‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 44 sur 163 · CONTRE · texte numérisé non relu

CONTRE

tion et 80Q effet (20 , page 7 ) : eoniradUction signifie donc action de contredire ou opposition aux sentiments , aux discours de quelqu'un. Contredit désigne les paroles mêmes fonnant réponse contre ce qui a été du par quelqu'un.

Il n'y a guère synonymie entre ces deux mots que quand ils sont précédés Tun et Tautre de la préposition jon». Mais êona contradiction signifie sans que personne contredise; et ums contredit est une locution adverbiale qui signifie certainement, et fait entendre que la chose ne peut être contredite : « Cet avis a été reçu son» contradiction », (Acad.) m ne Ta pas contredit. « Cet avis est son» contredit le meilleur», E'est-à-dire est certainement le meilleur.

CONTRADICTOIRE, CONTRAIRE, OPPOSÉ. En jurisprudence, contradictoire se dit de ce qui est fait en présence des parties intéressées, qui ont pu mutuellement se contredire. -- En logique on appelle contradictoires des propositions qui expriment des jugements ou des idées tellement contraires, qu'eUes se détruisent l'une l'autre. // fait chaud, il fait froid, sont des propositions contradictoires; oui et non sont des termes contradictoires. — Contradictoire a rapport à ce qu'on dit, à ce qu'on avance, à ce qu'on discute ; contraire a rapport à la nature même des choses. Le môme homme qui, dans le même moment, dirait qu'il fait chaud et qu*il fait froid, dirait deux choses contracte" toires. Mais le chaud et le froid sont, par eux-mêmes, deux choses contraires. — Opposé se dit des choses qui sont dans une position , dans une direction différente : le pôle nord est opposé au pôle sud; deux aimées ennemies qui tendent à se nuiro, à se détruire l'une l'autre, sont opposées l'une à l'autre. (L.)

Ce dernier exemple prouve qu'oppo*^^ employé figurément, ajoute à l'idée de contraire ceUe d'hostilité, de lutte ou tout au moins de résistance : « Il est toujours oppo»^ à mes desseins » (Acad.); c*est*àdire , il les combat toujours, il s'efforce de les faire avorter.

CONTRAINDRE, OBUGER. Y. Obliger.

CONTRAINDRE A ou DE. Y. Obliger à.

CONTRAIRE. Y. Contradictoire,

CONTRARIER, CONTRECARRER. Contrarier quelqu'un c'est dire ou faire le contraire de ce qu'il dit ou de ce qu'il fait, ou bien c'est s'opposer à ses desseins, à ses volontés. Contrecarrer a ce dernier sens, mais ce mot, qui est familier, fait entendre que l'opposition aux volontés ou aux desseins d'une personne est inspirée par un sentiment d'animosité contre elle.

Les choses, comme les personnes, contrarient; les personnes seules peuvent contrecarrer : cela résulte de ce que nous venons de dire.

CONTRE, MALGRÉ, NONOBSTANT. Ces trois prépositions indiquent, entra le sujet et le complément du rapport , des oppositions différemment caractérisées. — Contre en marque une de contrariété formelle^ soit à l'égard de Topinion soit à l'égard de la nonduite : « L'honnête

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homme De parle point contre la vérité. Quc»(pi'une action ne soit pas contre la loi^ elle n'en est pas moins péché , si elle est contre la conscience ». — Malgré exprime une opposition de résistance soutenue, soit par voie de fait, soit par d'autres moyens; mais sans effet de la part de l'opposant énoncé par le complément de la préposition : a Malgré ses soins et ses précautions, l'homme subit toujours sa destinée. » — Nonobstant ne lait entendre qu*une opposition légère de la part du ccwiplément, et à laquelle on n'a point d'égard : « La force a fait et fera le droit des puissances, nonobstant les protestations des faibles ». (G.)

CONTRECARRER. V. Contrarier.

CONTREDIT. V. Contradiction.

CONTRÉE. V. Région.

