‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 49 sur 163 · DE PLUS · texte numérisé non relu

DE PLUS

d*ane succession entre plusieurs cohéritiers. Répartir les contributions». (Acad.) 11 se dit particulièrement des bénéfices qui doivent revenir aux associa t'rme maison de commerce^ ou des pertes cpi'ils doivent supporter^ proportionnellement à leurs mises.

« Distribuer n'indique que l'action de donner de côté et d'autre^ saas aucun autre accessoire. On distribue des aumônes à des pauvres^ de Targent à des soldats. Le prince distribue des grâces^ des faveurs, des récompenses. — Partager, c'est donner à chacun sa part d'une chose qui lui appartient en commun avec plusieurs autres : « Partager une succession, partager des profits, partager un royaume. — Distribuer est un acte de volonté, partager un acte de justice^ répartir un acte de calcul et de proportion. » (L.)

DÉPASSER, OUTRE-PASSER. Ces deux mots s'emploient au figor^ pour signifleT faire plus qu'on n'avait ordre ou pouvoir de faire : c Dépasser las ordres qu'on a reçus ; Dépasser ses pouvoirs ; Outre^ passer les ordres qu'on a reçus : Cet ambassadeur a outre -passé ses pouvoirs ». (Acad.) Mais dépasser est le terme usuel, employé dans les cas ordinaires; outre^passer est Texpression réservée pour les cas rares, et surtout quand il s'agit d*une personne ayant un caractère officiel, ou revêtue de grands pouvoirs, conune dans la dernière phrase de l'Académie.

DÉPASSER , SURPASSER. V. Passer.

DÉPÊCHER. V. Hâter.

DÉPEINDRE. V. Peindre.

DÉPENS, DÉPENSE. Le mot dépens signifie proprement frais à la charge de quelqu'un : Vivre aux dépens d'une personne, c*est vivre aux frais de cette personne ; apprendre à ses dépens , c^est apprendre ^ ses frais; en termes de procédure, les dépens sont les frais qu'occasionne la pouisuite d*an procès. Dépense se dit de l'argent que Ton emploie à Tacquisition des choses nécessaires , ou pour ses plaisirs,, pour satisfaire ses désirs, ses caprices, etc. DÉPÉRIR. V. Périr.

DÉPEUPLEMENT. Y. Dépopulation.

DÉPLAISANT, MALPLAISANT. Désagréable ^ qui ne plaît pas. Le^ premier sens est plutôt celui de malplaisant, le second celui de déplairont. MalpUxisant se dit surtout d'un objet qui plaît peu, qui ne plaît guère à cause de sa forme, de ses défauts extérieurs, de la manière dont il est fait; c'est pourquoi il ne s'emploie pas au figuré, ni en i&pport avec un substantif abstrait. Déplaisant enchérit sur malplai» font; il signifie qui ne platt pas du tout, et même qui fâche, qui chagrine : « Un homme déplaisant ». (Acad.) DÉPLORABLE. V. Lamentable.

DE PLUS, D'AILLEURS, OUTRE CELA. De plus s'emploie fort à propos, lorsqu'il est seulement question d'ajouter encore une raison à celles qu'on a déjà dites; il sert précisément & multiplier, et n'a rap-

182l SYNONYMES FRANÇAIS.

port qu'au nombre. D'ailleurs est à sa vraie place, lorsqu'il s'agit de joindre une autre raison de dififôrente espèce à celles qu'on vient de rapporter; 11 sert proprement à rassembler, et a un rapport particulier à lar diversité. Outre cela est d'un usage très -convenable, lorsqu'on veut augmenter, par une nouvelle raison, la force de celles qui suffi» saient par elles seules; il sert principalement à renchérir, et a un rapport spécial à Tabondance. — Pour qu'un État se soutienne, il faut que ceux qui gouvernent soient modérés, que ceux qui doivent obéir soient dociles, et que de plus les lois y soient judicieuses. Il y aura toujours des guerres entre les hommes ; parce qu'ils sout ambitieux, que l'intérêt les gouverne, et que (tailleurs le zèle de la religion les rend cruels. L'Écriture sainte nous prêche Tunité de Dieu; la raison nous la démontre; outre cela toute la nature nous la fait sentir. (G.)

DÉPOPULATION, DÉPEUPLEMENT. Quoi qu'en dise l'Académie, le mût dépopulation est relatif à l'action de dépeupler, et dépeupiement exprime l'état qui résulte de cette action (20, page 7 ) : la dépopulation amène le dépeuplement. La dépopulation croit, s'arrête; elle peut allAi jusqu'à un dépeuplement complet, témoin les solitudes de Palmyre.

