‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 45 sur 163 · COQUILLE · texte numérisé non relu

COQUILLE

CONVIER^ INVITER. Convier formé comme etmvive dn latin tfivere, vivre, et cum ensemble, signifie littéralement engager à nn repas; mais, par extension , on rapplique à d'antres objets. /nvZ/er signifie vagnement engager t^.nne chose quelconque; mais, par une application très-usitée, il se dit plus spécialement, quelquefois même sans addition^ à l'égard d'un repas. — Dans la force de la particule corn {K, page 3), convier désigne le concours dont le mot inviter fait abstraction. Le concours peut être des personnes qui sont conviées, ou des personnes, des objets qui invitent tous ensemble ou à la fois. Convier exprimant^ dans sa vraie signification, l'action amicale, familière, intime de vivre et de manger ensemble, doit particulièrement désigner, dans son extension, quelque cbose d'intime, de familier, d'affectueux, de pressant, de puissant. — On convie i un ^qoet, à un festin, à des noces où il y a nombre de convives : on invitera plutôt une personne à déjeuner, à diner, à souper. Les compagnies, les corps, sont conviés à une cérémonie, à une fête : un savant, ^ physicien est invité à une recherche , à une expérience. Le beau temps invite à la promenade : le beau temps et la bonne compagnie nous y convient, — Dans ces exemples, le nombre seul fait la difféleuce. Un intérêt particulier attaché au mot convier, les distingue dans 1^ exemples suivants. On convie ses amis : on invite des gens de connaissance. Les conjonctures nous invitent à une tentative : des intérêts communs nous y convient. — Inviter à faire le bien , en le faisait soi-même, c'est y convier : l'exemple ajoute une grande force ^n discours. Soyms amis, Cinna, c'est moi qui fen convie. Substituez à ce dernier mot celui d'inviter, comme vous refroidirez ce sentiment! comme vous gâterez ce beau vers! — Cependant le mot convier, autrefois si justement préféré, pour son énergie particulière, au mot ^ague ^inviter, lui a presque partout cédé la place, même quand il 8'agit d*exprimer son idée propre et naturelle. Serait-ce donc parce Qne c'est l'affection qui convie et la politesse qui invite? (R.)

CONVOITER. V. Vouloir.

CONVOITISE. V. Concupiscence.

COPIER. V. Imiter et Transcrire.

COPIEUSEMENT. V. Beaucoup.

, COPISTE, PLAGIAIRE. Le copiste est l'artiste ou l'écrivain qui ^ ^ttache dans ses compositions à imiter senilement la manière de celui qu'il a pris pour modèle. Le plagiaire est l'écrivain ou l'artiste ^ donne comme siennes les idées ou les compositions d'un autre.

COQUILLE , COQUILLAGE. Enveloppe dure et calcaire des mol- Insquestestacés, tels que les limaçons, les moules, etc. La coquille est simplement cette enveloppe. Coquillage signifie d'abord ranimai dans ^ ^'oquille : « Manger des coquillages; » ensuite il se dit des coquillei J formes composées, variées, dignes de remarque, ou d'un ensemble de coquilles : « Le coquillage de la pourpre est beau; une groita

f60 SYNONYMES FRANÇAIS.

de coquillages ïf, (Acad.) Mais on dit toujours coquille, quand ft]parle de certtnns objets auxquels on donne la forme d'une coquille : Yase fait en coquille ; orner une yoùte de coquilles ». ( Id. ) CORPS, CORPORATION. La corporation est une association aufof8T la puissance publique et qui a seâ règlenients^ sa poliee parre. Le corps est Tensemble des personnes de même profession. €>XMi exprime simplement une idée de classification, sans éveiller Tassociation : « Le corps du clergé, de la noblesse, de la magistra- ». (Acad.)

H 7 avait autrefois en France six corps de marchands. Les ma]> Aands du même corps formaient ordinairement entre eux une cot^pnrmiion, dont ils faisaient approuver les statuts par l'autorité pu- UiqHe.

CaORRECTION, AMENDEMENT. V. Jmendemeftt, OOftREGTlON, EXACTITUDE. La correction consiste dans Fobserscrupuleuse des règles de la grammaire et des usages de la \. L'exactitude dépend de Texposition fidèle de toutes les idées au but que l'on se propose. (B.) CORRESPONDRE. Y. Répondre.

