DÉCLAMATOIRE
DÉCHARGE, DÉCHARGEMENT. V. Charge.
DÉCHIREMENT, DÉCHIRURE. Déchirement exprime l'action de déchirer (19, page 6); la déchirure est l'effet produit par le déchire^ ment (23, page 8). On dit en médecine, la déchirure d'une plaie, et le déchirement des muscles, des fibres; dans le premier cas, l'état des chairs est analogue à celui d'une étoffe déchirée; dans le second cas, il y a eu séparation violente, rupture des fibres ou des muscles. Déchi" rement se dit seul au figuré : a Déchirement de cœur, douleur vive et amëre». (Acad.)
DÉCHIRER, LACÉRER. DécAtrer est le terme ordinaire; lacérer nt se dit guère qu'en parlant du papier et en termes de jurisprudence : « Ce livre fut lacéré eX brûlé par arrêt du parlement ». (Acad.)
DÉCIDÉ, DÉCISIF. L'adjectif décidé dérive du verbe décider et signifie ferme, résolu, qui a des principes dont il ne s'écarte point : a C'est un homme décidé; il a un caractère décidé ». (Acad.) Décisif, appliqué aux personnes, signifie qui décide hardiment, avec une sorte d'autorité et en prenant un ton avantageux (42, page 12). « On est décisif en fait d'opinion et de jugement, dit Roubaud; on est dé^ cidé, quant à ses volontés et à ses résolutions. L'homme décisif ixxge hardiment : l'homme décidé veut fermement. » V. Tranchant.
DÉCISION, RÉSOLUTION. La décision est un acte de l'esprit, et suppose l'examen. La résolution est un acte de la volonté, et suppose la délibération. La première attaque le doute et fait qu'on se déclare; la seconde attaque l'incertitude, et fait qu'on se détermine. Nos décisions doivent être justes pour éviter le repentir. Nos résolutions doivent être fermes, pour éviter les variations. — Il semble que la réso-» lution emporte la décision, et que celle-ci puisse être abandonnée de l'autre; puisqu'il arrive quelquefois qu'on n'est pas encore résolu à entreprendre une chose pour laquelle on a déjà décidé : la crainte, la timidité, ou quelque autre motif, s'opposant à l'exécution de l'arrêt prononcé. (G.)
DÉCLAMATOIRE, DÉCLAMATEUR. Ce qui est déclamatoire est propre à produire l'effet de la déclamation ou a le caractère de la déclamation (50, page 16). L'art déclamatoire apprend à déclamer, est propre à cela; un style déclamatoire n'a que trop le caractère de la déclamation, car il ne renferme que des déclamations, c'est-à-dire des expressions, des phrases trop pompeuses, trop emphatiques pour le sujet : aussi dans cette locution déclamatoire se prend-il en mauvaise part.
Un déclamateur est celui qui déclame (30, page 9), ou plus ordinairement c'est un orateur, un écrivain emphatique, outré dans ses expressions. Déclamateur s'emploie aussi adjectivement dans ce sens : <c n est un peu déclamateur ». (Acad.) On dit aussi ton déclamateur, c'est-à-dire ton de celui qui déclame : c'est le ton se manifestant dans l'acticn : ton déclamatoire signifie ton propre à la déclamation*
DÉCLARER. V. Découvrir,
DÉCLIN. V. Décadence,
DÉCOMBRES. V. Débris.
DÉCONCERTÉ. V. Confiu.
DÉCORUM. Y. Décence.
DÉCOULER. V. Couler, Émaner et Venin
DÉCOURAGEMENT. V. Abattement
DÉCOUVERTE. V. Découvrir.
DÉCOUVRIR, INVENTER, TROUVER; DÉCOUVERTE, INVEN- TION. On découvre et Ton trouve ce qai existait soit physiquement, soit moralement, mais qai était caché, secret ou simplement inconnu. On invente ce qui n'existait pas encore, et que l'on crée en quelque sorte.
Christophe Colomb découvrit l'Amérique; le hasard fait sourent découvrir des conspirations. On trouve encore tous les jours de nouvelles espèces de végétaux : le mathématicien trouve la solution d'un problème, laquelle solution existait moralement. Franklin inventa le paratonnerre; un tailleur invente une mode nouvelle.