DÉPOUILLER (SE) DUNE CHOSE, LA DÉPOUILLER. L'action de se dépouiller dune chose porte directement sur le sujet qui se dépouille: l'action de dépouiller la chose porte directement contre l'objet dont on vent être dépouillé, La première de ces images attire principalement votre attention sur la personne ; vous assistez en quelque sorte à son dépouillement : par la seconde, votre attention est plutôt fixée sur la chose, vous verrez tomber sa dépouille. Si le prince se dépouille de sa grandeur, vous le voyez tel qu'un homme privé : s'il la dépouille, vous la voyez s'évanouir. Cette distinction est peut-être en elle-même un peu fine, mais sans subtilité; car la différence est manifestement déclarée par la construction grammaticale des deux phrases. — Ne «royez pas que pour i^étre dépouillé de Vappareil de sa grandeur, on en ait dépouillé V orgueil. Pour qu'un sot constitué en dignité (ce qui arrive quelquefois), et fier de sa dignité (ce qui doit naturellement arriver) , se dépouille de sa morgue, il faudrait qu'il dépouillât sa sottise, et c'est ce qui ne peut pas arriver. (R.)

DÉPOURVU. V. Dénué,

DÉPRAVATION, CORRUPTION. Dépravation et corruption désignent le changement de bien en mal : mais le premier marque physiquement une forte altération des formes, des caractères sensibles, des proportions naturelles ou régulières de la chose; et le second, une grande altération des principes, des éléments, des parties, de la «ubstance de la chose. La dépravation défigure, déforme, dénature : la corruption gâte, décompose, dissout. La dépravation du goût physique donne de la répugnance pour les aliments ordinaires, et l'appélence de choses mauvaises et nuisibles. La corruption, au physique, produit un changement considérable dans la substance, et tend à la

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putréfaction on à la destruction de la chose. Le sens moral de ces mots snit lenr sens physique. -^ Par la dépravation, vons marquez formellement l'opposition directe de la chose avec la règle. Tordre^ le modèle donné : par la corruption, tous désignez la viciatlon, la détérioratioa de la chose, et une fermentation tendante à la dissolution. L'idée de dépravation est plutôt contraire à celle du beau, et l'idée de corruption à celle dn bon. Comparez ensemble nue personne très-contrefaite et une personne fort malsaine ; tous avez dans ces deux images les différences distinctives de la dépravation et de la corruption, — Uu jugement qui n'est pas droit est dépravé: un jugement qui n'est pas pur est corrompu. Là force des inclinations déréglées et des penchants désordonnés^ produit la dépravation des mœurs; la fermentation immodérée des erreurs et des passions en produira la corruption. Il faut redresser ce qui est dépravé; il faut purifier ce qui est corrompu, La dépra:vation exprime plutôt les dérèglements apparents et excessife; et la corruption, les vices internes et dissolus. — Il résulte de ces observations une règle générale pour appliquer à propos Tun ou l'autre de ces termes jusqu'à présent peu entendus. Dépravation s'applique naturellement aux objets auxquels l'usage ordinaire joint les épithètes on les qualifications de droit, réglé, régulier, bien fait, bien ordonné, beau, parfait, et autres idées analogues ; et corruption, à ceux auxquels il joint les qualifications de sain, pur, innocent, intègre, bon, saint et autres idées semblables. Ainsi vous direz plutôt dépravation desprit et corruption de coeur, parce que nous disons plutôt un esprit droit/ bien fait^ et un cœur pur, innocent. On dit en matière d'arts et de belles-lettres, la dépravation et la corruption du goût, parce que le goût a ses règles, qu'il est ou n'est pas conforme à Tordre naturel, ^'il est réglé ou déréglé , et parce qu'on dit en même temps un goût sain, bon, çur, etc. (R.)

DÉPRAVE. V. Vicieux.

DÉPRISER, DÉPRIMER, DÉGRADER. Dépriser, priser moins on peu, mettre une chose au-dessous du prix qu'elle a. Déprimer, presser pour abaisser, pousser de haut en bas : c'est le latin deprimere, composé de premore, presser; il ne s'emploie que dans le sens figuré. ^groder, ôter un grade, rejeter dans un degré bas, un rang inférieur. Le sens propre de dégrader est de destituer, de déposer une personne constituée en dignité : il signifie aussi détériorer, laisser dépérir, etc. On déprise une chose par un jugement défavorable , une offre désavantageuse, une estimation au rabais, qui la met fort au-dessous de son taux, lui ôte beaucoup de son prix réel ou d'opinion, lui suppose une ▼aleur inférieure. On déprime une chose * par un jugement contraire

I. Kouband prévient son lecteur que dans ces explications, il entend par le noc fhose le régime da verbe , Tobjet de raction , personne anssl bien que chose pn>premcot dite.

