ÉCHAPPER
ÉBAHI, ÉBAUBl, ÉMERVEILLÉ, STUPÉFAIT. Nous sommes ébahis par la surprise qui nous fait tenir la bouche béante, avec Tair de l'enfance ou de l'ignorance prompte à admirer. Nous sommés ébautis par une surprise qui nous étourdit, nous déconcerte, nous laisse à peine balbutier, et nous tient comme suspendus dans le doute. Nous sommes émerveillés par une surprise qui nous attache avec une espèce de charme, ou avec une vive satisfaction, à la considération d'un objet qui nous parait merveilleux, prodigieux, supérieur à notre intelligence. Nous sommes stupéfaits ^^x une surprise qui nous rend immobiles et semble nous ôter l'usage de l'esprit et des sens, comme si nous étions stupides. — Les badauds sont ébahis dès quHls voient quelque chose de nouveau. Une personne qui voit arriver un événement tout à fait contraire & son attente et qu'elle ne peut pas croire, dira :
J^en sais tout ébauhie^ et je tombe des nues. (Molière.)
Celui qui voit une chose qu'il n'amait jamais pu imaginer, et qui éprouve l'espèce d'admiration que peuvent inspirer les objets d'un genre supérieur et merveilleux dans leur genre en est émerveillé, U faut quelque chose de bien étrange pour rendre stupéfait, (R.)
ÉBAUCHE. V. Esquisse.
ÉBOULER (S'), S'ECROULER. S'ébouler est, à la lettre, tomber en roulant comme ime boule : ^écrouler est tomber en roulant avec préci* pitatioB et fracas. Une butte s^éboule, en se partageant par mottes, qui tombent en roulant sourdement sur elles -mômes comme des boules : un rocher s^écroule en se brisant et roulant dans sa chute impétueusement et avec fracas. Les sables f éboulent: les édifices «'^ou/en^ (R.)
ÉCARTER, METTRE A L'ÉCART. V. Éloigner,
ÉCHANGER et ÉCHANGE. V. Changer,
ÉCHAPPER A, ÉCHAPPER DE. Échapper à, dit l'Académie, signifie se soustraire, se dérober à, être préservé de : « Échapper à la poursuite des ennemis; Échapper a la tempête, à la mort ». Échapper de signifie cesser d'être où l'on était, sortir de : it Échapper du naufrage, du feu ».
Ainsi vous échappez à un danger qui vous menace, à un mal qui va vous atteindre et auquel vous servez en quelque sorte de but Vous échappez (f un péril qui vous enveloppait, qui vous tenait, conune vous échapperiez d'une prison : la préposition de exprime l'idée d'extraction, de sortie (75, page 27).
ÉCHAPPER, RÉCHAPPER. Se tirer d'un péril, en être déUvré. — Échapper se dit de toutes sortes de dangers : réchapper suppose plus d'eiforts (5, page S ) : il ne s'emploie donc qu'en parlant d'un grand péril, et ne se dit guère que d'une maladie où il y avait danger de mort.
DICT. DES ST.N'OKrUCS. - ' 12
ÉCHAPPER ( SO, S'ÉVADER , S'ENFUIR. Ces mots iiff?;renl en ce que ^évader se fait ea secret, s'échapper suppose qu'oD t déjà été pris ou qu'on est près de l'être, s'enfuir ne suppose aucune df ces conditions. On st évade d'une prisen; on t^ échappe des mains de que) qu'un; on «'enfuit après une bataille perdue. {Enc,)
Il faut de Tadressc et du bonheur pour tt évader, de \h présence d'esprit et de la force pom* Réchapper, de l'agilité et de 1 \ vigueur pour s* enfuir, (B.)
ÉCHAUFFER. V. Chauffer.
ÉCLAIRCIR, EXPLIQUER, DÉVELOPPER. On éclav ^it ce qui était obscur, parce que les idées y étaient mal présentées : on explique ce qui était difficile à entendre; parce que les idées n'étaiei t pas assez immédiatement déduites les unes des autres : on développe ne qui renferme plusieurs idées réellement exprimées, mais d'une m».Qière si serrée qu'elles ne peuvent être saisies d'un coup d'œil. ( Enc.)
Les éclaircissements répandent de la clarté ; les explications facilitent l'intelligence; les développements étendent la connaissance. (B.)
ÉCLAT, BRILLANT, LUSTRE. Véclat enchérit sur le brillant, et celui-ci sur le lustre. Les couleurs vives ont plus d.*éclat que les couleurs pâles : les couleurs claires ont plus de brillant que les couleurs brunes : les couleurs récentes ont plus de lustre que les couleurs usées. — Il semble que Véclat tienne du feu, que le brillant tienne de la lumière, et que le lustre tienne du poli. — On ne se sert guère du mot de iustre que dans le sens littéral , pour ce qui tombe sous la vue; mais on emploie quelquefois celui ù'éclat et encore plus souvent celui de brillant dans le sens figuré, pour le discours et les ouvrages de Tesprit. Étant considérés dans ce sens, il me parait que c'est par U vérité, la force et la nouveauté des pensées, qu'un discours a de l'éclat, qu'il a du brillant par le tour et la délicatesse de l'expression; et que c'est par le choix des mots, la convenance des termes et l'arrangement de la phrase, qu'on donne du lustre à ce qu'on dit. (6.)
ÉCLAT, LUMIÈRE. V. Lumière,
ÉCOLIER.. V. Élève.
ÉCONOMIE, MÉNAGE, ÉPARGNE, PARCIMONIE. Véoonomiees^ le système du gouvernement général d'une fortune, considéré dans tous ses rapports d'intérêt, d'affaire, d'administration, et sagement concerté/îoncilié avec les jouissances les plus convenables, la conservation, la bonification, l'amélioration de la chose, autant qu'il est possible. Le ménage est une partie de V économie ^ ou V économie particulière qui dirige, calcule, surveille, règle les consommations intérieures de la famille, l'entretien de la maison, de manière à prévenir ou à empêcher tout excès, tout abus, toute perte, et à maintenir une juste proportion entre les besoins, les jouissances et les moyens. L'épargne est une branche de l'économie, qui consiste à modérer, baisser, restreindre les dépenses, en s'abstenant des unes, en se contenant à l'égard des