COKBIGEK, REPRENDRE, RÉPRIMANDER. Celtai qui corrige ou veut montrer la manière de rectifier le défaut; celui qui ne fait quindiquer ou relever la faute. Celui qui réprimande fiéCeiMi punir ou mortifier le coupable. — Corriger regarde toutes de fautes, soit en fait de moeurs, soit en foit d'esprit ou de lant. Reprendre ne se dit guère que pour les fautes d'esprit et de ^e. Réprimander ne conrient qu'à Tégard des mœurs et de la ite. — Il faut savoir mieux faire pour corriger. On peut reprendre babile que soi. Il n'y a que les supérieurs qui soient en droit de wffBiwmnder. (G.) COKROMPRE. V. Séduire.

€OKR0MPU. y. Vicieux.

CORRUPTION. V. Dépravation.

CXIRSAIRE, PIRATE. Le corsaire est le capitaine dtin b&timent ■en course, avec l'autorisation du gouvernement, qui lui a donné lettres de marque. Le pirate est un voleur de mer, qui n'a com* d'aucune puissance.

Èm figuré, corsaire se dit d'un homme que son extrême cupidité dkir, impitoyable, inique : pirate se dit de tout homme qui s'ëniklit aivec impudence aux dépens des antres, on qui commet des exaction eriantes. (Acad.)

COTE, COTEAU, COLLINE. « La colline est une petite montagne ^ a^élève en pente douce au-dessus de la plaine. » (Acad.) Coteau est le diminutif de côte (35, page 16 ) : ce mot désigne le penchant d*ime fetile colline : il se dit aussi de cette petite colline elle-même; à la éifirenoe de côte, qui ne se dit jamais que de la surface foimant le

GQULEUn. 161

peDcbant, le revers de la cBiHne on da la montagne. En ontre lldAe 4e cuttoie est lenienaée dans la signiiication du mot coteau,

COTE , BORD. V. Boi^.

COTÉS (DE TOUS). V. De tous côtés.

COUGHAl^T, OOCSDCNT. Y. levant.

COULER, DÉCOULER, Couler se dit des liqoides qui se mentent, qui se ré()andent. Découler, c'est couler de haut en bas (7^ page 4): « La snenr découlait de son visage ». (Acad.) Il signifie anssi, tondber [«a i peu et de snite : « VL s'est fait nne blessure, et il en découle du saog ». ( Id.) Use dit fignrément de certaines choses spiritnelles et mo- .^ales : « De ce principe découlent plusieurs conséquences ». (Id.J

COULER, ROULER, GLISSER, Couler marque le mouvement de <ous les fluides, et même de tons les corps solides réduits en poudre impalpable. Rouler, c'est se mouvoir en tournant sur soi-même. Glie^ ser^ c'est se mouvoir en conservant la màme surface appliquée au corps sur lequel on se meut. (Enc^

Ces mots s*emploient ansâ métaphoriquement avec analogie a des différences toutes pareilles. — Couler se dit ainsi du temps; pour nuaquer par con^araison combien ses parties se suivent de près et disparaissent rapidement : d'une période^ d'un vers, d'un discours «itier; pour indiquer qu'il ne s'y trouve rien de rude, ni qui blesse l'oreille^ que les parties en son bien liées et se succèdent naturellement, comme les eaux d'un ruisseau coulent d'une manière naturelle •et agréable sur un fond uni et d'une pente uniforme et douce. — lUmler se dit de toute action qui se répète souvent sur le même objet» de même qu'un corps roulant appuie souvent sur les mêmes points de sa eirconférence. Ainsi on roule de grands desseins dans sa tète, lorsqu'on en réfléchit souvent les parties : un livre roule snr une matière^ lorsqu'il envisage les parties sous plusieurs aspects. — - Glisset sert à marquer ce qui se Mt légèrement et sans insister, ou ce qui se &itav6C adresse et d'une manière imperceptible. Quand on instruit la multitude^ il faut glisser sur les points qui seraient plus propres à fûre naître des difficoltés que des lumières. L'image est sensible : un coipsqui glisse sur un antre y passe rapidiement, légèrement et presque imperceptiblement^ si la peut» est flaiT(»rabIe. (B.)

