon; les fables de La Fontaine».

Fable signifie encore fausseté, chose controuvée : a Vous nous contez des fables. L'histoire de ce peuple est mêlée de beaucoup de fables. Les fables du paganisme ». (Acad.) La Fable est la mythologie ou religion des païens de l'antiquité.

CONTEMPLATEUR, CONTEMPLATIF. Contemplateur (fém. contemr platrice), est un substantif désignant celui, celle qui contemple réellement des yeux ou qui se livre volontairement à la contemplation par la pensée. Contemplatif est un adjectif qui se dit des personnes et de ce qui est relatif aux personnes : « Homme fort contemplatif; vie contemplative 1». (Acad.) Appliqué aux personnes, il signifie qui se laisse aller involontairement à la contemplation d'esprit, qui s'y abandonne et s'y plaît (49, page 12) ; et il s'emploie quelquefois substantivement. le contemplateur par la pensée est maître de sapensée; il la dirige et elle ne cesse pas d'être soumise à l'empire de sa volonté. Le contemplatif n*e8i plus maître de sa pensée, il n'a même plus de volonté : son esprit ou plutôt son imagination s'égare dans des rêves obscurs et vagues^ dans des méditations sans objet bien déterminé.

CONTENANCE. V, Maintien.

CONTENIR. V. Tenir.

CONTENT. V. Aise et Satisfaction.

CONTENTEMENT. V. Satisfaction.

CONTENTION. V. Attention, application.

CONTER, RACONTER, NARRER. « Conter, dit Laveaux, se dit des choses familières ou qui sont l'objet de la conversatiou. Il n'offre que des choses légères ou de peu d'importance, qui ne produisent pas an intérêt profond. » Ce que Ton raconte, serait-ce même une his* toire mensongère, est plus important, intéresse davantage, et a pour

152 stnontmeIb français.

bat principal d'instruire les auditeurs. Un témoin ne conte pas devant un tribunal ce qu'il a ya ou entendu; il le raconte pour instruire 1m

juges.

« Narrer est de la rhétorique et d'apparat : dans l'emploi de ce mot, on ne regarde firoprement qu'à la mamëre. On narre ayec étude ou art, pour attacher, intéresser^ prévenir un auditoire, un tribunal, le public qui juge. On raconte avec exactitude^ pour rendre compte^ expliquer les faits, apprendre la chose à la personne, aux gens, au monde qui doit ou veut être instruit. On conte avec agrément pom amuser, pour plaire, pour occuper agréablement quelqu^m, récrée sa société, les curieux qui cherchent le plaisir. — Les beaux diseurr narrent en racontant, et tant pis pour eux. Ceux qui aiment beaucoup à parler sans raisonner, racontent et racontent. Si l'on savait combien il faut d*esprit et d'agrément dans l'esprit pour conter 9 1 (R.)

Le préfixe ra est formé de re et de ad (10, pajre 5) r le préfixe re de raconter marque une seconde action (5, page 3) ; il indique que le narrateur reproduit le fait, qu'il lui redonne en quelque sorte l'existence. Voilà pourquoi raconter ne peut se dire que de choses qui sont passées; tandis que l'on peut conter des choses qui ne le sont pas : « n viendra ce soir me conter ses peines ». Ensuite, le préfixe cm/ signifie à, vers, et indique que l'on s'adresse à quelqu'im, à un auditoire, pour l'instruire ou pour l'intéresser vivement; ce qu'il n'-est pas nécessaire de faire entendre avec le verbe simple conter : « Aller ailleur conter vos sornettes ». ( Acad.)

CONTESTATION. V. Dispute.

CONTEXTORE. V. Texture.

CONTINU, CONTINUEL. « Ces deux termes désignent l'un et l'autre une tenue suivie; c'est le sens général qui les rend synonymes; voici en quoi ils diffèrent. — Ce qui est continu n'est pas divisé; ce qui est continuel n'est pas interrompu. Ainsi la chose est continue par la tenue de sa constitution; elle est continuelle par la tenue de sa durée. Le cliquet d'un moulin en mouvement fait un bruit continuel, parce qu'il est le même sans interruption tant que le mouMn tourne : notais ce bruit n'est pas continu, parce qu'il est composé de retours périodiques séparés par des intervalles de silence; il est dinsé ». (B.)

L'abbé Girard a remarqué de même que continuel marque la longueur de la durée, quoique par intervalles et à diverses reprises; et que continu marque simplement Tunité de durée, indépendamment de la longueur ou delà brièveté du temps que ladiose dure. « Il peut y avoir, dit-il, de l'interruption dans ce qui est continuel : mais ce qui est continu n'en soui&e point ».

CONTINUATION, CONTINUITÉ. Continuation est pour la durée: continuité est pour l'étendue. On ditlacon^mMa^io» d'un travail et d'une action; lu continuité d.*\ïn espace et d'une grandeur». (G.) < Cependant continuité se dit aussi d*une durée continue : « La conti-

coMiiNoeo. 153

nuité an travail; la. continuité de ce broil mMmpoftone ». (Acad.) D'antre P^^ continuation peut se dire de TéCendae : « Ge mot, dit rAcadésaie^ signifie aussi la clios^- qu'oa agonie à nue autre pour la prolonger : la continuation d'une muraille, d'une allée ». Mais le mot continuation éveUle touj^ouis une idée d'action et a laf^rt ^ un agent (20, page 7). Continuité e3({Mrinie simplement l'état, la qualité de la €l)ose (39, page 9), e<»5idérée comme un tout dont lés parties se tiennent sans interruption. La continuation d'une muiailie est un travail; la continuation d'un travail , d'un brait, dépend de celui qui fait ce travail ou ce bruit; mais quand je dis la continuité du travail me fatigue, la continuité de ce bruit m'importune, ^e considère sim^de* ment le travail, le bruit en eux*mèines et quant à leur qualité d'être non interrompus.