La distinction entre inventer et les deux autres mots est bien mar- ^quée; elle l'est beaucoup moins entre découvrir et trouver.
Le sens propre de découvrir est 6ter ce qui couvre : on découvre un liomme qui est dans son lit, en fttant la couverture et les draps. Trouver, au figuré comme au propre, exprime purement et simplement le fait, la rencontre de la chose, rencontre souvent accidentelle, fortuite. J'ai trouvé un objet dans la rue; en rentrant chez moi j'ai trouvé ma porte ouverte.
On ne découvre que ce qui est couvert, caché : ce qui est apparent, on le trouve, on ne le découvre pas. « La terre a dans son sein des mines, des sources, on les découvre; sur sa sur&ce, des plantes et des animaux, on les trouve. » (Roubaud.)
Après bien des recherches, la police a découvert la retraite de deux malfaiteurs, elle s'y est rendue et les y a trouvés. La retraite était inconnue, cachée, secrète; il fallait la découvrir : les malfaiteurs •étaient connus, on les savait là; il suffit d'exprimer purement et sim> jplement le fait de la rencontre, de la présence de ces malfaiteurs dans leur retraite.
Au figuré, découvrir suppose un objet inconnu, couvert en quelque sorte de voiles qui le dérobent à la vue de l'esprit. « Le mérite d» -découvrir, dit Roubaud, est de lever les obstacles qui empêchent de voir ou de connaître la chose telle qu'elle est dans la nature ou en elle-même. Voilà sans doute ce qui a fait dire par d'Alembert qu'on '•découvre ce qui a plus d'importance et quLoa trouve ce qui en a moins. Les vérités capitales, profondes ou sublimes, sont les plus importantes, •car elles répandent une grande lumière; on les découvre. Des vérités particulières, simples ou secondaires, n'ont pas la môme utilité, car elles n'ont pas la même portée; on les tiy)uve. »
OJ&C<HJYBllU .173
Trouver n*expriinaiit qv» le fiût» sana aoemae idée aotiëesûiie , oon- ' vient parfaiteBQA&i :Jk»*S4j»« Tobjei iaoooou oacaidié n'a qu'une exis» teQcechiménqpe^n ooosidérôe^coittme t8llet«Il yfacncere désrgens qiii «spèrootiroKVfnla quadcatnre da eon&ldiet le monteoMot pu^tael ».
Dans les s<Hence6 et dant Vas i^rts iadaitriela, on décùivre lès lois ' oaturelles et l'existence, dfi cA qui est cactté (tans la nature ; on invente les appareils, les nutcbineft» lesinsûrumeiUs; on trouve lée moyens, tes i^tats consid^éâ «n «mt-mômes conune des faits matériels. Galilée découwrH les kâ de la i)esailtear;,N^wtoii, la grarvîtation universelle. Torricelli inventa le biaromètre; Gutenberg^ rimprimerie. 11 n'y a pas longtemps qu'on a trouvé \e moyen Ae ^upj^ximer ia douleur pbysiqne par réthérisation. Un cbûnjste anàlyie un corps ^ et irome qu^il est composé de tel gaz et de tel métal.. ' ' ' ^
On disait aiitiefQîs' trouver' dans beaucoup de cas OU nous disons aujourd'hui intçnàsr^
N.B, Le sul)slantil décauxMe réfond im'vefrbe détomrir'^K en Vcnéral au n&^Jrower; le sol^stantif mvenHXm né répond qu'au verbe iwcnferè ' ! ' '•' •
DÉCOUVRIR, DÉGELER, DÉVOILER, RÉVÉLER, DÉGliARER, MANIFESTER y DIYUUHJER, BUBIilER. Appren(fi« :à autrui, de différentes tnai^i^KS »• di£iéreiitQs ohoses^ qui liô sontf pas > cdnHués. — A la lettre, déciouvriri slgniile ^er ce qi4 Oourre^; ^<&fce/èr. indique ce qu*on celait; révéler^ Retirer de dessous le voilé; 4iSclaref*, metire au' clair, au jour; jmmifè9ieK; mettre sous la mat^, en' éVidénce; divul' ' guer, rendre vulgaire, commua ; puMier, rendre public, foitt conuaitre à tout le sdonde. — Co qui était caché aux autVes, OA le .dlifcôuvre, on le leur