COULEUR, COLORIS, «c La couieur est l'impression que fait sur Toeil I& lumière réfléchie par la sur^stce des corps ». ( Acad.) Le feîsceau luminenx se compose des sept rayons violet, indigo, bleu, vert^ jataie^ orangé, rouge, qui sont les couleurs de Tarc-en-ciel et du spectre solaire. Ces sept rayons réunis en faisceau lumineux forment la lumière blanche, qui, réfléchie entièrement, produit le blanc; Tabsenee eu la non-réflexion, du Msceau lumineux produit le noir.

I/idée de couleur est renfermée dans le mot coloris; mais ce mot se dit en terme de peinture, de l'effet qui résulte du mélange et de remploi ia couleurs dans les tableaux. On l'emploie aussi par extension pour

signifier le teint frais et yermeil du visage et des frtdts, et figurément en parlant du style et des pensées : « Revêtir ses pensées d'un coloris gracieux». (Acad.)

COUP D'ŒïL. V. Œillade.

COUPLE (UN), UNE COUPLE. « Couple, substantif masculin, s'emploie pour désigner deux êtres animés, unis par la volonté, par un sentiment, ou par toute autre cause qui les rend propres à agir de concert. Un couple damis, un couple de fripons, un couple de chiens. Il se dit particulièrement de deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage. Heureux couple. Ce serait dommage de séparer un si beau couple. » (Acad.) On l'emploie dans un sens analogue en parlant de deux animaux mâle et femelle, comme dans cet exemple donné par Beauzée: Un couple de pigeons est suffisant pour peupler un volet » (volet y pigeonnier : Acad.).

Couple substantif féminin, signifie simplement le nombre deux « Une couple de serviettes; une couple d'œufs. (Acad.) Une couple de pigeons ne sont pas suffisants pour le dîner de six personnes ». (Beauzée.)

On dira donc, en parlant de deux hommes unis par Tamitié : c*est xm couple d'amis.

Certain couple d*ainis, dans un bonrg établi,

Possédait quelque bien. (La Font., m, 12.)

Mais on dira : Votre fils vient ctarriver avec une couple damis, parce qu'il s'agit ici d'exprimer simplement le nombre : votre fils vient d'arriver avec deux de ses amis. Voir l'art, suivant.

COUPLE (UNE), UNE PAIRE. Une couple, au féminin, se dit de deux choses quelconques d'une même espèce qui ne yont point ensemble nécessairement , et qui ne sont unies qu'accidentellement; on le dit même des personnes et des animaux, dès qu'on ne les envisage que par le nombre. (V. l'article précédent.) —Une paire se dit de deux choses qui vont ensemble par une nécessité d'usage, comme les bas, les souliers, les jarretières, les gants, etc.; ou d'une seule chose nécessairement composée de deux parties qui font le même service, comme des ciseaux, des lunettes , des pincettes, etc. — Une ouple et une paire peuvent se dire aussi des animaux; mais la couple ne marque que le nombre, et \& paire y ajoute Tidée d'une association nécessaire pour une fin particulière. De là vient qu'un boucher peut dire qu'il achètera une couple de bœufs, parce qu'il en veut deux : mais un laboureur doit dire qu'il en achètera une paire, parce qu'il veut les atteler à la même charrue. (B.)

COUR (DE), DE LA COUR. De cour est un qualificatif qui se prend en mauvaise part, et qui désigne ce qu'il y a ordinairement de vicieux •t de répréhensible dans les cours. De la cour ne qualifie qu'en indiquant une relation essentielle à ce qui environne le prince. Un homme

cou A 8. 163

de cour est un homme souple et adroit, mais faux et ai'tificieux, qui, pour venir à ses fins^ met en usage tout ce qui se pratique dans les cours des princes contre les règles de la probité et de la droiture. Un homme de la cour est simplement un homme attaché auprès du pi*ince, ou par sa naissance, ou par son emploi , ou par l'état de sa fortune. — Ou appelle proverbialement eau bénite de cour^ les vaines promesses, les caresses trompeuses et les compliments captieux et imposteurs; et amis de cour, des amis sur qui l'on ne peut guère compter. (B.)

COURAGE. V. Coeur

GOURANT. V. Cours,

COURIR, PARCOURIR. Courir, employé comme verbe actif, a un sens analogue à celui de parcourir; mais il en diffère en ce qu'il signifie traverser rapidement, sans s'arrêter, tandis que parcourir doit au préfixe par la propriété d'exprimer une action plus lente, faite avec plus d'attention et d« soin (11, page 5). Parcottrtr présente le sujet comme allant çà et là, d'un point où il s'arrête à un autre où il s'arrête encore; en un mot U signifie explorer.