CONTREFAÇON, CONTREf ACTION. Ces mots sont assez indifféremment employés à désigner limitation d'un outrage, d'un livre, d'une marchandise dont la fabrication est réservée. — A la simple inspecticcL des mots on connaît qmhk, contre faction est rigoareusemest l'action de eontrefaire; et la contrefaçon l'effet de cette action ou la façon propre de la chose contrefaite. L'action est de l'ouvrier, la façon est dans Fouvrage. Ainsi vous direz plut6t contre faction , quand vous voudrez parler du mérite de l'ouvrier, de sa faute, de sou délit; et contrefaçon, quand il s'agira de remarquer le mérite de Touvrage, sa fabrication, sa qualité. (R.)

Ajoutons que le mot contrefaction est un terme de jurispmdenee assez peu usité dans le langage ordinaire.

CONTREFAIRE, V. Faire et Imiter.

CONTREFAIT, MAL FAIT. Qui a une forme mauvaise (en parlant du corps d'un être animé, ou seulement d'une des parties)-.

Mal fait signifie, suivant l'Académie, laid, mal formé. Cette expression rend donc simplement l'idée d'une forme qui n'est pas belle ou qui est mauvaise. Contrefait, littéralement fait contrairement à la forme normale, signifie, toujours d'après l'Académie, difforme, défiguré.

Ainsi, avoir la jambe mal faite, c'est avoir la jan^ laide, mal proportionnée ; et quand on dit de quelqu'un qu'il a la jambe contre' faite, ou veut faire entendre que sa jambe est difforme, tortue, eu trop courte et mal tournée.

CONTREVENIR, ENFREINDRE, TRANSGRESSER, VIOLER. Contrevenir, venir, aller contre : faire une chose contraire à ee qui est prescrit, ordonné. Enfreindre, latin infringere, composé de /rwi^tf^' rompre , briser : rompre un frein^ briser des liens. Transgreeaer, latin trans, gradi, aller à travers, au delà : passer outre, franchir les bornes, les lifflitesi. Violer, latkà violare^ de vis, Ibree, violence : faire tio- Icnce» faire outrage, commettre un grand excès. — Ainsi, à proprement oarler, on contrevient, quand on va contre la voie tracée : ou enfreint, quand ou rompt es q^ai lie : oa transgretse, quand on son des jsste»

(imîles : oa nioie, quand oq perd tout égaid pour les choses lespeetaldes. — La emtrmfmiion legazde spéeitleiBeal fotdie positif , la disdpliBe^ la police, ITadBûiiistration. Les contrebandieTS, les soldais maiamdears eoiUftmennent aux («doaiiaoces, aux règlements. CTcst eoatreoemr ^vaeseoUeace, i. mi anèt, à «a engagement, que de ae pasksexécKter^ oa mèow de ne pas en irempUr tontes les oonditaB. ~ Vmfiraetùm oonccrne praprement l'ordre public ou privé anqnd notre foi est spécialement engagée, les traités entre les soayeiaias» ies conyentions entre les partienliers, les eagageoseals rédpioqass, les Ycenx^ les promesses^ la parole. Le priace qni donne des seeoais aux ennemis de son allié, ênflremt le traité d'alUaaoeb Vè. leligieBx enfreint la règle à laquelle il est soumis. — La tramgreêiùm s'exene dans Tordre moral, et particulièrement dans Tordre religieux, à Tégaid «ies lois naturelles, des lois sociales, des lois ou des préceptes eeelé> siastiques, des lots ou des commandements de Dieu. Toute la postérité d*Aàam est punie de ce qu'il a tnmsgret9élè oomaaaademeBit de Dmu — La viùlaikm attaque audaeiensement, dans Tordre essentiel de la nature, des moecirs, de la société, de la religion, ce qu'il y a de ptes par, de plus iaaocent, de plus sacré, de plus inviolable. La bariutfie viole les asil£S et les tombeaux. La perfidie vioh le secret de Tamitiè. L'impiété viole les autels. (R.)

CONTRE-VÉRITÉ y . Anttp/irase.

CONTRIBUTION. V. Impôt.

CONTRISTÉ. V. Afitgé.

œNTRlSTER. V. Attrirter.

