‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 50 sur 163 · DÉTESTER · texte numérisé non relu

DÉTESTER

idée de fatalité^ de hasard : la destination est rezécntion d'un plan, d^nn projet; c'est l'œuvre d'une intelligence.

DESTIN, SORT. V. Hasard.

DESTRUCTEUR, DESTRUCTIF. Destructeur (féminin destructtHte) est un substantif qui s*emploie aussi adjectivement et se dit des personnes et des choses : il signifie qui détruit réellement ou qui produit la destructioii (40, page 12). L'adjectif destructif ne se dit que des choses et signifie qui peut causer la destruction, qui renferme les moyens de la produire (42^ page 12).

Un fléau destructeur produit lui-même la destruction : un principe destructif, est propre à la produire; il amènera la destruction, s'il est appliqué et mis en pratique. Un système destructeur est un système que l'on suit, avec ou sans intention de détruire; mais qui a dès à présent cet effet. Uue doctrine destructive de toute morale est une doctrine qui contient le germe de la destruction et qui, appliquée, peut ou doit détruire la morale.

DÉTAIL (LE), LES DÉTAILS. Le détail ou, comme on aurait dû dire pour lever toute équivoque, le détail /ement, est l'action de considérer, de prendre, de mettre la chose en petites parties ou dans les moindres divisions : les détails sont ces petites parties ou ces petite:; divisions telles qu'elles sont dans l'objet même; le pluriel présent»} distributirement ces divisions que le singulier expose d'une manière collective. — Vous faites le détail et non les détails d'une histoire, d*une affaire, d'une aventure : vous en faites le détail en rapportant, en parcourant, en présentant les détails de la chose jusque dans ses plus petites particularités : vous n'en faites pas les détails, parce qu'ils existent par eux-mêmes dans la chose indépendamment de votre récit. Le détail est votre ouvrage ; c'est votre récit détaillé : les détails sont de la chose; ce sont les petits objets ou les objets particuliers qu'on peut détailler ou considérer et employer en détail. — On examine une affaire en détail; on l'examine dans tous ses détails : vous examinez les détails de la chose; mais vous n'examinez pas son détail. Par le détail, vous détaillez la chose; par sck détails, elle est en elle-même détaillée. Il y a des opérations de détail; il y a la science des détails. (R.)

DÉTESTABLE, ABOMINABLE, EXÉCRABLE. Il y a entre ces mots ime gradation marquée par Tordre dans lequel ils sont placés ici : abominable enchérit sur détestable, et exécrable sur abominable, « La chose détestable, dit Roubaud, excite la haine, le soulèvement: la chose abominable, Taversion; la chose exécrable ^ l'indignation , l'horreur. »

En matière de goût physique ou de goût moral, détestable est le superlatif de mauvais; abominable est celui de détestable; et exécrable celui d'abominable.

DÉTESTER. V. Abhorrer.

190 STM0KTMB8 PRAHÇAI8.

DÉTOURNER. V. Distraire.

DE TOUS COTÉS ^ DE TOUTES PARTS. De tous côtés parait aTOir plus de rapport à la chose même doat oa parle; et de toutes parts semLle en avoir davantage aux cboses étrangères qui enriromient celles dont on parle. On va de tous côtés : on arrive de toutes parts. — On voit nn objet de tous côtés, lorsque la vue se porte successivement autour de lui et le regarde dans toutes ses faces. On le voit de toutes parts, lorsque tous les yeux qui l'entourent Taperçoivent, quoiqu'il ne soit vu de chacun d'eux que par une de ses faces. — Le maihenreux a beau se tourner de tous côtés pour chercher la fortune, jamais il ne la rencontre. La faveur auprès du prince attire des honneurs de toutes parts, comme la disgrâce attire des rebuts. (6.)

DÉTRIMENT. V. Tort.