Il suit de là que quand on dit : « J'ai couru toute la ville sans le trouver; il a couru toute la France » (Acad.)j on entend que le sujet n'a fait que passer promptement dans les différents quartiers de la ville, qu'il a voyagé rapidement dans toute la France; tandis que lorsqu'on dit : J'ai parcouru toute la ville pour le trouver; il a parcouru toute TAsie, toutes les mers » ( Acad. ), on veut faire entendre que le sujet a exploré avec soin toute la ville, toute l'Asie, toutes les mers.

Quelquefois parcourir montre le sujet comme passant par tous les points interméditiires d'un terme à un autre ( 11, page S ) : « Ce cheval iL parcouru la carrière en cinq minutes ». (Acad.) On dit aussi, au fguré, courir la carrière, en parlant de la profession que l'on embrasse, des entreprises où l'on s'engage, etc.; mais ici courir signifie simplement suivre.

COURROUX. V. Colère.

COURS, GOURANT. Le cours de l'eau est simplement la direction de l'eau depuis sa source jusqu'à son embouchure; on suit le cours comme on suit un chemin, et l'on dit4'une rivière que son cours est drdit ou qu'il est sinueux. Le courant, c'est l'eaaen mouvement, l'eau courante, l'eau qui court; c'est aussi la partie la plus rapide de la masse d'eau. Le courant entraîne; pour le remonter, il faut lutter contre le mouvement de l'eau; remonter le cours d'un fleuve, c'est simplement aller

vers sa source, soit sur l'eau même, soit en marchant sur les bords. La différence est la même au figuré : on est entraîné par le couran

des affaires, des plaisirs; on suit le cours des affaires, le cours des

plaisirs.

COURS, COURSE. Ces mots ont diverses acceptions; il ne sont syno

nymes que quand on parle des astres, des fleuves et autres cours d'eau.

On dit le cours du soleil, le cjurs des astres, le cours d'un fleuve, et

tù'k SYNONYMKS FRANÇAIS.

« La course d'un fleuve, d'un torrent L'astre du jour va comwneer sa course ». (Acad.) Ce qui les distingue, c'est que le mot cours CHBprend dans sa signification Fidée de la régularité du mouvement, tt celle d'une direction déterminée; tandis que le mot course exprime clément l'action de se mouvoir, de franchir un espace. On dira fleuve qu'il se rend d'un cours paisible dans telle mer, oi^ il teri sa course,

COURSIER, GHEYAL. Cheval est le nom simple de Tespèce, sans ascirae autre idée accessoire. Le mot coursier désigne un grand et beau Atval, propre pour les batailles et pour les tournois. (Acad.) On n'emlloôfr guère ce mot que dans la poésie et dans le style élevé, où il peut désigner tout cheval remarquable par ses qualités.

COURT. V. Bref.

COUTUME, HABITUDE. La coutume regarde l'objet; elle le rend funslier. V habitude a rapport à l'action môme; elle la rend facile. L'taie se forme par l'uniformité, et l'autre s'acquiert par la répétition. — Un ouvrage auquel on est accoutumé coûte moins de peine. Ce qui fsl tourné en fiabitude se fait presque naturellement, et quelquefois ^Biane involontairement. On s*accoutume aux visages les plus baroques fBB f habitude de les voir; l'œil cesse à la fin d'en être choqué. Il n'en «t fas de môme des caractères aigres ou brusques : le temps use la ialim«e. (6.)

COUTUME, USAGE. V. Usage.

COUTUME (AVOIR). V. Avoir coutume.

CWJVENT. V. Cloître.

COUVERT (A). V. Abri {à t).

CRAINDRE, APPRÉHENDER, REDOUTER, AVOIR PEUR. On craint lar un mouvement d'aversion pour le mal, dans lldée qu'il peut ansrer. On appréhende par un mouvement de désir pour le bien, dans liiée qu'il peut manquer. On redoute, par un sentiment d'estime pour TaivCTsaire, dans Pidée qu'il est supérieur. On a peur par un. faible tftepril pour le soin de sa conservation, dans lldée qu'il y a du danffs^ — Le défaut de courage fait craindre. L'incertitude du succès fait mpfÊ/éhender. La défiance des forces fait^rerfow^^'. Les peintures de HaoMÇiadtion font avoir peur, — Le commun des Hommes craint la iMirtj les épicuriens craignent davantage là douleur; mais les gens «*Wûeur pensent que l'infamie est ce qu'il y a de plus à craindre.