eosnmnnique* Ge qui était dissiiiitilé/ On. le décèle en le rapportant, ouen le faisant lemaïquer. Ce qui n'Àalt'pas a^^parent etuu, ou le dévoile en levant ou éeastant les' obstacles. Ce qui était ' ^ret, on le révèle en le dânonça&t on» l^UQOneant. Gê qui était' inconnu on incertain^ on le déelare\ en L'exposant et eni l'appuyant 4'une manière positiye. Ge qui était ignoré ou obëcur, on le rfianifeste en le déyeloppailt onvfirtemeAt ou l^talant au grand jour. Gé qui n'étiit pas su, du moins de la multiludet on le divulgue tù le répandant de c6té et diantre. Ge qui n'était pas public ou notoire, on le publie en lui donnant Téclat ou Tauthenticité qui parvient à la connaissance de tout le monde. — On découvre des choses nouTelles , et l'envie d'en instruire quelqu'un fait qu'on les lui découvre. On aperçoit on homme qui se cèle, et l'envie de le desservir fait qu-on le décèle. On découvre un mystère, et Tenvie de parsdtre ou de bien mériter fait qu'un le dévoile, Oa sait.un seerct, et l'envie dfen faire usage fait qu'on le révèle. On a une connaissance particulière, et l'envie de la faire valoir fait qu'on la déclare. On connaît le fond des choses, et l'envie de les faire pleinement et parfaitement connaître fait qukyn les mantt^U, On a reçu quelque confidence , et l'envie de parler ou de nuire
17A . STNOIfYUES FRANÇAIS.
fait qu'on la dimlgue. On a la possession' ou la connaissance piÎTée d'une chose , et l'envie que personne n'en ignore fait qu*on la 'publie, — En morale^ il y a du dessein ou de l'imprudence à découvrir; de la malyeillanoe, une sorte de trahison, soit yolontaire, soit inyotontaire, à déceler; dies motifs ^ de la prétention à dévoiler ^ des rues, un intérêt ou une infidélité à révéler; un dessein formel, une Tolonté expresse à déclarer; une pleine franchise, une grande confiance, de l'appareil à manifester; de la malice, de ^infidélité ou de Tindiscrétion à divulguer; de l'affiche , de Tostentation , quelque grand dessein à publier, (R.)
DËGRËDITER. V. Décrier.
DÉCRÉPITUDE. V. Caducité.
DÉCRET. V. Loi.
DÉCRIER, DÉCRÉDITER, DISCRÉDITER. i)^Tt>r attaque nionneur ; les deux autres, la confiance, la valeur. Dire de quelqu'un qu'il est un fripon, un malhonnête homme, c*est le décrier; dire qull est ruiné, c'est le décréditer. Une critique sévère mais juste décrédite un écrivain : la calomnie ou la médisance qui attaquent les mœurs d'un homme le décrient.
Décréditer et discréditer sont composés Tun et l'autre du même radical créditer , les préfixes dé et dis placées devant ce radical, Sbui tous deux privatifs (7 et 8, pa<?e 4) ; mais dé Test plus que dis, et c'est ce qu'indiquent les définitions de l'Académie : « Décréditer, ôter le crédit, le faire perdre. i)i>cr<f{ft7er faire tomber en discrédit : discrédit, diminution de crédit ».
Cest pourquoi discréditer ne se dit bien que de valeurs commerciales, qui ne peuvent jamais être réduites à néant : « Discréditer une march^mdise, un papier-monnaie ». (Acad.) Décréditer se dit au contraire des personnes : « La mauvaise foi décrédite un négociant » (Id.). Au figuré, il se dit des personnes et des choses, et signifie faire perdre la considération, l'autorité, l'estime, etc. : « Cette conduite l'a étrangement décrédité ». (Id.)
N, B. Discréditer tend de nos jours à remplacer décréditer , tant pis , c'est confondre deux termes tout à fait difiérents et que uois pères*^ savaient parfaitement distinguer.
DÉDAIGNEUX. V. Rogue,
DÉDAIN. V. Fierté,
DÉDALE. V. Labyrinthe,
DEDANS (LE). V. Intérieur.