DÉTROMPER 9 DÉSABUSER. Détromper suppose qu'on nous a induits malicieusement en erreur, en nous donnant pour vrai ce qui est faux. Un homme m'a vendu du cuivre pour de l'or; je reconnais que c'est du cuivre^ je suis détrompé. • Désabusé suppose qu'on a abusé de notre faiblesse, de notre crédulité, de notre légèreté, pour nous induire en erreur. Les charlatans abusent la populace par de faux raisonnements, par des faits controuvés ou absurdes; et quand ils Font abusée, ils la trompent en lui vendant de mauvaises drogues pour des remèdes efficaces. On est détrompé quand on voit que les drogues n*opèrent poiot; mais on n'est pas désabusé, si l'on n'a pas perdu toute confiance dans les discours du trompeur. — On est détrompé des grandeurs , lorsqu'on éprouve qu'elles n'ont pas le prix qu'on y avait attaché ; on en est désabusé, lorsqu'on n'est plus a^usé par de faux raisonnements qui avaient engagé à croire légèrement qu'elles avaient un grand prix. Un homme qui n'a jamais joui des grandeurs qu'il désire peut en être désabusé; mais il ne peut être détrompé que par la jouissance. ( L.)

DÉTRUIRE. V. Abattre et Anéantir.

DEVANCER, PRÉCÉDER. A l'égard de ceux qui vont à un môme but, le premier de ces mots désigne une différence d'activité et de progrès; et le second une différence de place et d'ordre. — Vous devancez en prenant ou gagnant les devants, pour gagner de vitesse; vous précédez en prenant ou en ayant le pas , de manière à être à la tète. Dans une marche militaire, les coureurs devancent; les chefs précèdent. Pour un combat, les plus braves précéderont, s'ils sont libres; les plus ardents, les plus impétueux devanceront les autres. — Celui qui devance, se sépare des autres^ s'en éloigne, et les Laisse, tant qu'il peut, derrière lui pour les surpasser. Celui qui précèck va avec les autres, marche de concert avec eux; ils viennent après lui ou le suivent pour arriver avec lui. — Ainsi on dit figurément devancer, et non précéder, pour surpasser en mérite, en fortune, en talent. Le disciple devance le maître, et ne le précède pas. -^ Lorsque ces mots

DfiXTiniTÉ. 191

marqneut un rapport de temps, le premier désigne une antériorité d'actino, de venue, d'arrivée, de succès; et le second, une priorité d'existence : celui qui a devancé est venu avant; celui qui a précédé, a été auparavant. Hésiode a précédé Homère; il existait avant lui. %//a devança Marins dans la tyraimie; il y vint avant lui et Tem- P(»rta8urlui. (R.)

DEVANCIER. V. Prédécesseur.

DEVANT (ALLER AU). V. Aller àlarencmtre.

DÉVASTER. V. Ravager.

DÉVELOPPER. V. Éclairdr.

DEVIN, PROPHÈTE. Le devin découvre ce qni est caché : le prophète prédit ce qui doit arriver. La divination regarde le présent : la prophétie a pour objet Tavenir. — Un homme Lien instruit, et qui connaît le rapport que les moindres signes extérieurs ont avec les mouvements de l'âme, passe facilement dans le monde pour devin. Un homme sage, qui voit les conséquences dans leurs principes et les eifets dans leurs causes, peut se faire regarder du peuple comme un prophète, (G.)

DÉVOILER. V. Découvrir, déceler.

DEVOIR, OBLIGATION. Par sa terminaison, le mot obligation signifie ce qui oblige, ce qui lie (20, page 7). Devoir^ infinitif pris substantivement, signifie, littéralement, ce que l'on doit (66, page 24), c'est-à-dire ce que l'on doit faire, ce qui doit être fait.

« La loi nous impose l'obligation ; et Yobligation engendre le devoir. Nous sommes tenus par l'obligation, et nous sommes tenus à un (levoir, Vobligation désigne l'autorité qui lie; et le devoir, le sujet qui esi lié. Le devoir présuppose Vobligation, Nous sommes dans l'obli' cation de faire une chose; et notre devoir est de la faire : c'est l'obli gation qui nous lie; c'est au devoir qu*elle nous lie. » (R.)

DÉVOT, DÉVOTIEUX. Dévot signifie, proprement, qui a de la dévo- ^n naturellement, intérieurement et par caractère ou disposition morale : a Épicure n'était pas dévot; mais, dans les temples, il était fort dévotieux ». (Roubaud.)