^^ souhaite ardemment une chose, plus on appréhende de ne la 135 DMenir. Qn«lque mérite qu'un auteur se flatte d'avoir; il doit tou- ^«"» if^edouter le )iigement du pubUc. Les femmes ont peur de tout, et TÊ est peu d'hommes qui, à cet égani, ne tienneut de la femme par çielque endroit. (G.)

CIUINTE. V. Appréhension.

CBKANGE. V. Croyance.

»ÈI>ÏT, FAVEUR. Le crédit est la faciUtô de déterminer la volonté

CROIRE (FAIRE). Itt

de quelqu'un suivant vos désirs, eu vefta de l'ascendant que rmm «rez sur son esprit, ou de la confiance qu'il a piise en vous. U /tenaiir est la facilité que nous trouvons dans une personne disposée à faire «iirt ce qui nous est agréable, en vertu du faible qu'elle a pour noms, «• d'une bienveillance qu^elle nous prodigue. Le etnidU est une fo^U^ une force, une puissance ipie nous exerçons sur autrui; il est daii nos mains : la favm*r est un sentiment, un penchant, une faiblesse de celui qui se livre à i^ous; elle est dans son cœur. — Les lumières, let talents, les services, les vertus acquièrent le crédit par la bonne opinion l'estime, la considération, la confiance qu'ils inspirent. Les «oaplais'ances, les flattferies, les adulations, le dévouement servile ga«iw« la faveur par une sorte de gratitude, par le retour, l'affection, l aj^«^ ment le besoin de nous, et tel autre sentiment qu?ilS' excitent. <R4

GKEUSBR, APPROTONDIR. L'un et l'autre, dans k sens propDB, marauent l'opération par laquelle on i^arvient à Fintérieur des ooijsca écartant les parties extérieures qui y font obstacle : mais approfimfur^ c'est creuser plus avant ; parce que c'est creuser encore pour parvwiBr a donner plus de profondeur à l'excavation. — Dans le sens figuré, d r » entre ces mots la même analogie et la môme différence; ils marq«ei* tcus deux l'opération par laqueUe on parvient, à découvrir ce qa'ii y a dans une matière de plus abstrus, de plus compliqué, de plus ct^i mais creuser a plus de rapport au travaU et à la P^grcs^^^^^ des découvertes; afprofanâir tient plus du succès, et désigne mi^ le terme du travail. — On doit d'autant moîM creuser les mystèwsd* la rel^on, qu'U est impossible de les approfondir. (B.)

CREUX. V. C&oité. ^^

CRI CLAMEUR. U en est une voix haute et poussée avec eOMft nar une personne. Ia cloimear est un gmild m, souvent tumultueux. C/iw««ir «joute à m une idée de ridicule par son objet ou pariwi excès Le plus grand usage de ce mot est au plorieL U claimeur yiAlioue est un soulèvement du peuple contre quelque scélérat. Le sage iwh pecte le eri pubtic et méprise les clammirs des sots. (:B«c.) GRURD, GRIEUR. V. Braillard.

CRïME. V. Femte, péché. -

CRITIQUE, CENSURE. La eriti^ juge et blâme ou approuve: U cJwwYî coodkmne et supprime; la première fait ressortir ce qm^ bi^ cm ce qui est ^ : aa seconde ne s'attache qu'à ce qu^

^TntfSÏ-dit Beauté, qu'une -^'^ -'^'-^-J^^^^ d'^ ouvrage da Quelque .at«re ^«n puisse ÔU^^^^^ la répTéhension précise et modifiée de ce qui blesse la vente w u ^ n faut cnïi^tter avec goût et censurer a.yjo f odératm.»