DÉDIER. V. Vouer.
DÉDIRE (SE), SE RÉTRACTER. Se dédire, c'est revenir sur ce qu'on a dit ou promis: se rétracter, c'est détruire soi-même une assertion qu'on avait avancée. J'ai fait un marché avec quelqu'un, je m'en dédis : Je soutenais une chose; je reconnais qu'elle est fausse, je me rétracte.
DÉFENDAR. 17:>
DÉDOMMAGEMENT et DÉDOMMAGER. V. Indemnité.
DÉDUIRE, RABATTRE. Retrancher de la yaleur d'une chose. Jr^/rniieher est l'expression générale : ce mot signifie simplement ftter d*an tout nne de ses parties.
On déduit ce qne l'on a le droit de retrancher : on rabat ce qui a été porté de trop et à tort. Ainsi^ je déduis d'une dette les à- compte que j'ai i>ayés; le commerçant déduit du montant d'une facture Tesrompte oonTenn. Le menuisier me donne son mémoire; je rabats yingt francs pour des articles comptés à un prix trop élevé.
DÉESSE, DËITÉ. Déité marque la qualité essentielle, la naturt •liTine, et répond au mot divinité: déesse marque simplement le titre, et se dit par conséquent de l'attribution. Minerve, déesse de la sagesse, était une noble et puissante déité» Le mot dâ'/^ exprimant l'idée de nature divine, se dit aussi des divinités mâles de la Fable : du reste ee mot n'*est guère employé qu'en poésie et dans le style élevé.
DÉFAIT. V. Vaincu.
DÉFAITE, DÉROUTE. Ces mots désignent la perte d'une bataille, avec cette différence que déroute ajoute à défaite et désigne une armée qui fuit en désordre, et qui est totalement dissipée. {Enc,)
DÉFAUT. V. Faute et Manque.
DÉFAVEUR, DISGRACE. La défaveur est une diminution ou bien une absence de faveur ou de crédit : la disgrâce est la perte complète de la bienveillance et des bonnes grâces d'une personne puissante. Celui qui est en défaveur éprouve des refus, n'est pas écouté, est éconduit et dédaigné : celui qui est en disgrâce est tenu rudement à récart, exilé et quelquefois frappé de la colère du maître. « Lorsque le surintendant Fouquet fut dépouillé de sa charge, dit M. Guizot, on ne dit pas qu*il était en défaveur, mais en disgrâce. Fénelon ne fut jamais en disgrâce auprès de Louis XIV, mais toujours en défavmr. »
DÉFECTUOSITÉ. V. Faute, défaut.
DÉFENDRE, JUSTIFIER. V. Justifier.
DÉFENDRE^ SOUTENIR, PROTÉGER. Ces trois mots signifient en général l'action de mettre quelqu'un ou quelque chose â couvert du mal qu'on lui fait ou qui peut lui arriver. ^ On défend ce qui est attaqué; on soutient ce qui peut Tétre; on protège ce qui a besoin d'être encouragé. Un roi sage et puissant <\Q\i protéger le commerce dans ses États, le soutenir contre les étrangers, et le défendre contre ses ennemis. — On dit défendre une cause ^ soutenir rme entreprise, protéger les sciences et les arts. On est protégé par se's supérieurs ; on peut être défendu et soutenu par ses égaux. On est pro^^^;^ par les autres; on peut se défendre et SQ souteniri^Bi soi-même. — Protéger suppose de la puissance, et ne demande point d'action ; défendre et soutenir en demandent, mais le premier suppose une action plus marquée. — Un petit État, en temps de guerre , est ou défendu ouvertement ou secrè-
liment soutenu pai un plus grand, qui se contente de le protéger en ceiups de paix. ( Enc. )
Cet exemple fait voir que |»x>#^er ne signifie pas seuleipent donner •des eucouragements, mais aussi prendre sous sa garde , couvrir de son pouvoir : c'est même là le sens premier et osdinaire de ce mot. Ce qui le distingue essentiellement des autres, o'est^ comme 1^ remarqué l'auteur de l'article précédent, que protégervA comprend pas dans sa signification une idée d'action : en iSsXj dès* que le prùteeteur agit« il •devient soutien ou défenseur^