186 STKOXTVH raASÇAlS.

à celui que les autres en portent, par des censures on des satltes, avec un dessein formé, une intention marquée de lui faire perdre la considératipn, la réputation, le crédit dont elle jouit, de rabaisser le mérite lu'elle a, de détruire la bonne opinion qu'on en a conçue. On dégrade

les distinctions qui la faisaient honorer. (R.)

DÉPRISER , MÉPRISER. V. Mépriser.

DÉPURATION, ÉPURATION; DÉPURER, EPURER. La d^purafion est une opération plus parfaite ou plus complète que Vépuration: c'est ce que marque le préfixe complélif et déterminatif (té (7, page 4); tandis que dans épuration, épurer, le préfixe é annonce simplement que l'on fait sortir des parties impures (9, page 4). Du reste, dépurer, dépuration, ne s'emploient guère qu'en médecine ou en chimie : épurer, épuration, sont d'un usage plus fréquent et se disent seuls au figuré ; « Épurer le goût, épurer les mœurs ».

DÉPUTÉ. V. Ambassadeur,

DÉRACINER. V. Extirper.

DÉRAISONNABLE , IRRAISONNABLE. Déraisonnable signifie « qui n'est pas raisonnable dans sa conduite, dans ses projets, etc. : C'est un homme tout à fait déraisonnable ». (Acad.) Le préfixe dé n'exprime ici qu^une privation momentanée de raison, ou plutôt il fait entendre que cet homme use mal ou n'use point de la raison dont il est doué. Dans irraisonnable, le préfixe ir (in) est complètement iaégatif (6, page 4). L* Académie définit ainsi ce mot : « Qui n'est pas doué de raison »; et elle donne cet exemple : « Animal irraisannable ». Ce terme d'ailleurs ne s'emploie guère que dans le langage didactique.

DÉRÉGLÉ. V. Immodéré.

DÉRIVER. V. Venir, provenir.

DÉROBER, VOLER. Dérober, c'est s'emparer secrètement et d'une manière furtive dMn ou de plusieurs objets appartenant à autmi : voler, c'est s'en emparer d'une manière quelconque : c'est donc le terme général. On peut dire en outre, que dérober suppose plus d'adresse et ne se dit que des petits objets; que voler suppose plus de hardiesse, plus d^iudace : un filou dérobe une montre au milieu de la foule; un voleur entre dans le domicile d'une personne et la vole. On désigne toujours l'action par le verbe voler ^ quand il y a violence, escalade, effraction, etc.

DÉROUTE. V. Défaite

DÉSABUSER. V. Détromper.

DÉSAPPROUVER, IMPROUVER, RÉPROUVER. Ces mots présentent des idées contraires à celle à!approuver, latin probare, mais pa* une opposition graduellement plus forte. Désapprouver, ne pas approuver, n'être pas pour, juger autrement (de*, dis, di, diversement, au

DéSOGGCPÉ* 187

trement : 8, page 4); improuver, être contre, s'opposer, blâmer (m, «entre : 6, page 4); réprouver, s'élever contre, rejeter hautement, proscrire {re adversatif : 5, page 8). Improuver signifie attaquer combattre; et r^ftrouver, condamner, proscrire. ^ On désapprouve ce qui ne parait pas bien, bon, convenable. On improuve ce qa'on trouve mauvais, réprébensible, vicieux. On réprouve ce qu'on jugé odieux, •détestable, intolérable. — Vous désapprouvez une manière de penser, une manière commune d'agir. On improuve une opinion dangereuse, une action blâmable. Dieu réprouve les mécbants, les infidèles. ( R.)

DÉSERT, INHABITÉ, SOLITAIRE. Désert vient du latin deserere, délaisser, abandonner, négliger. /nAa6i/^ est Fopposé à*habité. Solitaire est formé de solus, seul. Ce dernier se dit des personnes et des lieux. Le lieu désert est donc négligé; il est vide et inculte. Le lieu inhabité n'est pas occupé; il est sans habitants, même sans habitations. Le lieu solitaire n'est par fréquenté; il est tranquille, on y est seul. — Il manque au lieu désert une culture et une population répandue. Il manque au lieu inliabité des établissements et des hommes fixes. Il manque dans un lieu solitaire du monde, de la compagnie. — Vous trouverez dans des déserts, des familles, des peupUHes, mais rares, pauvres, nomades, barbares. Vous ne trouverez dans les régions ifiha» àitées, qu'une terre brute, sauvage, sans vestige de société, sans aucun pas d'homme. Vous ne trouverez pas dans des recoins solitaires, la Coule des fâcheux, le bruit, la dissipation. (R.)