TROIRE (FAIRE), FAIRE ACCROIRE. Accroire signifie croire < crSS^l JeSJu^: à sa parole, à son témoignage, à-son raPPor^;^f «- ™>e, c'est faire croire à quelqu'un tout ce qu^on lui conte, Im peif-

166 «TNONTMES FRANÇAIS.

suader par sa propre autorité ce qu'on veut ^, lui faire ajouti^r fol à des choses quMl ne doit pas naturellement croire, soit à cause du caractère de la personne qui les dit, soit à raison des choses mêmes qu'elle dit. — Ainsi faire croire signifie simplemeut persuader une chose, obtenir la croyance de quelqu'un, lui inspirer de la confiance dans vos discours. Faire accroire veut dire persuader des choses non croyables, ou bien abuser du crédit que Ton a sur l'esprit d'une personne, de sa crédulité, de sa simplicité, de sa confiance, de sa bonne foi. On ne peut /Sz^re accroire que le faux ou ce qu'on croit faux ; on peut faire croire également le faiix et le rrai. (R.) Mais celui qui fait croire une chose fausse est de bonne foi; il la croit vraie lui - même, parce que la chose est vraisemblable.

Faire accroire ne peut s'attribuer qu'aux personnes, parce qu'il n'y a que les personnes qui puissent agir de propos délibéré et avec intention : faire croire peut 8*attribuer aux personnes et aux choses, parce que les personnes et les choses peuvent également déterminer la croyance, et que cette phrase fait abstraction de toute intention. Les personnes font accroire le faux ; les choses le font croire faussement. (B.)

CROISSANCE, GRUE. La terminaison ance marque la continuation d'une action ou d'un effet commencé (26, page 8) : croissance exprime donc une action continue, successive et lente : « Age de croissance; Arrêter la croissance d'un arbre » (Acad.). Crue exprime l'accroissement effectué, ou bien une augmentation subite , accidentelle ; aussi le mot crue se dit -il principalement quand on parle des rivières, ^des ruisseaux, etc., grossis tout à coup par un orage, par la fonte des neiges, etc.

CROITRE, AUGMENTER (sens neutre). Croître, c'est proprement grandir ou s'élever , pousser ou acquérir plus de hauteur ou de longueur : augmenter, c'est s'agrandir dans quelque sens que ce soit. — Croître a par lui-même un sens déterminé et complet sans avoir besoin d'aucune addition quelconque pour être parfaitement entendu. Augmenter n'a qu'un sens incomplet et indéterminé : il faut expliquer dans quel sens ou sous quel rapport la chose augmente; on sait que la chose qui croit, augmente en hauteur, en solidité, en grosseur.— Les plantes, les petits des animaux, croissent; vous les voyez, dans ce mot seul, devenir plus grands. Les denrées augmentent, c'est- à dire de prix : le mal augmente, c'est-à-dire de force : il faut donc une idée accessoire pour en donner le sens. — Dans le sens figuré, le mot croître convient particulièrement aux objets auxquels l'idée d'élévation et de hauteur s'applique naturellement : le mot augmenter est plus propre pour les objets qui réveillent plutôt l'idée contraire.

1. Ainsi dans faire accroire le snjet agit arec pins d^activité, ayac une IntentiM pins formelle (10 page 5).

CULTIVAT£UIU 167

La géuérosîté ne fait que croître dans une grande âme ; 1a lâcheté ne fait qa*miffmenter dans une âme basse. A mesure que le luxe croît, la misère augmente. — Les choses matérielles ^ croissent, dit l'abbé Girard, par la nourriture qu'elles prennent; elles augmentent par Tadditlon qui s'y fait des choses de la même espèoe. La différence est dans la manière de croître et ^'augmenter ; l'accroissement s*opère par une addition intérieure et mécanique, et l'augmentation par une addition extérieure. — Le mot croître annonce un développement successif, nne crue progressive, un accroissement gradué. Le mot augmenter, sans exclure cette gradation et cette progression^ ne l'exige pas et ne la suppose pas. Ainsi, le premier est très-bien employé, lorsqu'il s'agit de divers accroissements, d'accroissements déterminés, réguliers, périodiques , etc. ; le secoud , lorsqu'il s'agit d'une augmentation simple « ou de diverses augmentations vagues, irréguUères, accidentelles, etc. La lune, les jours croissent et décroissent : le froid, les vents augmentent et diminuent, (R.)

CROIX. V. Affliction.