DÉFENSE, PROHIBITION. La racine du mot défendre est fend, rencontre. La défense est l'aetion d'éloigner, de repousser ce qu'on rencontre, œ qui vient vous heurter, ce qui offense; aussi défendre signifie* t-il protéger, garantir. — Frohiber et prokibiHon sont des composés du verbe latin habere, avoir, tenir. Prohiber signifie tenir en -avant, au bin, et opposer une l)arrière, mettre un empêchement. — La défense empêche donc de faire ce qui nuit ou offense ; la prohibition , •ce qu'on pourrait faire. La défense a donc un motif déterminé par la valeur propre du mot, celui d'empêcher de nuire, d'offenser, de blesser : la prohibition n^iudique, par la valeur du mot, aucun motif; elle ne fait qu'éloigner, repousser, rejeter la chose. — On défend ce qui ne doit pas se faire, ce qui est mauvais. On prohibe ce qu'on pourrait laisser faire « ce qui était légitime. Le péoulat, la concussion, les libelles, les duels sont défendus; et de droit, ils doivent l'être : on ne •dira pas qu*il8 sont prohibés, La cidture du tabac, la fabrication privée •de la poudre à canon, l'inlroduction de certaines marchandises, sont prohibées, et en conséquence défendues; elles ne sont pas toujours prohibées, et elles pourraient avec justice ne pas l'être. -* Dans l'usage, défense est le terme générique : il embrasse toutes sortes d^objets ; il appartient à tous les genres de style. Prohibition est du style réglementaire; il s'applique aux objets d'administration, de police, dedis- -cipline. (R.)
DÉFÉRENCE. V. Complaisance.
DÉFÉRER. V. Conférer,
DÉFIANCE. V. Méfiance.
DÉFIER (SE). V. Méfier {se).
DÉFINITIVEMENT, EN DÉFINITIVE. Définitivement sigmOe à\iaê manière qui met fin à une chose, qui fixe sur ce qui doit en résulter: « Le compte a été définitivement réglé. Nous saurons définitivement •ce qu'il veut ». En définitive signitie pour en finir : a En définiiioe <iue faut-il lui dire ? »
DÉFUNT. V. Feu et Trépassé.
DÉGËNÉRATION, DÉGÉNÉRESCENCE. « La dégénéraiion est lam action (20, page 7) par laquelle un corps éprouve un changement qui lui fait perdre son caractère générique. Dégénérescence est un terme employé par les médecins en parlant des tissus qui ont changé de nature» b (L.)
PÉLIBÉRER. 177
Buffon aemployéce âiot,daD8 le seas d€| signe 00 oaraotère de dégéné. ^lion.De toute maDièreil marque Tétat, la manière d'ôtre (26, page 8) .
DÉGRADER. V. Dépriser,
DEGRÉ, y. Escalier.
DÉGUISER. V. Cacher.
DÉGUISER, MASQUER, TRAVESTIR. Se m<wguer, c'ftstsft co>ivnr la figure d'un masque : le sens de ce mot est trop bien marqué, pour qu'on paisse le confondre arec les deux autres.
« Déguiser est formé de guise, mode^ façon, manière, allure. Travestir est composa de yestir, vêtir, et dU cdte ira, qui signifie travers, ■de trayers, d'une manière opposée, en sens contraire. — Ainsi, travestir annonce rigoureusement et uuiquement im changement dans les habits on nn vêtement contraire au costume; tandis que déguiser souffre tonte sorte de changements on tonte forme contraire aux formes naturelles ou habituelles. — Déguiser, c'est donc substituer aux apparences ordinaires et vraies des apparences trompeuses, de manière que l'objet ne soit pas, du moins facilement, reconnu. Travestir, c'est substituer au vêtement propre nn vêtement étranger, de manière <iue l'objet ne soit pas reconnu pour ce qvtil est. L'abbé et le magistrat en épée sont travestis; et on ne les reconnaît plus pour ce qu*ils sont, pour magistrat, pour abbé : mais ils ne sont pas, à proprement parler, déguisés; à leurs traits, on reconnaît égaleihent qui ils sont^ leur personne. — Dans le déguisement, on a pour but de ne pas paraître qui Ton est, on tel que l'on est; on vent paraître une autre personne: dans le travestissement, on a pont but de ne pas paraître ce que l'on est; on vent paraître un autre personnage. L'espion se déguise; le comédien se travestit. — An figuré, déguiser s'applique à tout ce ({ui cache, altère la vérité , la réalité ; travestir ne peut être appliqué convenablement qu'à ce qui peut être représenté sous l'image de vêtement, comme à l'expression, qui est le vêtement de la pensée, à l'emblème ou à l'allégorie, qui est une draperie jetée sur la chose. Vous déguisez, en cachant la chose sous des apparences trompeuses : vous travestissez ^ en présentant la chose sous des apparences singulières, » (R.)