« Le dévotieux descend aux plus petits détails, aux plus petites pratiques de la dévotion y du culte (44, page 13). Il observe ces petites pratiques, non-seulement avec exactitude, mais avec l'air, Taccent, ^utes les manières, toute l'expression d'un parfait dévouement, d'une onctueuse cordialité. Pris en bonne part, il supposera la dévotion la plus scrupuleuse et revêtue de ses formes les plus convenables et les plus touchantes. Pris en mauvaise part, ainsi que dévot se prend quelquefois, il désignera proprement Tattention la plus minutieuse à de petites pratiques et la recherche la plus affectée dans les manières.» (R.)

DÉVOTION. V. Religion.

DÉVOUER. V. Vouer.

DEXTÉRITÉ, ADRESSE, HADILETË. « U dextérité d, plus de rap-

192 SYNONTHRS FRANÇAIS.

port à la manière d'exécuter les choses; V adresse en a davantage ans moyens de l'exécution ; et Vhabileté regarde plus le discernement des choses mêmes. La première met en usage ce qne la seconde dicte suivant le plan de la troisième. — Avec un peu de talent et beaucoup d*habitude à traiter les affaires^ on acquiert de la dextérité à les manier; de l'adresse pour leur. donner le tour qu'on veut; et de Vhabileté pour les conduire. — La dextérité donne un air aisé et répand des grâces dans l'action. Uadj^sse fait opérer avec art et d'un air fin* Vhabileté fait travailler d'un air entendu et savant. » (G.)

D'HUMEUR (ÊTRE). V. Être cthumeur.

DIALECTE. V. Langage.

DIALECTIQUE. V. Logique,

DIAPHANE, TRANSPARENT. Le greo dia signifie à travers, ci phanes, lumineux, clair, brillant. Le latin trans veut dire à travers, et parens, paraissant, apparent, manifeste. — Ainsi, suivant la valeur étymologique des termes, le corps diaphane est celui à travers lequel la lumière brille; et le corps transparent, celui à travers lequel les objets paraissent. La diaphanéitê annonce donc simplement qu'on voit le jour à travers; mais sans exclure la visibilité des autres objets, puisque la lumière les éclaire ; la transparence annonce la visibilité des ci » jets, mais sans exiger absolument que toutes sortes d'objets paraissent à travers : car c'est assez que l'on en puisse voir un tel que la lumière. Aussi l'usage aulorise-t-il également à dire que l'eau, le cnristal, le verre, les glaces, le diamant, les porcelaines, sont ou diaphanes ou transparents. — L'eau, de sa nature, est diaphane; et si le ruisseau pur, clair et limpide, laisse voir le sable et le gravier sur lequel il roule, il sera transparent. — Ces termes sont encore distingués par ime différence essentielle consacrée par l'usage. Diaphane ne se dit que des corps dont les parties sont tellement adhérentes les unes aux autres, ou fondues, pour ainsi dire, ensemble, qu'elles ne laissent passer la lumière qu'à travers des pores invisibles, de manière que le corps tout entier sem})le nous la transmettre. Transparent se dit nouseulement de ces corpa, mais encore de tous les objets dont les parties sont jointea, liées, tissues d'une manière assez lâche ou assez peu serrée pour laisser entre elles des ouvertures sensibles, si bien qtfon ne voit la lumière qu'à travers les intervalles vides. — Des voiles, des treillages, des haies, des tissus, etc., sont transparents et non diaphanes. La gaze de Gos était si transparente, qu'elle laissait voir le corps à nu; elle n'était pas diaphane, car elle ne permettait de voir qu'à travers les intervalles laissés entre les fils du tissu. -- Diaphane est un terme de physique quelquefois adopté par la poésie; transpor rent est le terme vulgaire et généralement employé. (R.)

DICTION. V. Élocution.

DICTIONNAIRE, VOCABULAIRE, GLOSSAIRE, LEXIQUE. « Vocabulaire et glossaire ne s'appliaucut fiiière qu'à des collections de

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