CROYANCE, CRÉANCE, FOI. « La croyance, dltRoubaud, est une opinion pure et simple; la créance est une croyance ferme, constante, entière. Par la croyance, vous croyez peut-être sans savoir pourquoi vous croyez : par la créance, vous croyez parce que vous croyez avoir raison de croire. Le peuple donne sa croyance à des choses indignes d( créance. »

Le mot créance est de nos jours peu usité; on le remplace ordinairement par le mot foi : « Le peuple donne sa croyance à des choses qui ne sont pas dignes de foi, » Le premier sens du mot foi, en latin fides, est fidélité , confiance : s'en remettre à la foi de quelqu'un, c*est se fier à lui. Ce mot indique aussi, la persuasion qui naît, d'un sentiment intime ou qui est déterminé par la seule autorité de celui qui a parlé : <:'est en quelque sorte une. croyance aveugle et sans réserve, une croyance uniquement fondée sur la confiance. Ajouter foi aux paroles d'une personne, c'est croire aveuglément, en toute confiance et sans antre motif que l'autorité de cette personne.

La croyance et la crùmce sont plutêt un acte de l'esprit, et la foi <in acte du cœur, un seaitiment.

Croyance signifie, particulièrement, ce qu'on croit dans une religion: « La crc^once des chrétiens ; la croyance des juifs ». (Acad.) La foi religieuse est Jt$ croyance fem^e et entière aux dogmes et aux 'Vérités révélées. On peut discuter ses croyances, mais la foi n'admet pas d'examen.

CRDAUTÉ. V. Barbarie.

GRUE. y. Croissance,

CULTIVATEUR. V. Agriculteur.

1. n s'agit évidemment ici des végétatii et des minéraux. ,..

i68 SYNOlfTMfiS FAÀRÇAIS.

CUPIDITÉ. V. Cmwupiscence.

CURE, GUËRISON; INCURÀM.fi, INGUÉRISSABLE. Cuns (laXm tura, soin), désigne proprement le traitement du mal; gwMson exprime à la lettre le Tétabliss^nent de la santé. Le premier de ces mots ànnoivce donc TfiuM le moyen, et Taiitre l'effet. Ainsi, le mal incurable est celui qni résiste à tous les remèdes ; et h. maladie inguérissable, oeTle qtd ne laisse «ucon espoir de saint. — La cure est l'ourrage de Tart, ou elle est <oens6e l'être : la fuérisen appartient l)ien sntant à la nature qn'à l'aTt; elle s'^epère qnelfaeftns sans remède et même malgré les remèdes. La Mie est on mal incurable, on ne la gnérit pas; mais elle n'est point inguérissable, on en guérit. — Je dis platôt d'un mal qu'il est incurable, et d*ime maladie qu'elle est inguérissable, parce que le mal n'attaque quelquefois que des organes <m des fonctions qui ne sont pas nécessaires à la vie et môme à la santé; an lieu que la maladie attaque la santé mème^ si ce n'est pas toujours la vie. Or la cure détruit bien le mal, mais c'est proprement la guérison qui rend la santé. Ainsi, le mal incurable n'est pas toujours funeste et mortel ; il n'eu est pas de même de la maladie inguérissable. On yit avec des maux incurables ; quant i la maladie inguérissable, on en meurt. — La cure regarde proprement le mal, elle le oombat; la guérison regarde la personi^, eile lui rend la santé. Ainsi, le mal est plnltM incurable et le malade inguérissable^ (R.)

CURIEUSEMENT. V. Soigneusement.

D'AILLEURS. V. De plus.

DANGER, PÉRIL, RISQUE. Danger vient de âam, dommage. Or le dam ou dommage exprime plutôt la perte, Taltératioa d'mn bien, que répreuve, le ressentiment d>m mal. L'Académie a défini le danger^ ce qui expose à lïn malliear, à une perte, à un dommage. — Péril vient de pereo, passer à travers, périr, s'èranouir, éprouver une grande peine. Le péril, latin pericuium^ est à la lettre ce à travers quoi il faut passer : ce qui désigne une situation présente, une ivde éprewe que Ton fait; car periculum Signifie également épreave, expérienoe; et cette expérience est telle que la chose peut périr, «e perd», s'évanouir, se dissiper. — Risque vient 4^ celte rtof , glisser, bafrèrelen ricgia et risca, languedocien resqwia, dans le même sens. Il désigne donc «ne situation glissante, dans laquelle on peut tomber. Le risque est un hasard : le hasard a deux chances, une favorahle, Va«tr# contraire; aussi l'on dit qu'un jeune homme court rij^ii^ devoir cent mille livres de rente. — Ainsi donc le danger est littéralement une disposition des choses telle, qu'elle nous menace de quelque dommage ; le péril est une rude épreuve par laquelle on pa&se avec un grand dan-

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