DÉHONTÉ. V. Impudent.
DEHORS. V. Extérieur.
DÉIFICATION. V. Apotfafyse.
DËrrÉ. V, Déesse.
DÉJOINDRE. T. Dtsfoindre.
DÉLAISSER. Y, Abandonner.
DÉLATEUR. Y. Accusateur.
DÉLECTABLE. V. Délicieux.
DËLIBËRER, OPINER, VOTER. Délibérer, c'est exposer la qnef.*<on €t disenter lès raisons pour et contre; opiner, c'est dire son avis et le motiver; voter, «'est donner son suffrage, quand il ne reste plus qu'à recueillir les voii. — Ou -commence par délibérer, afin d'examiiner la
17S SYNONIMBS FUANÇAIS
matière dans tous les sens et sous tous les aspects; on opine ensuite pour rendre compte de la manière dont on envisage la cbose^ et des raisons par lesquelles on s'est déterminé à l'ayis que l'on propose; oq vfite enfin pour former la décision à la pluralité des suffrages. (B.)
DÉLICAT. V. Fin.
DÉLICATESSE. V. Finesse.
DÉLICE. \. Plaisir,
DÉLICIEUX, DÉLECTABLE. Délicieux signifie, littéralement, plein de délices; et délectable, qui a le pouvoir de délecter, c'est-à-dire de charmer, de faire plaisir. Ainsi déticieux exprime que la qualité est abondamment dans là chose (44, page 13); et délectable présente la chose comme ayant la propriété de produire tel efiet (43, page 13).
a L'épithète délicieux, dit Roubaud , affecte à l'objet un. attrait, des appas, un charme, avec un caractère paiticulier de suavité^ de finesse, de délicatesse : l'épithète délectable attribue à l'objet la propriété d'exciter le goût, d'attacher à la jouissance, de prolonger le plaisir, avec une sorte de sensualité, de mollesse et de tressaillement. »
DÉLIÉ. V. Fin, subtil.
DÉLIRE , ÉGAREMENT. Le délire est un dérangement momentané de l'esprit, causé par la fièvre : Y égarement est un grand délire. Le délire se manifeste par le désordre des idées et des paroles : Végarement est dans l'âme autant que dans l'esprit, et se montre jusque dans les gestes,. dans la physionomie et dans le regard.
Au figuré, ces deux mots désignent l'effet des passions qui troublent l'esprit. Dans le délire, la passion fait déraisonner; dans V égarement, elle fait agir contre la raison, et peut aller jusqu'à faire commettre un crime.
DÉLIT. V. Faute, péché.
DÉLIVRER. V. Uwer et Affranchir.
DEMANDER. V. Questionner.
DÉMANTELER. V. Abattre.
DÉMARCHE. V. Marche et Allure.
DÉMÊLÉ. V. Dispute.
DÉMÊLER. V. Distinguer.
DE MÊME QUE, AINSI QUE, COMME. De même que marque proprement une comparaison qui tombe sur la manière dont est la chose ; ce qu'on peut nommer comparaison de modifications. Ainsi que marque particulièrement une comparaison qui tombe sur la réalité de la chose; ce qu'on peut nommer comparaison de faits ou d'actions. Comme marque mieux une comparaison qui tombe sur la qualité de la chose; ce qu'on peut nommer comparaison de qualifications. — Je lirais donc, selon cette différence : « Les Français pensent de même ftie les autres nations, mais ils ne se conduisent pas de même»; parce qu'il n'est précisément question que d'une certaine manière de per>$%er et de se conduire, qui est une modification de la pensée et de la