DÉSERTEUR, TRANSFUGE. Ces deux termes désignent également an soldat qui abandonne sans congé le service auquel il est engagé; mais le terme de transfuge ajoute à celui de déserteur, l'idée accessoire de passer au service des ennemis. — Il n'y a pas de doute qu*un tnmsfuge ne soit bien plus criminel et plus punissable qu*un simple <iéserteur: celui-ci n'est qu'infidèle, et le premier est traître. (B.)

DÉSHONNÉTE. V. Malhonnête.

DÊSfiONORABLE, DÉSHONORANT. Qui emporte avec soi le déshonneur. — Déshonorant se dit de ce qui cause réellement le déshonneur (40, page 12), et déshonorable de ce qui doit ou devrait le causer V^^vlX et toujours (43» page 18). L'opinion, l'usage, le préjugé, peuvent ne pas considérer comme déshonorant un acte vraiment déshono^ roble.

Malgré cette distinction fondée siur la composition même des mots, il est aiTivé que déshonorable a presque cessé d'être employé, et qu'où l'a remplacé dans sa signification propre par son synonyme.

DÉSIGNER. V. Marquer.

DÉSIRER. V. Vouloir.

DÉSISTEMENT. V. Abandon.

DÉSQûCUPÉ, DÉSOEUVRÉ. Le sens propre de ces mots est claire- Qient déterminé par leur rapport manifeste avec ceux à*occupation et ^'<&tvre. L'homme désoccupé n'a point d'occupation : l'homme désœu-

188 SYlNOMYllËS FRANÇAIS.

vré ne l^lt œuvre quelconque. Voccupation est un emploi de se» facultés et du temps, qui demande de rapplication, de l'assiduité, de la tenue. Vœuvre est une action ou un travail quelconque qui nous exerce et ne nous laisse pas dans l'inaction. On est désoccupé quand on n*a rien à faire, mais, à proprement parler, rien de ce qui occupe. On est jdésosuvré lorsqu'on ne fait absolument rien, même rien qui amuse; mais non, comme on le dit, parce qu'on ne veut rien faire, car c'est là le propre du fainéant. — L'homme désoccupé a du loisir; Tbomme désosuvré QSi tout oisif. — On est souvent désoccupé sasis être désœuvré. L'homme actif et laborieux, quand il est désoccupé on sans occupation, ne demeure pas désœuvré; il amuse son loisir par quelque exercice. (R.)

DÉSŒUVREMENT. V. Inaction.

DÉSOLATION. V. Affliction.

DÉSOLER. V. Ravager.

DÉSORDONNÉ. V. Immodéré.

DESPOTE, DESPOTIQUE. V. Colère, Colérique.

DESSÉCHER. V. Sécher.

DESSEIN. V. But y Projet et Volonté.

Î)ESSEIN (AVOIR), AVOIR LE DESSEIN. V. Avoir peine.

DESTIN, DESTINEE, DESTINATION. « Ces mots désignent, par leur valeur étymologique, une chose stable, arrêtée, fixée, ordonnée ^ statuée, déterminée d'avance. —Par la tenninaison du mot, la des» tinée annonce particulièrement la chaîne, la succession, la série des événements qui remplissent le destin (28, page 9). De la formation et du genre des mots, il résulte aussi que le destin est ce qui destine on prédestine; et la destinée, la chose ou la suite des choses, qui est destinée ou prédestinée. — Le destin , le plus grand des dieux de la mythologie grecque, règle, dispose, ordonne d'une manière immuable. La destinée est le sort réglé, disposé, ordonné par les décrets inunuables du destin. Le destin veut , et ce qu'il veut est notre destinée. L'un désigne plutM la cause et l'autre l'effet. Le destin est contraire ou propice; la destinée heureuse ou malheureuse. » ( R.)

Destin emporte une idée de fatalité, de nécessité, de prédéterminar tion absolue, de force invincible. Destinée rappelle l'idée de tout ce qni compose notre vie sur la terre; il se dit même quelquefois pour vie, existence : « Finir sa destinée » . ( Acad. )

La destination est l'emploi d'une personne ou d*une chose pour un objet, pour un usage déterminé : « La destination de l'homme icibas ». (Id.) Ce mot ne peut être synonyme des deux autres que quand on parle d'une personne et dans le sens indiqué par l'exemple précédent. Ce qui le distingue de destin et de destinée , c'est que destination marque Taction avec intention de la part de l'agent d'atteindre un but: si un père destine son fils au barreau, il y a destination. Le cfe*(mcst aveugle; la destinée est son ouvrage ; ces deux mots emportent un^

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