œNTINUATION, SUITE. « Termes qui dé^gnent la liaison et le rapport d'une chose avec ce qui la précède. On continue ce qui n'est paa achevé; on donne une suite à ce qui Test. » (Enc,) On fait la continuation d'une vente; un auteur dramatique a fait la suite du Menteur, comédie de Corneille.

CONTINUEL, CONTINU. Y. Continu,

CONTINUEL, PERPÉTUEL. V. Perpétuel.

CONTINUELLEMENT. V. Toujours.

CONTINUER A ou I>E. Continuer à se dit d'une action ou d*une suite d'actions dont la durée est indéterminée ou que l'on considère comme ne devant pa» fkm: « Yotie frère contimte à se bien porter. La terre continue à tourner sur son axe ». Continuer de se dit d'une action dont la durée est déterminée, qui doit avoir nécessairement une fin dans un moment proebaUi : « Je continue cf écrire une lettre que j'avais déjà commencée ».

En conséquence, et comme le dit fort bien Roubaud, «on continue à £ûre ee qu'on fait d'habitude, ce qu'on a coutume de faire, tant qu'on n'y renonce pas : on continue de faire ce qu'on fait actuellement, ce après quoi l'on est, tant qu'on ne discontinue pas (75, à la fin de la page 2S ). La promière manière de parler* n'indique que la continuation; la seconde marque la continuité; celle-ci spécifie l'acte présent; celle-là en fait abstraction. On continue à jouer, tant qu'on est adonné au jeu : on continue de jouer, tant qu'on reste au jeu. Celui qui a tou^ jours la même opinion, continue à la défendre; celui qui parle toujours pour son opinion, sans attendre, sans écouter les objections, continue de la défendre ».

N. B. L'Académie, au mot continuer, dit que continuer à signifie peisévérer dans une habitude, ce qui est la vérité; et au mot à elle dit que continuer à suppose une action commencée et que l'on continue, tandis que continuer de désigne une action répétée par intervalles et que l'on a l'habitude de fiedre. Cest là une fâcheuse contradiction*

CONTINUER, PERSÉVÉRER, PERSIOTER. Continuer ^ c'est simple*

15/i SYNONYMES FRANÇAIS»

ment faire comme on a commencé de faite on ^re comme on a été jnsque-là : « Continuer sa lecture. U continue ses démaix;hes. Continuez à bien faire, et Yons Yons en trouYerez bien; Le mam*ais temps con^ tinue ». (Acad.)

« Persévéner, dit Beanzée, c'est continuer sans Youloir changer, et persister, c'est persévérer avec constance on opinî&treté. kinsi persister dit plus que persévérer^ et persévérer pins que continuer. »

La synonymie est beaucoup plus étroite entre persévérer et persister, qu'entre chacun de ces deux mots et le Yerbe continuer.

« Persévérer, se disant des personnes, signifie poursuÎYre aYec une longue constance ce que Ton a commencé ou même continué. Persister signifie soutenir et confirmer aYec une ferme assurance ce que Ton a dit ou résolu. — Persévérer se dit proprement des actions et de la conduite; persister, des opinions et de la Yolonté. Cest dans la pratique ou l'exercice d'une chose, dans le bien ou dans le mal, dans un genre d'occupation ou de Yie, qu'on persévère : c'est dans son sentiment ou dans son dire, dans sa manière de penser ou de Youloir, qn'oaper' siste. » (R.)

CONTINUER, POURSUIVRE. Cest ajoutera ce qui est commencé, dans l'intention d'arriYer à la fin et de faire un tout complet : le premier de ces deux mots ne dit rien de plus; mais le second suppose que les additions faites au commencement sont dans les mêmes Yues, ont les mêmes qualités, et se font de la même tenue. — Ainsi l'on peut continuer l'ouYrage d'autrui, parce qu'il ne faut qu'y ajouter ce qui parait y manquer; mais il n'y a que celui qui l'a commencé qui puisse le poursuivre; parce qu'un autre ne peut aYoir ni toutes ses Yues, ni les mêmes Yues, que chacun a son faire distingué de tout autre, et qu'il y a interruption dès que TouYrage passe dans des mains différentes. — Continuer marque simplement la suite du premier traYail : poursuivre marque , aYec la suite, une Yolonté déterminée et suiYie d'arriYer à la fin. — Quand un discours est commencé, s'il Yient à être interrompu , et que celui qui le prononce ait pris part à Huterruption ou que sans cela elle ait été longue , il le reprend pour continuer; s'il ne donne ou s'il afTecte de ne donner aucune attention à l'interruption, «l poursuit; parce qu'alors l'interruption est nulle par rapport à celui qui parle, et qu'il tend à la fin nonobstant l'interruption. — On conti^ nue son Yoyage après aYoir séjourné dans une Yiile, dans une cour étrangère : on \e poursuit nonobstant les dangers de la route, les difficultés des chemins et les incommodités de la saison. — Quand on a commencé, il faut continuer; autrement, on court les risques de passer ou pour étourdi ou pour inconstant. Quand on a bien commencé, il faut poursuivre, pour ne pas se prlYcr du succès qui est dû au début. (6.)

CONTINUITÉ. V. Continuation.

CONTRADICTION, CONTREDIT. La terminaison ton marque fae

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