CONTRITION, REPENTIR, REMORDS. La contrition est U douleur profoode et volontaire qu'un coeur sensible ressent d'avoir commis le pécbé ou le mal, considéré comme une offense faite à Dieu. Le repentir est le regret aiaer et réftécbi d'une &nu» timorée qui a commis une foute ou une action répréhensible, et qui voudrait la réparer. Le remords est le reproche désc^aat et vcagear que la conscience voua fait devoir oonums un crime oa une grave transgression des loik imprimées dans le ccear humain. — Ainsi, la eontriiicn regarde le péêke; ^e est dans le cœur, et les motife les plus sublimes de la <%ligioii llnspirent. Le repentir regarde totife espèce de mal ou d*ao- UoB regardée comme mal; il est dans Tâniie; la réflexion et l'expérience le suggèrent. Le remords regarde le crime; il est dans la cooscieDee; il naît en nous, pour ainsi dire sans mas, du crime méane. (R.)

GC^ITCSION, MEURTRISSURE. La. contusion, àulàHaeontunder^ écraser, fraipper fort, est Teflfet produit sur la peau et sur les chairs^ par le tihoc, par le coup d'un corps contondant, tel qu'un bâton , uaa piene, etc. Si la contvsion ^s accompagnée d'une tache livide, ou â la peau est entamée, il y a meurtrissure,

CONVAINCRE, PERSlf ^DER; CONVICTION, PERSUASION. La

i5S SYNONYMES FRANÇAIS.

conviction tient plus à l'esprit; lAperguasion, au cœur. Ainsi on dit que l'orateur doit non-seulement convaincre, e'efit-à-dire prouver ce qu'il avance^ mais encore penuader, c*e8trà-diie toucher et émouvoir. ^ La conmcHon suppose des preuves : je ne pouvais croire telle chose; il m*en a donné tsnt de preuves qu'il m'en a convaincu. La persuasion n'en suppose pas toujours : la bonne opinion que j*ai de vous suffit pour me persuader que vous ne me trompez pas. On se persuade aisément ce qu'on désire; on est quelquefois très-fâché d'être convaincu de ce qu*on ne voulait pas croire. (D*A1.)

La conviction est l'effet de l'évidence , qui ne trompe jamais: ainsi ce dont on est conoaineu ne peut être faux. La persuasion est Teffet de preuves morales , plus propres à déterminer en intéressant le cœur qu*en éclairant l'esprit , et qui peuvent tromper; ainsi Ton peut ôti« persuadé de bonne foi d'une erreur très-réelle. (B.)

CONVENABLE, CONVENANT. Ce qui est convemUfle est réeUeroeat ce qui de soi a la propriété de convenir partout et toujours (43, page 18); convenant est ce qui convient effecUvement, dans tel cas particulier et dans tel moment (40, page 18). Malgré cette distinction fondée sur la composition même des mots, il est arrivé que convenant a presque cessé d'être employé, et qu'on Ta remplacé dans sa signification propre par son synonyme.

CONVENANCE. V. Décence,

CONVENTION. V. Consentement.

CONVERSATION, ENTRETIEN, CONFÉRENCE. La conversation est un échange de paroles sur toutes sortes de sujets que présente le hasard.

« Le mot à^entretien, dit Beauzée, marque des discours sur des matières sérieuses, choisies exprès pour être discutées et par conséquent entre des personnes dont quelqu'une a assez de lumières ou d*autorité pour décider. Dans les sociétés de liaison et de plaisir, on tient des conversations plus ou moins agréables, selon que la compagnie est plus on moins bien composée. Dans les assemblées académiques, on a des entretiens plus ou moins utiles, selon que la matière est plus ou moins intéressante, que les membres en sont plus on moins instruits, et qu'ils parlent avec plus ou moins de netteté. »

La conférence est un entretien entre deux ou plusieurs personnes sur quelque question importante restée en litige. Elle diffère de l'e»tretien en ce qu'elle a ou un caractère officiel , ou quelque chose de grave , de solennel, tandis que le ton de Yentretien ne diffère guère de celui de la conversation. Des plénipotentiaires ont des conférences entre eux pour traiter de la paix, pour fixer les limites des États, etc. Conférence se dit aussi de certains discours prononcés en chaire sur quelque point de doctrine, de morale religieuse^ ou de discipline eoclô^ siastique, ou enfin sur un sujet scientifique, littéraire, etc.

CONVICTION. V. Convaincre.

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